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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 12:27

Le Signe de Jonas et la fin des temps

par Robert-Régor Mougeot 

(suite de "Le Livre de Jonas: Si Jonas m'était conté")

 

 

 

I - La Baleine, le “Grand Poisson”

II – Le culte de la Baleine

 

 

            La baleine a toujours été vue par les peuples pêcheurs comme un animal fabuleux, comme un dieu, comme l’animal totémique de la tribu qui en tire sa subsistance ou sa prospérité.



             Le culte des “dieux échoués” se retrouve au Vietnam,
au Japon et partout dans l’hémisphère austral.
Sur les côtes du Vietnam, les os de baleine échoués sont, depuis des temps immémoriaux
 et encore aujourd’hui, l’objet d’un culte.
C’est « une baleine merveilleuse qui amena aux montagnards sud-vietnamiens
l’Enfant sauveur du monde, libérateur du mal. (1)
 » 
 
Echouage de baleines au Cap Cod.

 

            Tout au long des côtes vietnamiennes, depuis la province de Thanh Hoa jusqu'à l'île de Phu Quoc, des temples sont consacrés aux baleines qui viennent s’échouer sur le rivage. Lors des tempêtes et des typhons, le champ magnétique terrestre dont elles suivent les lignes de force est perturbé ; elles se réfugient alors dans les baies et les estuaires, et les ouragans poussent les vénérables baleines mortes vers les rivages où les hommes leur font des funérailles dignes d'elles. Découvrir une baleine morte et lui assurer des funérailles apporte la richesse à la communauté.

            Chaque année, le seize du huitième mois du calendrier lunaire, a lieu la procession de la Baleine, qui s’accompagne de chants, de danses de théâtre, de feux d’artifice. Un cortège d'embarcations ornées d’yeux de baleine prend la mer et s'arrête pour la cérémonie.

            « Sur la jonque principale, le maître de cérémonie enfile une robe noire et des babouches, puis enroule un turban sur sa tête et ordonne de faire trois roulements de tambours. Il officie suivant les rites traditionnels du Sud (présentation des offrandes : encens, alcool, thé). Il lit une invocation rituelle afin de demander la paix pour le pays et le peuple, le vent dans les voiles et l'abondance de poissons... Puis, des sons de gongs et de tambours retentissent et les jonques effectuent des ronds sur la mer pour former des vagues, signe du "témoignage" de la Baleine. (2)
 »

 

 

 

             Actuellement, dans beaucoup de pays, l’échouage des mammifères marins fait l’objet d’un autre culte, celui des scientifiques, inquiets par leur multiplication ! On a été jusqu’à parler du « suicide » des baleines. Il a existé des cimetières de baleines, endroits où celles-ci choisissaient d’aller mourir. Ils se rendent sur les lieux signalés, notent leurs observations, prélèvent des échantillons pour les laboratoires et autopsient les cadavres pour connaître les causes de la mort que leurs technologies provoquent par la pollution, par le dérèglement qu'engendrent les sonars de leurs sous-marins de guerre et leurs bateaux de pêche exterminateurs de la vie dans les océans. Mais un parasite de l’oreille et des sinus auditifs vient aussi perturber le sonar des cétacés. Ce travail s’accompagne d’une information pédagogique auprès des enfants et de la population, pour que les enfants ne s’en tiennent pas à la légende et accèdent au respect de l’animal, dit-on ! S’ils analysent le phénomène et tentent d’y remédier, leurs efforts sont méritoires et… dérisoires devant la destruction mise en marche par la contre-nature. Impuissants à arrêter les méfaits de leurs contemporains, ils chargent les nouvelles générations de nettoyer les écuries d’Augias qu’ils laissent derrière eux ! Maintes légendes anciennes sont beaucoup plus porteuses de respect que les points de vue scientifiques qui en arrivent à justifier au Japon, en Norvège, en Corée du Sud, aux Philippines l’abattage de baleines pour l’étude scientifique ! Selon la WWF, depuis le début de l’interdiction de la chasse en 1986 plus de 21500 baleines ont été tuées sous un tel prétexte.

