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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 11:17

LE CHEMINEMENT INITIATIQUE

 

DU LABYRINTHE DE CHARTRES

 

suite de Les origines du Labyrinthe

 

et de

Les origines du labyrinthe (suite)

 

 

 

La tradition orale rapporte que le chemin du labyrinthe des églises « était parcouru à genoux et qu’il exigeait environ une heure, comme une lieue sur la route. »[1]

 

Le parcours du labyrinthe de Chartres révélé par les initiés gitans nous inspire, mais bien sûr, chacun doit avoir son propre ressentir et faire son parcours. Mais comme pour les Hopis, le labyrinthe est pour les gitans le « ventre de la Mère ».[2]

 

On doit « enfiler » le labyrinthe comme le dit l’expression populaire.

 

Le labyrinthe image à lui seul la manifestation dans laquelle nous sommes projetés à notre naissance. Le labyrinthe, construit sur la structure dodécalogique (du 12 et du 24) nous le révèle : 12 cercles concentriques à tracer, 11 circonvolutions.

 

 

Chartres-015.JPG

Dessin de Kinthia Appavou

 

Le parcours du labyrinthe va imprimer son rythme binaire, son mouvement de balancier correspondant au mouvement même de la vie : l’inspir et l’expir en sont les manifestations premières.

 

A l’image des intestins ou à l’image du cerveau, le parcours du labyrinthe nous met en rapport direct avec nos forces vives, nous fait ressentir l’harmonie et l’équilibre du monde dans lequel on doit se fondre.

 

Pietro Hartiss, le maître de Pierre Derlon, lui rappelle toute la connaissance inscrite sur le dallage de Chartres :

« Celui de Chartres a une autre dimension, construit par des hommes qui avaient conscience de s’éloigner de l’instinct, il rappelle à ceux qui n’ont pas perdu le souffle des connaissances, les moyens de l’emprunter, de se baigner aux sources inscrites dans la marge des temps anciens où l’homme inscrivait le sens de sa marche (…) et ce fut lorsqu’il cessa d’être nomade qu’il devint meurtrier de lui-même. »[3]

 

Etape 1 :

labyrnithe-1.JPG

 

Illustration originale du labyrinthe de Chartres
provenant de Les labyrinthes d’églises par Edmond Soyez,

Philippe Schrauben Ed, Le Casteillas – Rennes-le-Château

   

On entre dans le labyrinthe du côté du soleil couchant, parce que ce chemin nous conduit vers l’Orient, là où le soleil se lève, et on monte en se dirigeant vers le Nord, vers le froid et l’ombre puis vers la fleur centrale : voilà notre première illusion déjà, on est si près de la fleur, et pourtant on en est le plus éloigné, on ne fait que la contourner ! Combien de fois pensons-nous toucher au but alors qu'on s'en éloigne. La fleur nous semble inaccessible.

 

 

Etape 2 :                                              

labyrnithe-2.JPG

   

C’est pendant l’enfance qu’on est le plus en contact avec nos intuitions, le plus en contact avec les énergies telluriques que l’enfant peut percevoir sans notion encore. Et cette enfance est à vivre pleinement, et bien des enfants actuellement sont complètement « déboussolés » parce qu’on leur demande d’être adultes avant l’âge.

Il y a un temps à respecter pour chaque étape de la vie, et c’est dans ce respect du rythme qu’impose la vie qu’on peut bien grandir. Combien de traumatismes sont dus à une enfance mal vécue ! Alors le chemin du labyrinthe doit intégrer cette part d’initiation intérieure qui forme l’être dès son plus jeune âge, et qui va permettre à l’enfant de « quitter la chaleur du verdon pour aller au souffle de la nature ».[4]

 

 

Etape 3 :                                             

labyrnithe-3.JPG

 

Alors, en passant de l’autre côté du labyrinthe, du côté droit, le parcours va s’effectuer en « miroir » : est-ce que l’enfant va réussir à trouver son équilibre au sortir de l’adolescence ? C'est l’âge où on se cherche, et c’est un équilibre très fragile que l’on atteint, car les circonvolutions du labyrinthe peuvent devenir des méandres inextricables dans lesquelles on peut se piéger soi-même, et ne plus retrouver son chemin.

L’adolescence, c’est l’âge de toutes les illusions : on a la vie devant soi, on se sent fort parce qu’on va être libre, on va bientôt pouvoir quitter le cocon familial, mais est-on vraiment prêt à prendre sa vie en mains et assumer ses responsabilités ? C’est l’âge où la sexualité veut s’affirmer : être homme, être femme, on va s’apercevoir que ce n’est pas si facile que ça. Il faut s’accepter, accepter son corps. Quelle image a-t-on de soi-même ? Et pourtant, la vie continue, et le parcours doit se poursuivre.

 

 

Etape 4 :

  

labyrnithe-4.JPG

A l’âge adulte, on est propulsé au cœur de l’existence, avec nos forces et nos faiblesses. Malgré tout, si l’on s’accroche, et quels que soient les obstacles que nous rencontrons, quelles que soient les difficultés auxquelles nous devons faire face, c’est là où nous sommes testés au niveau de notre Foi.

On perd déjà toutes nos illusions, on est confronté aux réalités matérielles : parce qu’on doit acquérir son autonomie. C’est la condition pour aller plus loin dans le parcours du labyrinthe.

A cette étape du parcours, les gitans disent qu’on peut quitter le labyrinthe et retourner dans le monde simplement en mettant le pied au dehors : « il te suffit comme à la marelle de poser le pied sur les pierres bleues (…) pour te retrouver hors la « lieue », c’est-à-dire hors l’endroit, redevenant ainsi homme parmi les hommes, car il est différents chemins pour sortir du labyrinthe, en aucune façon il faut faire marche arrière, seuls les prêtres catholiques ignorants des routes instinctives, obligeaient le pèlerin à faire marche arrière. »

[5]

 

 

Etape 5 :                                              

labyrnithe-5.JPG

 

Avec le Juste Vouloir, on accomplit la suite du parcours. Car c’est maintenant le Chemin de la Sagesse qui s’ouvre. Et ce chemin, selon les gitans, demande la Force intérieure, car on doit se confronter au « mal » et à ce qui l’engendre. Toutes les constructions mentales nous ont éloigné de la Vérité, de la Voie, de la Vie, et on réalise alors que seul compte le « Cœur ».

