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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 11:01

Impressions d’un voyage à Buenos Aires,

 

  en Argentine.  

 

De la place de Mai à la Semaine Sainte 

 

   

 

"La ronda de las madres, plaza Mayo tous les jeudis à 15h30, en face de la Casa Rosa.  

   

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Le Palais Rose de Buenos Aires

 

 

 

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Manifestation des Mères de la place de Mai (14 octobre 2005).

 

  Dans les années 70 sous la dictature des militaires, soutenus par les États-Unis,
les mères de la place de Mai protestaient contre les disparitions de leurs enfants
accusés de communisme1.
 
 

 

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La place de Mai fêtant le retour à la démocratie.
 
 
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Manifestation des Mères avec le président Nestor Kichner.

  

 

Maintenant elles marchent encore cette fois pour réclamer la répartition des terres.

Elles sont soutenues par la présidente Christina Kichner.
Apparemment en Argentine 40 familles possèdent toutes les terres.

 

Arrogance des "portenos", habitants de Buenos Aires, avant la crise. Maintenant c'est le gag :

Si un porteno se suicide c'est qu'il a perdu son arrogance!

 

Les Argentins disent souvent : ici c'est le tiers monde quand ils nous montrent leur chauffage à gaz.

Leur vieux métro ressemble à celui de la France dans les années 50 mais avec des mosaïques magnifiques. Pas de cartes d'abonnement dans les bus. Il faut toujours avoir la monnaie exacte en pièces. Les locuterios, téléphones publics que l'on trouve partout, sont bien utiles. 

 


Les Argentins sont très francophiles. Ils adorent la culture française, le cinéma français.
Depuis la crise de 2000 les Argentins dépensent sans compter.

Beaucoup de touristes argentins dans tout le pays.

 

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 La Semana santa. Vendredi saint : à 20h immense procession avec ceux qui portent la croix et également des statues, de la place du Congrès à la plaza Mayo, chemin de croix et sur une estrade, des scènes vivantes de la vie du Christ.  

 

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   Dimanche de Pâques, une immense statue gonflable du Christ ressuscité était érigée devant la cathédrale."

 

  

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Ces impressions de voyage sont de Suzanne D. qui vient de passer un mois dans ce pays et qui nous a envoyé les huit dernières photos. 

 

1 : "Depuis la chute du régime dictatorial en 1983, 11 000 disparu(e)s ont été formellement identifié(e)s par l'Etat argentin, mais les historiens et les Mères de la place de Mai évaluent à 30 000 le nombre total de disparu(e)s. 

Les Mères de la place de Mai sont l'unique organisation de femmes en Argentine, activiste des droits de l'homme. Depuis près de trente ans, elles se sont battues pour retrouver leurs enfants enlevés par la dictature militaire (1973-1985) Plusieurs des fondatrices ont été assassinées à leur tour en décembre 1977, en compagnie des nonnes françaises Léonie Duquet et Alice Domon, par un commando dirigé par le colonel Alfredo Astiz.

 

Des exemples comme celui de la dictature argentine, hélas bien trop nombreux, montrent l'état actuel de l'humanité sur cette terre ! La descendance de Caïn se doit de renier son terrible héritage !

Sallah Stétié, poète et écrivain libanais de langue française, confie :

« Je pense que tant qu’un homme est capable de tuer de sang-froid un autre homme, on n’est pas sorti de la préhistoire, et cela quelle que soit la complexité de nos sociétés, quels que soient nos raffinements éthiques ou esthétiques, quelle que soit notre technique ou notre technologie. Si, dans une société qui jouit de tous ces bien-faits, il se trouve un homme capable d’en tuer un autre, de l’éliminer par la violence, on est encore dans les temps obscurs de l’humanité, puisque les valeurs acquises par celle-ci continuent à s’avérer inefficaces et inopérantes.2 »



[2] Sallah Stétié, Fils de la parole – un poète d’Islam en Occident, Entretiens avec Gwendoline Jarczyk, Albin Michel, 2004.

 

La Mémoire millénaire des cèdres du Liban dans la patrie de Khalil Gibran, prophète, poète et peintre

 

 

 

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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 15:07

Culture :

 

Nous sommes les « graines » de la Vie,

mais nous sommes à la fois la Terre,
le Jardinier et la Graine !

 

 

Donc « cultivons notre jardin », comme le disait Voltaire.

 

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D’où provient la Graine que nous sommes ?

 

Notre être essentiel a choisi de s’incarner une nouvelle fois dans ce monde pour continuer à expérimenter la matière lourde et à tirer les fruits des leçons de choses qu'est chacune de nos expériences.

Nous avons donc choisi, avec le niveau de conscience qui est celui que nous avons acquis au cours des maintes incarnations :

 

- Les parents que nous avons, avec l’hérédité qu’ils nous ont alors transmise : graine physique

- Le lieu, le jour et l’heure de notre naissance, ce qui donne un thème astrologique formant une potentialité de départ à faire fructifier

- En conséquence de quoi nous avons été élevés dans un milieu social, avec sa langue, sa culture, sa religion (chrétienne, bouddhique, coranique, athée, agnostique, laïque…) : le terreau.

   

Mais nous existons dès avant la création de ce monde ! Nous avons vécu « quinze milliards d’années [1] » depuis son origine, et bien avant sans doute… C’est pourquoi nous portons en nous le minéral, le végétal et l’animal, tous les règnes précédant l’humain sur cette terre et notre niveau de conscience se doit d’être en harmonie avec « l’Âge-Matière [2] » qui est le nôtre, avec le niveau de conscience révélée dans cette matière dont nous sommes actuellement pétris, y compris la matière subtile de tout ce qui de nous transcende la matière lourde du corps physique : corps subtils, esprit, âme(s)…

Le choix des conditions de cette incarnation est la conséquence du niveau de conscience que nous avons atteint précédemment.

 

Nous provenons de la Source de toute Vie, pour faire retour à « l’existence au-delà du temps [2]  ».

 

Rien ne sert de geindre sur les conditionnements qui sont les nôtres ! Ils sont le fruit d’un enchaînement de causes et de conséquences inexorables qu’il nous faut re-connaître pour pouvoir l’assumer et le dépasser. C’est le : « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux », que formulaient les Anciens.

 

Notre apprentissage consiste à re-connaître la Loi et les lois issues de cette Loi cosmique, les structures universelles qui sous-tendent notre existence pour jouer consciemment le Grand Jeu de cette Vie. Sinon notre ignorance nous oblige à continuellement rectifier nos erreurs, souvent douloureusement.


D’où un premier questionnement :  

Le « terreau » dans lequel est semé la « graine » est-il sain ?

 

« Lorsque les fontanelles se ferment, l’enfant se coupe des anges », dit un dicton picard. Entendez qu’il ne reçoit plus l’énergie du Ciel de la Terre. Il boit, disait-on jadis, à la source de l’oubli, la source du Léthé.

Tout le conditionnement familial et socioculturel va progressivement étouffer plus ou moins le souvenir de la Source de Vie.

L’enfant, durant toute la première période de sa vie, est conditionné à s’intégrer dans le contexte où il est né.

De fait, « l’âge de raison », vers les sept ans, est celui où la raison tend à l’emporter sur l’intuition et la sensibilité réceptive, voire à les exclure. La mémoire mentale prend alors le pas sur la mémoire cellulaire qui a enregistré toutes les vibrations et impressions reçues par le fœtus d’abord avant la naissance, puis au moment crucial de ce passage qu’est la naissance, et durant toutes ses premières années. Elle élimine pratiquement les traces encore vivantes des « vies antérieures » qui constituent une Unité de Vie en fait.