Que sont en fait les théories et hypothèses scientifiques sans cesse réactualisées si ce n’est de nouveaux mythes, pire, de nouvelles croyances qui ne propulsent pas à l’essentiel ? Mais sans la puissance de l’Esprit qui souffle où Il veut et quand Il veut, ils n’accouchent que de technologies qui, d’extraordinaires qu’elles sont dans leur Principe, deviennent, utilisées par la seule conscience séparative, destructrices et mortelles. Les humains forgent alors eux-mêmes les armes de leur destruction dans un aveuglement suicidaire.

             Que n’entendent-ils pas les voix des Jonas qui les appellent à réformer leur conduite ! « Croire qu’un animal est un animal, c’est faire », enseignait le nagual toltèque don Juan à Castaneda. Une baleine est bien plus que l’assemblage de chairs et d’os que dissèquent les scientifiques. Elle peut être l’avatâra de Vishnu, incarnation de la conscience divine sur terre ! Les anciens mythes et les anciennes cosmogonies, inspirés justement aux peuples premiers, leur permettaient de construire un équilibre entre leurs nécessités vitales et l’ensemble des règnes précédant l’humain dont ils se savaient solidaires, entre la vie terrestre et le cosmos.

Pourtant, ces sciences ont leur juste place possible dans le devenir humain, pour peu que la conscience ne fasse pas défaut... Les sciences, que l’on disait il n’y a pas si longtemps naturelles, exposent (3) l’évolution des espèces au cours des millénaires. Celle de la baleine s’étend sur quatre milliards d’années. Au fil du temps, son corps en torpille s’est entièrement débarrassé des poils ancestraux. Il est devenu entièrement lisse. Sa nageoire caudale est devenue horizontale et ses coups de queue lui permettent des bonds fantastiques. Ses fanons lui permettent de filtrer sa nourriture, le krill, après avoir englouti des tonnes d'eau. Ses poumons minuscules, plus petits que ceux des humains, renouvellent quatre-vingt-dix pour cent de l’air inspiré qui est rejeté ensuite par un évent situé au sommet du crâne. Economisant l’oxygène lors de ses plongées, elle est capable de ralentir son rythme cardiaque pour privilégier l’oxygénation de son cerveau. Un sixième sens lui permet l’écholocalisation des obstacles par sonar et, si elle n’a pas d’oreilles externes, son ouïe est pourtant très sensible ; les sons passent à travers ses mâchoires pour parvenir jusqu’à son oreille interne. Ses vocalises sont extraordinaires. Si son odorat est déficient, elle possède par contre une bonne vision et un toucher remarquable ; elle est extrêmement douée pour les caresses tactiles lors des ébats amoureux ou bien encore, pour les femelles, dans l’accompagnement du baleineau qui naît dans l’eau.

             Son ancêtre connu serait un mammifère semi-aquatique semi-terrestre que ses restes fossiles font dater de cinquante millions d’années. Deux millions d’années plus tard, il prend forme de cétacé marcheur aux pattes palmées, vivant en mer et se reproduisant sur terre. Dix millions d’années s’écoulent encore, et ses pattes avant deviennent des palettes natatoires, ses pattes arrière sont atrophiées ; c’est l’Archéocète Cynthiacetus, qui vit dans la mer de Thétis, située alors au niveau de l’actuel Pakistan, se reproduit en mer et ne peut plus revenir à terre. Qui peut avoir conçu un tel scénario ?

             Divinement inspirés, même à leur insu, les scientifiques ! Cynthia vient étymologiquement du mot grec kynthos signifiant « qui vient du Kynth ». Sur l'île de Delos, se trouve le mont Kynthos, lieu mythique où seraient nés la déesse Artémis et son frère Apollon. De ce fait, Artémis est parfois appelée Cynthia. Chintâmani, Cîntamani  (4) en sanscrit, c’est en Orient, la Pierre précieuse qui a le pouvoir de réaliser tous les vœux, le Joyau, symbole de l’esprit libre, attribut du Bodhisattva Avalokiteshvara. Et le mythe scientifique actuel rejoint malgré lui les mythes traditionnels qu’il se refuse à évoquer parce que « non scientifiques » ! Quel appauvrissement ! C’est un squelette sans chairs autour !