Le centre de la fleur est également appelé « Ciel ». Alors je chemine de la Terre au Ciel.

« Celui-ci, de Chartres, s’appelle la « lieue » ; ce mot n’est pas lié à une mensuration sur le sol, mais à une situation réalisée dans une certaine dimension. Cette situation c’est le cœur, le centre qui concrétise l’effort où l’homme qui se dépouille de sa structure charnelle s’en va voyager au seuil des connaissances naturelles. »[6]

 

Il nous reste ce dernier méandre, celui qui borde la demi-circonférence, et à ce moment-là, on est le plus éloigné du centre. Encore une illusion, car il va nous mener au « chemin de la Rose ».

Ce méandre « symbolise la tige épineuse de la “rosa-simplex” »[7]. Cette rose, c’est l’églantine. On est prêt à monter vers l’ouverture de la fleur centrale, c’est la rosée du matin, une nouvelle aube se lève, mais celle-ci est différente des autres, car c’est pour recevoir la « rosée céleste ».

On est, à ce stade, bien dépouillé de tous nos oripeaux, on a laissé derrière tout ce qui est factice, on sait où est l’essentiel, on sait aussi pourquoi on chemine sur cette terre. Et on a décidé d’aller jusqu’au bout, comme un amant va vers sa bien-aimée.  

 

Etape 6 :                                              

labyrnithe-6.JPG

Au pied de la rose, on doit faire l’ascension, on s’élève. On se retrouve au point de départ mais du côté droit, à l’exact opposé du chemin d’entrée du labyrinthe. On est passé de l’autre côté du miroir : la fleur se présente avec sa tige, sa feuille, son cœur et ses pétales. Elle s’offre à nous,  elle nous accueille, elle dit « viens, je t’attendais depuis longtemps ».  Alors, avec confiance on monte, attiré inexorablement par la fleur qui éclaire désormais le chemin.

 

 

Etape 7 :                                              

labyrnithe-7.JPG

Nous voici devant le cœur de la fleur : elle est là, au cœur de nos ténèbres, cette lumière que nous avons toujours cherchée.

 


Etape 8 :                                            
 

labyrnithe-8.JPG

On pénètre dans le point central, au coeur de la Rose.

Pour les gitans, ce centre « c’est le plexus solaire, le maître de tous les plexus, celui qui régit l’instinct à travers les sept plexus de l’homme et ces six petits cercles qui gravitent autour de ce centre parcouru, ce sont les intelligences nuisibles, qui petit à petit, en s’affrontant, vont détruire ce tout qui est l’homme tel qu’il était avant de parcourir le labyrinthe ».[8]

Nous avons failli oublier la légende de Thésée et son combat avec le Minotaure. Maintenant nous y sommes, et c’est notre dernier combat : l’animal humain doit devenir Homme, et pour cela, on doit sacrifier son « animalité » : alors c’est une mort, parce que l’Homme ne peut prendre son vrai visage que lorsqu’il s’est reconnu « âme » participant à la vie universelle, à l’harmonie du monde.

« (…) si ta marche efface les plexus de guerre, celui du soleil brillera au centre de la roue, et tu deviendras homme authentique, et seule comptera pour toi la loi naturelle (…). »[9]

 

 

Etape 9 :                                             

labyrnithe-9.JPG

 

L’âme rayonne du Point Central de l’homme régénéré : il a su concilier tous les opposés, réunifier sa nature duelle, et dans ce point unitaire, il agit.

 

On pourrait s’arrêter là dans le symbolisme : il y a tout, c’est le symbole du Soleil, le point central est lumineux, il brille, mais… il y a encore un au-delà de ce point, car c’est à ce moment-là que l’on peut passer de l’autre côté du labyrinthe (et non plus de l’autre côté du miroir).

On est encore attaché à soi, l’âme individuelle rayonne, elle fait ce qu’elle a à faire, mais ce n’est pas suffisant. Il faut sauter dans le trou, et se laisser « absorber » par le labyrinthe tout entier.  

 

 Etape 10 :                                          

labyrnithe-10.JPG

     

Le véritable Soleil se découvre enfin, l’Ame Universelle de qui nous possédons le souffle de Vie qui nous anime.

On doit tout lâcher, accepter de ne plus « exister », c’est-à-dire être au dehors de cette ultime réalité, parce que cette fois c’est la Conscience Universelle qui agit à travers nous. On est totalement pris en relais, et la matière toute entière révèle sa lumière, parce que l’Esprit et la Matière ne sont qu’une seule et même chose.

Notre propre lumière est « anéantie » par une lumière plus grande qui nous submerge totalement, et ce que nous avions pris déjà pour une « illumination », « notre illumination » était également une autre illusion pour voir qu’il y a quelque chose de plus grand que nous.

C’est l’Intemporel, c’est l’au-delà du temps, la Libération.

 

On cesse d’exister, parce que la Vie EST. La présence est éternité.

 

L’étape suivante ne saurait  être décrite parce que la TRANSCENDANCE ne peut être mise en image ni formulée.

 

 

 

Kinthia APPAVOU

 

[1] Revue Notre-Dame de Chartres n° 58, L’énigme du labyrinthe, p. 9.

[2] DERLON, Pierre, Secrets oubliés des derniers initiés gitans, Robert Laffont, coll. Les énigmes de l’Univers, 1977,  p. 119.

[3] Ibidem, p. 111.

[4] Ibidem, p. 120. Pour la signification du mot verdon, peut-être est-ce dérivé de verdine qui est la « roulotte traditionnelle des Tsiganes » selon le dictionnaire Le Robert (encyclopédie, vol. 9) d’où l’interprétation possible de « nid douillet ».

[5] Ibidem,  p. 122.

[6] Ibidem,  p. 114.

[7] Ibidem,  p. 124.

[8] Ibidem, p. 127.

[9] Idem, p. 128.