Il ne voit plus par lui-même, mais voit ce qu’on lui a appris à voir. Ainsi, il ne verra plus les fées, les elfes, les esprits de la nature, le dieu Pan, la licorne, les anges, etc., sauf si le milieu favorise ces visions comme pour ceux qui créèrent les Jardins de Findhorn, en Ecosse, par exemple.

Le dressage répressif vient contredire la vie naturelle. La Culture ne devrait pas s’opposer à la Nature, mais être une Culture Naturelle.

 

Comme les jardiniers ont été amenés à empoisonner la terre par les engrais, les désherbants chimiques, les pesticides, les produits destructeurs d’insectes qui empoisonnent la chaîne alimentaire des oiseaux, le « jardin d’enfants », puis l’école dite « maternelle », dont l’accès est soumis à l’obligation de vaccination, vont produire, à côté d’avancées constructives quant à la socialisation, des effets nocifs. Les garderies obligent le bébé à quitter le sein pour le biberon ; les cantines offrent des aliments non équilibrés lorsque, pire encore, ils ne sont pas pollués, comme d’ailleurs la nourriture familiale. L’air pollué engendre de plus en plus de bronchiolites et d’autres allergies chez les bébés, les enfants et nombres d’adultes fragilisés par la vie citadine…

La créativité des enfants est puissante, mais elle est endommagée le plus souvent par les stéréotypes : on lui apprend comment il faut dessiner un arbre, etc. Tout un monde de conventions stérilisantes lorsqu’elles ne sont pas rattachées à une tradition vivante. Du jeu qui est pure découverte par soi-même, avec des choses naturelles, on passe déjà à une culture apprise, dans un milieu artificiel. Il leur faut nécessairement apprendre les règles de comportement pour rester déjà tout simplement en vie : le milieu est dangereux, de la maison à la ville, mais sans inhiber l’initiative.

Beaucoup d’activités scolaires sont répressives par rapport au pulsif de vie qui porte naturellement l’enfant à bouger, à être actif. A tel point que le meilleur moment de l’activité est la… récréation ! Si l’enfant a tant besoin de se re-créer, c’est qu’il a subi des contraintes trop lourdes.

Il lui faut se soumettre aux exigences parentales pour être tout simplement aimé d’un amour qui est le plus souvent possessivité, égoïsme de mères et pères pour qui faire un enfant est un besoin compensatoire. Comme sont compensatoires les animaux domestiques vivant en appartement.

Les peurs, les manques, les déficiences parentales sont lourdes de conséquences. Ainsi que celles des puéricultrices, des médecins, des éducateurs…, malgré les bonnes intentions. Et que dire par la suite de la puberté à accueillir et de l’adolescence à vivre ? Tant de malaises, entraînant nombre de dérives dans l’alcool, la drogue et le suicide se font jour…

Mais l’être humain ayant choisi ce parcours-là  a naturellement en lui les anti-corps qui doivent lui permettre de surmonter les obstacles. Il a donc sa propre responsabilité à reconnaître et à assumer au fur et à mesure de sa croissance et de ses prises de conscience.

 

La contre-nature produit inévitablement une contre-culture et, en traitant la nature en ennemie, en voulant la soumettre et l’exploiter, en perdant l’unité qui existe de fait entre tous les règnes de la création, l’humain a une conduite suicidaire qui cause les maladies individuelles et celles du corps social.

 

Quelle est alors la première urgence pour tout humain conscient ?

 

Le jardinier, le cultivateur qui fausse chimiquement les qualités du sol qu’il cultive ne récoltera que des fruits sans valeur nutritive ou, pire encore, empoisonnés. Même s’il est satisfait par une récolte plus abondante en un premier temps, il stérilisera sa terre, se rendra malade et rendra malades les consommateurs de ses fruits. C’est « le règne de la quantité [3] » au détriment de la qualité qui est néfaste.

Il convient donc de prendre conscience du processus pour ensuite agir avec discernement, afin de rompre le cercle vicieux avant qu’il ne soit trop tard. Le Petit Prince nous l’a dit : il faut arracher très vite les graines de baobab dans le sol de sa planète avant qu’elles ne la fassent éclater [4] !

Rendre sa terre meuble, c’est extirper ses rigidités, ses crispations, c’est-à-dire ses idées arrêtées, ses notions mentales, remettre en cause le conditionnement reçu, désherber son jardin, mais à la main, sans désherbant, sans se laisser piéger par les officiels de la contre-culture ! Bêcher, biner, arracher le chiendent jusqu’à sa dernière racine. Utiliser l’humus naturel. « Humain » et « Humus » sont des mots aux consonances parlantes. Mais s’il convient d’arracher les herbes gênantes pour le but poursuivi, de rectifier au plus vite ses comportements qui dévient de la voie choisie, combien plus faut-il sarcler, biner, arroser, tuteurer, etc. ! Entendez comme le dit Maître Eckhart, « promouvoir ses qualités », sans perdre son temps à lutter contre ce que l’on croit être des défauts ! Car qui nous a conditionnés à juger ceci ou cela comme une qualité ou un défaut ?

Les « mauvaises » herbes sont aussi naturelles que les autres ! Un jour nous en découvrirons, à notre grand étonnement, le rôle qui est le leur. La complémentarité des végétaux est bénéfique et la monoculture stérilisante. Il est de même pour toutes les familles humaines qui se replient sur elles-mêmes par peur des autres. L’Etat, les pouvoirs publics, les institutions jugent les conformistes, les dociles, les influençables comme étant de bonnes herbes. Ils tendent à repousser les indisciplinés, les contestataires, les fortes personnalités, les esprits forts qui ne rentrent pas dans le moule, qui refusent de se comporter en moutons de Panurge, comme nuisibles à leurs desseins.

Faut-il se fier uniquement à un mode d’emploi écrit sur une boîte par un fabricant avide de gains faciles ? A un médecin conditionné par les lobbies pharmaceutiques ? A un fonctionnaire entravé par des directives ministérielles aberrantes ? De même en est-il de tous les marchands de bonheurs frelatés de quelque obédience qu’ils soient !

Tout jardinier de soi-même, avant que de prétendre en être des autres, se doit de connaître la terre à cultiver, mais aussi les saisons, les cycles cosmiques, les Lois qui régissent l’Univers.

« La Loi est toute protection pour l’Humain [2] », a-t-il été dit. Faute de quoi, les aveugles mèneront les autres dans le fossé. Ils prétendront souvent redresser ce qui n’est pas tordu et le tordre pour qu’il soit à leur image !

Pourtant, peut-on apprendre seul ?

 

Tout apprentissage ne nécessite-t-il pas un Maître ?

 

Le bon sens le montre aisément. Tout apprentissage nécessite un maître, un maître d’école qui institue (Ah ! le beau mot d’instituteur jeté au rebut pour un autre, insignifiant), un maître de musique, un maître d’arme, un maître de chant, de danse, un guide de haute-montagne, un guide dans le désert, etc. Certes, on apprend par soi-même, mais à partir aussi de tout ce qui a été découvert par ceux qui nous ont précédés et par les exemples donnés. Nous sommes, a-t-il été dit, « des nains montés sur les épaules de géants ».Cela paraît évident, surtout dans le domaine de la technique, mais plus encore dans ce qui est la véritable philosophie, pour les sciences de l’âme, pour les sciences initiatiques révélées.

