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8 septembre 2009 2 08 /09 /septembre /2009 18:03

Dans la chapelle du Val d'Amour à Bélesta,

une statue de Marie de Magdala



 ©Photo Magdala


      Selon l'Ancien Testament, Marie-Madeleine, de lignée royale d'Israël, 
est  originaire de la ville de Magdala sur la rive occidentale du lac de Tibériade.
Ce  nom qui vient de l'hébreu migdal, signifiant « tour »
la rattache symboliquement à sainte Barbe,
patronne entre autres des alchimistes, dont l'attribut est la Tour.

      Selon les Evangiles, il s'agirait de la femme qui fut délivrée
par Jésus de sept démons (Luc VIII, 2), Marie de Béthanie.

     La vie légendaire de Marie l'Egyptienne et celle de Marie de Magdala se confondent, et leurs représentations sont quasi semblables. Aussi avons-nous là trois facettes d'une même Énergie qui déploie l'Amour. Voyons plus profondément cela :
      

"Au matin de Pâque, Miriâm de Magdala se rendant au sépulcre où le corps de Iéshoua‘ a été déposé croit être interpellée par le jardinier, puis reconnaît le Rabbi dans ses habits de lumière : « Elle, se tournant, lui dit en hébreu : “Rabbouni !” - c’est-à-dire “Mon Rabbi !” », elle le “voit”, non avec ses yeux de chair, mais par “la fine pointe de l’âme”.

L’expression employée, Rabouni, est plus que familière, elle est d’une femme proche qui ne cache pas ses sentiments. Fut-elle amante, compagne, disciple du Rabbi ? Celle dont il est dit : « Il [le Christ] apparaît d’abord à Miriâm de Magdala, dont il avait jeté dehors sept démons. » (Marc, 15, 9) …

Il est fort probable qu’elle soit la pécheresse repentie dont parle Luc ; il raconte ce qui se passa dans la demeure où Iéshoua‘ séjournait, entouré de nombreuses personnes :

« Et voici une femme. C’est une fauteuse de la ville.

Elle sait qu’il s’est étendu dans la maison du Paroush [Pharisien].

Elle apporte un flacon d’albâtre plein de parfum.

Elle se tient en arrière et pleure à ses pieds.

De ses larmes, elle commence à lui humecter les pieds.

Elle les essuie avec les cheveux de sa tête.

Elle se penche, embrasse ses pieds et les messie [oint] de parfum. » (7, 38).

« A ceux qui ont beaucoup aimé, il sera beaucoup pardonné », a dit le Rabbi qui ne condamnera pas la femme adultère. Ô pharisiens, les pires péchés sont-ils ceux de la chair ?

Qui plus est, Iéshoua‘ la donne en exemple à Shim‘ôn, qui n’est pas encore appelé Petros (Pierre) :

« Regarde cette femme ! Je suis entré dans ta maison,

tu ne m’as pas donné d’eau à mes pieds.

Mais elle, de ses larmes, elle a humecté mes pieds

Et de ses cheveux elle les a essuyés.

Tu ne m’as pas donné de baiser. Mais elle, depuis que je suis entré,

Elle n’a pas cessé de se pencher et d’embrasser mes pieds… » (Luc 7, 44-45)

Au grand dam des témoins scandalisés, il dit à la femme « Tes fautes te sont remises. » (7, 48) L’amour de la pécheresse pour Lui est le motif du pardon qui vient de la grâce divine par Lui.

Le Père Bruckberger, dans son livre Marie Madeleine (1), considère que cette pécheresse et Miriâm de Magdala sont une seule et même personne. Cette dernière, juive hellénisée, comme Hérode, passait pour pécheresse aux yeux des Pharisiens. De culture grecque, elle pouvait être de mœurs très libres sans être pour autant une prostituée.

Curieusement, la même scène se renouvelle dans un autre contexte, alors qu’El’azar (Lazare), le frère de Miriâm, est malade :

« Quelqu’un est malade ; Él’azar, de Béit-Hanayah,

Le village de Miriâm et de Marta, sa sœur.

