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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 09:42

Une adaptation du jeu de l'oie traditionnel

  

 

 

Le tracé du jeu est sur : http://espagne.aquitaine.fr/IMG/swf/jeu-oie-ifm-3.swf et peut être imprimé.

 

La règle du jeu est sur :

http://espagne.aquitaine.fr/IMG/pdf/01_fiche_eleve_jeudeloie.pdf

 

"Tu vas accompagner Violette et Lucas dans un drôle de voyage.

 

Joue Joue Du verbe "Jouer". C'est ma consigne préférée à l'école ! "Joue !

  

Amuse-toi !" On fait des jeux à l'école, dans la classe ou dans la cour de

 

récréation avec eux et avec ta classe et raconte Raconte Du verbe

  

"Raconter". Je raconte une histoire à mon petit frère. Il adore les contes de

  

fées. "Raconte-moi ta journée" me dit maman quand je rentre de l'école. Je

  

déteste cette question ! dis-nous ensuite qui a gagné !

 

 

 

Clique Clique Du verbe "Cliquer". Je clique avec ma souris sur mon

  

ordinateur. Sur un site web, pour aller d'une page à l'autre, je clique sur des

liens. pour voir le jeu en grand, dans une nouvelle fenêtre :

 

Le jeu de l’oie pour jouer avec ma classe

 

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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 08:11

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  Dans la basilique du Sacré-Coeur, la statue de saint Denis,

 

martyrisé sur le Mont Martre avec ses deux compagnons :

 

 

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Dans le cheminement initiatique chrétien traditionnel, après la domestication du monstre-dragon-vouivre, se trouve l'étape du saint céphalophore qui marche avec sa tête coupée tenue bien en main au niveau du Coeur, et qui va la déposer sur l'autel de la Vierge ou dans un lieu, comme la plaine Saint-Denis, qui se trouve ainsi sanctifié.

 

Pour saint Denis et ses compagnons martyrs, voir les articles : Saint Denis, le martyr du Mont Martre, marche jusqu'à Saint-Denis avec sa tête coupée et Suivre la vouivre… Avec la tête coupée

 

De nombreux articles du blog traitent des saints céphalophores que vous pourrez trouver avec le moteur de recherche :

- sainte Nolwenn et saint Milliau en Bretagne,

- saint Nicaise et sainte Tanche en Champagne,

- sainte Valérie dans la Creuse,

- saint Lupien dans l'Aube,

- saint Pia en Bourgogne,

- saint Génitour dans le Berry...

-  et jusqu'à un saint céphalophore musulman : Kussam ibn Abbas, un saint céphalophore musulman célébré à Boukhara, en Ouzbékistan

 

 

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                                    Clips Youtube  sur la Vouivre et sur les Vierges Noires : CLIPS SUR LA VOUIVRE

 

 

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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 09:26

Le culte actuel du serpent

 

dans l’Inde du Sud

 

Kinthia Appavou*

 

 

 

En parcourant les routes de l’Inde du Sud, je fus attirée par d’étranges mottes de terre qui étaient édifiées au bord des routes en traversant certains villages.

 

Sentant intuitivement que ces édifices devaient avoir un lien avec un culte particulier, je demandai au chauffeur de bien vouloir m’arrêter à la prochaine motte de terre que l’on pourrait rencontrer.

 

Cela ne se fit pas attendre : je descendis de la voiture pour admirer une motte de terre ressemblant à une fourmilière assez imposante remplie de trous, devant laquelle figurait un « lingam », un tissu entourait ces objets de culte. Ces sculptures reposaient à l’ombre d’un arbre  sur lequel figurait un écriteau en tamoul : Putthu Mariamman (la « maison » de Mariamman) avec le trident comme symbole.

 

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© Sur la route de Tiruvanamalai, Inde du Sud.

 

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© Putthu Mariamman,

route de Tiruvanamalai, Inde du Sud.

 

Questionnant le chauffeur qui était de religion hindoue, il m’apprend que cette motte de terre est le lieu de résidence d’un serpent qu’on vénère, à qui l’on fait des offrandes de lait et d’œufs.

 

Je me souvenais effectivement d’un précédent voyage vingt ans plus tôt, où je me suis retrouvée en pleine campagne, accueillie dans la maison d’un agriculteur qui rendait un culte au serpent chez lui : dans le coin de sa maison, il avait édifié une motte de terre, et m’avait dit également qu’il mettait devant du lait et des œufs, et qu’un serpent venait honorer son offrande.

 

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© Culte du serpent chez un agriculteur.

Inde du Sud.

 

Ces cultes, qui relèvent de gestes ancestraux à n’en pas douter, sont encore très présents dans le monde rural. Il est d’autant plus intéressant de constater la vivacité de ces cultes qu’ils sortent pour la plupart du cadre strict des cultes établis sous le ministère des Brahmanes officiant au sein des temples hindous.

 

Dans l’ancien tamoul, le mot « Maari » signifierait « pluie » et « Amman » signifierait littéralement « mère ». Mariamman est la déesse-mère que les peuples dravidiens vénéraient pour apporter la pluie et la prospérité à ceux qui travaillent la terre et sont dépendants des récoltes.

De fait, le culte dans sa plus simple expression rend hommage à la Terre-Mère, et le serpent représente les énergies de la Terre-Mère à qui les villageois demandent nourriture, abondance, fertilité, protection de leur village, de leurs familles.

Son culte n’était pas relié à une représentation en chair et en os d’une divinité.

 

C’est sans doute plus tard qu’apparaît la déesse-mère de la Fertilité sous la forme d’une divinité dont l’un des attributs essentiels est le trident.