 

 

Kinthia Appavou et Régor R. Mougeot, La Vouivre, un symbole universel, 3e édition EDIRU, 2006 (1ère et 2e éditions , La Table d’Emeraude, 1993, 1995)

 

CLIPS SUR LA VOUIVRE

 

"LA VOUIVRE, UN SYMBOLE UNIVERSEL" de K. APPAVOU ET R. R. MOUGEOT

 

http://sens-des-entrelacs.wifeo.com/

 

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Kinthia Appavou - dans Paganisme
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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 08:58

LE LABYRINTHE ET SON ORIGINE (2)

 

Suite de Les origines du Labyrinthe

 

Le « labyrinthe » est une des figures qui nous interroge encore actuellement, tant il nous met face à l’énigme de notre existence. Le plus connu en France est bien sûr celui qui est inscrit sur le dallage de la cathédrale de CHARTRES.

 

Bien des labyrinthes qui figuraient sur le dallage de nos plus belles cathédrales furent détruits parce que la signification en a été perdue mais surtout parce que le clergé a voulu, à la fin du Moyen Age, éradiquer les coutumes païennes.

Ainsi en est-il des labyrinthes d’Auxerre (détruit en 1690), de Sens (détruit en 1768), d’Arras (détruit en 1795). Celui de Reims, de forme octogonale, comportait aux quatre angles des personnages représentant les maîtres maçons ainsi que leurs noms. Construit en 1240, il fut détruit en 1779 par ordre d’un certain Canon Jacquemart, en raison de la perturbation causée par les enfants et les personnes qui empruntaient le labyrinthe pendant l’office religieux.

Celui d’Amiens, de forme octogonale également, construit en 1288 possédait aussi sur la plaque de marbre placée au centre (préservée au musée d’Amiens) quatre silhouettes entourées d’anges représentant l’évêque d’Evrard et les trois architectes ayant participé à la construction de l’œuvre.

Quant à celui de Chartres (daté du début du XIIIème siècle) conservé avec son dallage de l’époque, il témoigne d’une connaissance ancestrale héritée du paganisme.

Au centre de la fleur du labyrinthe de Chartres, se trouvait à l’origine une plaque de cuivre dont on voit encore les tenons qui servaient à la fixer : certains supposent que sur cette plaque devaient également figurer les noms des maîtres maçons qui édifièrent la cathédrale, d’autres ont supposé qu’il s’agirait plutôt de la représentation de Thésée combattant le Minotaure.[1]  Toujours est-il que le labyrinthe de Lucques (Italie) qu’on pouvait parcourir du doigt à cause de sa petite taille (62 cm de diamètre, gravé à l’extérieur de la cathédrale, sous le porche), constitué également de 11 circonvolutions et identique dans son parcours, comporte cette inscription sur le côté : « C’est le labyrinthe de Crète qu’édifia Dédale duquel personne qui s’y trouva ne put s’échapper si ce n’est Thésée avec l’aide d’Ariane ».[2]

 

Car il était de tradition que cette représentation figurât au centre du labyrinthe en référence à la légende bien connue de Thésée, qui parvient, grâce au fil d’Ariane, à combattre le Minotaure et à ressortir vainqueur. Depuis la découverte archéologique du palais royal de Cnossos par Sir Arthur Evans, le mythique roi Minos ne fait plus figure de légende. Les objets trouvés témoignent d’une culture raffinée avec une maîtrise de l’écriture utilisant trois systèmes graphiques non encore déchiffrés à ce jour[3]. On fait remonter la civilisation minoenne à 3000 ans avant J.-C. . De plus, il y a des traces évidentes d’un culte du taureau : des scènes peintes sur les murs du palais, ou gravées sur des bijoux, sur des sceaux. Sir Evans en conclut que le palais lui-même, composé de plusieurs étages et comportant bon nombre de corridors, magasins, appartements, ateliers et sanctuaires, pouvait sans aucun doute être assimilé à un labyrinthe. De fait, ce palais est un vrai dédale, contrairement aux labyrinthes des églises qui ne possèdent qu’une voie unique.

 

La légende de Thésée serait née de la pratique d’un dangereux « sport » qui consistait à chevaucher le taureau à mains nues et pour lequel devaient être entraînés les jeunes captifs, Minotaure signifiant le « taureau de Minos ».

Loin d’être un sport, nous pensons plutôt que cette pratique faisait partie d’une initiation dans le cadre du culte de Mithra.[4]

  Cette brillante civilisation vit pourtant sa fin puisque au cours du XVème siècle avant J.-C., les Mycéniens, ancêtres des Grecs, « prennent les commandes de l’Ile. Le mythe antique du héros athénien Thésée mettant à mort le monstrueux Minotaure dans le labyrinthe du roi de Cnossos Minos symbolise peut-être la passation de pouvoir entre ces deux grands peuples de l’âge du bronze. »[5]

  Le mythe de Thésée a perduré cependant, car le sens initiatique de ce mythe dépasse le cadre temporel. Et les représentations du labyrinthe crétois, loin de figurer un dédale inextricable, sont d’une grande simplicité : c’est le Fil d’Ariane qui se déroule pour mener au centre du labyrinthe.

  Pompei.jpg

 

Le combat de Thésée et du Minotaure - Maître des Cassoni Campana – peinture italienne du XVème-début du XVIème siècle. 323 × 250 in www.horizon-provence.com/avignon-musees/musee-petit-palais-avignon/oeuvres-musee-petitpalais.htm

 

Bien des labyrinthes ont illustré ce thème depuis l’Antiquité : sur des pièces de monnaie retrouvées en Crète, datant  de 500 à 430 avant J.-C., le labyrinthe de forme « pétaloïde » est composé de sept circonvolutions. C’est cette configuration que l’on retrouve dans bon nombre de labyrinthes dessinés dans le monde. Au dos de la pièce de monnaie figure une divinité du panthéon grec.

 

monnaie crétoise

Pièce de monnaie crétoise en argent appartenant à la collection du British Museum :

Le dieu Apollon et le labyrinthe.
Datée entre le Ier et IIème siècle av. J.-C.

Reproduit dans « Mazes & Labyrinthes » de W.H. Matthews.

 

Un labyrinthe encore plus ancien datant du IIIème, voire du IVème siècle de notre ère fut trouvé à Paphos (île de Chypre), cercle d’un diamètre de 6 m comportant 8 enroulements torsadés. Au centre, le combat de Thésée et du Minotaure sous l’œil d’Ariane.

