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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 11:04

L’Arbre taillé du Caylar dans le Larzac

 

Traduction de Kinthia Appavou

d’après le texte en espagnol de H. Martin et photos de Christian Tardieu

 

Les photographies sont visibles uniquement sur le site :

http://tardieu.christian.free.fr/Caylar/le_caylar.htm

 

 

« Dans bon nombre de villages du Larzac, un orme rupestre ornait habituellement la place principale. Le village du Caylar avait donc son orme. Vers le milieu des années 80, l’arbre, comme la plupart des ormes de France, attrapa la Graphiose. En peu de temps, l’arbre devint sec, condamné à être arraché, jusqu’à ce qu’un jour, la magie d’un sculpteur lui donne une seconde vie.

 

Michel Chevray[1] fut choisi pour réaliser le projet. Michel Chevray, ancien élève de l’école des Beaux-Arts de Lorient (Bretagne), est tout d’abord un spécialiste en gravure, et auteur de belles eaux- fortes. Il est aussi peintre de talent et sait s’exprimer aussi bien dans l’abstrait que le figuratif. Michel Chevray mena à bout cette sculpture en deux saisons, d'avril à septembre de 1988 et 1989. En tout, cette oeuvre a nécessité quelque 2000 heures de travail.

 

Il s’agit d’une œuvre purement figurative. L’arbre est peuplé, depuis la base du tronc jusqu’au bout des branches, d’une ribambelle de personnages, animaux, plantes et allégories. La plupart des éléments évoquent assez clairement la vie sur le plateau du Larzac. Beaucoup d’entre eux sont le fruit des rencontres que l’artiste eut avec les habitants du lieu, pendant qu'il était en train de sculpter l’arbre. Parce que durant deux saisons, l’attraction majeure de la place fut la contemplation de l’artiste travaillant.

Michel Chevray ne refusait jamais une conversation et répondait aux nombreuses questions qu’on lui posait. Ainsi, son inspiration put s’alimenter des échanges d’idées et des contacts qu’il avait avec les gens de passage, mais aussi les habitants du village.

 

Taillé dans le tronc, un berger, personnage emblématique du plateau (ici appelé Causse), porte un agneau sur les épaules. Un autre berger va accompagné de son chien, et au-dessus de lui, on voit une femme, peut-être la muse inspiratrice de ses rêves.

 

Entre les deux bergers, il y a une « carline » ou peut-être un magnifique chardon des champs, celui dont on a fait un des symboles du Larzac, et plus largement, des plateaux alentour (Grands Causses).

 

Successivement, un cavalier, un rapace, une chouette complètent ces personnages, et enfin, une feuille de chêne avec un gland qui appartient probablement au chêne pubescent, ou chêne blanc, arbre typique du Larzac.

 

Un bélier vigoureux porte au-dessus de ses cornes les deux premières branches. Sur l’une d’elles, il y a un beau lézard, accompagné d’un batracien et sur la cime, une morille. Sur l’autre, une perdrix et une figure énigmatique : une étrange tête humaine pensive, à moitié morte ou vive. Cette figure paraît être comme le symbole du Larzac, c’est-à-dire une terre de « pierres solitaires » selon l’expression du géographe Paul Marres, une terre qui semble hostile à la vie, et où, sans doute, quelques communautés humaines réunies là depuis quelques millénaires se sont maintenues jusqu’à nos jours.

 

La branche se termine avec des éléments végétaux : une poignée de « trompettes de la mort », une fleur et un épi. Dans la fourche que forment les autres branches, un sanglier, espèce commune sur le plateau, porte sur son dos un majestueux rapace dont l’allure martiale paraît effrayer un fragile écureuil. Deux serpents enroulés supportent un homme dénudé avec des lunettes de soleil. Ce personnage agrippé à un parapente imaginaire est un hommage du sculpteur à ceux qui pratiquent les sports de plein air sur le plateau. A l’extrémité de l’autre branche, taillée de manière abstraite, se pavane un coq fougueux et superbe.

 

Sur la branche suivante, un bourdon apparaît, couronné par les alvéoles d’un nid d’abeilles, dans lequel l’insecte semble représenté aux différents stades de son développement.

Plus haut, il y a un petit sur le point de naître. La partie haute a été composée de manière abstraite : la dernière branche est restée presque en entier au stade naturel pour rappeler ce qu’était l’arbre initialement. L’unique animation sur cette partie : une petite mouche peinte et au faîte, un masque de style océanien également peint.

 

Cet ultime élément est un hommage de Michel Chevray à un autre sculpteur, Hucke Petero, artiste polynésien.

Cet artiste sculpta un autre orme, un peu avant celui-ci, à Cornus, un village voisin. Là-bas, le sculpteur traita l’arbre suivant la tradition polynésienne, avec des figures stylisées et des motifs symboliques. Cette œuvre, moins monumentale que l’arbre du Caylar (il s’agit seulement d’un tronc avec la base des branches) est conservé à couvert à Cornus. L’arbre de Cornus est, cependant, celui qui donna à la mairie du Caylar l’idée de sculpter l’orme mort de la place. »

 

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