 

Une des légendes qui circule à son propos dit qu’elle était la femme d’un grand poète tamoul de l’Antiquité, Tiruvalluvar, dont la statue géante se dresse à la pointe du Cap Comorin (Kanyakumari). On dit qu’elle contracta la variole et mendia de maison en maison pour se nourrir, s’éventant avec des feuilles de Neem ou de margousier pour éloigner les mouches de ses plaies. Elle fut guérie et les gens se mirent à la vénérer comme étant la déesse de la variole. Pour se protéger de cette maladie, ils accrochent des feuilles de Neem au-dessus des portes de leur maison.

 

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© Statue du poète tamoul Tiruvalluvar,

Cap Cormorin, Kanyakumari.

 

Divinisée et incorporée dans le panthéon de la religion hindoue, elle est intimement associée à la déesse Renukā-Yellamma : « Dans le sud la Renukā-Yellamma kannadiga s’apparente par bien des traits à Māriyamman la Tamoule (Beck 1971 ; Moffatt 1979 : 246-270), et, toutes deux ressemblent à la déesse de la variole du Bengale, Sītalā (Wadley 1980b ; Nicholas 1981 ; Dimock 1982). De plus, il y a une très grande plasticité adaptative des symptômes et des troubles attribués à telle ou telle divinité ; ainsi en est-il de la prêtresse Sarasvatī en pays tamoul présentée par Egnor (1984 : 37) qui, possédée par la déesse Māriyamman, la voit apparaître et lui déclarer qu’elle s’appelle en réalité Renukā Parameśvarī. »[1]

 

Le culte du serpent en Inde montre à quel point le paganisme indien est vivant : même dans les temples les plus connus, Śiva est la plupart du temps représenté sous la forme du lingā, la pierre dressée, qui le symbolise. Ainsi, à Nagercoil (sud du Tamil Nadu), le temple est dédié au Nagaraja (le Roi des Serpents), et ce n’est que sous cette forme qu’il est vénéré en bien des endroits.

 

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© Fronton de Nagercoil.

 

Dans bien d’autres endroits, le symbole du serpent suffit pour qu’on lui dédie un culte, à croire que les anciens rites locaux agraires ont été intégrés subtilement dans le panthéon hindou et reliés à l’énergie du dieu Shiva dont on sait qu’il représente à la fois les polarités mâle et femelle, donc un Dieu universel.

 

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© Culte au serpent.  

 

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© Pilier du temple intérieur

du palais de Padmanabhapuram,  Inde du Sud.

 

D’ailleurs, le mythe de la déesse Yellamma est lié à Śiva : celui-ci quitte l’Himalaya et prend l’aspect de l’ascète Jamadagni pour épouser la locale Yellamma.

« Comme si la dimension régionale de la déesse universelle contraignait le dieu cosmique à se particulariser sur le site de sa compagne ; réciproquement, en tant qu’épouse de Śiva, Yellamma est l’une des formes distinctes et multiples que prend la Devī, la Śakti, elle aussi universelle. Sans fondamentalement modifier leur nature, les dieux changent de nom avec le lieu, se singularisent par un toponyme. (Reiniche 1988 b : 374). »[2]

 

Mariamman, comme Yellamma, peut incarner le mal et son contraire, cause des maladies dont elle préserve habituellement. « Conception religieuse assurément panindienne, mais que l’anthropologue Turner (1979 : 11-59) reconnaissait comme universel : ayant charge d’exprimer le tout, le divin ne saurait être qu’équivoque. Dans les sociétés de la tradition, où le divin est la figure (mythique) de la totalité, il est vrai que l’ordre ne peut se définir sans le désordre, son envers redouté, la stabilité et le bien-être sans la menace permanente ou cyclique du chaos. »[3]

 

Ainsi, « la colère de Māriamman fut récemment rendue responsable d’une épidémie virale (Kysanur forest disease [KFD] provoquée par la déforestation (1987) (…) Finalement, on aurait tort de voir dans ces « superstitions », soi-disant telles, un obstacle suspensif au développement, le témoignage de la non-histoire, la simple réponse à l’absence des perspectives, au poids du négatif ; d’y reconnaître un folklore religieux surgi du fond des âges dans l’horizon quotidien de l’irrationnel. Car, justement, ces phénomènes qui paraissent aberrants à une mentalité moderne, dite rationnelle, tissent des liens subtils entre le présent et le passé des sociétés »[4].

 

Sites à consulter :

 

Chants dévotionnels :

http://www.youtube.com/watch?v=_2GrG5z2UiY&feture=fvwrel

 

http://www.youtube.com/watch?v=WyZ(JM-5zRw&feature=related

 

http://www.youtube.com/watch?v=zm5WK3nuVSY&feature=related

 

Article sur la forêt de Kyasanur (Inde du Sud) :

http://www.mpl.ird.fr/suds-en-ligne/fr/virales/emergenc/anthr08.htm


 

                                                                                                              Kinthia Appavou

 

 


[1] ASSAYAG, Jackie, La colère de la déesse décapitée, Traditions, cultes et pouvoir dans le sud de l’Inde, CNRS éditions, 1992, p. 69.
Auteurs et ouvrages cités :

BECK, B.E.F., Māriyamma, The Vacillating Goddess, Vancouver, University of British Columbia, Dept. of Anthology and Sociology, 40 p. mimeo, 1971.

MOFFAT, M., An Untouchable Community in South India. Structure and Consensus, Princeton, Princeton University, 1979.

