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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 10:21

 

Deux chorégraphes et danseurs,

 

Tidiani N’daye (Mali) et Dada Masilo (Afrique du Sud)

 

portent la danse contemporaine

 

à son plus haut niveau humain

 

lors de leurs solos.


 

DCBamako.jpg

  

Bamako, festival de danse contemporaine, 2010.


 

« Moi, ma chambre, ma rue »

par Tidiani N’daye,

danseur malien.


 

DCTidiana

  

  

 

Sur l’écran est projetée l’immense décharge d’ordures de Bamako !

Des enfants, des hommes et des femmes glanent dans ses immondices leur pitance.

Les vaches amaigries traversent cet enfer et broutent du plastique !  

Et Tidiani N'daye danse ! bondissant de-ci de-là, avec une souplesse féline. Il cherche, trie, se saisit d’un lambeau d’étoffe qui virevolte au-dessus de sa tête lorsqu’il tournoie, puis la jette… ; un autre qu’il met quelques instants sur ses épaules pour poursuivre ses volte-face, ennoblissant tous les détritus, les ordures humaines…

  

La projection cesse ; il entre en scène avec un baluchon, le pose, le vide en jetant au loin dans sa chambre des pièces de vêtement, des objets divers, bouteille plastique, pancartes, chaussures défoncées que l’on peut croire ramassés sur la décharge, puis danse son malaise…

Il repousse les vêtements dans un coin… Puis déploie sur scène un immense séco (tapis de fibre que l’on étale sur le sol de la case), l’étale, danse, s’allonge, joue avec, puis se roule en l’enroulant autour de lui. Alors apparaît une grande chrysalide qui se plie et se tord de multiples façons. A l’intérieur, il roule sur le dos, plie ses genoux, revient et monte son torse, lève les jambes… et le cocon devient vivant ; de la chrysalide sort le papillon, Tidiani tourne, portant à bout de bras le séco déployé suggérant une paire d’ailes ! C’est l’envol…

Combien vivante et symbolique à la fois cette parabole dansée magistralement !

 

Grandiose ! Du tas d’ordures, le « déchet » humain peut faire son déploiement, danser la vie et devenir Humain !   

 

 

« The bitter end of Rosemary »

(La fin amère de Rosemary)

par la danseuse  et chorégraphe sud-africaine

Dada Masilo

 

dada-masilo-5f6z8p[1]

 

 

"The bitter end of Rosemary est un format court, en solo, créé sans miroir. Dada y incarne Rosemary, une figure de grande tragédie, une Ophélie, ou plutôt toutes les Ophélies du monde, avec leur amour, leur douleur, leur folie, et leur désir de mort. C’est une pièce sur la folie des femmes, et sur ce que cette folie impose au corps, déchiré par la lutte de l’esprit... "

Maya Miquel Garcia

http://inferno-magazine.com/2013/01/08/dada-masilo-the-bitter-end-of-rosemary/  

 

Rosemary, folle, échappée de l’asile où elle était enfermée, erre nue dans les rues de Soweto. Secouée par la démence, perdue, elle est la souffrance vivante de toutes les femmes d’Afrique du Sud violées, emprisonnées, torturées, excisées, battues. Que dis-je ? De toutes les femmes du monde qui subissent les pires outrages !

Elle tourne sur elle-même, titube, gesticule sans raison, cette folle ! Elle hurle une douleur silencieuse qui lui vrille le corps et l’on entend parfois un sanglot qui la secoue. Elle est crispée, tétanisée et pourtant abandonnée aux mouvements saccadés qui la possèdent. Elle est nue, vierge, totalement vierge, pudique, belle, admirable...


  DCDada.jpg

 

 

A son entrée sur scène, il pend à son cou un grand crucifix translucide qui oscille au gré de ses spasmes ; elle s'agenouille un instant, le prend dans ses mains, le rejette violemment loin d’elle, se débarrassant ainsi de toutes les douleurs du monde, de toutes les crucifixions, de toutes les trahisons de ceux qui prêchent la résignation, asservissent et torturent au nom de leur idole.

Elle s’empare d’un bouquet de roses et, une à une, les jette au loin, oh ! violemment. Tant de roses ont été offertes à la femme qui sera trahie, dépouillée, avilie, opprimée par l’être qui prétendait l’aimer… Ainsi se dépouille-t-elle de toute croyance, et assume l’oubli de son nom.

Elle s’immobilise un instant puis se met à danser, une danse sauvage, incohérente, terrible. Des hoquets parfois, des spasmes de tout le corps, des tremblements de fièvre. Elle se jette à terre, se roule, s’immobilise, enfile une veste argentée dont les pans ouverts dansent avec elle, puis la rejette pour être ce qu’elle est, sans vestures.

Et la danse démente reprend, hachée, torturée.. .

Elle se jette à terre et s’immobilise un bref instant telle une odalisque métisse, belle, mais blessée, dont les mains ne sont que tremblements. Elle se redresse, sculpture vivante de Rodin, agitant sa chevelure en secouant sa tête qui dénie la souffrance, cabre son galbe magnifique et le tord.

 

Elle est la souffrance vivante exprimée par une danse qui hypnotise par sa vérité crue.

 

Comme celui de Tidiani N’daye, son solo témoigne de la condition humaine, de la lutte entre le corps et l'esprit pour que se retrouve l'unité... 

 

Dada Masilo est la chorégraphe

de Swan Lake,

« Le lac des cygnes »,

dans laquelle elle excelle.

  Un feu d'artifice signé Dada Masilo. (John Hogg/Quai Branly)

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/culture/20121022.OBS6539/swan-lake-un-lac-des-cygnes-sud-africain-au-quai-branly.html

 

 

"Swan Lake est un ballet de Matthew Bourne, créé en 1995, sur la musique de Tchaïkovski.

La surprise majeure de cette interprétation vient de ce que les deux actes de Lev Ivanov sont dansés en force et puissance par des hommes uniquement plutôt qu'en grâce et légèreté par des femmes. Dans le reste de la représentation, le corps de ballet est mixte et la chorégraphie appuie fortement l'aspect sexué des relations entre hommes et femmes.

En remplaçant les cygnes incarnés par des femmes par un ensemble masculin menaçant, Matthew Bourne marie danse, élégance, humour et mime pour présenter un Lac des cygnes moderne, provocant et saisissant : Swan Lake transforme l'un des ballets les plus appréciés au monde en un conte contemporain, proposant au public une analyse sincère et approfondie de l'amour humain, de l'oppression sociale et du pouvoir de l'imagination." (Wikipédia)

 

Vidéo sur : http://www.youtube.com/watch?v=IkiAiDrXGfg 


 

 

Le théâtre de Brétigny-sur-Orge (Essonne)

s’honore de nous proposer de tels spectacles.

 

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Robert Régor Mougeot - dans Paganisme
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Régor 08/04/2013 20:22


Reçu de Kathie D. :


"Magnifique ! Puissant ! Emouvant !


 


Merci pour cette présentation"

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