  Ile-de-Paphos-copie-1.jpg

Paphos (île de Chypre)[6]

Au centre, Thésée combattant le Minotaure sous l’œil d’Ariane  Labyrinthe-de-Paphos--Ile-de-Chypre-.jpg

            Entrée du labyrinthe (suivre le fil en noir)

 

Dessin de la structure du labyrinthe de Paphos

Kinthia Appavou

 

 

Le Fil d’Ariane devient le « chemin ». A Pompéi, on a trouvé un graffiti sur un pilier du péristyle de la Maison de Lucrèce, un labyrinthe de forme carrée avec la mention : « Labyrinthus Hic Habitat Minotaurus ».  

Pompei1.jpg


                                   Dessin du graffiti trouvé à Pompéi (musée Borbonico).[7]

   

Bien des labyrinthes montrent sous forme imagée ce Fil d’Ariane qui se déroule avant qu’il devienne le « Chemin » puis la « lieue de Jérusalem ». Sait-on qu’il existe des labyrinthes de tourbe à ciel ouvert, à trois dimensions, creusés dans la terre ? Celui d’Alkborough (Grande-Bretagne) identique au niveau de la structure et du parcours à celui de Chartres nous interroge.

Depuis, on a découvert de nombreux labyrinthes de tourbe, creusés dans le sol, ou gravés sur des rochers, ou formés par des alignements de pierres au sol, notamment en Grande-Bretagne et surtout dans les pays nordiques, où ils sont connus sous le nom de Troy-towns (villes de Troie) ou Walls of Troy (les murs de Troie). Chez les Gallois, ils sont désignés du nom de « Caerdroia », et dans l’Europe du Nord, nous les trouvons surnommés Trojin ou Trojenborg, Trojeburg ou Tröborg .[8]

Les labyrinthes de tourbe sont antérieurs aux labyrinthes que l’on trouve dans les cathédrales, et il est plus que probable qu’ils aient eu un caractère rituel.

Durant leur voyage en mer vers Athènes, Thésée et Ariane firent halte dans les îles avoisinantes et célébraient, selon la légende, leur victoire en dansant et en chantant. C’est ainsi qu’à Délos subsiste une tradition évoquant la « Danse de la Grue » qui imitait les mouvements de balancier du chemin labyrinthique, danse qui était encore pratiquée sur cette île au siècle dernier. Les labyrinthes nordiques étaient aussi parcourus en dansant.

L’association avec la ville de Troie plutôt que Cnossos serait due à une confusion, car Troie est également célèbre pour les événements qui eurent lieu et qui furent relatés par voie orale pendant des générations avant qu’ils soient mis par écrit, tandis que Cnossos était tombé dans l’oubli pendant des siècles.

 

D’autres connections sont suggérées, non moins intéressantes avec la mythologie slave où un monstre à trois têtes se nomme Trojano, et dans les légendes perses, il est connu sous le nom de Druja ou Draogha. Chez les Zoroastriens, Druj(a) est le démon de l’Illusion, que l’on retrouve dans le Rig-Veda sous le nom de Maho Druho (la traduction littérale du sanscrit pouvant être « le Grand Ennemi »).

Sur les côtes finlandaises, nous trouvons le nom associé à un géant tel que Jatulintarha (« la haie du Géant »)  ou près de Vibord, ils sont connus sous le nom de Jätingkatu (« Le chemin du Géant » ou même « le Château du Géant » (Trelleborg).

Tout cela nous fait bien évidemment penser à notre Dragon-Vouivre dont bon nombre de légendes subsistent dans le folklore français, ainsi que les légendes relatives à Gargantua, notre géant national, tous deux ayant été diabolisés.

Déjà pour les Celtes, les tumulus étaient des lieux de prédilection pour entrer en contact avec l’Autre Monde (le Monde Invisible).  Si l’image du labyrinthe a tant marqué les esprits, et continue de le faire, c’est parce qu’il recèle toujours un message à travers ce qui est devenu un symbole.

 

De tous ces éléments, il  ressort que le labyrinthe est une porte d’accès à une autre dimension.  L’entrée du labyrinthe est assimilée à « la gueule du dragon », car si l’on regarde bien la structure de ces labyrinthes, nous avons l’image des entrailles, des intestins, d’un ventre dans lequel nous pénétrons. C’est le monde de sous-terre, l’antre de la Vouivre, des énergies telluriques.

Le dragon est l’avaleur, le « Digesteur » et Pierre Gordon nous rappelle que dans toute initiation, le Grand Chasseur ou l’Ogre mettait le néophyte à l’épreuve. « Le nom du Grand Chasseur est peu à peu devenu, chez beaucoup de peuples, synonyme de la Mort. »[9]

Il n’est pas étonnant que l’image du labyrinthe soit associée aux tombes, et donc au passage que représente la mort, car souvent on les trouve sur des lieux funéraires.

Mais il s’agit d’une mort initiatique, dont le sens échappe, le plus souvent, à tout un chacun.

 

Il s’agit bien d’un passage à effectuer pour changer de dimension, mais l’Au-delà dont il est question n’est pas le monde astral qu’on pourrait se plaire à imaginer, ni le monde des morts, c’est-à-dire des ancêtres.

Car la véritable initiation consiste à faire le saut dans l’Inconnaissable, à passer de l’autre côté du labyrinthe, à sortir de la roue du temps dans laquelle nous sommes emprisonnés.

 

C’est pour cela que nous adoptons l’hypothèse suggérée par Monsieur de Saint-Hilaire en ce qui concerne la signification même du mot « labyrinthe » (autour duquel diverses hypothèses ont été émises, mais non probantes) : venant du grec LABURINTHOS, il peut signifier également « nasse de pêcheur ».  « Le radical LAB veut dire « prendre », URRIS est un panier d’osier. Et je me plus à imaginer Thésée, au labyrinthe de Crète, comme un poisson pris au piège de la nasse. ».[10]

 

Dès notre naissance, nous sommes projetés dans la manifestation d’où pourtant, il faut tirer « notre épingle du Jeu ». C’est ainsi qu’un commentaire d’une devise qui ornait un blason où figurait un labyrinthe nous éclaire (datant du début du XVIIème siècle et traduite du vieux français) :

« Par ce labyrinthe (…) se pourrait entendre que pour rencontrer la voie, & chemin de vie éternelle, la grâce de Dieu nous adresse : nous mettant entre les mains le filet de ses saints commandements. A ce que le tenant & suivant toujours nous venions à nous tirer hors des dangereux fourvoiements des détroits mondains. »[11]

 