Alors l’apprenti jardinier observe, imite, demande conseil, apprend un savoir-faire.

Lorsque l’on énonce la loi de "correspondance-répondance", c’est parce qu’un guide nous a mis sur la piste et que l’on a ensuite vérifié pour soi-même : chacun rencontre les choses, les événements, les circonstances, les personnes qui correspondent à la longueur d’onde sur laquelle il s’est mis. S’il change de longueur d’onde, alors les choses, les événements, les circonstances, les personnes qu’il rencontre changent, parfois brusquement et avec heurts lorsque la loi est mal comprise, mal vécue ou ignorée, ou bien sans à-coup, dans l’harmonie naturelle, lorsque la conscience est là. Cela peut donc être pour le meilleur comme pour le pire ! Mais le pire est fait pour… préparer à terme le meilleur !

Chacun est à même de constater, s’il est observateur, les coïncidences dites extraordinaires, qui sont tout à fait naturelles pour celui qui voit et qui vit l’Unité du Tout. Il n’y a pas quelques rares miracles de temps à autre ; la vie est un miracle de chaque instant ! Mais les coïncidences ne sont pas perçues lorsqu’on vit dans la séparativité et elles paraissent étranges encore à ceux qui en sortent timidement. La séparativité est comme la monoculture ! Plus un coquelicot dans les champs de blé qui s’étalent à perte de vue en Beauce ! Alors qu’ils jouent un rôle bénéfique dans la qualité du blé et réjouissent l’œil par leur beauté, ce qui est source de joie. La mixité sociale est aussi enrichissante pour tous et l’on redécouvre actuellement qu’il n’y a pas de races, que tous les humains descendent de mêmes ancêtres et même que les animaux ne sont pas des robots, mais des êtres vivants qui peuvent avoir une culture très élaborée!

Les dictatures imposent brutalement la monoculture à leurs citoyens qui se doivent d’être formatés sur le même moule. Les trusts internationaux étendent leur dictature au monde entier. Voyez Monsanto pour les OGM ! Les pays dits démocratiques imposent plus sournoisement la pensée unique et laissent quelques marges de liberté tant que la remise en cause n’est pas efficace ; elles sont phagocytées par les lobbies qui n’œuvrent pas pour le bien commun et qui usent de tout moyen pour arriver à leurs fins. On leur doit nombre de lois iniques. Les gouvernements parquent les indigènes comme les animaux dans des réserves, les immigrés pauvres dans les cités-dortoirs des banlieues défavorisées, cachent les sans-abris à la vue des touristes, mettent en place une ségrégation sociale dommageable…

Nous avons alors une monoculture de masse, une contre-culture en rupture totale avec les lois cosmiques dont la perversité mène aux destructions inévitables, par les maladies sociales entraînant les révoltes du désespoir si rien d’efficace n’est fait rapidement.

 

Comment s’ensemence la véritable culture ?

 

Partout où une culture a été florissante et a laissé des chefs-d’œuvre, comme les cathédrales en Occident, les mosquées et les jardins des âges d’or d'Andalousie ou du Moyen-Orient, les temples asiatiques, etc., elle le doit à quelques souverains remarquables, ayant grandi dans un terreau fertile, et qui ont su s’entourer de savants, d’artistes, de religieux de grande valeur à qui ils ont laissé une large initiative. Ceux-ci ont suivi des Enseignements donnés par des Maîtres véritablement inspirés par la Source de toute Vie.

Se reconnaître comme créature, c’est se mettre à l’écoute du principe Créateur qui envoie alors Ses Messagers. Ceux-ci révèlent alors les lois de la Loi applicables à l’époque où ils vivent en fonction de « l’Âge Matière » qui est le leur. La création est toujours neuve et les lois révélées n’ont pas à être cristallisées pendant des siècles, voire des millénaires. Lorsqu’elles atteignent leur but, les hommes deviennent aptes à une compréhension nouvelle des lois nouvelles qui affinent les anciennes, en révèlent à un autre degré l’Esprit qui est inclus dans la Lettre. Ainsi s’atteint le but qui est l’élévation du niveau de conscience de chacun et de tous collectivement.

Reconnaître que la vie a son Intelligence qui supplante et surpasse l’actuelle intelligence humaine mène à se mettre à son écoute pour asseoir une solidité véritable et ne plus bâtir sur du sable, oser vivre et déployer ses potentialités, les véritables désirs de son être, rectifier ses errements, dépasser toutes les vanités qui se dispersent inévitablement aux quatre vents pour Être. A ce stade, cela exige un Guide, un Maître véritable dont l’Enseignement soit d’origine non humaine et qui apprenne à l’apprenti à discerner l’Imagination vraie, venue du monde imaginal tel que le définit Henry Corbin par exemple, de l’imagination fantasmatique qui fait actuellement tant de ravage dans les jeunes cervelles ! Quelques vérités de base sont toujours rappelées !

« Quand l’élève est prêt, le Maître vient. »

« Nul ne peut s’accoucher tout seul. »

« Si tu rencontres le Bouddha, tue-le. ».

Et

 

« On juge l’arbre à ses fruits ».

 

Quels sont les fruits de l’actuelle culture d’un monde occidentalisé ?

Tous les fleuves de France sont pollués ! La mer aussi, pourtant immense ! Et l’air qu’on respire ! N’est-ce pas le fruit d’une science pervertie ? La chimie a divorcé de l’alchimie. Et la physique de la métaphysique !

La planète est à feu et à sang par les guerres qui sévissent partout. L’homme prométhéen vole aux dieux… ce que ceux-ci lui auraient offert en juste temps, avec la sagesse pour en faire un juste usage. L’homme n’a pas le mode d’emploi correct et met la puissance technique au service d’une destruction suicidaire.

 

Les extrémismes religieux qui aboutissent au terrorisme sont la preuve des trahisons de ceux qui ne connaissent plus qu’un exotérisme figé en dogmes, en charia, en principes dévoyés. Ils succèdent à ceux qui ont mis à mort les Christ, Al Hadj, Sohrawardî, Marguerite Porete, Giordano Bruno et tant d’autres, dits par eux, les tenants de la lettre à l’esprit obtus, hérétiques. Les religions sont menées par des hommes de pouvoir qui asservissent au lieu de libérer, par peur de la vie.

La banque mondiale mène la planète à la famine. Les autorités internationales ne peuvent endiguer les guerres qu’alimentent les marchands d’armes que sont les gouvernants des nations industrialisées…

« Vie-Haut-Lance [5] » son Energie, lorsqu’elle n’est pas frelatée. Et elle la lance si haut, son Energie, qu’elle détruit les prétentions humaines à coloniser la terre !

   

Juger l’arbre à ses fruits ! Alors la hache vient abattre l’arbre mort, l’arbre du bien et du mal. L’Arbre de la Connaissance, lui, reverdit. A droite et à gauche des portails de nos églises et cathédrales, ils sont représentés à la vue de tous, ces deux arbres ! Qui les voit ?

Alors, retournons au bon sens, au sens premier des mots. Culte et culture ont même racine latine, cultus. L’ancien paganisme rendait un culte à la Nature. Païen vient du latin paganus, qui a donné les mots « pays » et « paysan ». Ces paysans étaient naturellement païens ! Ils ont résisté longtemps à une christianisation dévoyée. Maintenant sévit le règne des industriels de l’agri-culture.

