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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 17:01

  Point culminant des monts d'Arrée,

 

 et dominant les marais et tourbières

 

du Yeun Ellez,

 

le mont Saint-Michel-de-Brasparts

 

et sa chapelle :

 

ST-MichelBraspart.jpg

 

Elle est bâtie sur un ancien lieu de culte solaire celte.

 

 

 

Le Yeun Ellez était jadis l'entrée des enfers.

 

Selon la légende : "Au coucher du soleil, le recteur de Brasparts venait y jeter des chiens noirs dans lesquels on avait enfermé les démons chassés du corps des possédés.

 

Ils disparaissaient aussitôt, engloutis dans les marais, tandis que s'élevaient des flammes étranges.

La terre se mettait à trembler et le ciel se couvrait d'énormes nuages sombres ... "

 

La fresque de saint Michel 

 

Brasparts2

 © Photo Y. Le Bourdonnec

 

En 1986, l' "Atelier Saint-Michel" de Morlaix réalisa une fresque qui fut exposée en juillet dans la chapelle.

Les auteurs, S., V., Y.-L., Y., ont déployé l' "Energie" pour faire ce chef-d'oeuvre.

 

  Braspartsb

 

  © Photo Yvain Le Bourdonnec. 

 

 

"Saint Michel Archange
Envoie ta cohorte d'anges pour me préserver des démons.
 
Je perçois les démons comme étant les bassesses pour l'élévation aux Hauteurs de moi-même
Par l'Image de toi que tu m'as présentée.
 
Dans le marais d'en bas
Les âmes appellent à toi
Et la rivière Ellez à message pour tous.
 
Triptyque ainsi présenté pour les âmes en perdition dans le marais,
écoutant, regardant, contemplant le Point ascensionnel.
 
Rivière ambiguë comme chaque chose en ce monde,
Bénie soit ton existence."


Emmanuel
Chapelle de Saint-Michel-de-Brasparts le 20 juillet 1986.

 

 

 

 Braspartsa.jpg

 

© Photo Yvain Le Bourdonnec. 

 

 

Anatole Le Braz, dans Les saints bretons (1893), a collecté de nombreuses légendes sur ces marais encore appelés "Youdig".

 

Sur la terre, il y a des lieux privilégiés énergétiquement où les âmes des trépassés trouvent plus facilement le passage entre ce monde et les autres. Ce sont des vortex d’énergie très puissants et c'est la cas ici, tout comme à la chapelle Montligeon dans le Perche.

 

 

Saint Michel est souvent représenté avec la balance du peseur d’âmes ; il est psychopompe, succédant en cela à Osiris, dieu égyptien du monde des morts :

 

 MichelMichael_MichelGargVIII.jpg 

Saint Michel, statue du VIIIe-IXe siècle
Basilique du Monte San Angelo.
 

La centrale nucléaire de Brennilis, dans les monts d'Arrée,
arrêtée depuis 1985 n'est toujours pas démantelée et décontaminée !
En 1989 " Le démantèlement a déjà coûté 482 millions d'euros
alors que la phase 3 n'a pas encore commencé."
(Wikipedia)  

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 15:28

lundi 10 novembre 2008

La vouivre, symbole universel

A tous ceux qui s’intéressent à la force des symboles, je conseille vivement ce livre extraordinaire intitulé La Vouivre, un symbole universel, de Kintia Appavou et Régor R. Mougeot, aux éditions Ediru, 2006. Je l’ai dévoré (!) comme un roman. Ce n’est pourtant qu’une collection de citations, mais traversées d’un tel souffle invisible que je n’ai pu y résister, d’autant que ce livre s’inscrivait dans la continuité du beau séjour en forêt de Brocéliande et qu'il décrit abondamment l’influence des énergies telluriques...
Voici quelques idées-forces, quelques pistes à emprunter. Pour nous aider à nous défaire d’un dualisme tenace, qui nous conduit souvent à nous retourner contre nous-même au lieu de nous unifier dans la bienveillance…


Qu’est-ce que la Vouivre, au-delà de sa représentation bien connue de femme-serpent ?
« Ne vous semble-t-il pas que les mots « OUI » et « VIVRE », ou « VOUS » et « IVRE » se mêlent et se conjuguent pour exprimer la Force de Vie ? […] C’est l’Energie tellurique qui anime tout être vivant issu de la Terre (minéral, végétal, animal, humain). » (p. 7)
Ainsi, la Vouivre est partout, qui se glisse sous telle ou telle forme proche ou lointaine : le Dragon ; la Mère-Grand des contes de fée (et ses dérivés sonores : Margot, Morgane, Mélusine…) ; le Géant (Gargantua) ; la Déesse-mère des religions païennes ; la Vierge noire des cryptes souterraines… ; etc.
Débordant toutes ces formes, la Vouivre est « La Mère Universelle », c’est-à-dire « la Nature naturante », « la Source », « le Principe d’avant la Manifestation. Elle est mâle et femelle à la fois, Androgyne, et non pas le Dieu Père masculin des religions issues d’Abraham, ni la Déesse-Mère païenne qui serait uniquement féminine. » (p. 32-33) Elle est proche de Yurlungur, le Serpent primordial, bisexué, des Aborigènes, ou du Serpent Arc-en-Ciel, l’Androgyne originel en Afrique. Elle rappelle le caducée d’Hermès, ce bâton autour duquel s’enroulent deux serpents.
Cette Vouivre possède une queue et une tête qui se rejoignent en un lien fascinant, serpentin, l’Ouroboros étant l’exemple le plus frappant de ce lien : « La tête est le siège de l’intelligence, c’est le sanctuaire de l’Esprit. […] La queue du Dragon est l’inconscient des hommes, les ténèbres nécessaires pour que la Lumière se révèle. […] La tête dévore le corps. […] la conscience humaine […] assimile les pulsions de ses instincts pour s’élever vers la Lumière. […] La mort initiatique est cette assimilation de soi par soi qui n’exclut rien, ne condamne rien, ne juge rien, qui transmute le vil plomb en or et l’homme en Dieu. » (p. 55) D’ailleurs, « le Dragon-Wivre, incarnation de la Mère des temps néolithiques, porte très souvent sur son front l’escarboucle » (p. 85), pierre précieuse, troisième œil…
C’est pourquoi il faut consentir à se livrer au Dragon-vouivre. D’où l’intérêt de ces multiples histoires de sacrifices d’innocents au Dragon… Il s’agit, en profondeur, de sacrifier « son monde émotionnel » et « sa volonté propre ». « Ce qui est multiple doit être sacrifié pour que se fasse le retour à l’Unité. » (p. 107)
En aucun cas, par conséquent, la Vouivre ne doit être tuée. Seulement domptée ou chevauchée, car il ne s’agit pas de se sacrifier inconsidérément à la Vouivre ou l’énergie primordiale. Attention à « L’Hydre tentaculaire aux multiples têtes », combattue par Hercule, et « représentant les pensées du mental dévié » ! (p. 131) Le saint chrétien (et pas seulement saint Michel et saint Georges !) dompte donc souvent le Dragon. Il entre dans sa grotte, la Caverne du cœur, « se met au contact des énergies de la Terre […]. […] l’énergie de la Terre monte mais n’est pas détournée par un mental dévié. Il est alors fécondé par l’Esprit […]. Il a symboliquement la tête tranchée » (p. 133), image de la non-identification au mental.
Ce livre m’a rappelée à mes propres courants émotionnels souterrains, m’invitant à les apprivoiser, à les accueillir le plus totalement possible. (Serpents faussement inquiétants, seulement monstrueux pour l’armure du mental. Serpents de la vie fluide, guérisseurs !) Il s’agira sans doute d’un long chemin mais il me semble qu’il s’ouvre enfin…

