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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 09:14

Métamorphoses





Commencé de la façon la plus simple autour du point d’Eau
par des fleurs en rosace à quatre, cinq, six, huit et douze pétales
aux couleurs chaudes sur fond d’or,
ce mandala déploie, dans les quatre directions, des roses,
situées dans des cœurs bordés de deux serpents
venant boire dans leurs calices.

Puis jaillissent quatre orchidées aux couleurs différentes.
Sur le pourtour, entre les orchidées, viennent se poser
quatre papillons entre lesquels tournent toutes sortes de coléoptères, charançon, cétoine doré, cicindèle, hanneton, et autres !
Sur les tiges des orchidées deux coccinelles en haut
et deux mantes religieuses en bas.

Le fond est aux trois quarts d’argent,
bordé d’une couronne cuivre.

 

&&&

 

  "LA MÉTAMORPHOSE"

C'est une histoire d'amour ! Oh ! Toute simple !
Peut-être est-ce la vôtre d'ailleurs...
Au bord d'un ruisseau, une libellule volette au-dessus de l'eau, parmi les roseaux, dans le ciel bleu du printemps.
Et soudain, elle fait la rencontre de sa vie !
Il est là, dans le ciel, voletant comme elle, et, dans l'instant, ils se sont reconnus ! Brusquement, lui s'immobilise dans l'air et fond sur elle. Il vole au-dessus, la saisit dans ses pattes, la prend par la taille. Leurs abdomens filiformes et diaphanes se recourbent lentement et s'unissent, formant dans le ciel bleu un seul corps en forme de cœur suspendu à quatre paires d'ailes vrombissantes...
Et ce cœur vole, de-ci, de-là...
Tous les amoureux ont regardé, émus, le vol des libellules accouplées, et ce cœur rouge qui tourbillonne dans l'air !

Mais, alourdi par l'amour, le couple est comme attiré par la surface de l'eau dans laquelle le soleil printanier se reflète. Il est comme aimanté par ce miroir. La chute semble inévitable, mais lui ne veut pas, ne peut pas lâcher sa compagne...
Fatiguée, elle se pose sur la tige d'un roseau, et là, attirée inexorablement, elle descend à reculons, lentement, très lentement, centimètre par centimètre. Lui pourrait la laisser, mais non, il ira jusqu'au bout de son amour, dans ce royaume glauque, sous l'eau où elle descend inexorablement. Et les voilà totalement immergés..
Alors, elle laisse sortir, dans un dernier spasme, ses œufs un à un, puis ils meurent enlacés, noyés dans cette eau froide où la lumière semble absente, où tout est entraîné par un lourd courant si différent du souffle printanier du vent...
Il meurt par amour ; elle meurt pour donner la vie !

Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Peut-être est-ce seulement maintenant que la vôtre commence...
De ces œufs naissent de petites larves affreuses et laides, avec une énorme mâchoire. Et voilà que ces monstres dévorent tout ce qui passe à leur portée. Elles happent tout ce qu'elles peuvent, du moins celles qui ne sont pas dévorées par plus fort qu'elles !
Et elles vivent ainsi, loin du véritable soleil, sans rien connaître du ciel bleu ni de l'air vivifiant, dans cette eau lourde et opaque, au milieu de toutes les herbes qui ondulent au gré du courant.
Pourtant chaque larve porte en elle comme une nostalgie d'autre chose, mais elle ne sait quoi..., comme un souvenir confus d'un autre monde où le soleil est si chaud et l'air si pur !
Les jours, les semaines, les mois s'écoulent ainsi sans espoir pour la larve, à dévorer tout ce qui passe à sa portée. Mais voilà que cette nostalgie se fait plus pressante, plus forte, plus tenace, et un jour, elle ne sait pourquoi, voilà qu'elle s'accroche à la tige d'un roseau, le même peut-être que celui qui a vu ses parents enlacés mourir noyés...
Et elle monte, centimètre par centimètre, comme attirée par la surface qui reflète une autre lumière qu'elle n'avait jamais remarquée jusque-là.
Une douleur terrible envahit toutes les fibres de son corps, elle se sent mourir, et pourtant, elle continue sa lente avancée.
Et voilà qu'elle atteint la surface. Son corps se raidit, se déchire dans un spasme d'agonie. Et de ce cadavre déchiré, une gracile libellule sort, se sèche et prend son envol vers le soleil et le ciel bleu.

Ah ! N'ayez de cesse, trouvez ce support pour l'ascension, et le roseau enfin trouvé, ne craignez pas la mort et montez, montez quoi qu'il en coûte...

 

Conte extrait de "Contes qui coulent de Source. La quintessence du conte", EDIRU, 2006.

http://r-r-y-mougeot.wifeo.com/aux-contes-qui-coulent-de-source.php

 

 

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commentaires

Maous d'Autriche 04/07/2012 10:54


Magnifique tant le mandala que le conte.
J'apprécie les mandalas métamorphoses avec des insectes car ils nous montrent la voie de la réincarnation. Si je me souviens bien, les Grecs ont utilisé le mot psyché pour désigner à la fois
l'âme et le papillon.
Merci de ce partage sur notre communauté.
Bien amicalement, Maous

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