Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 18:39

« Si Jonas m’était conté 1 »

 

 

« Mise en voix »

le jeudi 2 avril au colloque

« Le livre de Jonas »,

Université d’Artois, Arras.

 

 

 

par

 

Robert Régor Mougeot 2

 

 

 
Voir "LE LIVRE DE JONAS" : INTRODUCTION A UNE REECRITURE COMMENTEE
 LA CREATION D'UN MONDE

 

I

La mission de Jonas,

sa fuite et la tempête


 

   Jonas, que l’on dit prophète3, vit sur la terre de ses pères, en Israël. Dans sa méditation, un soir, il entend monter en lui l’inspiration qui lui dit :

     - “Fils de Ma vérité, pour accomplir ton destin, monte vers Ninive4 la grande ville. Crie sur elle car leur méchanceté, la brisure de leur cœur, est montée jusqu’au Ciel !”

     Ninive, c’est la ville de l’Orient, sur le Tigre ; et l’Orient est tourné vers la Face  de  l’Unique, le Soleil de tous les soleils, celui qui ne fait pas d’ombre. Jonas, Iona en Hébreu, c’est la Colombe5, l’âme féminine de l’homme, celle qui seule est capable de ramener le rameau d’olivier de la Paix dans son Arche.

Jonas a peur de cette voix qui monte du tréfonds de lui. Il ne peut faire face ! Il décide de fuir vers l’ouest, vers le couchant, vers Tharsis, de l’autre côté des colonnes d’Hercule qui séparent la mer de l’océan, là où s’extraient les métaux : l’argent, le fer, l’étain, le plomb et non point l’or pur et incorruptible qui tisse les vêtements de ceux qui accèdent à l’immortalité6. Trop dangereux de dire le DIT de la « déité7 » !

     Il descend jusqu’à la côte ; là, au port, il trouve un bateau. Il donne le prix convenu pour y voyager seul ; l’équipage se met à la manœuvre et le bateau prend le large. Qui ferme la porte de son ciel ouvre celle de son enfer ! Le combat qui se livre en lui déchaîne la tempête. Elle se lève, soudaine, brutale, imprévisible, extrême et le bateau pense se briser. Un bateau qui pense ! Oui, vous avez bien entendu ! Il est la pensée de Jonas ainsi matérialisée, tout comme l’équipage, et la tempête aussi !

Face aux flots déchaînés, la crainte s’empare des matelots et chacun se tourne vers son dieu, qui vers Baal, qui vers Belenos, qui vers Tanit la Phénicienne, qui vers Neptune le dieu de la mer ! Mais rien n’y fait.

     La terrible menace s’amplifiant encore, ils jettent la cargaison par-dessus bord pour alléger le navire. En vain ! Livides, ils regardent, impuissants, le capitaine. Celui-ci descend au fond de la cale où Jonas dort, inconscient du danger, comme tombé en léthargie, lui, la Colombe qui ne peut voler. Fuir, c’est vouloir retourner à son origine matricielle. Le ventre du navire est pour lui le refuge du temps paisible de la gestation8…. Le capitaine9 crie vers lui :

     - “Qu’as-tu à dormir quand le péril est extrême ! Réveille-toi de ton sommeil de plomb ou nous allons tous périr. Tourne-toi vers ton dieu ! Peut-être nous sauvera-t-il de la perdition !”

     Remonté sur le pont, le capitaine dit au matelot :

     - “S’il y a une catastrophe, il y a un coupable ! Tirons au sort pour savoir qui de nous est la cause du mal qui nous menace !”

     Le sort tombe sur Jonas et le capitaine le rudoie :

     - “Qui es-tu, toi ? Quel est ton métier ? Ta mission ? Ton Dieu ? Ton ange ? De qui es-tu le messager ? Quel est ton pays ? Que te dit ta conscience ?”

     - “Je suis hébreu, et c’est Yawhé que je crains, lui qui a fait la mer sur laquelle nous voguons et la terre vers laquelle nous allons.”

     - “Qu’as-tu donc fait ? Pourquoi le fuis-tu ? Que faire de toi pour que la mer s’apaise ?”10

     - “Je suis un Ibri, un Hébreu, né de l’autre côté de l’Euphrate… J’adore Yahwé… Je viens de Jérusalem… Je devais partir pour Ninive… et je suis parti pour Tharsis… Je change de rive, je traverse la mer pour faire retour à mon passé ; je veux me rencontrer, aller à Tharsis éprouver mon métal. ”

     Il sait qu’il fuit la vision de sa propre face.

     - “La mer est au-dessus de nous ! clament les matelots affolés, que devons-nous faire ?”

     - “Prenez-moi, jetez-moi à la mer et elle s’apaisera d’au-dessus de vous ! Je suis la cause de cette tempête car je fuis l’inspiration reçue !11

     Les matelots ont grande crainte ; leurs idoles se sont révélées impuissantes. Ils ne veulent pas commettre ce meurtre. Ils se mettent aux rames, redoublent d’efforts pour gagner un rivage. En vain !

Ils se saisissent alors de lui, lui plongent la tête dans les vagues et la tempête instantanément s’apaise.

     Alors, ils le sortent, tout suffoquant, pour le remettre dans le navire. Aussitôt, la tempête redouble. A contrecœur, ils le lancent par-dessus bord et peuvent ensuite naviguer sur une mer d’huile !