 

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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 07:19
Un exemple de sainte céphalophore,
 
sainte Nolwenn ou Noyale,
 
dans le Vannetais.
 
Article paru dans la Lettre d'Île-de-France,
Bulletin trimestriel du Groupe Île-de-France de Mythologie Française
(juillet, août, septembre 2006). N° 59NS.
  
 
Sainte Nolwenn tenant en main sa tête coupée.
Eglise Sainte-Noyale, à Noyal-Pontivy, Morbihan.
 
 
Les saints céphalophores
 
Seuls parmi les saints qui eurent la tête tranchée, ceux qui prirent ensuite leur tête bien en main au niveau du cœur pour marcher jusqu’au lieu de leur sépulture en suivant la Vouivre, sont appelés saints céphalophores.
Ainsi en fut-il de saint Denis qui marcha depuis le lieu de son martyre jusqu’à la plaine qui porte son nom et où fut construite la nécropole des rois de France. Sur le vitrail de la sacristie de l’église Saint-François-Xavier, à Paris, il est représenté tenant sa tête bien en main au niveau du cœur tandis qu’un ange, symbole des énergies cosmiques, pose à la place de la tête un soleil radiant.
 
 
 
    Saint Denis,
vitrail de la sacristie de l’église Saint-François-Xavier à Paris.
 
Sainte Valérie est représentée, sur un vitrail de la cathédrale de La Souterraine dans le Berry, portant dans un linge sa tête tandis qu’un soleil radiant prenait sa place sur ses épaules.
 
 
 
Sainte Valérie tenant sur son cœur
sa tête coupée.
Cathédrale de La Souterraine, Berry.
 
Saint Mitre porta sa tête ensanglantée jusqu’à l’autel de la Vierge. Saint Just lava sa tête coupée dans l’eau d’une fontaine. Il faudrait citer saint Firmin à Amiens, saint Fuscien et saint Victorie à Sains non loin d’Amiens, saint Génitour dans le Berry, saint Ferréol et saint Ferjeux, évangélisateurs de la Franche-Comté, saint Millau en Bretagne, saint Junien dans l’Aube1, et beaucoup d’autres encore2. Toujours, avec quelques variantes, les mêmes images maintenues pour que l’essentiel puisse être préservé.
 
Les étapes traditionnelles de l’Initiation,
 
de la maîtrise du dragon à la tête coupée
 
Dans les premiers temps du christianisme l’Initiation se perpétua de la même manière qu’au temps des Druides. L’initiable, celui qui était capable de maîtriser l’énergie de la terre, vivait la réclusion dans l’antre de la Vouivre, dans la Caverne de sous-terre, dans la grotte ou dans la crypte, voire dans la forêt3. Il en ressortait transformé, comme Jonas après trois jours passés dans le ventre de la Baleine, aux dires de la Bible. Ainsi en est-il de sainte Marguerite, représentée issue du Dragon ; elle a vécu l’équivalent d’une nouvelle naissance, son mental est purifié, fécondé par l’Esprit. Elle possède alors la maîtrise de l’Energie.
 
 
 
Sainte Marguerite issue du Dragon.
Bibliothèque Nationale, Manuscrit N.a.fr. 16251, F 100. XIIIe siècle.
 
La maîtrise du Dragon Vouivre est la première étape importante dans le cheminement initiatique. Sainte Marthe passe sa ceinture au cou de la Tarasque à Tarascon et saint Marcel son étole au cou du dragon de la Bièvre ; saint Véran dompte la Coulobre de la Fontaine de Vaucluse, etc. La liste est longue4.
Qu’est le « saint », véritablement ? Les familiers de la Langue des Oiseaux sauront aisément décrypter le S comme étant la vibration du Serpent, son Energie et entendront dans « saint », S-un, celui qui ne fait qu’un avec l’Energie du Serpent-Vouivre. Le S « ayant son fondement dans le I, (…) ne peut véhiculer que l’idée de perfection5».
 
