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1 juillet 2008 2 01 /07 /juillet /2008 07:06





La grotte initiatique,

la grotte de sous terre,

l’antre de la vouivre, c’est aussi…

le ventre de la baleine.

Comme sainte Marguerite fut « issue du Dragon »,

Jonas fut vomi par la baleine…




 





Si Jonas m’était conté…

 

 

 

Jonas vit sur la terre de ses pères, en Israël. Un soir, il entend monter en lui l’inspiration :

-“Fils de Ma vérité, pour accomplir ton destin, monte vers Ninive la grande ville. Crie sur elle car leur méchanceté, la brisure de leur cœur, est montée jusqu’au Ciel !”

Ninive, c’est la ville de l’Orient, sur le Tigre. Jonas a peur. Il décide de fuir vers l’ouest, vers Tharsis, de l’autre côté des colonnes d’Hercule, là où s’extraient les métaux : l’argent, le fer, l’étain, le plomb et non point l’or pur et incorruptible.

Il descend jusqu’à la côte ; là, au port, il trouve un bateau. Il donne le prix convenu pour y voyager seul ; l’équipage se met à la manœuvre et le bateau prend le large. Une tempête se lève, soudaine, brutale, imprévisible, extrême et le bateau pense se briser.

Face aux flots déchaînés, la crainte s’empare des matelots et chacun se tourne vers son dieu, qui vers Baal, qui vers Belenos, qui vers Tanit la phénicienne, qui vers Neptune le dieu de la mer ! Mais rien n’y fait…

La terrible menace s’amplifiant encore, ils jettent la cargaison par-dessus bord pour alléger le navire. En vain ! Livides, ils regardent, impuissants, le capitaine.

Celui-ci descend au fond de la cale où Jonas dort, inconscient du danger, comme tombé en léthargie. Il crie vers lui :

- “Qu’as-tu à dormir quand le péril est extrême ! Réveille-toi, ou nous allons tous périr. Tourne-toi vers ton dieu ! Peut-être nous sauvera-t-il de la perdition !”

Remonté sur le pont, le capitaine dit au matelot :

- “S’il y a une catastrophe, il y a un coupable ! Tirons au sort pour savoir qui de nous est la cause du mal qui nous menace !”

Le sort tombe sur Jonas et le capitaine le rudoie :

- “Qui es-tu, toi ? Quel est ton métier ? Quel est ton pays ? Que te dit ta conscience ?”

- “Je suis hébreu, et c’est Yavhé que je crains, lui qui a fait la mer sur laquelle nous voguons et la terre vers laquelle nous allons.”

- “Qu’as-tu donc fait ? Pourquoi le fuis-tu ? Que faire de toi pour que la mer s’apaise ?”

- “Prenez-moi, jetez-moi à la mer et elle s’apaisera d’au-dessus de vous ! Je suis la cause de cette tempête car je fuis l’inspiration reçue !”

Les matelots ont grande crainte. Ils se mettent aux rames, redoublent d’efforts pour gagner un rivage. En vain ! Ils se saisissent de lui, lui plongent la tête dans les vagues et la tempête instantanément s’apaise.

 

 

 

Chapiteau du XIIe s. de l’abbatiale de Mozac, Puy-de-Dôme.




Cathédrale de Tournay, Belgique.


 

Alors, ils le sortent, tout suffoquant, pour le remettre dans le navire. Aussitôt, la tempête redouble. A contrecœur, ils le lancent par-dessus bord et peuvent ensuite naviguer sur une mer d’huile !

 

Des abîmes marins, un grand poisson surgit qui engloutit Jonas. Dans le ventre de la baleine, Jonas se trouve tout d’abord dans un palais lumineux ; les deux yeux du poisson ont l’éclat du soleil, et dans son intestin se trouve une pierre précieuse dont la lumière lui permet de voir toute l’activité des profondeurs de la mer.[1] 

Alors qu’il se plaît là, le poisson meurt et Jonas crie vers le ciel. Ce n’est qu’après la mort du poisson qu’il se trouve plongé dans l’affliction parce qu’il est dans le ventre d’un poisson mort que les autres poissons de la mer dévorent ![2] 

- “Toi, tu gouvernes le jaillissement de la mer ; à l’assaut de ses vagues, tu les apaises[3]”, crie-t-il vers le Dieu de ses entrailles ! Aussitôt, le poisson ressuscite. Jonas remercie d’une voix reconnaissante. Il offrira des sacrifices en action de grâce. Alors le poisson vomit Jonas au sec sur le rivage.

 

 


Enluminure allemande du Moyen Âge.



Cathédrale de Tournay, Belgique.  