La culture, « ensemble des usages, des coutumes, des manifestations artistiques, religieuses, intellectuelles qui définissent et distinguent un groupe, une société », énonce l’ancien Petit Larousse Illustré. Elle reste à réinventer dans tous les domaines et cela est possible. De nouvelles graines sont semées à tout vent, qui sont autant de possibilités de res-susciter la Vie véritable, en chaque indivi-dualité, en chaque groupe, en chaque société. Chaque « sachet de graines » en contient douze. Et il y a quantité de sachets qui s’élaborent à partir de la Dodécalogie.

« Cet outil, sous sa forme systématique, existe depuis peu. Il permet, de plus, une transdisciplinarité devenue indispensable avec la prolifération de connaissances de toutes sortes et de tous niveaux. Il convient de se reporter pour cela au livre d’Emmanuel-Yves Monin : L’Univers en Code-barres. Dodécalogie et Transdisciplinarité - La grande Architecture de Tout [6]. Le principe en est simple et, de plus, (…), il est millénaire, mais n’avait pas été jusqu’à présent formalisé en tant que tel. Tous ceux qui ont été ou sont justement inspirés l’ont spontanément employé, fidèles en cela à l’Inspiration venue de la Source, étant sans interférence ou réduisant celle-ci à l’inévitable transcription dans une langue terrestre. Lorsqu’on va à l’essentiel de ce qui est enseigné dans les traditions, les convergences sont remarquables.

En superposant les cases de différents tableaux, des rapprochements surprenants peuvent être faits ; c’est là, comme l’indique l’auteur, le moyen par excellence de faire de la transdisciplinarité. [7] »

D’autres œuvres d’Emmanuel-Yves Monin [8] sont naturellement dodécalogiques. Elles développent, comme toutes celles qui sont justement inspirées, nombre de thèmes essentiels pour renouer « votre Lien avec le Vivant Eternel [9] », seul moyen d’accès à la véritable Culture, selon Nature.

 

 [1] Voir : Jean E. Charon, J’ai vécu quinze milliards d’années, Albin Michel, 1983.

[2] Expression de Platon le Karuna dans ses Œuvres.

[3] Voir : René Guénon, Le Règne de la Quantité.

[4] Voir Emmanuel-Yves Monin, L’Esotérisme du Petit Prince de Saint-Exupéry, Y. Monin. 

[5] Voir Emmanuel-Yves Monin,  Hiéroglyphes français et Langue des Oiseaux, Point d’Eau. Voir http://langue.des.oiseaux.free.fr/

[6] Auto-édition, 1998.

[7] Extrait de la préface de La Dodécalogie appliquée à quelques textes de diverses traditions, sur

http://dodecalogie-appliquee.wifeo.com/ 

[8]Site  http://e.y.monin.free.fr/

[9] Platon le Karuna, L’Originel Printemps Eternel. La Pâque. Le Passage Résurrectionnel, Les Editions de la Promesse, p. 15.

 

http://dodecalogie-appliquee.wifeo.com/

 

  A voir

 

 

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Synopsis :"Les films d'alertes et catastrophistes ont été tournés, ils ont eu leur utilité, mais maintenant il faut montrer qu'il existe des solutions, faire entendre les réflexions des paysans, des philosophes et économistes qui, tout en expliquant pourquoi notre modèle de société s'est embourbé dans la crise écologique, financière et politique que nous connaissons, inventent et expérimentent des alternatives."  Coline Serreau.

 

  http://www.solutionslocales-lefilm.com/accueil

 

 

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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 14:36

Le labyrinthe de Mandû,   

 

dans le Madhya Pradesh (Inde)

 

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 Photo d'une photo de Suzanne Held exposée au Musée asiatique de Nice.

 

Il dessine un serpent d’eau et présente

 

 à son entrée une feuille verte,

 

en son centre un étranglement,

 

et à sa sortie une feuille morte.

 

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Il nous a semblé pouvoir matérialiser

 

 le parcours d’une vie humaine

 

 depuis l’entrée, la feuille verte

 

qui matérialise l’instant de la fécondation,

 

jusqu’à la sortie, la feuille morte

 

qui évoque la fin du corps physique.

 

L’étranglement du milieu marque le milieu de la vie,

 

la bascule 40-50 ans marquée souvent par une crise,

 

une remise en cause

 

de sa manière d’appréhender son devenir

 

et d'accepter le vieillissement du corps.

 

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Mandû, Pradesh..

 

 Le labyrinthe de Crète, le Minotaure et le Fil d'Ariane

 

http://sens-des-entrelacs.wifeo.com/de-la-spirale-au-labyrinthe.php

 

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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 07:13

"Le Chaman Blanc",

 

 Patrick Dacquay

 

Editions Alphée Jean-Paul Bertrand, 2010, Monaco

 

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 ChamanBlanc2

  

Ce livre, sous un nouveau titre, reprend textuellement le texte de

 

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  http://regorm.free.fr/ouvrages/livres/chamanisme.html

 

Il est rendu hommage, dans la préface,

à "Renard agile" qui l'a rédigé,

mais son nom ne figure plus sur la couverture.

 

Voici les réflexions que Renard Agile a envoyées à Patrick Dacquay :

  

 

"... Mais quelle surprise en voyant que le titre et la couverture ayant changé, c'est le même contenu  que le précédent ! En principe, un livre réédité garde le même titre, surtout s'il n'y a pas eu de changement dans le texte, sinon l'acheteur peut se méprendre.

"Renard Agile" aurait pu rester sur la couverture sans doute ; et tu en fais un éloge trop appuyé par ailleurs ! Tu m'avais dit lorsque le premier a été épuisé qu'il ne serait pas réédité. J'aurais volontiers introduit quelques changements au texte autrefois rédigé et dont certaines parties me semblent périmées. Mais tout est toujours très bien et je vois que tu restes fidèle au déploiement du chamanisme actuel. "Le titre "Le Chaman Blanc" fait penser à "chaman de race blanche", plus qu'à un chaman vêtu de blanc..."

                                                                             Renard Agile

 

Ceux qui possèdent ce premier livre n'ont nul besoin d'acheter le second qui en est une réédition !

 Le premier est épuisé, mais des exemplaires d'occasion sont en vente sur Internet.

 

Le sommaire, ainsi que les commentaires du scribe se trouvent sur :

http://r-r-y-mougeot.wifeo.com/au-chamanisme.php

 

Il existe déjà un livre paru en 2008 : " Le chaman blanc "

de Jean-Pierre Larminier aux éditions Allier.

 

Sur le chamanisme dans ce blog :

 

"TISSERAND DU SOLEIL", UN CONTE KOGI PUBLIE PAR KATHY DAUTHUILLE

LE CULTE DE L'OURS DANS LA PREHISTOIRE

AU LARGE D'IBIZA, L'ÎLE DE VEDRA, AXE DU MONDE ET RESERVE D'OISEAUX

 

 

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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 15:38

Une magnifique  vidéo circule sur Internet,

 

en ce printemps, montrant dans la nature

 

 la mise en oeuvre de spirales extraordinaires :

 

 

Nature by numbers : Le nombre d'Or dans la Nature
 
Vidéo : sur le site www.youtube.com/watch?v=kkGeOWYOFoA,

bonne "lecture"...