Après la maîtrise de l’Energie, l’étape suivante est dite celle de « la tête coupée ». Le saint, la sainte dans la terminologie chrétienne, a symboliquement la tête tranchée ; son mental, entièrement purifié est tenu bien en main au niveau du cœur. Cette décapitation n’implique aucune souffrance puisqu’il n’y a plus alors d’identification de soi et de son mental. Le fait de le tenir bien en main fait que ce mental joue son rôle à sa juste place de serviteur, et non plus indûment de maître. Il formule ce qui est à formuler, mais ne ratiocine plus ! Il n’a plus de dragon à ses pieds comme dans l’étape précédente. L’ego inférieur est entièrement sublimé et rendu à sa Source, « l’Ego-Centre de l’Unique », selon l’expression de Karuna6.
Le saint est alors au service de son « Seigneur, le Seing-Or, le Sceau de l’Origine » comme le décrypte la Langue des Oiseaux5 ! Cette étape marque l’abandon de sa volonté propre. Elle se retrouve dans toutes les traditions. Dans la Quête du Saint Graal, à cette étape, le Chevalier abandonne sa monture pour monter dans la Nef Aventureuse. Dans la Domestication du Buffle dans le Zen, le buffle, devenu entièrement blanc, disparaît et le bienheureux suit la voie des luminaires ; en alchimie, « l’épouse est blanchie et se trouve décapitée7. » Le héros mythique celte de l’Ulster, Cûchulain, fils du dieu Lug, accepte le « défi de la décapitation » proposé par un géant capable de partir, après décapitation, avec sa tête sous son bras. Le Chevalier Vert se fait trancher la tête par Gauvain, dans le poème médiéval Gauvain et le Chevalier Vert8, et doit revenir un an après trancher celle du meilleur chevalier du monde ! Coomaraswamy conte la légende du Râjâ Jagdêo qui se décapite et offre sa tête en aumône à la déesse de la vérité9. Au Rajasthan, Chinnamasta, la déesse symbolisant la dissolution apparente et le retour à l’Origine, est représentée, tenant dans sa main sa tête tranchée sur un plateau10.
Prendre à la lettre ces légendes, c'est passer à côté de l’essentiel. Le christianisme ajoute la particularité du fait que le décapité marche avec sa tête coupée tenue en main, mais au niveau du cœur. Toujours, il s’agit d’oser perdre la tête, de se libérer de toutes notions et « du sentiment de sa propre importance » comme le dit don Juan Maltus, l’initiateur toltèque à Carlos Castaneda, qui lui aussi « décapite » son disciple en affamant lentement son mental.
L’imagerie occidentale médiévale rejoint, comme toutes les autres traditions, la Tradition Universelle.
Mais qu’en fut-il de sainte Nolwenn ?
 
La légende de sainte Nolwenn
 
Toutes les Légendes dignes de ce nom possèdent au moins trois niveaux de lecture, le sens littéral, celui qui est pris à la lettre par beaucoup, le niveau analogique et le niveau anagogique. Ce dernier seul propulse véritablement vers l’essence des choses.
 
Qu’en est-il tout d’abord du nom même de cette sainte ?
 
Il existe plusieurs variantes orthographiques de ce prénom : Nolwenn, Noalwen ou encore Nolwen avec un seul ''n''. En français, la terminaison ''wenn'' vient de ''Gwenn'' qui signifie « blanc ». Cette blancheur nous met sur la voie de la pureté et de la virginité ; il convient de prendre ce mot, non pas réduit au sens physique, mais dans celui que Maître Eckhart a contribué à maintenir, l’être vierge de toute notion, y compris de notion de virginité ! « Etant comme n’étant pas », selon son expression dans l’un de ses Sermons.
Le retournement d’un nom est aussi traditionnel ; il indique le renversement des lumières ; il marque que l’être ne prend plus ses racines dans la terre, mais dans le ciel de cette terre. Il n’est pas étonnant, dès lors, de trouver une composition inversée de Noalwenn : Gwennoal, qui a sans doute donné naissance au diminutif Noalig, mais aussi au prénom Gwenaël.
Noal quant à lui, est un nom de lieu qui a donné naissance, une fois francisé, à Noyale. Certains font dériver Noal du latin novialum, signifiant « une terre nouvellement défrichée ». Elle aurait pu être plantée de noyers ! Mais au-delà des apparences, « Noyale », et donc aussi Noal, mettent sur la voie de la noyade, là encore, à prendre de préférence dans la signification de « la fin des émotions ». L’état de Virginité présuppose la fin des perturbations émotionnelles humaines pour l’accès à l’Emotion sans émotions.
 
Que nous apprend par ailleurs la légende de sainte Nolwenn ?
 
« Au VIe siècle, Noyale, fille du roi de Cambrie (Angleterre), ayant refusé de se marier pour se vouer à Dieu, fuit en Bretagne, accompagnée de sa servante. Elles traversent la Mor Breizh, la Manche, sur un rameau de branche au vert feuillage puis remontent le Blavet à la recherche d’un ermitage. »11
Nous sommes bien évidemment dans un symbolisme traditionnel. De fait, la véritable noblesse, comme ensuite la véritable royauté, est celle du corps, du cœur et de l’esprit. Si ses parents avaient été véritablement nobles, elle n’aurait pas eu à fuir un mariage forcé ou arrangé ! Par contre, elle choisit la fuite, l’exil, pour disposer de sa vie, dans l’autonomie, choix qui lui conférera une noblesse, puis une royauté, qu’elle acquiert au prix fort de l’épreuve. Elle prend en main sa destinée tout en l’abandonnant à la providence ! Comme saint Roch avant de partir en pèlerinage à Rome12, elle distribue ses biens aux pauvres, elle se désencombre.
Se vouer à « Dieu », c’est essentiellement suivre les aspirations profondes de son âme et refuser le conditionnement reçu dans le milieu familial, social, culturel de sa naissance. Sa servante est sa raison mentale, mise à sa juste, au service des aspirations de son âme.
Elle s’abandonne, comme jadis les Chevaliers en quête du Saint Graal, à la Nef Aventureuse, et traverse la Mor Breizh. Le chant des mots, l’euphonie, nous dit « mort » « braise » ! Ah ! Ce n’est pas interprétation, non ! Qui ne voit l’ardeur de son Amour, et la mort à tant de choses qu’est sa fuite et les périls qu’elle encourt ! Elle est portée par un rameau de vert feuillage ! C’est insensé ! Non pas, elle était comme l’arbre mort qui reverdit ; en elle la vie est re-suscitée par sa décision inébranlable !
Tous ceux qui veulent vivre cette vie nouvelle traversent l’épreuve de la Caverne, de la réclusion initiatique. Elle trouve donc un ermitage sur la rive du Blavet.
 