Miriâm est celle qui a enduit l’Adôn de parfum

Et lui a essuyé les pieds de ses cheveux. » (Jean 11, 1-2)

C’est l’épisode de la guérison de celui que Iéshoua‘ aimait. Cela se passe six jours avant la Pâque, Miriâm scandalise à nouveau les disciples lorsqu’« elle prend un parfum, une livre de nard pur et de grand prix.

Elle en enduit les pieds de Iéshoua‘ et les essuie de ses cheveux.

La maison se remplit des effluves du parfum. » (Jean 12,3)

Miriâm de Béthanie est confondue par Jean avec Miriâm de Magdala, et ainsi avec la pécheresse repentie. Celle-ci renouvelle le geste fait lors de sa conversion. Son intuition d’amante lui fait oindre les pieds de l’Aimé, geste qui rappelle l’amante du Cantique des Cantiques. Fait sans précédent ! Geste insensé ! Geste d’amour, non prémédité par elle, mais prémonitoire. Parfumer les pieds d’un vivant ! Elle gardera le reste du parfum et sera la première à venir le jour de Pâque pour oindre le cadavre comme il est de coutume.

Saint Augustin pensait que les deux onctions ont été faites successivement par Miriâm de Magdala qui « oignit la tête de Jésus suivant l’usage ordinaire, puis, comme il restait du parfum, elle oignit ses pieds (2) ».

Le Père Lacordaire ose dire la joie qu’il a de contempler « dans l’unité d’une même gloire la pécheresse pleurant aux pieds de Jésus et les essuyant de ses cheveux, la sœur de Lazare assistant à la résurrection de son frère, l’amie fidèle debout à la passion et à la mort de son Bien-Aimé, le suivant au tombeau et méritant de voir la première les splendeurs de sa résurrection ! (3)»

Miriâm de Magdala n’a pas de retenue lorsque l’Energie la traverse, et elle fait, scandalisant ces bien-pensants d’apôtres ! L’Evangile de Philippe est formel. Parlant des femmes, il dit : « Il y en avait trois qui marchaient toujours avec le Seigneur : Marie sa mère et sa sœur et Madeleine appelée sa compagne. Sa sœur, sa mère et sa compagne étaient chacune Marie. » (v. 26)

Il précise sans fausse pudeur aucune, car cela n’est-il pas naturel ? : « Et la compagne du fils est Marie Madeleine. Le Seigneur l’aimait plus que tous les disciples et il l’embrassait souvent sur la bouche. Les disciples le voyaient et ils lui dirent : “Pourquoi l’aimes-tu plus que nous tous ?” Le sauveur leur répondit et leur dit : “Comment se fait-il que je ne vous aime pas autant qu’elle ? Un aveugle et quelqu’un qui voit, quand ils sont tous deux dans l’obscurité ne se distinguent pas l’un de l’autre. Si la lumière vient, alors celui qui voit verra la lumière alors que celui qui est aveugle demeurera dans l’obscurité.” » (Philippe v. 44b-45)

Quel scandale ! Il traite ses disciples d’aveugles pour ne pas voir la Lumière ! Elle est sa compagne, mais aussi son disciple et l’un ne pourrait aller sans l’autre. Elle n’est pas aveugle, elle ! C’est avec elle seule qu’il pouvait être en totale comm(e)-union. Il ne peut y avoir incarnation sans que la condition humaine ne soit vécue dans toutes ses facettes. En faisant de Jésus un homme désincarné, les Eglises ont fait un contre-sens absolument dommageable pour toute l’humanité. Tout l’être humain est sexué, et l’androgyne vit dans un corps dont il assume toutes les fonctions, qu’il vive dans un véhicule masculin ou féminin.

« Marie signifie mer amère, ou illuminatrice, ou illuminée. Ces trois significations font comprendre les trois excellentes parts qu'elle a choisies, savoir : la part de la pénitence, de la contemplation intérieure et de la gloire céleste. (…) Madeleine veut dire restant coupable (manens rea) ou bien encore munie, invaincue, magnifique, qualités qui indiquent ce qu'elle fut avant, pendant, et après sa conversion », écrit Jacques de Voragine (4).

