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24 juin 2007 7 24 /06 /juin /2007 16:42
      Projet de réponse à la question :
 
     « O vous le Maître incontesté du gigantesque et du grandiose,
     vous le Maître insurpassé de toutes les vies et de toutes les choses,
     vous qui avez su animer rouages terrestres et célestes,
     et ceci pour l'éternité dans le plus sublime des gestes,
     de vous qui êtes invisible et pourtant partout à la fois,
     voudrais explication plausible pour la question qui est en moi.
     A quoi servent les cataclysmes, les ouragans, les éruptions,
     les raz-de-marée et les séismes qui causent tant de destructions ?
     Serait-ce dans votre système une erreur,
     une imperfection ou bien alors un stratagème
     pour nous remettre à la raison?
     La pauvreté de mon esprit ne trouve pas de réponse
     et je n'ai pas encore compris pourquoi toutes ces ronces. »
 
 
          La question sincèrement posée contient déjà en elle la réponse qui peut s'expliciter. La formulation de cette question sous-entend cependant un Dieu qui serait extérieur à l'homme. Avant d'avancer quelques éléments de réflexion, il faut peut-être d'abord voir ce qu'est la matière, la vie, l'être humain. La substance de la matière est unique.
     « L'univers est un tout, un ensemble : l'énergie, les atomes, les molécules, les étoiles et les galaxies, la terre, les vents, les marées, la vie, la pensée. Dans cet univers coexistent et se mêlent des formes qui se rangent sur une échelle de complexité croissante » écrit Joël de Rosnay dans L'Aventure du Vivant.
     Depuis le big bang originel, l'Energie maintient et assemble les plus fines particules en atomes, les atomes en molécules, les molécules en cellules, et ainsi de suite, de la paramécie à l'homme, de la plus extrême simplicité apparente à la plus extraordinaire complexité en devenir.
     Qu'est-ce que la vie?
     « En un sens large, le mot désigne cette mystérieuse tendance de la matière à s'organiser et à monter les étages de la complexité. » (Hubert Reeves, Patience dans l'Azur)
     Les savants actuels rejoignent les plus anciennes traditions :
     « C'est l'amour qui fait se mouvoir les étoiles et le soleil » chantait déjà Dante ;  et le Mesnevi l'affirme également.
     Le Musée de la Mère Universelle (maintenant fermé), après avoir déployé toutes les images que l'homme a données au cours des temps à Celle qui génère la vie dans toutes ses facettes, en propose une dernière qui passe presque inaperçue, celle de la particule atomique :
     « Et ainsi, tel Dieu qui est Amour, l'Energie en vous retrouvée est cette particule infinitésimale dont le rayonnement est Amour » dit un Enseignement d'Emmanuel[1].
     L'apparente complexité ne doit pas masquer l'essentiel : « La Matière et l'Esprit sont une seule et même chose à des degrés de cristallisation différents. » (Emmanuel)
     Le passage du non-manifesté au manifesté donne le premier dualisme essence-substance, dualisme qui engendre tous les autres. E . Swedenborg écrit :
     « Il existe donc une essence fondamentale de l'état terrestre matériel, et toute la substance n'en est que la densification. »
 
     La matière est faite essentiellement de vide, découvre la science actuelle. L'ancienne sagesse orientale le dit : « La forme est le vide et le vide n'est pas différent de la forme, pas plus que la forme n'est différente du vide. En fait, le vide est la forme. Alors, à tout objet convient la nature du vide, ils n'ont ni commencement ni fin, ils ne sont ni complets ni incomplets, c'est-à-dire ni se suffisant à soi-même, ni dépourvus d'importance propre. »
 
     La Terre est notre Mère. Nous lui devons la substance qui tisse notre corps physique. Elle ne nous juge pas: « La Terre, dans son abnégation, dit le Yi King, porte le bien et le mal. »
     L'âme ne prend pas corps pour rien. Elle se détache de l'Unité non manifestée pour venir s'incarner dans la matière dense, dans le véhicule-corps, pour acquérir la toute sagesse et faire un retour conscient à la Source de toutes les Sources dont elle est issue.
     De fait, l'âme, précipitée dans la matière, traverse tous les stades de l'évolution. Chaque mort apparente est une nouvelle naissance, et chacun peut faire siennes ces paroles de Karuna qui retracent l'itinéraire de l'homme :
     « Je suis heureux de mourir en minéral
     parce que je vais renaître en végétal.
     Je suis heureux de mourir en végétal
     parce que je vais renaître en animal.
     Je suis heureux de mourir en animal
     parce que je vais renaître en l'homme.
     Je suis heureux de renaître en l'homme
     parce que je vais RENAITRE EN DIEU »
 
    (L'Instruction du Verseur d'Eau)
 