 

 

Mais s'agit-il du nombre d'or ?

La vidéo ne le dit pas et se contente d'indiquer la suite

0, 1, 2, 3, 5, 8, 13, 21, 34, 55, 89, 144...

Il s'agit de la suite de Fibonacci

qui s'obtient en ajoutant chaque nombre au précédent

à partir de 2.

 

 120px-Close up Helianthus annuus 

 

180px-Helianthus_whorl.jpg

 

Les graines de tournesol dessinent des spirales tournant soit dans un sens, soit dans l'autre. Les nombres de graines de chaque type de spirale sont constants et sont des nombres successifs de la suite de Fibonacci*, par exemple 34/55 ou 55/89.

Mais, d'après certains, comme Adolf Zeising, docteur en philosophie et professeur à Leipzig puis Munich, le tournesol présente une figure où apparaît aussi la spirale d'or.

 

Pourtant, ce n'est pas la suite de Fibonacci seule

qui rend compte des spirales

que forment les galaxies, les cyclones polaires,

la croissance du nautile ou les graines du tournesol !

 

C'est la spirale logarithmique d'équation polaire r = abθ

où  r=\Phi^{\frac{\theta}{\pi}}

 \Phi\, étant le nombre d'or : \frac{1+\sqrt{5}}{2}.

 

300px-Spirale_log1.JPG

 

  Spirale logarithmique d'équation r = Φθ / π

 

 

96px-Whirpool_Galaxy.jpg

 

 Cette spirale se retrouve dans les galaxies...

 

 

 

120px-Low_pressure_system_over_Iceland.jpg

 

dans les cyclones polaires...

 

120px-NautilusCutawayLogarithmicSpiral.jpg

 

dans le nautile dont les spirales.

 

 

Construction d'un rectangle d'or...

Rect-d-or.JPG

 

et de sa spirale.

 spirale_or.JPG

 

 

 Pomme-de-Pin.jpg 

Les écailles de la pomme de pin :

Le nombre d'écailles dans une spirale ainsi que le nombre de spirales

 correspondent à deux nombres consécutifs dans la suite de Fibonacci.

 

Qu'en est-il des yeux de la libellule ?

Je ne sais !

 

Dragonfly_eye_3811.jpg

 

 

 Et pour l'Achimenes erecta, plante d'appartement ?   

 

220px-Archimenes_erecta.jpg

  

Les trois jeux de trois feuilles sont tels que

chaque jeu est pivoté d'un sixième de tour par rapport à la génération précédente.

 On obtient encore deux jeux de spirales,

mais qui n'ont plus rien à voir avec le nombre d'or.

  

 *180px-Fibonacci2.jpg Leonardo Fibonacci : mathématicien né à Pise vers 1175 et mort vers 1250.

 

  Sources : Wikipedia.

 

 

 

Il est remarquable de constater que,

dans les phénomènes naturels comme en phyllotaxie

 (étude de l’ordre dans lequel sont implantés les feuilles,

 les rameaux, les bourgeons, les fleurs, les fruits... sur la tige d’une plante),

comme l'affirmait Pythagore,

 

"Tout est nombre" !

  

  

Lire :

Robert Régor Mougeot,

La Métaphysique des Chiffres.

Tous les Chiffres ne disent qu’Unité,

Auto édition, février 1998.

 (disponible chez l'auteur du blog)

http://regorm.free.fr/ouvrages/livres/chiffres.html

 

 

Voir sur ce blog :

 

Le Grand Architecte de l'Univers

 

 

A partir d'une simple peinture, le jeu du multiple qui, sans cesse multiplié, fait oublier la Source créatrice des formes

 

 

 

 

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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 13:50

Église Sainte-Croix, à Saint-Gilles-Croix-de-Vie.

 

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Saint Roch, orphelin, distribue ses biens aux pauvres

avant de partir en pèlerinage pour Rome.  

 

Roch1.jpg

  
Saint Roch, sur son chemin,
 guérit les malades de la peste.

 

Roch4.jpg

  

A Rome, il est reçu par le pape.

StGilles4.jpg
 
Atteint à son tour de la peste, il prie le Seigneur.
 
    
Pour la légende complète de saint Roch
et les "Leçons" à en tirer, voir :
http://saint-roch-guerisseur-pestes.wifeo.com/index.php

L'IMAGE DE SAINT ROCH EN CREUSE


 
 

A Saint-Gilles-Croix-de-Vie, l'église Saint-Gilles nous offre des illustrations de cet ermite et de son animal totémique, la biche

Une rivière, la Vie, sépare Saint-Gilles de Croix-de-Vie.

 

Mais la Croix de Vie, ou Croix Ansée est égyptienne :


 


La croix ansée tenant dans chacune de ses mains le ouast ou ushabti.

Détail d'un bas-relief. Temple d'Amon-Rê à Karnak.

sur http://sens-des-entrelacs.wifeo.com/le-denouement-des-liens.php

 

  Photos Mnémosyne.

 

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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 13:45

Dans le village des mineurs de Tiébaghi,

une modeste statue de la Vierge

est particulièrement touchante,

lorsqu'on lit le livre d'Epone Jouve,

"Tiébaghi, Mémoire d'un village minier".  

 

TiébaghiVN 

Toujours et partout, les humains ont resenti le besoin

de représenter la Mère Universelle.

 Que de noms ne lui ont-ils pas donnés

à cette Mère "Veilleuse" et "protectrice", dans toutes les langues,

avec les images de leurs religions, de leurs croyances,

de leurs mythes, de leurs légendes... !

Et qu'importe !

TiébaghiVN2

 La première chapelle de Tiébaghi fut construite en tôle, dans les années 1920 et la chapelle actuelle date de 2000.

Cette statue, en bois de niaouli, fut sculptée par un Vietnamien dans les années 1930, 1940 ???  

Est-ce une Vierge Noire ? une Vierge Blanche ? Pour ces mineurs de la mine de chrome, souvent des expatriés, travaillant dur dans les galeries souterraines, elle était avant tout un réconfort.

TiebaghiVN3.JPG

Beaucoup de mineurs peuvent faire leur cette constatation :

TiébaghiVN5

Paru en Nouvelle-Calédonie : "Tiébaghi, Mémoire d'un village minier", par Epone Jouve et l'Association pour la Sauvegarde du Patrimoine minier et historique du Nord calédonien

  Merci à l'auteure du livre pour l'autorisation donnée de reprendre les photos ci-dessus.

225px-Niaoulis.jpg

Bois de niaoulis en Nouvelle-Calédonie ;

Ci-dessous : ses feuilles et ses fleurs, le plus souvent blanches.

800px-Melaleuca_quinquenervia_-28leaves-29.jpg

 

 

463px-Melaleuca_quinquenervia_2.jpg

  VIERGE BLANCHE ET VIERGE NOIRE

Clip sur les Vierges Noires: http://fr.youtube.com/watch?v=Cs6E7zQo35s

 

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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 22:16
Hadith du Trésor Caché1 :
 
d’après Alâoddawleb Semnânî (Perse, XIVe siècle)
 
 
« J’étais un Trésor Caché,
J’ai aimé être connu
alors J’ai créé les créatures afin d’être connu »
 
 
 
L'En-soi divin transcende toute interprétation : via negativa.
 