A la Collégiale de Notre-Dame en Vaux, à Châlons-en-Champagne, se trouve un vitrail du début du XVIe s. de la Cène où le Christ, entouré de ses douze apôtres, tient sur son giron la tête de Marie-Madeleine, dans une posture sans ambiguïté.  

 

111.-coll-giale-Notre-Dame-en-Vaux--Ch-lons-en-Champagne.JPG

                          ©Photo Alexandrine

      Et Sallah Stétié d’écrire : « Madeleine apporte au Christ ce qu’il y a de plus féminin, les onguents, le parfum, ce par quoi la femme se signifie elle-même sur le plan du symbolique. Je ne peux m’empêcher de rappeler à ce propos le célèbre hadith muhammedien : “Ce que j’ai le plus aimé au monde, ce sont trois choses : les femmes, les parfums et la prière.” Là aussi, on retrouve cette interprétation de la femme par le parfum, lequel est matérialisation de l’âme, mais aussi par la prière, qui est une exaltation de l’élément féminin de l’être.  (5) »

 

…Après la mort de Iéshoua‘, c'est Miriâm de Magdala qui, lorsque les disciples sont dans la peine et qu’ils versent des larmes, les réconforte : 

« Alors Marie se leva, elle les embrassa tous et dit à ses frères :

“Ne soyez pas dans la peine et le doute,

car Sa grâce vous accompagnera et vous protégera :

louons plutôt Sa grandeur

car Il nous a préparés.

Il nous appelle à devenir pleinement humain.” [Anthropos] » (Marie 9, 12-18)

Alors, « Pierre dit à Marie : Sœur, nous savons que l’Enseigneur t’a aimée différemment des autres femmes. Dis-nous les paroles qu’il t’a dites, dont tu te souviens et dont nous n’avons pas connaissance. » (Marie 10, 1-6)

S’ensuit un long enseignement de Marie rapportant les paroles du Christ, à coloration gnostique, enseignement dont il manque quatre pages. La plupart des apôtres n’étaient en rien au courant des enseignements que Iéshoua‘ prodiguait à Miriâm dans le secret. Leur étonnement et leurs préjugés sont atterrants :

« André prit alors la parole et s’adressa à ses frères :

“Dites, que pensez-vous de ce qu’elle vient de raconter ?

 Pour ma part, je ne crois pas que l’Enseigneur ait parlé ainsi ;

 ces pensées diffèrent de celles que nous avons connues.”

 Pierre ajouta :

“Est-il possible que l’Enseigneur se soit entretenu ainsi avec une femme,

 sur des secrets que nous, nous ignorons ?

 Devons-nous changer nos habitudes ; écouter cette femme ?

 L’a-t-il vraiment choisie et préférée à nous ?” » (Marie 17, 9-20)

 Pauvres hommes avec leurs préjugés ! Ils n’ont pas changé leurs habitudes depuis deux mille ans ! Quelle suffisance ! Pourtant, « André veut dire beau, ou caution, ou viril, d'ander, homme; ou bien encore anthrôpos, homme, d'ana, au-dessus, et tropos tourné, ce qui est la même chose que converti, comme s'il eût été converti aux choses du ciel et élevé vers son créateur », précise La Légende Dorée de Jacques de Voragines (6).

Un fragment de parchemin parvenu en grec (7) ajoute :

« Lévi dit à Pierre :

“Pierre, tu es toujours prêt à t’emporter, et à l’instant, tu discutes avec cette femme comme si tu étais son ennemi. Si le Sauveur l’a jugée digne, qui es-tu, toi, pour la déprécier ? En tout cas, lui en la voyant, l’a sûrement aimée. Ayons plutôt honte, et revêtu de l’homme parfait, accomplissons ce qui nous est prescrit.” (8) »

La version copte ajoute : « Marie, en pleurant dit à Pierre :

“Pierre, mon frère, à quoi penses-tu ? Crois-tu que ce ne soit que délire de ma part, ou que je trahisse le Sauveur ?” (9) »

Tomas est plus sévère encore ! Il rapporte la réponse du Christ à la demande de Petros :

«  Simon Pierre leur dit : “Que Marie sorte de parmi nous car les femmes ne sont pas dignes de la vie.”