WADLEY, S.S., Sītalā the Cool One, Asian Folklore Studies, XXXIX, 1, p. 34-62, 1980b.

NICHOLAS, R., Srāddha, Impurity and Relations between the Living and the Dead, Contribution to Indian Sociology, 15, ½, p. 366-380, 1981.

DIMOCK, E.C. Jr, A theology of the Repulsive : the Myth of the Goddess Sitala, in Wadley, S. et Wulf, D, (eds.) : The Divine Consort, Rādhā and the goddesses of India, Berkeley / Delhi, Motilall Barnarsidass, p. 184-203, 1982.

EGNOR, M., The Changed Mother, or what the small-pox Goddess did when there was no more Small-pox, Contribution to Asian Studies, XVIII, p. 24-45, 1984.

[2] ASSAYAG, Jackie, op. cit., p. 72.

Auteur et ouvrage cité :

REINICHE, M.L., Un nom, une forme, un lieu. L’invention hindoue de l’autre et du même, Revue de l’histoire des religions, CCV, 4, p. 367-384, 1988.

[3] ASSAYAG, Jackie, op. cit., p. 69.

Auteur et ouvrage cité :

TURNER, V., The Centre out there : Pilgrim’s Goal, History of Religions, 12, p. 191-230, 1972.

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Kinthia Appavou - dans Paganisme
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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 21:29

 

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L'Ars lineandi, l'art de tracer une ligne, de la dessiner ou de la graver, qu'il soit lombard, irlandais, celtique, arabe, oriental, préhistorique, médiéval ou contemporain, met en forme dans la matière les élans de l'âme. Il « est la réminiscence des idées invisibles dans l'âme et voici quels en sont les résultats (...) : il donne vie à ses propres connaissances, éveille l'esprit, purifie l'entendement et met au jour les formes qui appartiennent à notre essence. Il met fin à la bassesse et à l'ignorance qui nous sont inhérentes depuis notre naissance et nous libère des chaînes de la déraison. Il réveille l'âme de son sommeil et l'élève vers l'esprit. Sans lui, nous ne serions pas vraiment des êtres humains, il nous fait contempler l'esprit et nous guide à nouveau vers les Dieux », affirmait déjà Proclus.

 


http://sens-des-entrelacs.wifeo.com/lignes-et-entrelacs.php sur

 

http://sens-des-entrelacs.wifeo.com/

 

Quelques entrelacs et labyrinthes : leurs significations

 

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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 15:16

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Il faut les surprendre au détour du chemin, dans les chaos rocheux, silhouettes énormes, grotesques et sympathiques à la fois, preuves que la nature est vivante, habitée...

 

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  Animalesques aussi, ces formes, et toujours émouvantes...

 

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Terrées parfois dans les abris rocheux, là où peu de personnes les reconnaissent.... 

 

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L'oeil de la photographe sait voir les esprits de la nature

 

 

 

 

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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 11:46

Pourquoi est-il le patron de tant de professions,

 

ce saint Roch qui n'a laissé aucun écrit,

 

fondé aucun ordre religieux

 

et n'a été canonisé que par la ferveur populaire  ?

 

 

 

Patron des boulangers

 

parce que, dans l'ermitage où il s'est retiré

après avoir été atteint de la peste,

le chien du seigneur voisin

volait chaque jour un pain à son maître pour le secourir.

 





 

 Cathédrale de Meaux, Seine-et-Marne

 

 

 

La boulangerie "Poilâne" emballe son pain sous la protection de saint Roch,

patron des boulangers.

 

Mais dans certaines provinces, Roch est aussi patron des vignerons,

car le chien lui apportait le pain... et le vin !

A Ahun, dans la Creuse, lorsqu'on sort la statue du saint le 16 août,

en procession dans les rues du village,

les habitants accrochent à son bourdon quelques grappes de raisin.

Lorsqu'on leur demande pourquoi,

ils répondent que le chien lui apportait le pain... et le vin !

 

 

 Saint Roch est également patron des mégissiers, des tanneurs de peau.

 

 

 

Bâton de prière de la Confrérie des Mégissiers d'Issoudun.

 

 

A la Roche-Posay, l'eau de la source Saint-Roch

 est utilisée pour les soins de la peau.

 

 

 

 

 

Saint Roch ayant soigné les malades

de la peste est patron des médecins et des guérisseurs :

 

 


"San Roc Suègno e assisto lous paures pestiferats"
Roch soigne un malade.
Fragment d'une fresque de Nicolaï Greschny,
église de Casedarnes (Hérault).

 

 

Grand marcheur, Roch est aussi patron des pèlerins

 

 

 

Peinture de Jérôme Bosch

 

 

Vivant pauvrement, chassé par ceux qu'il avait guéris,

il est aussi patron des exclus, des gens du voyage.

 

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  Le cheminement initiatique du labyrinthe de Chartres d'après les "Secrets oubliés des derniers…

 

 

 

SAINT-ROCH-GUERISSEUR-PESTES.WIFEO.COM

 

Le 16 août est aussi le jour anniversaire de la mort

 

du roi du rock, 

 

  Elvis Presley !

 

 

 

 

 

 

 

 


 


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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 09:45

Quelle merveille pour les enfants ??? 

 

 

 

 

 

 

&&&

  

  

Lisez l'article du monde :

 Libérez Blanche-Neige et les sept nains !