 
 
« Nizan, tyran de Bezo, s’éprend de Noyale
et veut en faire son épouse.
Devant son refus, il la fait décapiter. »
 
 
Maintes légendes de saintes rapportent un épisode semblable. Le refus d’une royauté seulement terrestre est déterminant. Certes, sa raison est à son service, mais elle se doit d’aller au-delà ! Ce tyran est, dans l’Unité de toutes choses, la partie de son âme encore magnétisée à la terre. Cette décapitation traditionnelle, faite en juste temps, est une grande grâce. Elle est encore appelée « Noyale » et par cette mort au monde émotionnel humain, de noble qu’elle était, elle devient « royale ». Noyale et Royale ont même consonance et portent en leur centre le Y, hiéroglyphe de l’androgynie, depuis Platon.
 
 
 
« Noyale rend son âme à Dieu dans grand désert,
sur le bord d’un ruisseau, s’appuyant sur son bâton.
Elle marche en tenant bien en main sa tête coupée
au niveau du cœur (à droite)
et traverse le bourg de Noyal.
Quelques kilomètres plus loin,
 trois gouttes de sang tombées de sa tête
font jaillir une fontaine. »
 
 
 Où rend-elle son âme à Dieu ? Dans le grand désert de son âme, vidée de tout attachement terrestre ! Qui peut imaginer un grand désert sur les bords du Blavet ? Elle n’a jamais été aussi vivante ! De la vraie vie ! Et traverse ainsi le bourg de Noyal à qui elle doit son nom, parcourant plusieurs lieues. Elle suit le chemin de la Vouivre et, de trois gouttes de son sang, jaillit une fontaine.
Ainsi retrouve-t-on ici, la fontaine ou la source, celle que sainte Odile fit jaillir au mont Sainte-Odile, celle que sainte Rodhène fit jaillir à Levroux, celle que fit jaillir l’ange venu secourir saint Roch dans son ermitage lorsqu’il fut atteint par la peste, celle que Moïse fit jaillir du rocher, … et tant d’autres ! Elle est chargée de l’énergie de la Vouivre du lieu, et il se produira des miracles. Ceux qui sont au fait des anciennes traditions celtes verront la continuité des symboles :
« L’eau merveilleuse ressuscite les morts quand les Dieux et les Druides s’en mêlent. Si les vivants l’utilisent, elle les rajeunit et les préserve, non pas toujours de la mort, mais de la maladie et de la décrépitude.13 »
 
 
« Là, Noyale s’agenouille sur une pierre
qui lui sert de prie-dieu
et dépose sa tête sur un rocher.
Elle plante son bâton en terre
et celui-ci devient une aubépine (à gauche),
tandis que le bâton de la servante donnera un hêtre. »
 
 
Voilà Noyale devenant neuve, pure, blanche, Nolwenn ! Le changement de nom au passage d’une étape de l’initiation est traditionnel.
Il est tombé de sa tête trois gouttes de sang, signe de la purification des trois plans de l’être humain physique, émotionnel-relationnel et mental, pour que la fontaine jaillisse.
Elle s’agenouille devant le rocher où elle dépose sa tête. Le rocher est toujours lié à la source, comme le bâton d’ailleurs avec lequel on le frappe le plus souvent.
« Yahvé est mon rempart, mon rocher » chante le psalmiste. Et Isaïe de dire aux Hébreux : « Regardez le rocher dont vous avez jailli, la Source dont vous avez coulé », comparant Abraham au rocher d’où s’écoule l’eau et Sarah au creux du rocher où cette eau se repose avant de s’écouler14.
Elle et sa servante ont chacune leur bâton de pèlerin.
Planté en terre, sur celui de Nolwenn fleurit l’aubépine.
L’aubépine, alba spina, « épine blanche » en raison de sa fleur, est parente du rosier. Elle peut se présenter sous la forme d’un buisson ou d’un arbre épanoui. Alors que certains arbres se repoussent et que d’autres fusionnent, « l’aubépine, elle, nous présente une voie alternative. Elle n’est jamais parasite et elle ne se laisse pas envahir non plus : elle sait toujours trouver l’espace où elle va pousser et développer sa propre vie, sans avoir ni à lutter, ni à se défendre. C’est cette aptitude à trouver sa juste place qui lui fait prendre les formes les plus inattendues…15 » Les plus vieilles de France atteignent mille ans.
On peut attribuer à coup sûr à la fleur d’aubépine, le symbolisme de la rose. On retrouve en elle la blancheur, attribut de Nolwenn ! Elle fleurit en mai, mois dédié à Marie, à la virginité. Remarquons aussi que le Christ fut couronné d’épines à l’aube de sa résurrection, aube-épine.
Chez les Romains, l’aubépine est dédiée à Maïa, mère d’Hermès. Est-ce un hasard ? Maya est en Orient l’Illusion cosmique qui voile l’Unité derrière la multiplicité ; la sainte repousse par deux fois l’illusoire d’une royauté terrestre, l’illusoire de la richesse et de l’apparence des formes.
En Bretagne, l’aubépine a la réputation de ne jamais être touchée par la foudre, attribut de sainte Barbe si vénérée en cette région puisque son père et bourreau ne fut pas noyé comme Nizan mais foudroyé.
Quel arbre mieux que l’aubépine conviendrait à cette sainte ?
 