Mais l’idée que la Mort, ce Grand Chasseur peut être une délivrance est exprimée dans Le Roman de la Rose, celle qui nous rappelle bien sûr la rose du labyrinthe de Chartres :

« C’est le poisson étourdi qui passe par la gorge de la nasse et qui, quand il veut retourner, est contraint malgré lui d’y demeurer, car tout retour est impossible ; les autres qui sont dehors, quand ils l’aperçoivent, accourent auprès de lui ; ils pensent qu’il prend ses ébats en grande joie, quand ils le voient aller et venir dans la nasse, d’autant plus qu’ils y remarquent des provisions de victuailles telles que chacun d’eux les souhaite ; ils y entreraient volontiers ; ils tournent autour, et tant y heurtent et tant y guettent qu’ils trouvent à la fin le trou et s’y jettent ; mais quand ils sont dedans, ils voudraient bien revenir, et ce n’est pas possible : ils sont mieux pris qu’à la truble ; il leur faut vivre là, en grand deuil, tant que la mort les en délivre. »[12]

 

Le labyrinthe est le filet du Roi, le Très-Haut : il nous faut trouver le Centre du Labyrinthe afin de « sortir » du labyrinthe, c’est-à-dire nous délivrer de la « Roue du Karma », roue dans laquelle est justement inscrit le labyrinthe de Chartres.

Kinthia APPAVOU

 

 


[1] CHALLINE, Charles, Recherches sur Chartres, p. 143 in revue n° 58 Notre-Dame de Chartres, mars 1984, L’énigme du labyrinthe.

[2] DE SAINT HILAIRE, Paul, L'univers secret du labyrinthe, Robert Laffont, 1992, p. 189.

[3] Revue Science et Avenir,  Mycéniens, Les héros retrouvés de l’Iliade, n° 163, juillet/août 2010.

[5] Ibidem., p. 33.

[6] DE SAINT HILAIRE, Paul, op. cit.,  p. 170 et 172.

[7] MATTHEWS, W.H.,  Mazes & Labyrinths & Development,  Dover Publications  Inc., New York.

[8] MATTHEWS, W.H., op. cit., p. 162.

[9] GORDON, Pierre, Les Racines sacrées de Paris, Arma Artis, 1992, p. 248.

[10] DE SAINT HILAIRE, Paul, op. cit.  p. 32.

[11] Paradin, Claude, Devises Héroïques et Emblèmes cité in Mazes & Laybrinths, op. cit.,  p. 96.

[12] DE LORRIS, Guillaume et DE MEUN, Jean, Le Roman de la Rose, Gallimard, Folio, 1984, p. 239.

 

Liens à consulter :

 

http://sens-des-entrelacs.wifeo.com/de-la-spirale-au-labyrinthe.php

     

http://racines.traditions.free.fr/labyrint/labytroy.pdf

  

http://racines.traditions.free.fr/labyrinth/labyrint.pdf

   

http://sacred-texts.com/etc/ml/ml14.htm

 

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Kinthia Appavou - dans Paganisme
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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 06:52

Sur le lac Titicaca, dans les Andes,

 

 

 

les Aymaras tout particulièrement,

 

mais aussi tous les peuples

 

qui vivent sur les rives de ce lac

 

qui s'étend de la Bolivie au Pérou,

 

connaissent l'algue verte filamenteuse 

 

qu'ils appellent "llacha",

 

une spirogyra qui est encore un aliment apprécié.

 


Sur le lac Titicaca.

 

Alors que la spiruline ne peut pousser dans les eaux du Titi-Kaka, trop douces et trop froides, une autre algue voisine joue là-bas le même rôle pour la population.

 

 Spirogyra_sp001.jpg

 

"Pour ton information quand j'étais chez les Aymaras

sur l'ïle de la Lune, j'ai pu voir qu'ils mangeaient

encore une algue filamenteuse non pas bleue  mais verte,

qui ressemble à des cheveux d'ange.

Ils l'appellent localement" llacha"

et pour les scientifiques "spirogyra".

Elle est, au microscope, magnifique ; c'est une double spirale...

Il s'avère que, il y a quelques années ,

alors que j'ai envoyé cette algue à identifier 

à un ami chercheur (Ripley Fox)

il a trouvé dedans une espèce de spiruline du lac Titicaca,

ce qui est scientifiquement impossible

puisque la spiruline ne peut pousser

dans des eaux si douces et froides. "

                                                                 Gilles Planchon

 

Spirogira.jpg

 

LES AYMARAS D'AMERIQUE DU SUD ET LEUR CONCEPTION DU TEMPS

 

 

  COPACABANA, PEROU, LE LAC TITICACA ET LES ÎLES DU SOLEIL ET DE LA LUNE

 

 

 

Les enfants souffrant de malnutrition grave peuvent être sauvés grâce à la spiruline : témoignage du Burkina-Faso  

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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 17:25

LE LABYRINTHE ET SON ORIGINE (1)

 

 

 

Rien n’est comparable au magnifique cairn de l’île de Gavrinis (Morbihan, Bretagne) dont les dalles constituant les parois d’un long couloir sont ornées de cercles concentriques.

 

Le site de Gavrinis dont la construction a été datée vers 4000 ans av. J.-C. (néolithique) [1] n’a pas son équivalent.

 

  Gavrinis.jpg

 

Gavrinis : le pilier n° 9
Source de l'image :  "Gavrinis" - Guides archéologiques de la France -

Ministère de la Culture / Imprimerie Nationale

in www.quatuor.org/art_b22_0102_01.html

 

D’autres tumulus non moins exceptionnels ont été découverts en Irlande (vers 3000 av. J.-C.)  et nous révèlent de belles spirales :  

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Roughting Linn, Northumberland, Wooler, England
British Rock Art Collection

in http://rockartuk.fotopic.net/c278163.html  

 

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Old Bewick, Northumberland, Wooler, England
British Rock Art Collection

in http://rockartuk.fotopic.net/c276541.html

 

  ng-k1-700-1-.jpg

 

Newgrange (Meath, Irlande) (env. 3000 av. J.-C.)

Pierre gravée qui se trouve à l’entrée de la chambre,

sur laquelle on découvre la triple spirale qui sera connue sous le nom de « triskèle ».