  

LE MONDE |  7 août 2012 | Jacques Mandelbaum | 1092 mots

2/10Pèlerinage. A Disneyland Paris avec Arnaud des Pallières. C'est un match a priori inégal. D'un côté Disneyland Paris, tête de pont européenne d'une franchise mondiale née le 17 juillet 1955 avec l'inauguration du premier parc de loisirs Disney en Californie.

http://www.lemonde.fr/recherche/resultats.html?keywords=Lib%E9rez+Blanche+Neige+et+les+Sept+nains&token=MTM0NDU4NDcxMDIxMzlKREoxMkoz

 

&&&

  

  

Visionnez le film d'Arnaud de Pallières

Disneyland, mon vieux pays natal :

 

Disneyland Arte - Vidéo Dailymotion

► 10:35► 10:35
www.dailymotion.com/.../xfk8g6_disneyland-arte_cre...8 nov. 2010 - 11 min
http://www.annebrunswic.fr/60-Disneyland-mon-vieux-pays-natal-d 00 You are here 01 http://www ...

Disneyland, mon vieux pays natal (2000) - YouTube

► 46:02► 46:02
www.youtube.com/watch?v=9fDuGS3Qz0k12 juin 2012 - 46 min
Auteur-realisateur : Arnaud des Pallières Image : Arnaud des Pallières Son : Martin Wheeler Montage : Arnaud ...

 

Lisez le roman de Georges Perec

W ou le souvenir d'enfance (1975)

 

 

"Perec place sa « société idéale » sur une île isolée, difficile d'accès comme en atteste la description du chapitre XII. L'organisation interne de W est impeccable. Le territoire décrit par Perec est composé de quatre villes. Perec, passionné par les chiffres et leurs significations, joue des propriétés mathématiques du chiffre quatre : ce dernier est à la fois la somme de deux fois le chiffre deux, le produit du chiffre deux par lui-même et donc le chiffre deux à la puissance deux. De ce fait, le quatre peut être considéré comme un chiffre « parfait ». Ce n'est donc pas un hasard si Perec l'a choisi ; d'ailleurs, les villes sont disposées en carré, renforçant la symétrie implacable qui marque les lieux. Le fonctionnement de l'île est impeccable, la répartition hiérarchique de ses habitants est rigoureuse, sa politique parfaitement réglée. Les habitants de W semblent unis par l'idéal olympique, idéal aux valeurs nobles, bénéfiques pour l'Humanité. Ainsi, l'île décrite par Perec présente-t-elle toutes les caractéristiques de l'utopie : il s'agit d'une île parfaite où vit une société autre que la nôtre, animée par un idéal." (Wikipédia)

 

 W, ou, Le souvenir d'enfance

 

 Et relisez le conte de Grimm Blanche-Neige et les Sept nains,

 

conte initiatique

 

 

Les Sept nains travaillant dans la mine

vous invitent à descendre dans vos entrailles :

 

                 Par l'Œuvre au Noir alchimique (arabe : El Kymia, dérivé de l'égyptien : Kem It, « noir »), il s'agit de traverser les couches profondes de notre propre matière pour atteindre à la Lumière.

            « C'est pourquoi Basile Valentin explicite le mot-clef des alchimistes V.I.T.R.I.O.L. de la façon suivante :

Visita interiora terrae ; rectificando invenies occultum lapidem”.

 (Visite les entrailles de la terre ; tu y trouveras, en purifiant, la Pierre cachée). » 

 

L'extraction  de cette Pierre s'accompagne de la raréfaction de tout le superflu

pour laisser le flux de la Vie faire son oeuvre.

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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 16:03

 

  Fichier:Ghisoni Assunzione.jpg

 

Représentation de l'Assomption

par le Caravage (XVIe siècle). 

 

Deux dogmes successifs ont été proclamés par cette Eglise : celui de l’Immaculée Conception en 1854, et celui de l’Assomption en 1950, à la suite chaque fois de pétitions nombreuses adressées aux papes par le peuple chrétien.

Tous les peuples de tous les temps ont rendu un culte à la Mère Universelle qui prit ainsi de multiples noms : Atoum, Astarté, Nammu, Maat, Isthar, Tanit, Cybèle, Dana, Koridwen, Brigitt, Belisama,... et tant d'autres noms chez tous les peuples de la Terre, lui donnant le plus souvent l'apparence féminine, mais "la Féminité manifestée est la vraie Masculinité et donc cette activité par la vraie réceptivité est l’androgynie" (Emmanuel-Yves Monin, cité dans La Vouivre, un symbole universel).

 

  Voir les articles : 

 

 Marie, Reine du Ciel, l'un des multiples noms de la Mère Universelle 

 

LA MERE UNIVERSELLE ANDROGYNE ET LE SERPENT PREMIER 

 

L'ANDROGYNIE DE LA MERE UNIVERSELLE, SERPENT PREMIER !

 

 

La croyance de l'Eglise des premiers siècles veut que Jésus soit né de la Vierge Marie. La notion de virginité physique est incompréhensible si l’on ne réalise pas ce qu’est l’Incarnation !

Comment concevoir la Vérité ?

« “Vous ne pouvez concevoir parce que vous n’êtes pas Immaculés”.

Vous pensez que cette Conception est réservée à la Vierge dont vous avez fait une statue de la Virginité, or, dans le sens que vous pensez, la Vierge n’est ni une statue, ni la Virginité (…)

Pour croire à l’Energie de la Mère, vous avez fait de Marie une statue sans nom, une vierge sans espoir, vous avez déformé son Enfantement, vous lui avez enlevé la meilleure part d’elle-même, la chair de sa chair sortie de ses entrailles pour donner la Vie au Monde.