 
           Il sort victorieux du ventre de la baleine, Il ré-entend monter du tréfonds de lui-même la première inspiration qui l’avait traversé :

           - “Lève-toi, lui dit cette voix intérieure, va à Ninive, la grande ville, et annonce-leur ce que je te dirai.”

Il se lève, va jusqu’à Ninive. Il crie vers les habitants :

- Encore quarante jours et Ninive sera renversée.

Les habitants l’entendent ; ils retournent leur conduite. La situation de Ninive change du tout au tout en même temps que le comportement des habitants.

          Le Roi de Ninive et les Grands de la ville entendent, élèvent le niveau de leur conscience en voyant en eux les causes de la fureur du ciel qui les menace de destruction, comme le bateau de Jonas subissant la tempête. L’humilité de tous permet un renversement de la situation. Le roi se soulève de son trône, il s’assoit sur la cendre en signe d´humilité, et fait passer son manteau par-dessus lui. Puis l’on crie dans Ninive sur l’ordre du roi :

         - “Hommes et bêtes, gros et petit bétail ne goûteront rien, ne mangeront point et ne boiront pas d’eau. Chacun se couvrira de sacs ! Chacun détournera sa conscience de l’ignorance où elle est  et réformera sa conduite. Qui sait si la colère du ciel ne sera pas détournée ?”

          Il en fut ainsi et Ninive fut sauvée…

 

Jonas sent monter en lui une grande douleur et il s’enflamme. Il désire quitter ce monde où il se sait étranger pour faire retour dans la patrie céleste, quitter l’exil où il est sur cette terre.

A son Dieu, il crie :

- “Prends mon âme ! Prends ma vie pour que je vive enfin de la vie véritable que j’entrevois. Les Ninivites sont épargnés, mais ils ne sont pas au bout du chemin ; à peine commencent-ils à se mettre en route !”

Jonas sort de la ville dans la direction de l’Orient. Dans un endroit désert, il construit une cabane pour s’abriter du soleil brûlant et pour passer la nuit. En une nuit, un ricin aux larges feuilles palmées pousse au-dessus de la cabane pour l’ombrager ; il lui procure une ombre fraîche. Cette grâce, elle lui tombe du ciel, comme on dit. Ce n’est pas son œuvre à lui.

Au matin suivant, voilà que le ricin aux larges palmes est desséché, mort ! Des larves de capricorne se sont attaquées à son cœur. Jonas souffre de la chaleur torride, lui qui appréciait si volontiers la fraîcheur de l’ombre du ricin ! Il s’enveloppe la tête et désire à nouveau cette mort d’un corps qui le retient ici, en exil. Il sait qu’il lui faut trouver la force  et il se parle à lui-même :

- “Tu as joui de l’ombre du ricin que tu n’as pas planté, tu as joui de cette extase survenue alors sans que tu n’aies rien fait pour cela ! Ce qui est né dans la nuit s’est évanoui avant l’aurore. Il me faut franchir la porte par ma propre force.”

Ce que Jonas fit dans l’instant…

 

La clémence du ciel continua à s’étendre sur Ninive dans laquelle se multiplient douze myriades d’êtres humains qui ne connaissent pas leur droite de leur gauche, et la bête multiple…

Sans le secours du ciel, comment trouveraient-ils en eux « l’étincelle unique de la vérité » ? Eux qui ne savent pas reconnaître et départager ce qui est de leur nature divine et ce qui est de leur nature encore animale, sortis qu’ils sont de la bête multiple dont le règne les précède !

                                                                                                                                                 Robert Régor Mougeot

                                                                                                       © Copyright

 


 
Le gros poisson qui avala Jonas.

Port de Jaffa, Israël.

 

 

Texte écrit à partir de la traduction du Livre de Job, dans la Bible de Jérusalem (La sainte Bible traduite en français sous la direction de L’Ecole Biblique de Jérusalem, Les Editions du Cerf, 1956), de celle d’André Chouraqui (La Bible, Editons, Desclée de Brouwer, 1989), du Zohar. Le Livre de la Splendeur. (Extraits choisis et présentés par Gershom Schlem, « Interprétation allégorique de Jonas », Editions du Seuil, 1977), du livre du Kabbaliste Virya, Le Grand Œuvre de Jonas (Georges Lahi auteur-éditeur, 1996).



[1] Rabi Yehouda, Zohar, 2 : 48a, cité dans Le Grand Œuvre de Jonas, op. cit., p.  84.

[2] Rabi Eléazar, cité par Rabi Yehouda.

[3] Psaume 89, v. 10. Traduction André Chouraqui.

 

 

http://r-r-y-mougeot.wifeo.com/

 

 

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