Le bâton de la servante donne un hêtre. Arbre majestueux, imposant, arbre sacré des Celtes par excellence. Il s’agit d’Être, par l’Esprit que symbolise le H dans la hiéroglyphie5. Le hêtre « pousse avec une grande vigueur et se montre très résistant. Il dégage de la force empreinte de sérénité, d’assurance et de stabilité. Ses racines s’étalent mais ne s’enfoncent pas en profondeur, comme s’il n’avait nul besoin de s’accrocher à la terre, mais sa stabilité provient de sa propre force. Le hêtre n’est jamais envahi par le lierre, ni par le gui. Sous une hêtraie, pas de ronces, tout au plus quelques fougères clairsemées (…) Rien ne peut venir troubler cette sérénité. D’ailleurs, en Lorraine et dans les Ardennes, on croyait qu’il n’était jamais atteint par la foudre.15 » Ce sont les qualités extraordinaires d’une servante véritable, et ce devraient être celles de la raison à sa juste place, au service de l’être et non de l’avoir.
 
 
 
« Les rochers lui servent de lit.
Elle tend sa tête coupée
à la servante qui l’accompagne.
Une église est construite à cet endroit. »
 
 
On peut imaginer que l’église est construite sur la tombe de la sainte. Inévitablement, il s’est passé un certain temps pour que la dévotion populaire produise cet effet. Nizan, son bourreau, en est furieux.
 
 
« Voulant la détruire, Nizan construit une digue
pour que l’église soit emportée par les flots,
mais sa manœuvre échoue et il se noie. »
 
 
Ce tyran est emporté par son monde émotionnel ; c’est la crue de celui-ci qu’il matérialise. Aussi le lieu n’est-il pas simplement planté de noyers, mais c'est celui du noyé !
Grande illustration est-il ainsi fait du choix décisif ! L’un, victime de sa passion aveugle, traverse une mort horrible tandis que l’autre, « morte avant que de mourir », accède à la sainteté et plus encore à la libération.
 
 
La fontaine devient ensuite un lieu de pèlerinage et la ferveur populaire étant grande, il s’y produit des miracles ; de telles sources ou fontaines sont toujours guérisseuses, chargées de l’énergie de la vouivre particulière au lieu, et la sainte ayant été guidée par cette énergie pour venir jusque-là.
C’est l’ouverture du cœur de l’homme au divin, au sur-naturel, qui rend la source miraculeuse.
« Le Pouvoir de la Source, c’est le Pouvoir de ton cœur.
Le Pouvoir de ton cœur, c’est la propulsion de ton âme.
La propulsion de ton âme est adéquate à l’ouverture de ton mental à la Source.
Ainsi les pouvoirs dits miraculeux.12 »
 
Que conclure ?
 
Cette sainte prend place parmi les saints céphalophores. Nolwenn est la « Nouvelle Blancheur », fruit de tout un cheminement : affirmation de soi, errance sur les chemins de la Vouivre, vie érémitique, décapitation et cheminement par la voie du cœur.
Dépassant la noblesse selon le monde due à sa naissance, elle acquiert la véritable noblesse pour atteindre la royauté véritable. Elle fait tout un travail sur son monde émotionnel. Elle est liée à l’eau puisqu’elle termine son cheminement en marchant avec sa tête coupée jusqu’à Noyal, nom qui rime parfaitement avec « Royale » ! Les familiers de la Langue des Oiseaux verront que l’Energie du Tout se manifeste sur terre par l’androgyne. Aussi point n’avait-elle à épouser un homme quelconque, encore moins la tyrannie de la contre-nature  !
 
Notes :
1 - Voir sur ce blog : "Sur les chemins de la Vouivre dans l'Aube".
2 - Plus de soixante ont été répertoriés, mais il y en a encore d’autres…
3 - Pierre Gordon, Les Racines sacrées de Paris et de l’Ile-de-France.
4 - Se reporter sur Internet, dans l’encyclopédie Wikipedia à la page intitulée : saints sauroctones ; ou bien à notre livre La Vouivre un symbole universel, écrit en collaboration avec Kinthia Appavou (Editions EDIRU).
5 - Emmanuel-Yves Monin, Hiéroglyphe français et Langue des oiseaux, auto-édition.
6 - Dans L’Instruction du Verseur d’Eau.
7 - Eugène Canseliet, Alchimie.
8 - Traduction Alma L. Gaucher, Editions du Point d’Eau.
9 - Sir R. Temple, Legends of the Panjâb.
10 - A Mookerjee et M. Khanna, La Voie du Tantra.
11 - Nous avons repris, en caractères gras, les inscriptions des vitraux de l’église de Noyal-Pontivy.
12 - Régor, Du Cheminement Initiatique imagé par saint Roch et sa Vie exemplaire d’après les Enseignements d’Emmanuel.
13 - Françoise Leroux et Christian J. Guyonvarc’h, Les Druides.
14 - Voir F. Jordan, La Tradition des Sept Dormants.
15 - Patrice Bouchardon, L’énergie des arbres.
 
 
(Photos Mnémosyne).
 
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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 06:42

Tant de légendes ont déjà été chantées par Les Derniers Trouvères !

 

Vouivres, Bête Faramine, Mélusine,  Merlin, Licorne... et Rose de Provins.

 

Et voilà que, dans "Provins... revisitâmes", ils chantent, entre autres, le combat légendaire de

 

La Lézarde et le Dragon

 

 

Provins1.jpg

 

 

 "C'est la Lézarde de Provins, serpentant dans les terres d'en bas...

Dans les terres d'en haut un Dragon vient : il est toujours contre elle en combat...

Tout comme en nous est leur existence, tous deux sont causes de nos hauts, de nos bas...

Mais si tu reçois d'eux, intelligence, alors toujours heureux tu seras..."