Vous lui avez enlevé, en somme, toute sa Royauté humaine pour lui donner une couronne de fausse idole… pas étonnant que parfois, lorsque vous l’invoquez ou que vous essayez de la connaître, vous ne la trouviez pas… et que vous ne trouviez en elle aucun “Répondant”…[1] »

 

 

Statue de l'Immaculée Conception. Slovaquie, XVIIIe s.

 

La création certes est immaculée dans sa conception, mais dès qu’il y a manifestation, il y a maculation ! L’être vierge est celui qui est « vierge de toute notion » enseigne Maître Eckhart ; ce à quoi il a été précisé : « y compris de la notion de virginité[2] » ! « Vierge, c’est-à-dire un être humain qui soit dégagé de toutes images étrangères, aussi dégagé qu’il l’était alors qu’il n’était pas.[3] ». C’est pourquoi il a été enseigné :

«  L’IMMACULEE CONCEPTION est ton unique Refuge sur la Terre.

Le Temple immaculé est celui qui reçoit l’Amour directement du Cœur du (au) Ciel Céleste.

“Concevoir Immaculé” veut dire :

Recevoir de la Source sans intermédiaire…[4] »

 



[1] L’Instruction du Verseur d’Eau, op. cit.,p. 358-359.

[2] Emmanuel-Yves Monin, De la Belle et la Bête à l’Androgyne ou Diane à la Licorne, Ed. Les Amis du Désert, 1985.

[3] Maître Eckhart, Sermons, Seuil, 1974, tome I, p. 52. Voir : Régor R. Mougeot, Le Miroir symbole des symboles, Dervy, 1995, chap. “La Conception Immaculée”.

[4] Platon le Karuna, La Demeure Eternelle. Les Paroles du Cœur Céleste, Les Editions de la Promesse, 2007, p. 75.

 

Extrait de Propos sur la résurrection de Jésus qui fut appelé Christ, http://r-r-y-mougeot.wifeo.com/liminaire-et-avertissement.php

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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 06:41

  Le Bouddha blanc, de Itonari Tsuji,

 

un roman qui dépeint comment l’âme japonaise

 

aborde la condition humaine,

 

la violence, l’amour, la sexualité, la guerre, le meurtre,

 

  

l’illusion d’être, la survie de l’âme…

 

 

 

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Quatrième de couverture :

 

« Minoru Eguchi est armurier dans une île du sud du Japon, l'île d'Ôno. Sur son lit de mort, il se souvient de sa vie commencée à la fin du siècle dernier dans le Japon de la fin de l'ère Meiji. On le suit, lui et sa famille, à travers les guerres du XXème siècle, à travers la richesse ou la pauvreté, à travers les interrogations sur la vie, l'amour, la mort.
Pour s'assurer qu'aucune âme n'errera solitaire sans trouver le repos, il entreprendra la construction d'une immense statue qui donne son titre au roman. Un Bouddha debout parce qu'un "Bouddha assis ne peut secourir un enfant qui ne noie, tandis qu'un Bouddha debout peut se précipiter au secours de tous ceux qui en ont besoin." Un Bouddha édifié avec les ossements de tous les morts de l'île d'Ôno. “Un Bouddha qui symboliserait la promesse de se revoir dans l'autre monde. Une sépulture qui ne serait jamais délaissée par les vivants, tant que l'île existerait.” »

Le Bouddha blanc a obtenu le prix Fémina étranger 1999.

 

Les héros de ce roman illustrent comment les questions fondamentales sur ce qu’est la vie se posent, de l’enfance à la vieillesse, à tout humain. L’âme japonaise est une coloration de l’âme universelle.

 

Quelques scènes et citations pour mettre en appétit :

Minoru, le héros du roman Le Bouddha blanc, participe à l’invasion de la Sibérie par l’armée japonaise. Il se retrouve seul, perdu dans la tempête de neige, en embuscade ; un adversaire invisible le tient en joue. Le temps passe, le froid est glacial ; il est à la frontière de la mort, la sienne ou celle de l’autre :

« Il suffisait de sonder son propre esprit pour deviner l’état psychique de l’adversaire. Tandis que le face-à-face se prolongeait, Minori commença à se demander si cet homme qui cherchait à l’assassiner n’était pas lui-même. La silhouette sombre qu’il apercevait, tapie dans l’ombre des arbres, derrière le cadavre de son camarade, n’était-elle pas simplement le reflet de la sienne, accroupie dans la même position. Il n’avait pas la moindre idée de l’identité de cet homme. Il ne pouvait donc s’agir que de lui-même. » (p. 110)

L’autre n’est pas autre que soi dans l’Unité du Tout entrevue dans cet instant crucial !

 

            Devant la mort qui s’annonce :

           « Minori, je crois que si je disparais, ce monde disparaîtra aussi, d’un seul coup. Le monde n’est qu’une illusion de mon esprit. Toi aussi, Minoru, tu n’es qu’une illusion que j’ai créée. Hayato, Kiyomi et Kimie aussi. Des illusions. » (p. 182)

 

            Que faire devant le mystère qu’est la vie ?

            « L’important, c’est de vivre de la façon que tu considères juste pour toi-même, tout en respectant les opinions d’autrui. » (p. 188)

 

            Que sont nos enfants ?

