Jeudi 27 mars 2008
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Le Mystère du treizième apôtre !
Vitrail de la Cène :
Collégiale Notre-Dame-en-Vaux,
Châlons-en-Champagne
Est-ce l'œuvre du maître-verrier Mathieu Bléville de Saint-Quentin
qui réalisa en 1526 celui de la glorification de la Vierge ?
Personne ne sait pourquoi,
autour du Christ représenté au moment de la cène,
il y a treize apôtres !
Quel est le treizième ?
Pas de réponse des dames de l'accueil.
Sur le livret explicatif : on ne sait pas !
Alors, gros plan sur le Christ :
Vraiment, de qui peut bien être cette tête blonde
posée sur le giron du Christ ?
Les chrétiens actuels disent que c'est saint Jean
et cherchent sans succès quel est le treizième apôtre !
Il est évident que ce ne peut être que... Marie-Madeleine !
Remarquez que sa chevelure et son vêtement sont de la même couleur que l'auréole du Christ .
« Miriâm de Béthanie est confondue par Jean avec Miriâm de Magdala, et ainsi
avec la pécheresse repentie. Celle-ci renouvelle le geste fait lors de sa conversion. Son intuition d'amante lui fait oindre les pieds de l'Aimé, geste qui rappelle l'amante du Cantique des
Cantiques. Fait sans précédent ! Geste insensé ! Geste d'amour, non prémédité par elle, mais prémonitoire. Parfumer les pieds d'un vivant ! Elle gardera le reste du parfum et sera la
première à venir le jour de Pâque pour oindre le cadavre comme il est de coutume.
Saint Augustin pensait que les deux onctions ont été faites successivement par Miriâm de Magdala qui « oignit la tête de Jésus suivant l'usage ordinaire, puis, comme il restait du parfum, elle
oignit ses pieds ».(1)
Le Père Lacordaire ose dire la joie qu'il a de contempler « dans l'unité d'une même gloire la pécheresse pleurant aux pieds de Jésus et les
essuyant de ses cheveux, la sœur de Lazare assistant à la résurrection de son frère, l'amie fidèle debout à la passion et à la mort de son Bien-Aimé, le suivant au tombeau et méritant de voir la
première les splendeurs de sa résurrection ! » (2)
Miriâm de Magdala n'a pas de retenue lorsque l'Energie la traverse, et elle fait, scandalisant ces
bien-pensants d'apôtres ! L'Evangile de Philippe est formel. Parlant des femmes, il dit : « Il y en avait trois qui marchaient toujours avec le Seigneur : Marie sa mère et sa sœur et
Madeleine appelée sa compagne. Sa sœur, sa mère et sa compagne étaient chacune Marie. » (v. 26)
Il précise sans fausse pudeur aucune, car cela n'est-il pas naturel : « Et la compagne du Fils est Marie Madeleine. Le Seigneur l'aimait
plus que tous les disciples et il l'embrassait souvent sur la bouche. Les disciples le voyaient et ils lui dirent : "Pourquoi l'aimes-tu plus que nous tous ?" Le sauveur leur répondit et leur dit
: "Comment se fait-il que je ne vous aime pas autant qu'elle ? Un aveugle et quelqu'un qui voit, quand ils sont tous deux dans l'obscurité ne se distinguent pas l'un de l'autre. Si la lumière
vient, alors celui qui voit verra la lumière alors que celui qui est aveugle demeurera dans l'obscurité." » (Philippe v. 44b-45)
Quel scandale ! Il traite ses disciples d'aveugles pour ne pas voir la Lumière ! Elle est sa compagne, mais aussi son disciple et l'un ne pourrait
aller sans l'autre. Elle n'est pas aveugle, elle ! C'est avec elle seule qu'il pouvait être en totale comm(e)-union. Il ne peut y avoir incarnation sans que la condition humaine ne soit vécue
dans toutes ses facettes. En faisant de Jésus un homme désincarné, les Eglises ont fait un contre-sens absolument dommageable pour toute l'humanité. Tout l'être humain est sexué, et l'androgyne
vit dans un corps dont il assume toutes les fonctions, qu'il vive dans un véhicule masculin ou féminin.