 

 

Provins2.jpg

 

 http://www.lesdernierstrouveres.com/ et

 

"A Provins, dans la Seine-et-Marne, est honoré un saint peu connu.
Quiriace, martyrisé sous l'empereur Julien. Jeté dans une fosse qui contenait "des lézardes et des dragons cornus", il s'en sortit indemne et le bourreau dut le tuer en lui perçant la poitrine d'un épieu. Tout naturellement, Quiriace est devenu le saint protecteur contre les serpents venimeux : une prière suffisait pour ne pas être piqué, toucher ses reliques guérissait d'une morsure. Saint Quiriace fut aussi à l'origine d'une curieuse fête, qui renvoyait sans doute à des rites païens plus anciens, la "Fête de la lézarde"... Le jour des Rogations, fin avril, deux processions partaient de deux églises de la ville. En tête de celle de saint Quiriace, marchait un sonneur, brandissant au bout d'un bâton un dragon de bois peint. En tête de celle de Notre-Dame, un autre sonneur faisait de même avec une effigie de la lézarde. Lorsque les deux cortèges se rencontraient, les deux monstres simulaient un combat : ils étaient tous deux couronnés de guirlandes fleuries et celui qui laissait tomber le moins de fleurs à terre était déclaré vainqueur.
Cette coutume poétique n'a pas survécu à la malheureuse et déloyale initiative d'un sonneur de saint Quiriace. En 1760, celui-ci imagina, pour remporter une victoire totale sur le camp d'en face, de mettre le feu à la lézarde. Il avait dissimulé des bougies sous ses guirlandes et les lança contre son adversaire. La lézarde prit effectivement feu, mais le dragon aussi, ainsi que les robes des prêtres et des enfants de choeur présents. Tout le monde trouva heureusement le salut en se jetant dans la fontaine la plus proche. Mais, depuis, la procession a été interdite et l'on ne voit plus ni dragon ni lézarde dans les rues de Provins." (http://chezjoa.goodbb.net/t11378-la-lezarde-et-le-dragon-provins-seine-et-marne)
 
 
 "C'est l'éternel conflit et l'identique fin...
Remercions le Dragon, remercions la Lézarde !
Contons à nos enfants belle mise en garde !
C'est l'éternel conflit et l'identique fin..."
 

(Paroles : Florian Lacour : http://florianlacour.free.fr/)

 
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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 08:48
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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 10:35

Notre-Dame de Lencloître,

 

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dans la Vienne,

 

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une église romane du XIIe siècle

ayant conservé de belles peintures colorées.

 

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Dragons ailés à queue de serpent et à visages bestiaux

ou bien humains et grimaçants,

avec de longs cous...

Représentent-ils les énergies chtoniennes du chaos primitif

qui sortent d'une sorte de chrysalide pour s'humaniser et voler vers l'esprit ?

" Le Dragon, le monstre, est-il essentiellement obscur ? 

        « Il obscurcit, autant qu'il le révèle, l'ordre universel ; il l'obscurcit pour le révéler. Lieu où la nature se joue, il est l'énigme qui donne à l'homme la chance de parvenir à la connaissance en dehors des voies puériles où s'égare son illusoire besoin de disjoindre, pour le comprendre, ce qui est un » 

(Montres, Démons et Merveilles à la fin du Moyen Âge, Claire Kappler, Payot, 1980, p. 43).

       

Obscur ne veut pas dire mauvais et c'est le mental humain qui met cette connotation, qui émet ce jugement par peur de ce qu'il ne peut appréhender, l'opacité de la matière."

(La Vouivre, un symbole universel, EDIRU 2006, chap. "La maîtrise du Dragon")

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Et ce Lion à  tête humaine...

 en compagnie de l'Oiseau.

Lui enseigne-t-il la Langue ?

http://langue.des.oiseaux.free.fr/

 

La chevauchée du Lion

est une étape dans tous les cheminements initiatiques.

 

 LE RUGISSEMENT DU LION ET LA MAITRISE DU LION PAR LA FORCE, XIe CARTE DU TAROT

 

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Que dire de la Parole qui sort de la bouche de cette face de Fou  !

Elles peuvent paraître des ailes d'oiseau...

Et ce visage est tout en haut d'une frise étrange...

 

  

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Les couleurs sont surprenantes !

Il est rare de trouver actuellement

des églises romanes encore peintes avec autant d'arabesques,

de motifs et de frises.

 

 

 

 

  Photos Kinthia Appavou.

 

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 07:59

LORANT DEUTSCH

 

nous fait partager sa passion,

 

nous fait redécouvrir les origines de Paris

 

et les traces encore vivantes de son histoire  

 

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Photos du livre tome 1 et tome 2

 

 

Les deux volumes du Métronome (Métronome et Métronome illustré) se complètent et nous font voyager dans le temps et l’espace par l’intermédiaire des noms que véhiculent les stations de métro parisien, nous rappelant ainsi ce que la mémoire populaire a voulu retenir de l’histoire pour en faire une légende.

 

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Chacun sait sans doute que PARIS, du temps des Gaulois, se nommait LUTECE. Le premier plan de Lutèce nous montre une île de la Seine décrite ainsi : « le côté du Nord couvert d’un Marais et d’un bois, et celuy du Midy une partie en prez et le reste aussi en marais et en bois. Ses maisons étoient de forme ronde bâtie de bois et de terre couvertes de roseaux et de pailles et sans cheminées. Camulogène en étoit le Gouverneur ou Souverain magistrat lorsque les Romains en firent la conquête l’an du Monde 3998 et avant N.S.I.C. 56 ans. » (Métronome  illustré, description annotée sur le plan, page 12).

  

C’est César qui nommera la ville Lutecia « rapprochant ainsi le latin lutum, boue, du gaulois luto, marais. La ville issue des marais… ». (Métronome, p. 16)

Mais contrairement aux idées reçues, Lorant Deutsch nous apprend que la vraie Lutèce, celle des origines ne se trouvait nullement sur l’île de la Cité mais… à Nanterre ! C’est là que fut découverte lors de fouilles archéologiques menées en 2003 toute une agglomération gauloise prospère, située dans la boucle que forme la Seine, offrant une protection naturelle et un double accès à l’eau qui constituait l’axe principal de tous les échanges.

 

La voie fluviale est le principal moyen de locomotion, et les pirogues datant du néolithique découvertes sur le site de Bercy en témoignent (conservées au musée Carnavalet).