           « L’idée que les êtres nés de sa chair et de son sang subissaient aussi l’influence de la transmigration des âmes paraissait étrange à Minoru. Il songeait parfois que les enfants étaient seulement des individus qui lui étaient confiés pour un temps. Il ne fallait pas s’enorgueillir des efforts accomplis pour les élever. Ils ne faisaient que de passer un certain temps auprès de leurs parents. L’hérédité jouait un rôle, certes, mais les enfants avaient leurs propres liens avec d’autres personnes au niveau de l’âme, très différents des liens du sang » (p. 188-189)

 

           L'abbé du monastère dit à Minoru :

 

          "Connais-tu ce terme bouddhique : ku-e-i-ssho ? Il signifie l'égalité originelle de tous les êtres, riches ou pauvres." (p. 249)

 

 

 

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  Le land art dans les rizières du Japon !

 

Maîtriser les Energies de la Terre, c'est chevaucher le Tigre en Inde, la Panthère, le Tigre ou le Lion en Grèce, le Dragon-Vouivre en Occident, ou encore domestiquer le Buffle sauvage au Japon...

 

 

 

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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 17:05

Réponse du chef Seattle, de la tribu des Duwamish,

faite en 1854 au gouvernement américain

qui lui proposait d’abandonner sa terre aux « Blancs »

contre la promesse d’une « réserve » pour le peuple indien

 

 

« Un discours tenu par le chef Seattle en janvier 1854 a été rapporté par Dr. Henry A. Smith, négociateur du gouvernement, dans le journal Seattle Sunday Star en 1887. Il s'agit d'une réponse à un discours du gouverneur Isaac M. Stevens, commissaire aux Affaires indiennes.

Selon les Archives nationales des États-Unis National Archives and Records Administration, « L'absence de toute preuve contemporaine amène à douter sérieusement de l'exactitude des souvenirs de Dr. Smith en 1887, environ 32 ans après les événements évoqués. C'est pourquoi il est impossible... soit de confirmer soit de contester la validité de ce... message. »

Si le contenu du discours n'est pas sûr, les témoins de l'époque sont tous d'accord pour dire que le discours dura environ une demi-heure, et que durant tout le discours, Chef Seattle, un homme assez grand, laissa une main sur la tête du gouverneur Stevens, homme de petite taille.

Une deuxième version du discours fut publiée dans une langue plus moderne par William Arrowsmith dans les années 1960.

Le discours redevint célèbre quand une troisième version commença à circuler, celle que tout le monde connaît aujourd’hui et qui date des années 1970. Cette dernière semble avoir été minutieusement travaillée et a peu de choses en commun avec l’original… »

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Seattle_(chef_am%C3%A9rindien)

 

 

« Comment pouvez-vous acheter ou vendre le ciel, la chaleur de la terre ? L'idée nous paraît étrange.

Si nous ne possédons pas la fraîcheur de l'air et le miroitement de l'eau, comment est-ce que vous pouvez les acheter ?

Chaque parcelle de cette terre est sacrée pour mon peuple. Chaque aiguille de pin luisante, chaque rive sableuse, chaque lambeau de brume dans les bois sombres, chaque clairière et chaque bourdonnement d'insecte est sacré dans le souvenir et l'expérience de mon peuple

La sève qui coule dans les arbres transporte les souvenirs de l'homme rouge.

 

Les morts des hommes blancs oublient le pays de leur naissance lorsqu'ils vont se promener parmi les étoiles. Nos morts n'oublient jamais cette terre magnifique, car elle est la mère de l'homme rouge.

Nous sommes une partie de la terre, et elle fait partie de nous. Les fleurs parfumées sont nos sœurs ; le cerf, le cheval, le grand aigle, ce sont nos frères. Les crêtes rocheuses, les sucs dans les prés, la chaleur du poney, et l'homme - tous appartiennent à la même famille.

Aussi lorsque le Grand Chef à Washington envoie dire qu'il veut acheter notre terre, demande-t-il beaucoup de nous. Le Grand Chef envoie dire qu'il nous réservera un endroit de façon que nous puissions vivre confortablement entre nous. Il sera notre père et nous serons ses enfants. Nous considérons donc votre offre d'acheter notre terre. Mais ce ne sera pas facile. Car cette terre nous est sacrée.

Cette eau scintillante qui coule dans les ruisseaux et les rivières n'est pas seulement de l'eau mais le sang de nos ancêtres. Si nous vous vendons de la terre, vous devez vous rappeler qu'elle est sacrée et que chaque reflet spectral dans l'eau claire des lacs parle d'événements et de souvenirs de la vie de mon peuple. Le murmure de l'eau est la voix du père de mon père.

Les rivières sont nos frères, elles étanchent notre soif. Les rivières portent nos canoës, et nourrissent nos enfants. Si nous vous vendons notre terre, vous devez désormais vous rappeler, et l'enseigner à vos enfants, que les rivières sont nos frères et les vôtres, et vous devez désormais montrer pour les rivières la tendresse que vous montreriez pour un frère.

Nous savons que l'homme blanc ne comprend pas nos mœurs. Une parcelle de terre ressemble pour lui à la suivante, car c'est un étranger qui arrive dans la nuit et prend à la terre ce dont il a besoin. La terre n'est pas son frère, mais son ennemi, et lorsqu'il l'a conquise, il va plus loin. Il abandonne la tombe de ses aïeux et cela ne le tracasse pas. Il enlève la terre à ses enfants et cela ne le tracasse pas. La tombe de ses aïeux et le patrimoine de ses enfants tombent dans l'oubli. Il traite sa mère, la terre, et son frère, le ciel, comme des choses à acheter, piller, vendre comme les moutons ou les perles brillantes. Son appétit dévorera la terre et ne laissera derrière lui qu'un désert.

Je ne sais pas. Nos mœurs sont différentes des vôtres. La vue de vos villes fait mal aux yeux de l'homme rouge. Mais peut être est-ce parce que l'homme rouge est un sauvage et ne comprend pas.