              Artémis est l’un des multiples noms de la Mère Universelle. Jonas trouve son Unité lorsqu'il est UN avec la Baleine-Déesse, avec Artémis-cétacée. En son ventre, en un premier temps, nous dit le Zohar, il trouve la pierre précieuse qui exauce son vœu et lui permet de contempler les merveilles des fonds sous-marins. Il en sort  transformé... La même Inspiration, dans la grande magie mayatique qui déploie à travers temps et lieux, toutes les correspondances improbables, est à l’œuvre, suscitant la joie de percevoir l’Unité du Tout.

 




            Le dodécalogue averti ne sera pas étonné d’apprendre qu’il y a douze espèces de baleines (5)
et que, chez elles, la gestation dure douze mois. Mais qui saura dire que toutes les formes sont le tissage des quatre éléments par le Seigneur de la forme, le moule, Aspect-Reflet du Grand Principe Universel, le Seigneur des Formes (6) ? Le champ des mutations que nous appréhendons ici pour la baleine sur des millions d’années en est un parmi un nombre indéfini d’autres que les sciences naturelles découvrent petit à petit. La perfection de la Création est extraordinaire ! Mais si le Reflet n’est pas la Cause elle-même, il est la preuve de cette Cause Première ! Chaque forme a une origine et les mutations de cette forme à travers les âges de la terre sont extraordinaires. La Science Révélée est particulièrement éclairante. Lorsqu’il y a mutation, « l’Origine sera devenue autre par le fait même du processus de ces mutations qui fait qu’il y a un transfert de ces mêmes éléments en un autre Point qui va devenir ou s’appeler, à son tour “Point Originel” ou Souche… De là partiront de Nouvelles Manifestations, dans de Nouvelles formes dépendantes d’un Nouveau Point Originel qui sera devenu, à son tour, un Aspect-Reflet du “Principe Universel”. (7) »

              C’est pourquoi la théorie des champs morphogénétiques de Ruppert Sheldrake ouvre des pistes intéressantes ; ces champs d’information transcendent le temps et l’espace et rendent compte de phénomènes encore inexpliqués tels que la télépathie et la prémonition.    Que dit ce scientifique : « En simplifiant beaucoup :

             Le tout est plus que la somme des parties. Il remet en cause également l'aspect purement mécanique de la biologie au profit d'une causalité formative à la base de la morphogenèse, la biochimie et la génétique n'intervenant qu'a posteriori.

             Cette causalité formative s'exprimerait par les champs morphogénétiques.

             Les champs morphiques façonneraient les atomes, les molécules, les cristaux, les organelles, les cellules, les tissus, les organes, les organismes, les sociétés, les écosystèmes, le système planétaire, le système solaire, la galaxie etc.

             Dans cette complexité croissante, les champs morphogénétiques contiendraient une mémoire inhérente acquise par un processus de résonance morphique, composant la mémoire collective de chaque espèce (idée émise par l'éminent psychologue suisse Carl Gustav Jung).

Ainsi, le cerveau, trop petit pour contenir la mémoire, n'est pas un organe de stockage mais un organe de liaison avec la banque de données du champ morphogénétique dans laquelle se mêlent passé, présent et futur. (8) »

            L’Illusion divine est incommensurable. Séduisante et envoûtante, elle anéantit, quand se produit par éclair la vision de sa perfection, l’ego dérisoire de celui qui veut savoir, comprendre, posséder… par l’illusoire de ses pseudo-créations. Les humains souvent trahissent la Nature, et leur nature à la fois qui lui est indissociable ; ils caricaturent vainement ce qui les transcende et les habite, mais qui les glace de terreur. Ils cherchent une sécurité impossible dans une contre-nature mortelle en oubliant totalement la Source de leur Immortalité, la source même de leur sécurité totale.

 

           Des gravures rupestres découvertes aux confins de la Sibérie, près du détroit de Behring, dans la vallée de Petymel montrent que la chasse à la baleine date au moins de mille ans avant notre ère. L’ethnologue Paul-Émile Victor a conté cette chasse chez les Inuits du grand nord canadien :

           «  Les angyaks ou barques de peau s’approchent silencieusement. La baleine progresse avec majesté à 7 Km/h. Souveraine et insouciante, elle règne sur ces eaux hyperboréennes. Le harpon doit la frapper en arrière de l’œil, sous le tympan. Dès que la baleine a lâché son premier jet de sang, l’angyalik, en levant sa pagaie, la salue en se découvrant. Les autres embarcations se sont rapprochées pour s’entraider. Avec une extraordinaire connaissance nautique, elles s’allient les vents et les courants, après s’être disposées en file pour tirer ses 80 tonnes. » S’ensuit à terre un rituel au cours duquel la baleine est dépecée et mangée. «  Dans une grande fête copulative, tous dépècent le dos de la baleine et la consomment sur place. Manger et copuler sont synonymes. »  Ainsi est la vie naturelle qui se nourrit de la mort dans l’unité d’une unique substance.