1/ Première descente : « J'étais un Trésor caché »
 
Le Principe descend dans l'être de la « profondeur de la Nuée »
(le Principe du Principe), pour être un Trésor caché.
C'est l'acte d'être pour soi-même : l' « être » n'a pas d'autre
nom que  lui-même se possédant soi-même, étant
pour soi-même ce qu'il est.
Là est le secret du centre de la pure Essentialité.
 
2/ Deuxième descente : « J'ai aimé être connu »
 
Cette Essence fait être des attributs essentiels
qui la révèlent à elle-même (Vie).
Il est simultanément le Connaissant et le Connu,
ce qui motivera la Création.
 
Il est le Vivant dans son intimité par cette connaissance
de lui-même.
Il est l'Audiant sans auditeurs par la connaissance
qu'Il a de la perfection et de la gloire de son être.
Il est le Voyant par la connaissance qu'Il a de sa beauté,
par la vision pure  de ce qui est à l'intérieur,
sans impliquer d'objets extérieurs.
Il est le Parlant par la connaissance qu'il a de son mérite
à être glorifié et son discours est proféré intérieurement.
 
Il est sans référence à aucun autre émané de son Impératif.
Là est le secret de l'Unitude solitaire.
 
3/ Troisième descente : « Alors j'ai créé le Monde »
 
L'Essence produit l'Emanation (Lumière).
 
Le trésor, par Amour d'être connu, crée des êtres
qui le connaissent.
Les attributs opératifs manifestent ses attributs de Vie.
Les états (intransitifs) deviennent des opérations (transitif).
Là est le centre de l'unité pluralisable.
De là émanent la lumière, la vie, l'être.
 
Cette Lumière se connaît soi-même :
attribut de Connaissance.
La première chose que Dieu créa fut le Calame :
le Calame est la projection de l'attribut
Connaissance, manifestation de la Vie. Il écrit.
Le Calame est à l'Intelligence
ce que l'âme est au corps.
Cette Lumière connaît l'autre : attribut de Volonté.
La première chose que Dieu créa fut mon Esprit :
l'Encrier primordial est la projection de l'attribut Volonté,
manifestation de la Volonté.
L'Encrier est l'Esprit. L'Encrier-Esprit est à l'Intelligence
 ce que la Forme est  pour l'homme.
Cette Lumière est connue de soi-même :
attribut de Puissance.
La première chose que Dieu créa fut ma Lumière :
L'Encre de Lumière est la projection de l'attribut Puissance,
épiphanie de la Vision.
L'Encre est la Lumière. L'Encre-Lumière est à l'Intelligence
ce que la Matière est pour l'homme.
Cette Lumière est connue de l'autre :
attribut de Sagesse.
La première chose que Dieu créa fut l'Intelligence :
La Tablette est la projection de l'attribut Sagesse,
épiphanie du Verbe.
L'Intelligence supporte et recèle l'Ecriture.
La substance de l'Intelligence est à la fois la quatrième
figure de la tétrade
Calame-Encrier-Encre-Tablette et l'unité de leur ensemble,
donc la première.
 
L'Ecrivain métaphysique, avec le Calame secret
et l'Encre de lumière cachée dans l'Encrier qui est l'Esprit,
écrit ce qu'il y a dans sa Connaissance
et que projette sa Volonté sur cette Tablette
qui en reçoit les émanations de lumière successives.
 
Il n'y a ni intérieur ni extérieur, rien d'autre que
« Moi Demeure infinie2 ».
 


1 Voir CORBIN, Henry , En Islam iranien.Tome III, chap. IV, Gallimard.
Ce texte est en quelque  sorte le résumé de cet article.
 Un Hadith est une parole attribuée au Prophète qui
  ne figure pas dans le Coran.
2 Karuna Platon, L’Instruction du Verseur d’Eau,
Éditions de la Promesse, 2000.
Extrait de l'ouvrage : "La Dodécalogie appliquée à quelques textes de diverses traditions" sur http://dodecalogie-appliquee.wifeo.com/
Les sept sens ésotériques du Coran 
 selon Sâ'înoddin'Alî Torkeh Ispahânî (Perse, XVe s.) :
 
 
 
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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 09:26

   Le labyrinthe de Crète,

   250px-NAMA_Tablette_1287.jpg

 

Représentation du labyrinthe, époque mycénienne, Pylos,

Musée national d'Athènes

 

la maîtrise du Minotaure

 

200px-Minotauros_Myron_NAMA_1664_n1.jpg

 Statue de Myron,

Musée national archéologique d'Athènes.

 

 

et le Fil d'Ariane

 

 

 

"Comme chacun peut le remarquer, la voie du labyrinthe des cathédrales anciennes mène inévitablement au Centre. Ce labyrinthe, peu d'auteurs le remarquent, n'a rien à voir avec celui d'Egypte décrit par Hérodote et par Strabon, ni avec celui construit par Dédale qui s'y perdit cependant avec son fils Icare. En Crète, « le labyrinthe recelait dans ses murs aveugles un lacis de couloirs, l'ambiguïté fallacieuse de mille parcours, où les marques d'une route se rompaient sur une erreur qu'on ne discernait pas et d'où l'on ne pouvait revenir1» au point que « d'innombrables détours et méandres rendaient impossible la reconnaissance d'une sortie.2 » En effet, « il brouille les points de repère des différentes voies et il induit le regard en erreur par leurs sinuosités perfides.3 » Ce sont lieux de pièges, d'impasses et de perdition... Ils redeviennent à la mode sous la forme de jeux offerts aux vacanciers, labyrinthes-dédales éphémères, ayant la forme d'entrelacs de maïs dans lesquels on se perd pour mieux se retrouver4. Tous les jeux vidéo déploient d'interminables dédales où le héros doit déjouer les embuscades des ennemis et des monstres. Plus sérieusement, les plongeurs qui descendent dans l'enchevêtrement des grottes sous-marines, comme aux îles Bahamas par exemple, tout comme les explorateurs qui redoutent les brouillards terribles de l'Antarctique, avancent en posant un fil d'Ariane qui seul leur permettra de revenir sur leurs pas. 

250px-Theseus_Minotaur_Mosaic.jpg

Mosaïque romaine de Rhétie
.
Canton de Fribourg. Suisse.


Les labyrinthes à voie unique dont on connaît le tracé n'offrent aucune difficulté de parcours, même s'ils peuvent être angoissants, au contraire de ceux à voies multiples faits pour perdre l'imprudent qui ose s'y aventurer. Les parois5 du labyrinthe ne sont là que pour encadrer le chemin qu'elles enferment dans un jeu de pleins et de vides, avec pour seul choix réel d'aller de l'avant. Qui se risquerait à retourner en arrière ? Cela n'est pas envisageable, ni de rester sur place. Aller de l'avant dans la seule voie possible ne nécessite apparemment nul fil d'Ariane. Ceux qui ont précédé Thésée dans le labyrinthe crétois n'ont pu qu'arriver au centre, mais le Minotaure les a dévorés.
 



Mosaïque romaine.
Thésée est celui qui a été reconnu, celui qui a reçu un dépôt, telle est la signification de son nom d'après Plutarque. Ariane, la blonde, la très pure, la lumineuse, a reçu de Dédale, le constructeur du labyrinthe, la pelote de fil qu'elle lui donne et qui lui permet ensuite de ressortir. Dans un premier temps, il atteint le Centre « où seul le Héros peut aller impunément, où seul l'Eveillé a sa Demeure éternelle.6 » Pour les alchimistes, le labyrinthe est le symbole de la matière en putréfaction ; atteindre le centre du tracé, la chambre secrète, permet de sortir régénéré.
Un dessin du XVe siècle représente Thésée coiffé d'un casque mercurien, tenant d'une main une massue semblable à celle d'Hercule, et de l'autre une petite sphère, symbole de la maîtrise du processus vital selon Parménide et Platon.