« Marie signifie mer amère, ou illuminatrice, ou illuminée. Ces trois significations font comprendre les trois excellentes parts qu'elle a
choisies, savoir : la part de la pénitence, de la contemplation intérieure et de la gloire céleste. (...) Madeleine veut dire restant coupable (manens rea) ou bien encore munie,
invaincue, magnifique, qualités qui indiquent ce qu'elle fut avant, pendant, et après sa conversion », écrit Jacques de Voragine. (3)
Miriâm de Magdala est la femme par excellence, amante et disciple. Elle vit le
Cantique des Cantiques... Il s'agit d'une passion amoureuse concrète, charnelle, qui s'exprime, une passion qui s'incarne dans la chair vivante. Le pulsif de la vie induit une sensualité
qui est l'expression naturelle de l'être humain.
« Il me baisera des baisers de sa bouche ;
oui, tes étreintes sont meilleures que le vin. » (1,2)
« Mon amant est pour moi un sachet de myrrhe ;
il nuite entre mes seins. » (1, 13)
« Qu'elles sont belles tes étreintes, ma sœur, ma fiancée,
qu'elles sont bonnes tes étreintes, plus que le vin ! » (4, 10)
« De nectar, elles dégoulinent, tes lèvres, fiancée ! » (4, 11)
Il faut oser vivre et aimer pour devenir Disciple, de qui ou de quoi d'autre si ce n'est de la Vie en sa Source, selon Nature ! Les juifs
comme les chrétiens ont failli exclure ce Cantique de la Bible et ne l'ont gardé qu'en y voyant l'allégorie de l'amour de Yawhé pour le peuple juif, ou du Christ pour son Eglise, à l'exclusion de
tout autre sens !
Et Sallah Stétié d'écrire : « Madeleine apporte au Christ ce qu'il y a de plus féminin, les onguents, le parfum, ce par quoi la femme se
signifie elle-même sur le plan du symbolique. Je ne peux m'empêcher de rappeler à ce propos le célèbre hadith muhammedien : "Ce que j'ai le plus aimé au monde, ce sont trois choses : les femmes,
les parfums et la prière." Là aussi, on retrouve cette interprétation de la femme par le parfum, lequel est matérialisation de l'âme, mais aussi par la prière, qui est une exaltation de l'élément
féminin de l'être. »(4)
Extrait de La Vie Re-Suscitée,
chap. « Miriâm de Magdala, la compagne de Iéshoua‘ »,
(Inédit)
Ce vitrail montre qu'au XVIème siècle, le fait que Marie Madeleine ait été la
compagne de Jésus ne scandalisait pas ceux qui ne veulent pas voir !
Il est aussi possible de voir en Christ l'image de l'Homme
Parfait, dans son Androgynie (1), formant avec Marie-Madeleine un Couple Alchimique. N'a-t-elle pas mis en pratique cet Enseignement du Maître : "Voici ; moi, je l'attirerai pour que je la rende
mâle afin qu'elle aussi devienne un esprit vivant, pareil à vous, mâles. Car toute femme qui sera faite mâle entrera dans le Royaume des cieux." » (Evangile de
Thomas, logion 118). Quant aux douze apôtres qui entourent le Couple, ils symbolisent alors les douze possibilités de l'Être Humain sur Terre.
(1) Voir La Voie du Couple d'Emmanuel-Yves Monin, Le Point d'Eau, 1991 ;
également du même auteur, L'Univers en Code-barres.
Quelle belle coïncidence que de trouver après coup, sur les chemins de la Vouivre, la confirmation de ce qui s'est écrit !
Voir : LE CHRIST ANDROGYNE DE CHÂTEAUROUX
et LE CHRIST ANDROGYNE
http://mathematiques.energie-manifestee.net