Photo in http://www.knowth.com/labyrinths.htm

   

Si pour beaucoup ces figures interrogent, nous avons été frappés par la similitude de représentations issues d’un peuple encore existant, et qui, depuis des millénaires, a conservé la connaissance de leurs significations.

Il s’agit du peuple aborigène vivant en Australie dont une magnifique exposition qui a eu lieu au Parc de la Villette (Paris, 1997) nous avait donné à voir et à entendre les rituels pratiqués dans leurs tribus.[2]

 

Pour les Aborigènes du nord-ouest australien (Kimberley), ces représentations signifient que « cette terre est comme un canevas. Tu vois comment sont placés tous ces traits : il n’y a aucun espace vierge, tout le terrain est couvert. C’est comme cela que la loi du wunan fonctionne pour tous : (…). Personne n’est à l’écart de la chaîne, on est toujours à l’intérieur du wunan, tous… même les animaux, le chien… ils sont tous à l’intérieur, à l’intérieur de ce wunan. Personne ne vit en dehors du réseau du partage, les enfants, les femmes et les maris, tout le monde est inclus, ainsi que toute chose et les oiseaux, chaque animal, toute créature vivante. Ils font tous partie de la loi du wunan. »[3]

 

  Photo-019.jpg

 

Le réseau de la loi du wunan

Dessin d’après photo publiée

in Le Chemin secret des Ngarinyin du nord-ouest autralien[4]  

 

Le wunan est le réseau des énergies telluriques qui est la « Loi du Wunan » et l’homme doit se conformer à la Loi du Wunan pour vivre en harmonie avec sa terre.

 

Une table de pierre et des pierres dressées témoignent de la Loi du partage des terres qu’établirent leurs ancêtres : toutes les tribus étaient rassemblées pour décider de la « loi du wunan ». La responsabilité de l’homme est engagée vis-à-vis de la terre qu’il occupe. Cette loi du partage de la terre, c’est la loi qui rend l’homme responsable de sa terre.

 

La Loi du wunan guide et protège à la fois l’homme qui vit de sa terre: les fils d’énergie sont mouvants, le réseau est mouvant comme la vie, et suivre la Loi, vivre en conformité avec cette Loi, c’est ce qu’un homme a de mieux à faire.

Cela veut dire que chacun a sa place dans le monde, et que le réseau, qui inclut tous les règnes, est interconnecté.

 

 Pour ces Aborigènes, les cercles concentriques servent à désigner « un camp, une pierre, un puits, une caverne, des seins, le feu, un trou, ou un fruit ».[5]  

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  Ainsi, on peut relier deux trous d’eau par cette représentation :

   

Abor2

Ou encore le camp peut être représenté ainsi:

 

 

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Les cercles concentriques peuvent aussi évoquer une aire de repos durant un voyage :

 

                                                                                                                                                                                                                                                               Abor4.jpg                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             

Ces éléments témoignent d’un Temps où l’homme vivait en accord avec les énergies telluriques, et avait encore la faculté de les percevoir, de les sentir. Nul doute que ces représentations pourraient constituer les premières figures qui donnèrent lieu à l’idée du labyrinthe, et plus tard au Jeu de l’Oie et à la Marelle, car nul n’échappe à la Mère Loi.  

 

  Jeu de l'Oie

 

Le Jeu de la Mère l’Oie

Le labyrinthe se trouve à la 42ème case

   

L’un des sites les plus intéressants concernant le labyrinthe et encore considéré de nos jours comme un haut-lieu de pèlerinage est en Angleterre : il s’agit de Glastonbury et de sa colline sacrée, le Tor.

 

Le mystère entourant le Tor est lié à la légende de l’île d’Avalon qui donna naissance au mythe arthurien. Ce lieu a inspiré la célèbre romancière, Marion Zimmer Bradley, qui fait du Tor le lieu de refuge des Atlantes exilés [6]. Ces Atlantes auraient possédé la Connaissance relative aux Lieux de « Pouvoir »[7] où l’énergie de la Terre-Mère pouvait être canalisée à bon escient.

Curieusement, Henri Vincenot avait la même inspiration, lui qui, par la voix du « Prophète » nous donnait à penser il y a une trentaine d’années, que nous avions recueilli « l’héritage des Grands Hommes Venus de la Mer ». [8]

Les terrasses qui bordent la colline sacrée du Tor, tracent, semble-t-il, une sorte de figure labyrinthique.

Selon Philip Rahtz qui exhuma le site en 1964-1966, cette œuvre pourrait remonter jusqu’à -3000 ans av. J.-C., bien avant les Celtes, à la période néolithique où on vénérait la Déesse-Mère.[9] 

 La reconstitution du labyrinthe du Tor que propose Geoffrey Ashe est identique à celle du « labyrinthe crétois »» avec ses sept circonvolutions, mais plus allongé à cause du relief.

 

le-Tor.jpg  Labyrinthe du Tor (Somerset, Angleterre) [10]

   

Cependant, les travaux réalisés par Hamish Miller et Paul Broadhurst, auteurs de The Sun and the Serpent qui ont sillonné le sud de l’Angleterre, de la pointe de la Cornouaille jusqu’au sud-est de l’Angleterre, ont mis en évidence deux courants d’énergie, l’un à polarité masculine qui a donné lieu à l’édification de lieux de culte dédiés à « saint Michel », l’autre à polarité féminine dont les lieux sont marqués par l’énergie de « Marie ». Au point de croisement de ces deux énergies se trouvent des hauts lieux de pèlerinage.

Au Tor, ils ont « traqué » la vouivre du lieu, et nous ont révélé une autre configuration, non moins surprenante :  

Tor2

 

 

Le labyrinthe créé par les courants d’énergie masculine (saint Michel)
et féminine (Marie) sur le Tor

in MILLER, Hamish, et BROADHURST, Paul,

The Sun and the Serpent, Pendragon Press, 1989, p. 91.

 

 

Le point de croisement des deux courants d’énergie telluriques ne se trouve pas au centre du labyrinthe, mais excentré du côté nord-est.

Mais le plus stupéfiant pour eux a été de trouver la confirmation in situ des légendes concernant le Graal : le courant tellurique féminin est un réceptacle, un calice qui reçoit le courant masculin qui pénètre à l’intérieur. Ils constatent que les noms des lieux ont préservé cette connaissance (le nom de la colline avoisinante est Chalice Hill) et qu’il y a une qualité particulière d’énergie en ce lieu.

