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14 février 2009 6 14 /02 /février /2009 15:35

Le culte de la fécondité,

 

Gargantua

 

et sa christianisation en saint Gorgon.

Suite de:
L'ENERGIE DE GARGANTUA, SES TOMBES ET LES MONTS GARGAN  

 

 

Article publié dans le n°74 de La lettre d'Ile-de-France.

Bulletin trimestriel du Groupe Ile-de-France de Mythologie française, avril-mai-juin 2010.


 
  

        Comme la Terre-Mère dont il surgit, Gargantua est lié à la fécondité. La «troisième jambe» de Gargantua est un élément de sa fonction divine. 


Géant mesurant 54 m de long : silhouette gravée sur la pente d'une falaise crayeuse,

à Cerne Abbas, Dorset, Angleterre, 1er s. av. J.­-C.

Dessin d'après photo 9 dans Mystères Celtes (MC).

           

            Les divinités phalliques sont nombreuses et le caractère phallique des menhirs est évident. Les "pierres" de Gargantua sont souvent liées à des rites de fécondité qui ont été détournés par la suite au point qu'il ne reste le plus souvent que des superstitions.

            « A Saint-Jean-de-Beuvron, dans la Manche, les jeunes filles en âge d'être mariées venaient se frotter à une pierre de Gargantua pour trouver un mari ; et les femmes stériles accomplissaient le même geste pour s'assurer la promesse d'une maternité. Il en est ainsi à Monthault (Ille-et-Vilaine). A Décines (Isère), les femmes venaient s'accroupir sur la "pierre frite" qui était un palet de Gargantua » (G.-E. Pillard, Le Vrai Gargantua. La Mythologie d’un Géant, Imago, 1987, p. 108).

            Les « pierres de Vie », de fécondité, ont existé un peu partout comme à Locmariaquer (Bretagne).

            Gargantua est christianisé en saint Gorgon à l'époque carolingienne. Ce saint garde les mêmes prérogatives :

            « Ayant été artificiellement fait saint, son rôle n'a été que bienfaisant: il est "pluvieux" et propice à la vie. Or, pour la fête de saint Romain à Rouen, les filles à marier se promenaient en ville (en vue du mont Gargan) avec au cou, une amulette très sexuée, emblème de génération, achetée quelques jours plus tôt lors de la fête dudit "Gorgon", dans le voisinage... » (H. Dontenville, La France mythologique, Ed. Tchou, 1956, p.331-332 ; voir aussi VG G.-E. Pillard, Le vrai Gargantua. La Mythologie d’un Géant, Imago, 1987, p.165).
             Gorgon viendrait de Koko ou Cogo, moine venu du pays de Galles vers le Vème ou le VIème siècle. On trouve la première mention de Sensoko au XIème siècle. Elle perdure jusqu'aux XVème et XVIème siècles. Au Moyen Age, Sen Koko (Saint-Gorgon) appartient à l'abbaye de Redon et son territoire est intégré à la paroisse d'Allaire. Il existe par ailleurs d’autres saints Gorgon. 

            

            Le Feu du Ciel va féconder le Feu de la Terre et les Monts Gargan seront dédiés à Belénos, à Apollon, Mercure, Mars, saint Michel, tous d'Essence Solaire. Dans la mythologie celtique, le dieu gaulois Belenos (latin Belenus) est identifié à Apollon. Sa parèdre est la déesse Belisama, « la très brillante ». C’est un dieu lumineux ; le nom signifie « resplendissant », « éclatant », ses fonctions principales sont la médecine et les arts. Il est honoré lors de la fête de Beltaine, qui marque une rupture dans l'année, le passage de la saison sombre à la saison claire, lumineuse. Lors de cette fête, les druides accomplissaient un rituel consistant à faire passer le bétail entre des feux, en récitant des incantations, pour le protéger des épidémies.

           Lorsque Gargantua est représenté, tardivement, car il est non représentable, c'est en Serpent à tête de Bélier réunissant en lui les attributs d'Apollon et du Serpent Python. On le trouve ainsi gravé sur l'autel gallo-romain de Marilly, en Côte d'Or, et sur le menhir de Saint-Nieud, Saône-et-Loire. (R. P. Guillot, Le Chamanisme, ancêtre du Druidisme, R. Laffont, 1986, p. 82)


Serpent criocéphale, stèle de Marigny :
détail d'une sculpture représentant Mars Toutatis

 accompagné de sa parèdre.

 

            Par sa tête, il est alors vie, fécondité céleste, éternité, et par sa queue, il est relié à la terre, à la fécondité du sol et au culte des morts. Le «Dard» des Deux-Sèvres représente Gargantua sous la forme d'un serpent à tête de chat.

            « Le serpent criocéphale, le dragon des légendes celtiques, le Coquatrix et Gargantua ne font qu'un » (H. Dontenville, La France mythologique, Ed. Tchou, 1956, p. 373).

           


Serpent criocéphale
sur l'autel gaulois de Montluçon.


            Par ailleurs, la statuaire gallo-romaine tardive
le représente sous la forme du géant anguipède :
un cavalier dont la monture prend son élan vers le ciel
en s'appuyant sur un géant serpentiforme.

Musée de Nancy ;
illustration dans
La France Mythologique, p. 372
.

 

 
Fête des Géants à Cantaleu.

           En Belgique, dans les Flandres et dans de nombreuses régions
ont encore lieu les fêtes des Géants.


A Bailleul (Nord) a lieu tous les ans la fête de Gargantua.


 


 



 

 

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