 

Mais au regard des légendes de la Vouivre, Paris est marqué par celle de Dionysius plus connu sous le nom de saint Denis, qui vint évangéliser Lutèce vers l’an 250. C’est à Notre-Dame-des-Champs, « dans le secret d’une carrière abandonnée » qu’il donna ses premiers prêches. Lorant Deutsh a retrouvé cet antre qu’il nomme « la première cathédrale de Paris »  situé de nos jours au 14 bis, rue Pierre-Nicole au fond d’un parking souterrain (cf. Métronome illustré p. 36).

 

On peut encore visiter les témoignages antiques d’une religion naissante : la nef de la cathédrale souterraine aboutit à l’autel où trône la statue de saint Denis. Ce dernier fut persécuté par les Romains qui lui tranchèrent la tête au Mont-des-Martyrs, aujourd’hui Montmartre. Le lieu de sa décollation est bien marqué. La légende rapporte que saint Denis prit sa tête sous le bras et marcha longtemps avant de s’effondrer.

 

 

 

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Statue de saint Denis décollé,

in Métronome illustré, p. 39

 

A l’endroit où il fut enterré, c’est le fameux roi Dagobert de la chanson enfantine bien connue qui décida de fonder un monastère (VIIème siècle). Avec Pépin le Bref, l’abbaye devint prospère, le roi demande même à ce que son corps soit inhumé « sous le porche extérieur ». Mais il faudra attendre l’avènement de saint Louis pour voir la basilique consacrée comme « Cimetière aux Rois ».

 

Une autre légende a marqué l’histoire de Paris au début du Vème siècle. Celle du monstre que saint Marcel réussit à vaincre. C’était encore le Paris des marais où coulait la Bièvre qui passait au carrefour des Gobelins. L’imagination populaire a fait d’une bête des marais un animal effrayant qu’il fallait à tout prix terrasser. Marcel, un évêque, asséna des coups de crosse sur la tête de ce « dragon ». Il fut enterré sur le lieu où il réalisa cet exploit. D’autres voulurent être enterrés près de leur saint protecteur, et ainsi se constitua « le premier cimetière chrétien de la Gaulle »…  

                                               

 

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Saint Marcel domptant la Vouivre

in Métronome illustré, p. 57

 

Saint Marcel, évêque de Paris, vainqueur du dragon de la Bièvre

 

Aujourd’hui, la Bièvre fait l’objet d’un vaste projet d’aménagement en faveur de l’environnement, et on envisage la réouverture de la Bièvre… Prenant sa source à Guyancourt (Yvelines), cet affluent de la Seine avait été pollué pendant cinq siècles suite à des usages industriels au point que l’on décida, au début du XXème siècle, de la recouvrir jusqu’à Antony. Ce projet de longue envergure verra son aboutissement en 2014 dans quatre départements dont Paris (Val-de-Marne, Essonne, Hauts-de-Seine). Voir http://www.cg94.fr/bievre

 

Enfin, la Vouivre de la Bièvre va pouvoir respirer à l’air libre… !

 

Le Métronome illustré est un vrai voyage visuel : entre les documents d’archives, les dessins, les illustrations et les photos prises dans Paris, nous pouvons à loisir nous laisser guider et avoir envie surtout de nous rendre sur les lieux mentionnés pour savourer quelques effluves d’un passé qui nous rend notre présent compréhensible.

 

                                                                                               Kinthia Appavou

 

PS : A lire également, "Les racines sacrées de Paris et les traditions de l'Île-de-France", de Pierre Gordon. 

 

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 10:21

La Commanderie templière d'Arville

 

 

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possède un musée magnifique !

 

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Il illustre la rencontre de nos chevaliers 

 

avec les valeurs  d'un Orient alors méconnu. 

 

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  Les chevaliers croisés, les chevaliers de l'Ordre du Temple

découvrirent en Orient un raffinement

que les châteaux forts étaient loin de connaître,

comme le montrent ces images !

 

Certains y rencontrèrent la mystique soufie.

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Lire : "Quelques réflexions après la rencontre des
"Paroles d’un soufi" de Kharaqâni (Seuil, 1998)",

sur http://r-r-y-mougeot.wifeo.com/pensees-dun-sage-soufi.php

 

et

 

« Alexandre en Quête de l’Eau de la Vie »

d’après Le Roman d’Alexandre de Nezâmi

sur http://r-r-y-mougeot.wifeo.com/la-quete-de-leau-de-vie.php

 

  Cliquez sur :

 

La Commanderie templière de Coulommiers, en Seine-et-Marne, et la Chevalerie...

 

 

 

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 17:55

 Le château de Châteaudun

 

 

 

 

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 et sa Sainte-Chapelle

 

construite par Jean de Dunois entre 1451 et 1493.

  

 

"Perché en haut d'une colline, Châteaudun domine la vallée du Loir. L'initiateur de sa construction, Jean de Dunois (compagnon de Jeanne d'Arc mort en 1468), un enfant naturel de Louis d'Orléans, voulait asseoir par cette construction sa légitimité.

 Aujourd'hui, le château offre une vue qui s'étend sur 30 km, et ceux qui sont sensibles au vertige feront bien d'éviter son chemin de ronde..."

 http://www.linternaute.com/sortir/monument/dossier/chateaux-de-la-loire/6.shtml


  

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 La Sainte-Chapelle

 

présente les statues des saintes et des saints

 

remarquables par leurs attributs 

 

qu'il faut savoir décrypter !

 

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 Saint Jean l'Evangéliste, avec le serpent dans le calice

en place de l'hostie, pour représenter le Serpent d'Airain

brandi par Moïse pour guérir les Hébreux

piqués par les brûlants en punition pour avoir adoré le Veau d'Or.

N'est-ce pas d'une grande actualité ?

 

SAINT JEAN ET LE SERPENT-DRAGON

 

SAINT JEAN ET LE DRAGON

 

 

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Sainte Marguerite issue du Dragon,

avec une solidité de base évidente !

 

 SAINTE MARGUERITE ET LA MAITRISE DU DRAGON

 

A propos de sainte Marguerite, patronne des sages-femmes et des accouchées, une résurgence du culte d'Artémis

 

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Saint Jean-Baptiste, l'homme sauvage

vêtu d'une peau de vache portant encore la tête !  