     L'homme n'est pas une terminale de trajectoire. La conscience émerge de ce qui est, d'abord la conscience séparative, « la conscience de » qui s'avère destructrice jusqu'à ce qu'elle devienne, par toute l'alchimie qu'est la vie même, (Al-chimie : la chimie de Dieu), la Conscience toute Consciente.
      « Dieu n'est pas un nom ni une personne, mais il est de vous ce qui est la Vie. » (Karuna, Les Sons de Dieu)
      L'âme, lors de sa venue sur terre, oublie pendant très longtemps sa Source et se coupe de l'Unité, ce qui s'image par la chute, le péché dans le christianisme, par l'ennuagement dans l'Islam, par l'ignorance dans le bouddhisme. « L'ignorance, c'est la façon inexplicable ou inintelligible dont Il (Dieu) se dissimule à Lui-même » dit le soufisme.
      La chute, la négation de la chute, puis son oubli amènent le développement d'une contre-nature qui s'accentue dans l'état actuel de décadence humaine en cette fin de l'âge de fer. Le développement anarchique des cellules dans le corps social comme dans le corps physique, la multiplication anarchique des pensées du mental, l'étalage dans la société de toutes les idiosyncrasies individuelles sont les causes véritables de toutes les catastrophes et de toutes les épidémies.
     L'homme s'identifie à son véhicule terrestre, à son corps (ses trois corps : physique, émotionnel et mental), un peu comme un cosmonaute qui, sur la lune, s'identifierait à son scaphandre parce que celui-ci est indispensable à sa survie. L'homme perd la conscience de sa transcendance et ne se laisse plus diriger par l'Esprit, il n'est plus le canal par lequel le divin crée le monde, ou il le reste en quelque sorte malgré lui, parce que cela ne peut être autrement.
     La Terre-Mère est vivante et elle suit les lois divines que l'homme enfreint le plus souvent. Elle nous fournit notre nourriture, toutes les conditions de notre survie et nous devrions lui en avoir une extrême reconnaissance puisque nous sommes ses invités pour un temps donné. Nous ne devrions pas prendre au-delà du nécessaire et, comme le faisaient les Indiens des Andes, nous devrions lui demander pardon de la blesser en cultivant la terre ou de tuer pour nous nourrir (aussi bien les végétaux pour ceux qui sont végétariens, que les animaux pour ceux qui ne le sont pas).
 
     Malheureusement, l'homme saccage la planète par les guerres, par l'exploitation forcenée de toutes les richesses naturelles, par la pollution chimique. Les écologistes mettent en évidence que, de décennies en décennies, les catastrophes dites «naturelles» (qui ne le sont en rien puisque fruits de la contre-nature parasitaire qui refuse l'ordre divin) croissent au rythme des pollutions.
      Les scientifiques commencent à considérer la Terre comme un organisme vivant (hypothèse Gaïa). Cet organisme est traumatisé par l'homme qui se conduit en parasite destructeur et en ennemi des lois divines ; ses réactions de rejet augmentent. Tout est vibration, et certaines vibrations émises par l'homme peuvent devenir destructrices. Il en reçoit les effets en retour, comme un boomerang.
     La pire des pollutions est celle qui provient du mental humain. Si l'homme s'enferme dans les notions qui naissent de ses émotions, il crée lui-même son propre enfer. Il trouble continuellement l'harmonie cosmique, alors que la Terre-Mère, les minéraux, les végétaux, les animaux, lorsqu?ils ne sont pas au contact de l'homme, suivent les lois naturelles.
Les pensées du mental, lorsqu'elles sont déviées, sont comme autant de pustules autour de l'Esprit, elles défigurent la création, engendrent une contre-nature destructrice de l'équilibre terrestre, elles sont causes de toutes les disharmonies que l'on peut constater dans l'homme et dans le milieu où il évolue. Ainsi par exemple, les millions de personnes qui ne pensent, en été, qu'à bronzer donnent naissance à une forme-pensée qui influe peut-être sur le temps et s'ajoute à d'autres causes pour amplifier les excès que nous connaissons : sécheresses et famines, inondations destructrices en progression constante. L'homme contribue à faire la pluie et le beau temps !
     Ainsi est-ce l'homme lui-même qui, par la loi karmique de cause et d'effet qu'il méconnaît, fabrique artificiellement les ruptures de l'équilibre normal.
     En effet, tant que les émotions humaines interfèrent et détournent le Flux divin, il y a construction contre-nature qui est inévitablement suivie d'une destruction. Mais cette destruction redonne à l'homme la possibilité de rectifier et de repartir sur des bases saines.
Du point de vue humain, les catastrophes comme les épidémies paraissent incompréhensibles. Elles n'en sont pas moins justes dans l'ordination divine et mettent l'homme dans les conditions les plus favorables pour progresser sur la Voie.
     Il serait temps de laisser de côté les anciennes interprétations qui prêtent à un Dieu extérieur à l'homme la vengeance ou le châtiment. Ainsi le sens donné dans beaucoup de religions au Déluge par l'eau ou par le feu ; ainsi dans la Bible, la destruction de Sodome et Gomorrhe, ou encore Dieu qui envoie la peste en Israël pour punir David d'avoir fait le premier recensement, « d'avoir dénombré les vivants comme on compte les cadavres » (Livre de Samuel). Du moins les religions mettaient-elles l'accent sur le péché de l'homme et sur ses conséquences. L'homme contemporain a perdu trop souvent cet ultime rempart de la religion exotérique et la phase de destruction s'accélère, en même temps que se construit un monde nouveau.
 