    

Nous avons déjà parlé de l’importance des énergies cosmiques (l’image de saint Michel domptant le dragon-vouivre) qui rejoignent les énergies telluriques (énergie vitale de la Terre) à des points d’intersection favorisant et élevant la conscience de l’homme.

Les auteurs sont émerveillés et bouleversés : « Nous avons été confrontés par la conclusion inévitable que ce à quoi nous avions réellement affaire n’était rien moins que les énergies sexuelles de la Terre. Un tel concept était susceptible de susciter l’hostilité de la part de ceux qui, peut-être, ne perçoivent pas que ces énergies sont la base de la vie elle-même, des forces sacrées qui sont la force d’impulsion sous-jacente à toute existence. »[11]

Quant au labyrinthe, ils suggèrent la possibilité qu’il ait pu y avoir deux sortes de labyrinthes : celui praticable pour les pèlerins, et celui, invisible mais réel créé par les courants telluriques.

Mais ce qui semble évident,  c’est que l’énergie tellurique circule en défiant les notions d’ordre ou de symétrie propres à l’être humain.

 

Un autre site mérite attention : celui d’Avebury (Wiltshire, Angleterre), un très ancien site mégalithique datant également du néolithique. William Stukeley,  un antiquaire du XVIIIème siècle a minutieusement reconstitué ce que ce sanctuaire du Serpent a dû être à son origine :

 

Le-temple-du-Serpent-de-William-Stukeley.jpg Le « Temple du Serpent » d’après William Stukeley

in Miller H. et Broadhurst P., The Sun and the Serpent , p. 105

 

 

De nouveau, nos auteurs sont médusés de s’apercevoir que l’intuition de Stukeley était on ne peut plus juste et que les lignes telluriques de « Michel » et « Marie » se croisent à l’intérieur du grand cercle et fusionnent à l’intérieur des deux cercles de pierres plus petits nommés « temple du soleil » et « temple de la lune ».  De plus, les avenues où circulent les énergies telluriques sont bordées par des rangées de pierres dressées, « manifestation graphique de la manière dont ces énergies opèrent. C’était organique (…) Elles pouvaient être larges et douces et devenir subitement étroites et sinueuses. Comme une rivière, elles formaient des courbes et des remous, et tout cela était inscrit avec précision dans l’arrangement des pierres. »[12]

 

  AVEBURY.jpg

    

Les courants masculin et féminin à l'intérieur du sanctuaire d'Avebury.

In The Sun and the Serpent, op. cit. p. 113.

 

Encore une fois, nous ne pouvons manquer de faire le parallèle avec la vision des Aborigènes australiens. Une peinture de Paddy Jaminji produite durant la « phase initiale de la cérémonie du Gurirr Gurirr (…) cette cérémonie étant associée au puissant fondateur de la région, le Serpent arc-en-ciel. L’ensemble de la cérémonie est un voyage dans les sites sacrés de la région (…). »[13]  

  LINGKAN.jpg

 

Peinture de Paddy Jaminji (1912-1996),

Lingkhan, 1980, ocres sur bois, 65 x 110 cm,

collection Berndt Museum of Anthropology, The University of Western Australia, Perth.

In Peintures aborigènes d’Australie  de Crossman, Sylvie et Barou, Jean-Pierre, p. 105.

 

En ce qui concerne la figure du labyrinthe tel qu’il sera connu et reproduit de manière universelle, nous pouvons dire que nous avons là tous les éléments qui le préfigurent, dans le cadre d’un rituel sacré.

 

Kinthia Appavou

 

A suivre...

 

 

http://sens-des-entrelacs.wifeo.com/

 

 


[1] Cf  MOHEN, Jean-Pierre, Les Mégalithes, Découvertes Gallimard.

[2] Cf. Photos parues dans Le chemin secret des Ngarinyin du nord-ouest australien publié par le Muséum national d’Histoire naturelle et le Pathway Project Pty Ltd, 1997.

[3] Ibidem, p. 19.

[4] Edition Muséum national d’Histoire naturelle et le Pathway Projec Pty Ltd, 1997, p. 19.

[5] CROSSMAN, Sylvie et BAROU, Jean-Pierre, Peintres aborigènes d’Australie, catalogue de l’exposition du parc de la Villette du 26 nov. 1997 au 11 janv. 1998, Indigène éditions, 1997, p. 31.

[6] ZIMMER-BRADLEY, Marion et PAXSON, Diana L.,  Les Ancêtres d’Avalon, Ed. du Rocher, Livre de Poche, 2004.

[7] Il s’agit du pouvoir de l’Univers, c’est-à-dire l’Energie qui sous-tend toute manifestation.

[8] VINCENOT, Henri, Les Etoiles de Compostelle, Denoël, 1982, p. 218.

[9] Cf ASHE, Geoffrey, The Glastonbury Tor Maze.

[10] DE SAINT HILAIRE, L’univers secret du labyrinthe, Robert laffont, 1992,  p. 220.

[11] MILLER, Hamish et BROADHURST, Paul, The Sun and the Serpent,  Pendragon Press, 1989, p. 155.

[12] Ibidem, p. 105-106.

[13] Peintres aborigènes d’Australie, op. cit. p. 104.

 

 

Le labyrinthe de Crète, le Minotaure et le Fil d'Ariane

 

LE LABYRINTHE DE NEBIAS, LE BROCELIANDE DE L'ARIEGE...

 

 

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Kinthia Appavou - dans Paganisme
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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 08:04

Le jardin médiéval

de la Commanderie templière

de Coulommiers est magnifique !

 

C'est un labyrinthe de plantes et de fleurs

de toutes sortes et de toute beauté.

Partout, des herbes et des feuillages,

sans souci de bonnes ou de mauvaises herbes,

des palissades et des chemins serpentant

dans des floraisons surprenantes d'une grande densité...

 

 

TempleCoulomiers.jpg

 

  TempleCoulomiers5.jpg

 

Et le parcours est balisé de textes du Roman de la Rose,

tout un labyrinthe

 à la gloire de l'Amour courtois...

 

Voici le dernier panneau :

 

 

CoulomiersJardin 

 

 220px-Meister_des_Rosenromans_001.jpg

 

"La Ronde au Dieu d'Amour".

Manuscrit du Roman de la Rose (1420-1430).