              Ce qui est méconnu actuellement, c’est que jadis, en conscience, on ne tuait que l’animal « consentant », et seulement pour le besoin vital présent, tout en l’honorant, puisque la création terrestre, toujours neuve d’instant en instant, se produit à travers les apparences, les trans-formations.

                Beaucoup de peuples dépendirent longtemps de la chasse à la baleine pour leur survie et de ce fait ne les massacraient pas inutilement ; actuellement les baleines jouent surtout un rôle culturel pour les Amérindiens du Canada et les Inuits de l’Arctique, comme dans certaines îles du Pacifique. Les Açores sont le dernier endroit où se pratique encore la chasse de manière traditionnelle. Hélas, beaucoup de peuples se sont faits non plus chasseurs pour leur subsistance et leur survie, mais les exterminateurs des cétacés depuis le XIXe siècle et l’invention du harpon explosif marque le passage de la chasse artisanale à l’extermination industrielle. Ses fanons servirent à fabriquer les corsets des dames et les parapluies. L'huile extraite de sa graisse éclaira les villes. L'ambre gris, concrétion qui se forme dans l'appareil digestif du cachalot, est utilisé comme fixateur en parfumerie. Les massacres continuent actuellement pour les seules raisons économiques bien mauvaises puisque tous ces produits peuvent être remplacés par d’autres à moindre coût et tout particulièrement par l’huile et la « cire » tirée du jojoba, arbuste mexicain cultivé actuellement.

            Les baleiniers actuels tuent sans grands risques, ce qui n’était pas le cas jadis où cette chasse demandait une témérité extrême. La haine du capitaine Achab (9) pour Moby Dick, la baleine blanche qui l’a rendu autrefois infirme, est un récit fantastique. Achab, en proie à son obsession, la harponne au cours d’une tempête ; elle entraîne le vaisseau dans une course folle qui conduit l’équipage au naufrage (10). Herman Melville a immortalisé ainsi la baleine Mocha Dick qui, au large du Chili a tenu tête durant trente ans aux baleinières qu’elles n’hésitait pas à charger. Tuée en 1859, elle portait dix-neuf harpons dans ses flancs !

            La haine de beaucoup pour la Nature qu’ils ne voient que comme une ennemie à domestiquer, à vaincre, à soumettre, mène l’humanité vers le naufrage.


Il est plus que temps pour l’humain d’écouter la Voix de Jonas
et de « renverser » son comportement comme le firent les gens de Ninive…


 


Dictionnaire des Symboles, op. cit., p. 103.

2 « Le culte de la baleine à Cân Gio », article de Tuân Anh, Journal quotidien Vietnam Daily, 27/12/2004.

3 Exposition à la Grande Galerie du Museum national d’Histoire naturelle, Paris : Incroyables cétacés, été 2008.

4 C’est également le nom d’une déesse. Un volcan d’Indonésie porte ce nom en son honneur.

5  Trois espèces de baleines franches (boréales, australes et baleines franches des Basques) ; six espèces de rorqual (rorqual commun, petit rorqual, rorqual boréal de Rudolphi, rorqual de Bryde, rorqual ou baleine bleue) ; les baleines pygmées. Voir Emmanuel-Yves Monin, L'Univers en Code-barres, 1998, Y. Monin.

6  La Vouivre, un symbole universel, EDIRU, 2006, p. 202-203.

7 Karuna Platon, L’Instruction du Verseur d’Eau, Editions de la Promesse, 2000, p. 81.

8 Abel Chaouqui, Ruppert Sheldrake. Champs morphiques et causalité formative,

 sur http://www.unisson06.org/dossiers/science/sheldrake_champs-morphiques.htm .  

9 Herman Melville a choisi pour son capitaine le nom du 7e roi d’Israël !

10 Herman Melville, Moby Dick. Egalement le fil de John Huston.

 

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