Jésus dit : “Voici ; moi, je l’attirerai pour que je la rende mâle afin qu'elle aussi devienne un esprit vivant, pareil à vous, mâles. Car toute femme qui sera faite mâle entrera dans le Royaume des cieux.” » (Thomas L. 118)

La femme ainsi, se réappropriant sa polarité masculine, est en passe de retrouver l’androgynat primitif. Les apôtres, dans leur refus du féminin extérieur, ne peuvent avant longtemps entrevoir leur retour à cet état ! Pourtant, ils sont mis sur la voie :

« Jésus vit des petits qui tétaient. Il dit à ses disciples :

“Ces petits qui tètent ressemblent à ceux qui entrent dans le Royaume.” Ils lui dirent :

“Alors en étant petits entrerons-nous dans le Royaume ?”

Jésus leur dit : “Lorsque vous faites les deux [être] un, et que vous ferez le dedans comme le dehors et le dehors comme le dedans, et le haut comme le bas ! Et si vous faites le mâle et la femelle en un seul, afin que le mâle ne soit pas mâle et que la femelle ne soit plus femelle, et lorsque à la place d'un œil vous referez des yeux, et une main à la place d'une main, et un pied à la place d'un pied, et une image à la place d'une image, alors vous entrerez dans le [Royaume].” » (Thomas L. 27) "

 

                    © Extrait de PROPOS SUR LA RÉSURRECTION DE JÉSUS QUI FUT APPELÉ CHRIST
               de Robert-Régor Mougeot, à paraître. 


 

1 Albin Michel, 1975.

2 Lagrange in : Résumé, par le Père Florian Racine de l’étude d’André Feuillet : Les deux onctions faites sur Jésus, et Marie-Madeleine. Contribution à l’étude entre les Synoptiques et le quatrième évangile, op. cit., p. 357-394. Toute cette étude est à lire pour qui veut approfondir ce chapitre.

3 Idem.

4 La Légende Dorée, op. cit.

5 Sallah Stétié, Entretiens avec Gwendoline Jarczyk, Albin Michel, 2004, p.225.

6 La Légende Dorée, op. cit.
7 Fragment P. Rylands III, 463, cité en note dans Evangiles apocryphes, op. cit., p. 53.

8 Idem.

9 Ibidem.

 

©Photo Magdala

Marie de Magdala, Nézignan l'Evêque, Hérault.

EGLISE D'OLERON : LE CHRIST ET MARIE-MADELEINE SONT-ILS REPRESENTES ?

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commentaires

tarif plombier paris 26/01/2015 11:47

J'apprécie votre blog , je me permet donc de poser un lien vers le mien .. n'hésitez pas à le visiter.
Cordialement

Régor 02/12/2009 11:48


En lisant les Evangiles en effet, j'ai toujours vu que Marie-Madeleine a été la première à voir le Christ sorti du tombeau. Je n'ai jamais lu Irénée de Lyon, et je ne savais pas qu'il avait affirmé
que Jean en avait été le 1er témoin. Pouvez-vous m'en donner la référence ? Merci d'avance.
Beaucoup de choses en effet, ignorées jusqu'à présent, sont connues et d'autres encore apparaîtront dans les années à venir...


MARIE DE MAGDALA 01/12/2009 15:47


Nous avons ete trompes par St Irenee DE Lyon qui a invente le nom de Jean pour identifier le disciple que JESUS aimait
En effet les 4 evangiles canoniques confirment que Jesus est apparut en 1er a 1femme et non a 1homme
De plus au pied de la croix , seuls des noms de femmes sont inscrits
Il a ete le 1er a lister les 4 evangiles et a rejeter les gnostiques qui parlent de marie de magdala -la preferee - e JESUS et sa compagne
Curieux non?????
Jesus avait dit:tout ce qui etait voile sera devoile....nous y sommes!!!!


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