 


Dessin de la "Florentine Picture Chronique"
, Italie, 1460-1470.


Pourquoi ce rapprochement entre Thésée et Hermès ? La double hache crétoise appelée labrys, si souvent trouvée à Cnossos, n'a-t-elle pas le même sens symbolique que le caducée d'Hermès ? Cette double hache est l'attribut de Shango, dieu de la foudre chez les Yorubas du Nigéria.

 



Labrys, la double hache crétoise
est l'attribut de Shango, dieu de la foudre chez les Yorubas du Nigéria.


L'Eveillé tient en main le binaire de la manifestation dont il connaît les deux tranchants. Il est au-delà de tout binaire, « dans l'Unité de l'Eveillé, au Centre du Labyrinthe » et fait alors retour dans la vallée « pour maintenir la conscience du Fil d'Ariane qui permet de ne pas se perdre dans les entrelacs du labyrinthe6 ». La Source est en Lui au sortir du labyrinthe-dédale anti-créationnel et « lentement, la Vie revenant, » il apprendra « la première loi de la Vie qui est :

“Le Rythme du Respir”

Inspir et Expir étant le Rythme du “Respir-Dieu” » et « vous serez surpris de vous trouver
“dans la Spirale qui monte vers le Ciel”...7 »
Quel est alors le nouvel état d'être de celui qui ressort ainsi ?
TOUT VA DE SOI.
« Et la Source coule alors en suivant les méandres d'un nouveau Labyrinthe qui se construit, mais dans l'existence consciemment vécue, en conscience du Labyrinthe. ».

Mais d'abord faut-il entrer dans le labyrinthe en tenant en main ce Fil de la conscience « afin que la rencontre un jour avec le Minotaure ne se solde pas par la mort mais par la sortie du Labyrinthe. 6 »


 

 

Le Minotaure. Pièce de monnaie crétoise.

 
Il ne suffit pas en effet d'avoir tué le Minotaure, « c'est là que tout commence : car le réajustement à la Terre pour qui a vaincu le Minotaure n'est pas chose facile ; il ne s'agit ni d'épouser Ariane ni de congédier Ariane pour employer la nomenclature du mythe arrivé jusqu'à vous ; il ne s'agit point de se glorifier d'avoir atteint le Cœur du Labyrinthe et la sortie du Labyrinthe en étant resté en forme terrienne ; il faut encore aller au-delà 8 » pour un autre voyage, celui du Trois fois Né à l'image du Trismégiste. N'est-ce pas cela, avoir une Ligne de Conduite, ne pas rester au niveau de la voie ancestrale mais faire retour au Point Source de toute spirale, de tout labyrinthe ?
Que peut-il y avoir d'autre sur ce chemin puisque « à la sortie de tout labyrinthe, l'homme ne trouvera jamais que d'autres labyrinthe
s9 » ? Sur le « Chemin Initiatique » il arrive un temps où « pourront s'écouler en vous tous les éléments de base qui formeront dans votre être les matériaux alchimiques dont vous avez besoin pour poursuivre vos pas à travers le labyrinthe de l'Initiation des Hiérophantes10 » et parvenir à atteindre, par là, l'Ultime Réalité...

Dans tous les labyrinthes humains, le « Fil de Radiance d'Ariane [à tenir en main] dans les méandres des labyrinthes des jours11 » est toujours triple. Tout humain déploie en effet sa vie sur les trois plans physique, émotionnel-relationnel et mental, qui le constituent dans son intégralité et dans son intégrité. C'est pourquoi en réalité le Fil d'Ariane est torsadé par trois, comme la Corne de la Licorne, l'animal mythique que seule, nous dit la légende, la Dame, l'être vierge par excellence, c'est-à-dire dépourvu de toutes notions, peut approcher.
Chacun des fils de ce Fil correspond donc à l'un des plans de l'être humain, un fil physique, un fil émotionnel-relationnel, un fil mental qui doivent s'équilibrer, se tresser et se déployer conjointement.
Sur le tympan de l'église de Wechselburg (Allemagne), l'Agneau de Dieu au centre est accompagné à gauche d'un nœud trinaire à trois boucles qui enlace le cercle et à droite, d'un carré noué des angles duquel jaillissent des fleurons trinaires. La Trinité cosmique fait jaillir sur Terre une vie nouvelle.





Tympan de l'église de Wechselburg.


