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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 15:54

FÊTE DE LA VANNERIE DES PENNASOUS

A LA FAZILIÈRE (DEUX-SEVRES) :

 

UN ART ANCESTRAL TRANSMIS DE GÉNÉRATION EN GÉNÉRATION

 

DANS CE VILLAGE QUI COMMÉMORE SON PATRIMOINE

 

 

  Vannerie7-copie-1

 

Moïse, vannier de La Fazilière-en-Gâtine.

 

 

Dans le hameau de la Fazilière, près de Vernoux-en-Gâtine, avait lieu le dimanche 19 juin une fête de la vannerie. Enfin une occasion de retrouver une fête authentique, locale, maintenue par les habitants de la région pour qui la vannerie est une longue tradition qui s’est transmise jusqu’à nos jours où les plus anciens possèdent encore le savoir-faire. Les Pennasous est un terme local désignant les vanniers. Organisée sur le thème des Gitans pour qui la vannerie est encore un gagne-pain, cette fête était animée par deux excellents musiciens jouant du jazz manouche.

 

  Vannerie5

 Vannerie1.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un des habitants nous a fait profiter de sa belle collection de vieilles voitures pour proposer une petite balade dans la voiture de notre choix !

 

Vannerie9JPG.JPG

 

Traction Avant Citroën

 

 

C’est aussi l’occasion de faire son marché avec les producteurs de la région : noix, noisettes, et même poules, coqs ou lapins vivants ! Scènes d’une vie paysanne d’antan qui nous projetaient dans un autre temps tout en nous reliant au présent.

 

La vannerie est un art qui fait partie de l’héritage de l’homme depuis la préhistoire et a tenu une place importante dans la vie domestique, agricole et artisanale. Les vestiges retrouvés nous font remonter au mésolithique (7000-6000 av. J.-C.), ce qui est déjà miraculeux quand on connaît la fragilité du matériau !

 

Guy Barbier, un des vanniers exposant à la Fazilière, a participé à la reconstitution de pièces issues de découvertes archéologiques, notamment de la période romaine et gallo-romaine, mais aussi plus anciennes comme les entonnoirs de nasse trouvés à Noyen-sur-Seine  (Seine-et-Marne).

 

  Vannerie2.JPG

 

Guy Barbier, stand « Les brins d’osier » 

La Fazilière-en-Gâtine, 19/06/2011.

 

 

Le terme « vannerie » vient du mot « van » : « grande corbeille à fond plat munie de deux anses qui servait au nettoyage du grain après la moisson, et dont les premiers spécimens connus remontent à la période romaine. »[1]

Ainsi, le vanneur secouait les grains après la récolte afin de les débarrasser de la paille et des déchets.

 

« D’après l’origine étymologique de certains des termes, tout se passe comme s’il avait existé une spécialisation au niveau horizontal, à savoir une répartition des compétences dans le type de produit confectionné, chacun d’entre eux faisant appel à des techniques ou des matériaux différents (…). C’est ainsi que nous rencontrons des noms d’artisans tirant leur origine du nom de l’objet confectionné. (…) De ce vocabulaire nous est resté uniquement le mot de « vannier », devenu terme générique, qui à l’origine désignait l’artisan qui ne tressait que des vans, objets les plus complexes à réaliser et qui permettaient à l’apprenti puis au compagnon d’accéder au rang de maître. »[2]

 

Aussi loin que l’on puisse remonter dans le temps, l’homme a eu besoin de se nourrir en pratiquant la chasse, la pêche et la cueillette. Les fragments de nasse à poisson retrouvés à Noyen-sur-Seine attestent de l’usage de la vannerie comme instrument de pêche. Les nasses étaient déposées dans la rivière « dans leur axe longitudinal parallèle à celui de la rivière et le goulet d’entrée tourné vers l’aval car le poisson remonte à contre-courant. »[3]

 

L’usage de la vannerie dans le domaine agricole est attesté par maints archives et bas-reliefs de l’époque romaine. La saison des vendanges et autres moissons nécessitait toutes sortes de paniers pour la cueillette et la récolte.[4]

 

On utilisait également la vannerie pour le stockage et le transport des marchandises et l’usage domestique.  Les objets en vannerie font partie de la vie quotidienne : corbeilles à fruits, coffres, tabourets, chaises, fauteuils, nattes, toutes sortes de récipients et même accessoires tels que chapeaux et sandales….

Si les techniques employées diffèrent peu de l’Orient à l’Occident ("vannerie spiralée" ou "vannerie clayonnée"), cet art offre de multiples ressources esthétiques grâce à la diversité des matériaux employés nécessitant un véritable savoir-faire : le jonc, le roseau, le troène, le chèvrefeuille, le sparte (genêt, alfa), le noisetier, la clématite, toutes sortes de fibres végétales, et surtout l’osier qui est apprécié pour ses qualités de souplesse et de robustesse.

 

« La vannerie clayonnée (…), comporte des montants passifs liés entre eux par des brins mobiles cordés ou tissés. »[5]  

 

 

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Huttes en osier

Centre de la Préhistoire, Vendée.  

 

 

On voit que les techniques utilisées dans la vannerie prennent appui sur les techniques du tissage.[6]

Art universel, puisque toutes les civilisations ont conçu et élaboré des techniques de plus en plus complexes, à partir des matériaux trouvés dans leur environnement et produits par les « émanations de la Vouivre » du lieu.

 

Nous remercions les habitants de la Fazilière d’avoir organisé cette Fête qui nous relie à un fantastique héritage.

   

                                                                                                            Kinthia Appavou


   

Découverte archéologique d’Auvernier (Suisse) :

http://www.tsr.ch/decouverte/dossiers/2010/lacustres/2892077-les-vanneries-d-auvernier-nord.html

 

Musée de la Sparterie :

http://www.musee-le-mas.fr/mas.html

 

http://www.chercheursdelawallonie.be/cetrep_sparterie.html

 

Centre de la Préhistoire à St-Hilaire-La-Forêt en Vendée :

http://www.vendee-touristique.com/centre-prehistorique.htm

 



[1] La Vannerie dans l’Antiquité, Musée de Préhistoire d’Ile-de-France, Nemours, p. 43.

[2] MINGAUD, Magali, Artisans et centre de production de vannerie dans l’Occident romain, in :

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/casa_0076-230x_1992_num_28_1_2603

[3] Ibid. p. 39.

[4] C’est ainsi que Jean Auel, l’auteur inspiré de la saga Les Enfants de la Terre, rend à la vannerie ses lettres de noblesse par l’intermédiaire de son héroïne, Ayla, qui, naturellement, se met à tisser des paniers par nécessité pour transporter les produits de la chasse ou de la cueillette. Son œuvre entière s’appuie sur des recherches scientifiques rigoureuses, et constitue un support solide pour dépeindre l’aube de l’humanité.

[5] Ibid. p. 29.

[6] Cf. Kinthia Appavou et Régor R. Mougeot, La Vouivre, un symbole universel, deuxième partie « Les émanations de la Vouivre », le tissage des formes, édition Ediru, p. 198.

 

 

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