     Faut-il s'apitoyer sur les victimes des catastrophes? Les médias développent beaucoup nos réactions sentimentales. « L'agitation des sens et du mental superficiel autour de la mort et de l'horreur qu'elle inspire, que ce soit sur les champs de bataille ou le lit de souffrance, est la plus ignorante des réactions nerveuses. Pleurer les morts, c'est s'affliger d'une manière ignorante pour ceux qu'il n'y a point de raison de pleurer puisqu'ils ne sont jamais sortis de l'existence et quils n'ont subi aucun changement d'état douloureux et terrible, et que, après la mort, ils ne sont ni moins vivants, ni dans des circonstances moins pénibles que pendant la vie » écrit Sri Aurobindo (Le Yoga de la Bhagavad Gitâ).
     Il faut dépasser le sentiment de pitié, pour les autres et d'abord pour soi-même, ainsi que le sentiment de sa propre importance. Dans Le Prophète, Khalil Gibran dit justement : « Nul n'est innocent du crime qui le frappe. » Il en est de même pour ceux qui sont apparemment victimes d?une catastrophe. Ils sont venus dans cette incarnation pour vivre cette épreuve, en tirer la leçon et faire, d'incarnation en incarnation, le retour conscient à la Source, selon leur destinée, leur karma. Par contre, il est de toute urgence de cesser « d'assassiner Dieu en nous », comme le dit Ramana Maharshi, de cesser de faire obstacle au flux divin qui ne cesse de vouloir s'exprimer par nous. C'est la meilleure façon de prévenir les catastrophes.
Les épreuves sont nécessaires pour que l'homme progresse dans « les états multiples de l'être » (voir René Guénon), mais il peut éviter un grand nombre de souffrances inutiles qu'il s'inflige à lui-même en ne s'entêtant pas dans l'impasse par aveuglement.
 
     Un conte chinois, Utilise ce que tu es, de Fun-Chang, raconte l'histoire d'un empereur de Chine dont la capitale est anéantie par un tremblement de terre. Il survit providentiellement au milieu des ruines, ayant perdu son palais, sa femme, ses enfants et la plus grande partie de son peuple. Le Sage du conte lui dit :
     « - Ton corps est vivant, tu as un travail à faire, tu as un rôle à jouer. Ne cherche donc pas à savoir pourquoi tu es ici ; cela n'a aucune importance.
     - Sais-tu d'où je viens, pourquoi je suis ici ?
     - Oui, mais si je te donne une compréhension intellectuelle de la situation, cela ne t'aidera pas à reconstruire Lo-Yang.
      Tu as besoin de savoir que la situation dans laquelle tu te trouves est la situation qu'il te faut vivre : tu ne peux rester ici indéfiniment à te contempler le nombril en répétant : "Pourquoi cela m'est-il arrivé, d'où suis-je venu, pourquoi ma famille a-t-elle disparu, pourquoi suis-je empereur de Chine ? "
     Tu es cela, et c'est tout ! Tu es là parce que tu es là et tu as à utiliser la situation le mieux possible. Arrête de te donner des excuses. Tu ne peux vivre ni dans le passé, ni dans le futur, mais seulement dans le présent .» Tout ce livre est à lire et à méditer (Editions Soleil, Genève).
    Ce monde est maya, illusion, et disparaît comme un rêve pour celui qui s'éveille à la Connaissance, est-il dit traditionnellement.
     « Tout l'univers dans l'esprit du serviteur uni à Dieu, est semblable à un atome de poussière mû par le vent. » (Shaykh Abu Sa'hid)
     « L'amour est un océan et les cieux n'en sont que l'écume. Sache que les cieux tournent par l'effet de l'amour. » (Djalal al-Din Rumi)
     Mais qui jamais peut prétendre connaître les mystères insondables de la Création ?
« Chez nous, écrit Amadou Hampaté Bâ le sage Bambara, quand quelqu'un ignore l'essence d'une chose, il dit "Je ne sais pas" et "Je ne sais pas" est un des noms de Dieu. »
 
     Alors la lumière peut venir, la réponse peut être entendue, la leçon apprise...
 
 
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       [1] - Emmanuel est connu pour avoir publié entre autres Le Bréviaire du Chevalier, Le Son du Désert, Hiéroglyphes français et Langue des Oiseaux aux Editions du Point d'Eau.
 
 
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