Il n'y a pas d'endroit paisible dans les villes de l'homme blanc. Pas d'endroit pour entendre les feuilles se dérouler au printemps, ou le froissement des ailes d'un insecte. Mais peut-être est-ce parce que je suis un sauvage et ne comprends pas. Le vacarme semble seulement insulter les oreilles. Et quel intérêt y-a-t-il à vivre si l'homme ne peut entendre le cri solitaire de l'engoulevent ou les palabres des grenouilles autour d'un étang la nuit ? Je suis un homme rouge et ne comprends pas. L'Indien préfère le son doux du vent s'élançant au-dessus de la face d'un étang, et l'odeur du vent lui-même, lavé par la pluie de midi, ou parfumé par le pin pignon.

L'air est précieux à l'homme rouge, car toutes choses partagent le même souffle - la bête, l'arbre, l'homme, ils partagent tous le même souffle. L'homme blanc ne semble pas remarquer l'air qu'il respire. Comme un homme qui met plusieurs jours à expirer, il est insensible à la puanteur. Mais si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler que l'air nous est précieux, que l'air partage son esprit avec tout ce qu'il fait vivre. Le vent qui a donné à notre grand-père son premier souffle a aussi reçu son dernier soupir.

Et si nous vous vendons notre terre, vous devez la garder à part et la tenir pour sacrée, comme un endroit où même l'homme blanc peut aller goûter le vent adouci par les fleurs des prés.

Nous considérerons donc votre offre d'acheter notre terre. Mais si nous décidons de l'accepter, j'y mettrai une condition : l'homme blanc devra traiter les bêtes de cette terre comme ses frères.

Je suis un sauvage et je ne connais pas d'autre façon de vivre. J'ai vu un millier de bisons pourrissant sur la prairie, abandonnés par l'homme blanc qui les avait abattus d'un train qui passait. Je suis un sauvage et ne comprends pas comment le cheval de fer fumant peut être plus important que le bison que nous ne tuons que pour subsister.

Qu'est-ce que l'homme sans les bêtes ? Si toutes les bêtes disparaissaient, l'homme mourrait d'une grande solitude de l'esprit. Car ce qui arrive aux bêtes, arrive bientôt à l'homme. Toutes choses se tiennent.

 

Vous devez apprendre à vos enfants que le sol qu'ils foulent est fait des cendres de nos aïeux. Pour qu'ils respectent la terre, dites à vos enfants qu'elle est enrichie par les vies de notre race. Enseignez à vos enfants ce que nous avons enseigné aux nôtres, que la terre est notre mère. Tout ce qui arrive à la terre, arrive aux fils de la terre. Si les hommes crachent sur le sol, ils crachent sur eux-mêmes.

Nous savons au moins ceci : la terre n'appartient pas à l'homme ; l'homme appartient à la terre. Cela, nous le savons. Toutes choses se tiennent comme le sang qui unit une même famille. Toutes choses se tiennent.

Tout ce qui arrive à la terre, arrive aux fils de la terre. Ce n'est pas l'homme qui a tissé la trame de la vie : il en est seulement un fil. Tout ce qu'il fait à la trame, il le fait à lui-même. »

 

 

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Le chef Seattle (v. 1786-1866)

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Seattle_(chef_am%C3%A9rindien)

 

Réponse de Patrick Dacquay

au chef Seattle

 

 

 « Il y a quelques années, cette déclaration d’humanité faisait monter en moi des nuages d’émotions. La nostalgie embrumait mon cœur et me serrait la gorge. Souvent les larmes se mêlaient à la révolte qui inondait mon être.

Cela n’était pas juste, mais c’était ainsi.

 

Aujourd’hui, quand je relis ta déclaration, frère indien, j’observe ce témoignage de sagesse comme un axe totem de la grandeur de notre humanité, avec joie et amour, sans émotion.

Ces quelques lignes, dans leur simplicité, veulent évoquer comme une prière le lien spirituel entre l’homme et le créateur, entre l’homme et la création. Alors, grand « Chef de Sagesse », accepte ce livre, cette réponse qui a été un peu longue à te parvenir, mais le temps est venu…

Le temps est enfin venu où l’homme « blanc » prend conscience du bien précieux qu’est la planète. Notre Mère Terre, Gaïa, comme l’appelaient les Grecs, est à nouveau reconnue par nombre d’entre nous et sa colère contre les hommes qui la méprisent, l’exploitent sans vergogne, la polluent des pires façons en empoisonnant terres et océans, est hélas justifiée. Cette nourrice si tendre saura faire taire sa rancune dès lors que nous changerons nos comportements dévoyés ; elle est prête à nouveau à nous offrir l’abondance, la joie de vivre, la paix et l’harmonie pour peu que nous redevenions des fils respectueux. Il nous suffit de la toiletter consciencieusement, de lui dire les mots d’amour qu’elle attend depuis si longtemps. Elle pardonnera alors, comme une bonne mère oublie les frasques de ses garnements.

 

Aujourd’hui, comme tant d’autres, je me sens dressé comme un totem sur cette terre. Je me sens être un axe entre le Ciel et la Terre. L’énergie du Feu du Ciel et l’énergie du Feu de la Terre me traversent, se croisent et fusionnent dans mon cœur. Cette alchimie des « fous d’amour » est pour toi, « Terre-Mère » ! Elle est aussi pour toi « Père-Ciel » ! Vous êtes ceux qui me donnent la vie, qui donnent la vie à tous mes frères et sœurs les hommes, à tous les règnes de la création auxquels nous sommes indéfectiblement liés.