 

Mais surtout, lisez ce Roman de

Guillaume de Lorris et de Jean de Meung  !

 

Et ne manquez pas, si vous passez par Meung,

de visiter sa roseraie...

 

La Commanderie templière de Coulommiers, en Seine-et-Marne, et la Chevalerie...

 

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27 juin 2010 7 27 /06 /juin /2010 07:34

 Sur un vitrail de la basilique Saint-Rémi à Reims,

 

les marins, pour échapper à la tempête,

 

jettent le prophète Jonas aux poissons.

 

Il fuyait l'ordre de Yahwé lui demandant d'aller convertir

 

les gens de Ninive, d'où cette tempête...

 

 

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Jonas sera alors avalé par le Grand Poisson qui,
 après trois jours et trois nuits,
 le recrachera sur les rives de Ninive...
 
Lire :"LE SIGNE DE JONAS" 
« Si Jonas m’était conté »
  par Robert-Régor Mougeot :
 
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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 16:13

Saint Jean-Baptiste est très souvent représenté

 

en homme sauvage

 

comme nous l'avons montré dans l'article :

Saint Jean-Baptiste, l'Homme Sauvage au tempérament de Feu !

 

 

220px-John_the_Baptist.jpg

Icône orthodoxe.

 

Mais il est parfois aussi  représenté 

en jeune homme imberbe,

comme à l'église Saint-Etienne-du-Mont à Paris ! 

  StJeanParis

Dans les deux cas, nous avons l'Etat de Virginité.

Il est ainsi illustré dans sa dimension primitive par l'Homme Sauvage,

celui qui a retrouvé son Etat Naturel.

 

Dans la seconde image, l'Etre Vierge n'a jamais quitté cet Etat Naturel.

 

Dans les égises, la place de l'ancien baptistère

était toujours sur l'un des courants de la Vouivre

qui traverse toute église traditionnelle.

Son énergie était alors opérative,

comme le dit si bien Henri Vincenot dans son succulent "Le Pape des Escargots".

 

Pour en voir la réalité  : LA VOUIVRE A L'ABBAYE DE BENEVENT (CREUSE)

 

 

 

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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 17:31

La Commanderie templière de Coulommiers

 

sauvée de la démolition par une association locale de bénévoles

 

  TempleCoulomiers3.jpg

 

Elle fut fondée au XIIe siècle sur des terres offertes par le  comte de Troyes : 

"Fondée au XIIème siècle, remaniée entre les XVème et XVIIIème siècles, transformée en ferme après la Révolution... La Commanderie de Coulommiers fait figure de fresque historique sur laquelle les styles architecturaux se côtoient comme pour mieux raconter son histoire." (http://www.commanderie-templiers.fr/)

 

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L’ordre du Temple, issu de la Chevalerie du Moyen Âge, fut fondé par Hughes de Payns en 1129 et fut chargé de la protection des pèlerins se rendant en Terre Sainte. 

 

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Au-delà de l'histoire événementielle de cet ordre de Chevalerie,  il est certain que la Chevalerie est de tous les temps, à preuve, les chevaliers qui oeuvrent à la restauration de cette Commanderie !

 

"Chaque fois que la Basilique [la Commanderie] semble morte

le Chevalier fait rechanter la Basilique.

 

Chaque fois que ton Coeur semble mort de la tristesse de la matière,

le CHEVALIER en toi se souvient et fait chanter de nouveau la Basilique de ton Coeur."

 

(Emmanuel-Yves Monin, Le Bréviaire du Chevalier, vol. I, 1983 (6e éd. 1997, Point d'Eau, p. 78)

 

Parmi les Chevaliers : "Il y a ceux qui servent la Cause d'Aujourd'hui

                                            il y a ceux qui servent la Cause de Demain.

 

                                  Les deux sont de vaillants Chevaliers,

                                  les uns sont les Chevaliers de l'Heure qui Sonne,

                                  les autres, ceux que vous appelez 'Pionniers',

               sont les Chevaliers de Demain et ils agissent dans le Présent

                                                        'à Cause Perdue'...

 

Une Cause Perdue dans l'action relative du moment n'est jamais perdue pour Demain si son Action et sa Valeur d'être sont Justes."

 

Platon le Karuna, Les Chevaliers d'Aujourd'hui. Les Chevaliers de Demain, Editions de la Promesse, 1999, p. 19)

 

 LES RUINES DE LA CHAPELLE DES TEMPLIERS AU VAUDOUE

 

 

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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 15:48

A l'église Saint-Etienne-du-Mont, à Paris

   

Les douze apôtres autour du Christ au cours de la Cène :

 

 SAM_0808.JPG

 

Saint Jean semble si efféminé

qu'il pourrait bien s'agir encore une fois

de Marie-Madeleine !

 

LE MYSTERE DU TREIZIEME APOTRE !

 

EGLISE D'OLERON : LE CHRIST ET MARIE-MADELEINE SONT-ILS REPRESENTES ?

AUTOUR DU CHRIST, LORS DE LA CENE, UN APOTRE EST DIFFERENT DES AUTRES

 

 

 

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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 09:58

 

Le même symbolisme des jambes dénudées 

 

s'applique évidemment tout autant au Christ

 

qu'à ses saints comme Jean-Baptiste, Barnabé... :

 

Christ aux Liens de la basilique Saint-Rémi à Reims.

 

 

ReimsRemiChrist.jpg

 

" 'Dévoiler sa jambe' est ton premier acte vers la connaissance de toi-même

qui n'est rien d'autre que la connaissance de ton Seigneur.

Mais seul le Seigneur peut dévoiler sa jambe

ou permettre à Ses Saints de le faire.

Ta jambe à toi, pèlerin non encore accompli sur le chemin,

a une signification par son genou ; c'est pourquoi, lorsque Dieu, dans les textes,

dévoile Sa jambe, tous les pèlerins s'agenouillent et se prosternent devant Lui."

 

Extrait du chapitre "Dénuder sa jambe", dans : Régor,

Du Cheminement Initiatique imagé par Saint Roch et sa Vie Exemplaire

d'après les Enseignements d'Emmanuel,

Editions Les Amis du Désert, 1988 - 2e éd. 1990, p. 100-101.)

Saint Barnabé, la pluie, le beau temps, et ... les jambes dénudées !

 

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