 

 

 
Chapiteau de l’église de Moizac.

 

     Fuyant l’inspiration du ciel, Jonas était pourchassé par la mer qui en est le reflet. Jeté dans une mer en furie, elle apaise alors les douleurs de l’accouchement et son âme de colombe prend son envol vers le ciel, mais le passage ne s’ouvre pas et elle doit redescendre dans son corps de chair… Les flots voraces réclament leur proie.

     Entendez bien ! C’est la mer céleste qui se calme et son reflet terrestre ensuite s’apaise.

     Le miracle se produit, car la vie n’est que miracles sur miracles, et le grand poisson surgit des abîmes marins, un grand poisson, qui engloutit Jonas.

                                    
à suivre
: II - Jonas avalé par le grand poisson.

 

 

Cathédrale de Tournai (Belgique).

 

 

1 Cet essai doit beaucoup aux interprétations du livre de Virya, Le Grand Œuvre de Jonas, Georges Lahi auteur-éditeur, 1996. L’auteur interprète le Livre de Jonas par une méthode d’analyse appelée Guématria, traditionnelle chez les Kabbalistes.

2 Voir les ouvrages et articles publiés sur http://regorm.free.fr/ et sur  http://mathematiques.energie-manifestee.net/

Nebi, ou Nabi signifie prophète dans l’Islam qui parle de Jonas appelé alors Yunus. Ou encore Younès en arabe dialectal, ayant comme équivalent Dhû-n-Nûn, l’homme à la baleine ; Zunnun en turc.

4 « Colombe des louanges, j’ai pour demeure le jardin des Idées.

Être essentiel dans le monde visible, je n’ai d’existence que par les dualités. »

(Ibn’Arabi, Le Livre de l’Arbre et des Quatre Oiseaux, Les Deux Océans, 1984, p. 61).

Colombe : Le Ciel (C) se referme, donnant le tout (O) sur terre (L) et cette totalité (O) aime (M) le binaire (Be).

Palumba en latin, mais aussi en languedocien et en gascon : Paix (P) de la manifestation (A) physique (L) ou (U) amour (M) du binaire (B) manifesté (A), décrypte la Langue des Oiseaux (Voir Monin Emmanuel-Yves, Hiéroglyphes français et Langue des Oiseaux, 1982, Point d’Eau).

Voir Essai : " L'Alphabet des Oiseaux", par Robert-Régor Mougeot, sur http://langue.des.oiseaux.free.fr/

5 En 1845, Henry Austin Layard entreprit les fouilles. Il découvrit un palais de plus de 71 pièces dans lequel furent trouvées plus de 22 000 tablettes cunéiformes, certaines datant du XIe siècle av. J.-C.

6 « Les chairs des immortels sont en or ». (Inscription de Redesiyeh. Nouvel Empire, Egypte).

7 D-I-T, déité.

8 La « chrysalide surnaturelle », selon l’expression du poète Jean-Paul de Dadelsen (Jonas, éd. Gallimard, 1962), cette chrysalide étant d’abord la cale du navire avant d’être le ventre du grand poisson.

9 Celui-qui est « à la tête » : « ENTËTE Elohim créait les ciels et la terre,… », Genèse I, 1 ; traduction André Chouraki. Le capitaine personnifie alors le mental de Jonas.

10 “Le sort t’a désigné

  Et nous craignons le pire.

  La mer est déchaînée

  Et nous allons mourir.

  Quel Dieu as-tu fâché

  Qu’il veuille t’anéantir ?” (Chanson Jetez-moi dans la mer, comédie musicale Jonas, composée par Etienne Tarneaud sur un livret et des paroles de Jocelyne Tarneaud.)

11 “Jetez-moi dans la mer !

   C’est tout ce qu’il faut faire.

   Ne cherchez pas,

   Et oui c’est moi la cause de ça”. (Idem)

LE LIVRE DE JONAS" : LA FUITE DE JONAS ET LA TEMPETE

Lire
"Le Livre de Jonas"
Nouvelle version étoffée par des commentaires
:
"LE LIVRE DE JONAS" : LA FUITE DE JONAS ET LA TEMPETE 

sur  http://fontaine-jouvence.over-blog.com/


Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : le blog vivrevouivre par : Robert Regor
  •   le blog vivrevouivre par : Robert Regor
  • : Ce qu'est le Serpent-Dragon-Vouivre, symbole des énergies telluriques liées aux énergies cosmiques.
  • Contact

Texte Libre

 

 

Le lien http://r-r-y-mougeot.wifeo.com/ permet de trouver les articles de ce blog depuis sa création en 2006, classés par thèmes de A à Z aux pages 4 à 13 - Thèmes des articles du blog vivrevouivre :

- Alchimie - Animaux fabuleux : ;- Arts ; - Bouddhisme, Chamanisme, Chevalerie et Moyen Age ; - Christianisme : ; - Druidisme, Education, Erotisme, Géobiologie ; - Gitans, Hindouisme, Islam, Jeux,  Kabbale, Langue des Oiseaux  ; - Articles de Manichéisme à Paix ; - Pays ; - Thèmes de Préhistoire à Voeux ; Vouivre

 

 

 

Recherche

Liens