Alors toi, « Patchamama », Terre-Mère, continue d’ouvrir tes bras comme tu n’as jamais cessé de le faire, pour me recevoir. Ne les referme pas tout de suite car, derrière moi, mes frères et mes sœurs de la Terre vont accourir de plus en plus nombreux pour me rejoindre, pour m’accompagner. Nous avons besoin de consolation car notre contact avec toi n’a pas toujours été digne. Notre Père-Ciel a tenté de nous remettre sur le droit chemin, depuis des millénaires. Mais lui aussi est fatigué de nos effronteries, de notre suffisance, de notre inconscience, de notre bêtise aveugle.

Cette nouvelle ère du Verseau sera celle de la lumière et de la femme, donc de l’amour. Terre-Mère, je suis heureux de réentendre tes chants et tes berceuses. J’étais sourd, et à nouveau je commence à entendre ! Nos frères et sœurs feront de même ; ils sont de plus en plus nombreux à retrouver la conscience de notre filiation, le lien d’amour qui seul maintient toutes choses dans l’harmonie.

 

Chef Seattle, toi qui entends ma profession de foi, du plus loin des Terres Célestes où tu te trouves, au «Pays des Chasses Bienheureuses », sois heureux et fier du résultat de ton testament écrit qui ne l’a pas été en vain. Beaucoup d’hommes, sur tous les continents, l’ont lu, relu et médité ; ils se réveillent grâce à ton témoignage. Toi et tes frères « rouges », vous avez témoigné justement de ce qu’est l’humanité lorsqu’elle vit en communion avec la terre, le vent, le feu, les forêts, les montagnes, les animaux sauvages, avec les ancêtres et les esprits, avec le Grand Esprit. Vous n’avez pas toujours su, tout comme nous, faire la paix juste entre les tribus pour être les gardiens de ce Jardin d’Eden que devrait être notre planète. Votre passé traditionnel a pourtant ensemencé les terres arides des « Blancs » et a réveillé nos cœurs desséchés par la dureté, l’égoïsme et la cupidité.

 

Chef Seattle, beaucoup d’hommes et de femmes, sur tous les continents, s’apprêtent à remettre en état les prairies de la terre qui nous a été confiée par le Grand Esprit. La tâche est immense, mais viendra le temps où chaque parcelle de cette Terre sera à nouveau reconnue comme sacrée, chaque animal sera reconsidéré dans sa dimension sauvage, donc libre, chaque arbre et chaque pierre seront à nouveau perçus comme des êtres vivant de la même énergie que nous-mêmes. Nous œuvrons pour cela.

Nous pourrons à nouveau accepter avec gratitude que l’air du pays du vent caresse notre peau et emplisse nos poumons ; il nous faut cesser de l’empoisonner dans un aveuglement suicidaire. De nouveau, nous pourrons jouir de l’eau, être accueillis par elle, et baigner notre corps pour un nouveau baptême sacré ; il nous faut cesser de polluer la terre, les fleuves et jusqu’à la mer elle-même.

Nous pourrons alors contempler le feu qui pétille et scintille, nourris par la lumière du ciel et de la terre, le feu de la pureté. Tous les peuples de la Terre prendront conscience d’appartenir à la grande famille humaine, riche de sa diversité. En ce début du Nouvel Age, un métissage prometteur marie toutes les races pour faire apparaître une seule tribu s’enrichissant de toutes les différences.

Le temps est venu de préparer cette immense fête où les peuples rendront la Terre dans l’état où le Grand Esprit nous l’a confiée. L’existence ne sera plus que la célébration de la paix, de la joie et de l’amour. Bien sûr, le chantier est immense ! Bien sûr, les forces de destruction sont encore puissantes et entraînent de terribles souffrances humaines. Ce projet transcende notre humanité. La réussite est certaine dès lors que chacun accepte de mettre de l’ordre en lui-même pour cesser d’accaparer le bien commun, pour cesser de vouloir imposer sa vérité partielle et partiale à tout autre, en commençant par ceux qui lui sont les plus proches, pour cesser d’avoir peur de la nature, de la vie.

 

Chef Seattle, je sais que de plus en plus de « Terriens » sont habités par ta mémoire et celle de tes frères « rouges », sont habités par le cri que tu as poussé, par les interrogations que tu as émises et qui ont été d’une rare puissance et d’un grand secours. Le temps de la restitution de la terre approche et les consciences se réveillent. Ce jour béni vient, nous pourrons alors, toi et moi, tes frères et mes frères, toutes les tribus réconciliées, vivre dans le même tepee en célébrant le Grand Esprit.

Je sais maintenant que tout ce qui arrive à la Terre arrive aux fils de la Terre. Ce n’est pas l’homme qui tisse la trame de la vie, il en est seulement le fil de chaîne. Tout ce qu’il fait à la trame, il le fait à lui-même.

La pratique chamanique m’a permis de retrouver cette conscience ; à mes yeux, c’est son utilité.

Chaque esprit est une vibration. Je suis une vibration qui participe, avec des milliards d’autres, celles qui nous ont précédés et celles qui nous suivront, à cet extraordinaire concert symphonique qu’est la vie. Tous nos ancêtres, à quelque tribu qu’ils appartiennent, y ont leur place et leur mémoire est vivante en nous. Chacun porte en soi la mémoire de toute l’humanité, la mémoire de tous les règnes de la création depuis son origine.

Au-delà de l’espace et du temps, le « Pays des Chasses Bienheureuses » nous attend.

Waho ! J’ai dit ! »

 

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