 

Saint Jean-Baptiste, l'Homme Sauvage au tempérament de Feu !

 

Saint Jean-Baptiste, tantôt homme sauvage, tantôt jouvenceau imberbe...

 

 

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Serait-ce Judith avec Holopherne sous ses pieds avant de le décapiter ?

Cette sainte maîtrise le tyran par l'épée de la foi.

 

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Là, sainte Barbe brandit la tour

dans laquelle elle fut enfermée avant d'être martyrisée.

 

Comment sainte Barbe et sainte Marie-Madeleine sont liées dans la légende et dans l'iconographie

 

L'image de sainte Barbe en relation avec celle de "la Maison-Dieu" du Tarot de Marseille

 

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Et voilà justement Marie-Madeleine, la prétendue pécheresse,

avec ses longs cheveux cachant sa nudité !

 

MARIE DE MADELEINE, MARIE DE MAGDALA, MARIE L'EGYPTIENNE, UNE MEME PERSONNE, DISCIPLE ET COMPAGNE DE JESUS ?

 

 

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Et cette sainte qui semble enceinte, quelle est-elle ?  

Elle tient le livre fermé,  

symbole de l'Enseignement caché, ésotérique, 

au contraire du livre ouvert de l'exotérisme.  

Serait-ce Marie qui cache pudiquement son ventre de son manteau?

Ou bien sainte Radegonde, très présente dans cette région ?

 

   

 

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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 18:41

L’ART SACRÉ A LA GALERIE SADHANART :

 

UNE EXPOSITION-VENTE ITINÉRANTE

 

QUI MET EN VALEUR LA BEAUTÉ DES ŒUVRES

 

POUR NOUS RAVIR LE CŒUR 

 

 

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Affiche de l’exposition-vente

 

 

L’exposition-vente qui a lieu à Paris 11, rue des Beaux-Arts vaut le détour.

 

Vous y verrez des statues de bouddhas provenant de l’Asie (Inde, Népal, Thaïlande, Birmanie…) et des objets utilisés lors des rituels d’offrande.

 

Parmi les belles statues présentées lors de l’exposition, une statue a particulièrement attiré notre attention : celle de Chintamani Lokesor (voir l'affiche).

C’est une déité androgyne et en tant que telle, les représentations de Chintamani peuvent être masculines ou féminines. Le mot vient du sanscrit : mani étant le joyau et chinta provenant de la racine sanscrite Cit : pensée, conscience, connaissance que l’on retrouve dans l’expression Sat – Cit – Ananda : Etre – Connaissance – Félicité.

De Cit, nous avons le verbe Cint : penser, réfléchir, méditer, considérer ; le nom Cintā : pensée, réflexion, méditation ; Cintya : qui doit être médité, qui mérite réflexion et cintāmani : « miroir des pensées », joyau qui exauce tous les vœux de son possesseur.

 

D’où la signification de Pierre Philosophale que l’on peut accorder à Chintamani.

 

La déité portant ce nom est représentée debout tenant de sa main gauche l’Arbre de Vie, sa main droite formant le mudra de l’offrande de la fleur de l’arbre et représentant l’amour et la compassion. 

 

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Chintamani Lokesor,

carte postale (Népal 1982)

 

 

D’autres divinités sont présentes, parmi lesquelles le dieu Ganesh bien connu des Indiens et aussi des Parisiens depuis que la Fête de Ganesh bat son plein à Paris.

Ganesh, dieu du foyer, est représenté par un corps d'homme à tête d'éléphant... En Inde, sa représentation est omniprésente, impossible de ne pas le  rencontrer. Sa trompe d’éléphant est l’équivalent de notre Corne d’Abondance : il procure bienfaits et prospérité à ceux et celles qui l’honorent.

 

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Prochaine fête de Ganesh le 28 août 2011 !

 

 

Outre les sculptures, ce sont les peintures qui attirent le regard : les Tangkas du Népal sont d’une beauté époustouflante. Elles émanent du peuple Newar de la région de Katmandou, qui a hérité d’une longue tradition artistique reliée au bouddhisme tantrique du Tibet et à ses enseignements, bien que les peintres ne soient pas des moines car cet art n’est pas séparé de leur religion et croyances.

A l’étage, nous changeons de continent avec la contemplation des peintures réalisées par les Aborigènes d’Australie. Les lignes de force rendues visibles par la peinture nous font voyager dans une autre dimension. La peinture pour les Aborigènes a toujours été reliée au sacré, et se manifestait lors des rituels. Les Aborigènes maintiennent par la peinture leurs traditions, expriment leur vision du monde.

Les expositions de Sadhanart sont temporaires et itinérantes. Les personnes intéressées peuvent prendre directement contact  avec Valérie et Laurent  LE GUILLOU sur leur site : www.sadhanart.com

 

Consulter aussi les liens suivants sur notre blog :

 

Les origines du labyrinthe : http://vivrevouivre.over-blog.com/article-les-origines-du-labyrinthe-53155784.html  et

http://vivrevouivre.over-blog.com/article-les-origines-du-labyrinthe-suite-53185908.html

 

Peintures des esprits créateurs par les Aborigènes d’Australie dans le parc national du Kakadu : http://vivrevouivre.over-blog.com/article-peintures-des-esprits-createurs-par-les-aborigenes-d-australie-dans-le-parc-national-du-kakadu-71162512.html

 

 

 

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Le lien http://r-r-y-mougeot.wifeo.com/ permet de trouver les articles de ce blog depuis sa création en 2006, classés par thèmes de A à Z aux pages 4 à 13 - Thèmes des articles du blog vivrevouivre :

- Alchimie - Animaux fabuleux : ;- Arts ; - Bouddhisme, Chamanisme, Chevalerie et Moyen Age ; - Christianisme : ; - Druidisme, Education, Erotisme, Géobiologie ; - Gitans, Hindouisme, Islam, Jeux,  Kabbale, Langue des Oiseaux  ; - Articles de Manichéisme à Paix ; - Pays ; - Thèmes de Préhistoire à Voeux ; Vouivre

 

 

 

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