Les sculpteurs lombards représentaient jadis un nœud composé par un ruban à trois fils qu'ils appelaient le Fil de la Trinité12 (17). Aussi, lorsque nous parlerons du Fil, le lecteur ne doit pas oublier qu'il s'agit de ces trois fils qu'il est bon parfois de distinguer pour mieux comprendre de quoi il s'agit, bien qu'ils n'en forment en vérité qu'un seul.
Ce Fil, c'est, nous dit la Langue des Oiseaux, le Feu-I-L, le Feu divin manifesté puisque I est, selon Dante, l'un des noms de Dieu13. Et « la première fonction de l'humain, c'est l'incarnation du Feu14 », non point le vol du feu divin comme le fit Prométhée voulant se l'approprier, mais la seule manifestation de ce Feu dans son Corps-Cœur sans désir d'ego. Cela ne peut se faire seul, c'est pourquoi il est dit :
« Prenez comme Guides ceux qui tirent vos Trois Fils, vos Trois Plans, et qui ne vous acheminent pas vers les luttes, vers l'introspection, vers le désir de tuer la dualité.
Prenez comme Guides, les Guides de l'humanité qui disent “ Unité toujours”14 ».
L'âme s'incarne dans la Matière pour mettre en Œuvre ce Fil triple par les Filières qui lui sont propres, particulières. « La réitération d'une Filière marque l'incarnation de cette Filière.14 »
Très peu nombreuses au départ, les filières se multiplient dans le phénoménal avant de se résorber de nouveau, les deux Filières essentielles étant, d’après le  Bréviaire du Chevalier, celle des Chevaliers et celle des Filles du Feu15. L'histoire personnelle de chacun se résorbe alors pour laisser place à la seule Légende d'un cheminement qui s'image par Unité-Multiple-Unité. Faut-il attacher de l'importance aux détails, aux petites contrariétés de l'existence ? « Ne t'appesantis point, disciple de l'Ecole de Vie, sur les événements de ton quotidien. Ce sont autant de piqûres sur la trame du Fil unitaire qui te joint à chaque Instant, à tout Moment, à ton Unité. S'appesantir sur ces piqûres réitère la douleur, c'est pourquoi il fut dit : “Seule la Légende est à maintenir” (à main-tenir). »
Le Fil de Radiance est le seul véritable Lien, le Lien avec le divin, le lien initiatique, le lien qui ne lie pas puisqu'il est rattachement conscient à la Source de Soi-même, ce Soi (Atma), qui est le même que le soi mineur, dans son Essentiel.
Selon l'expression populaire, perdre le fil de sa pensée, de son discours, de son idée, n'est-ce pas déjà quitter l'inspiration qui nous anime ? L'essentiel est de s'en remettre à cet au-delà de toutes les apparences, à cet au-delà de tout le raisonnable. « Ne perdez pas le Fil d'Ariane. Le Labyrinthe a sa raison d'être pour le retour conscient à la Toute Conscience.
Ne perdez plus votre Energie à vouloir rectifier, expliquer par la raison terrestre des problèmes irrationnels, aides au dépassement de votre raison raisonnante.15 »
Alors, par ce Fil trine, le Feu divin fait son œuvre et tisse d'amour le devenir.
« La Chaleur de ton Cœur est un Lien universel (uni-vers-SEl ou uni-vers-Ciel), un Lien d'Amour. Lien qui ne lie pas car la Chaleur du Cœur n'est pas la tiédeur dans laquelle il fait seulement bon vivre.14 »
La Chaleur du Cœur est l'Energie propulsive et chacun participe au Lien universel. En poussant les choses à l'extrême : « Ce n'est même pas le Fil d'Ariane que vous avez en main ; vous êtes le Fil.
Pour être le Fil, il ne faut point ni désir de Fil, ni désir de ramener autrui au Fil, ni notion que les autres ne sont pas dans le Fil. Autrui est toujours dans le Fil ; pour vous, il est toujours le Minotaure. En fin de compte (ou de conte), vouloir faire rentrer le Minotaure dans le Fil, c'est être un rêveur, c'est se croire au-dessus et du Fil et du Minotaure, et par conséquent au-dessus des dieux.14 »
Quelle énergie ne dilapide-t-on pas à vouloir jouer les redresseurs de torts ou de tores, alors que le seul être que nous pouvons véritablement changer est nous-même en regardant de manière objective les objets mentaux que sont l'avidité, la jouissance, l'insatisfaction et la libération.
« Ne vous occupez pas de l'autre, c'est le Minotaure. Il est en fin de compte au bout du Fil d'Ariane, au bout de vos chicanes, de vos labyrinthes. Les chicanes, dans tous les sens du mot... Vous ne faites que vous acheminer à travers ces chicanes de Minotaure en Minotaure15 » Tout cela n'est que déperdition d'énergie, imbroglios inutiles, fausses pistes prises par refus de se connaître, par peurs et désirs qui s'engendrent mutuellement et nous détournent de la Fonction - le Feu de l'Onction - qui est la nôtre. « Telle est votre Fonction, la Connaissance du Fil pour le maintien du Fil par vous, pour vous et tout autour de vous. Laissez les chicanes, laissez les labyrinthes dans lesquels les proches veulent vous entraîner, les proches de votre ego, pas de votre Intelligence.14 »
Les proches peuvent prendre les apparences terribles du Minotaure mais aussi celles, séduisantes, de la beauté. « Laissez les plus belles perles briller et ne vous souvenez que du seul Fil qui les traverse, les maintient alignées et en fait ainsi un resplendissant collier et non point perles éparses sur lesquelles toujours trébucher et tomber.
C'est le Fil d'Ariane que vous avez en main !16 » « avant que vous ne l'incarniez, avant que vous soyez le Fil d'Ariane14. »
Lorsque se rompt le fil d'un collier, les perles roulent à terre et deviennent occasion de chute ! Mais lorsque les perles du collier brillent de leurs mille feux, qui voit le fil, qui garde la conscience du Fil, « fil qui n'est pas autre chose que la propulsion de l'Energie elle-même14 »?
Krishna, symbolisant l'espace infini de l'univers, ne déclare-t-il pas : « Sur Moi toutes choses sont enfilées comme un rang de perles sur un fil.17 »
Qui peut prétendre s'identifier à Cela ? Pourtant, en vérité, il n'y a que Cela !
Dans toutes les traditions, on égrène le chapelet dont les grains sont comme la chaîne des mondes, 108 grains en Orient, 99 dans l'Islam et dans le christianisme. Mais qui garde la conscience du fil qui les maintient ?
Certes, si la Vie tient à un Fil, c'est celui-là et non point le seul fil du souffle respiratoire qui s'éteint lors du « désincarnement18 », lors de la mort apparente, lorsque le véhicule de chair cesse sa fonction transitoire pour être restitué à la Matière.

Pourquoi le Fil d'Ariane est-il nécessaire à Thésée pour trouver le chemin du retour ?
La peinture d'un vase étrusque suggère la réponse à la question : pourquoi ce fil ? On y voit Thésée saisissant la corne du Minotaure de la main gauche et le transperçant de son épée de la main droite. Il le passe au fil de l'épée. Derrière lui se tient Ariane immobile19. Un fil sort de sa tête, elle le dévide de ses deux mains et ce fil s'enroule en spirale sous le pied droit de Thésée qui s'appuie sur elle.20

 





Dessin d'un vase étrusque de Caeve représentant Ariane, Thésée et le Minotaure,
d'après Rudolf Kutzli, "Le dessin des formes", Les Trois Arches, tome II, 1988.


Ce Fil symbolise à l'évidence la maîtrise consciente des événements. « Saisir le fil » ne veut-il pas dire comprendre ; inversement « perdre le fil » ne signifie-t-il pas s'égarer en ayant perdu le but cherché, ne plus savoir où l'on en est ? Ariane le tient en main, ce Fil, elle est réceptivité, connaissance. Lui, par cette connaissance reconnue, va pouvoir accomplir l'acte juste, tuer en lui le monstre mi-animal mi-humain encore, pour devenir dieu. Alors, il ne cherche pas un envol dans le ciel, comme Icare et Dédale ne retrouvant plus la sortie, mais il ressort par le même chemin, tenant cette fois son Fil en main. Nul besoin alors n'a-t-il d'Ariane pour être, du moins tant qu'il ne perd pas le fil de la conscience. La légende dit qu'il abandonna celle-ci sur l'île de Naxos, sur l'ordre d'Athéna, ou que des vents poussèrent malgré lui son voilier vers le large alors qu'Ariane dormait encore à terre. Cette seconde version est peut-être plus juste que la première puisque c'est alors les événements qui choisissent. Mais qu'importe ? Même dans ce cas, c'est lui qui, par la loi de correspondance-répondance, provoque l'événement. Tout héros a son « talon d'Achille », car là n'est pas encore le but. Thésée ne va pas jusqu'au bout, sa conduite n'est pas authentique puisqu'il reste dans la dualité. Il n'a pas de réelle ligne de conduite et cela nous interroge.
« La Ligne de Conduite, c'est le Fil d'Ariane donné à Thésée. Thésée est le guide du Fil et Thésée est dans la dualité. Il veut pénétrer dans le labyrinthe, il veut combattre le monstre bipartide. Il entre dans le labyrinthe. Il sort du labyrinthe. Il abandonne Ariane. Dualité toujours.
Voyez votre Ligne de Conduite.
Est-ce le Thésée de vous-même qui veut combattre le monstre, qui veut pénétrer dans le labyrinthe ?
Est-ce le Guide qui accroche les Trois Fils pour les faire pénétrer dans votre Conduite, là où souvent votre personnalité ne veut point aller ?14 »
Dans le labyrinthe de la Matière, apparemment dédale à voies multiples, le Fil d'Ariane est la conscience intuitive de l'existence d'une autre Force que l'on peut toujours saisir au milieu de l'agitation du monde et qui réduit ce monde malgré son apparente complexité à un labyrinthe à voie unique dans lequel il n'y a rien d'autre à faire que de suivre, mais avec le Fil véritable tenu en main, avec l'intelligence intuitive que donne la juste réceptivité.
« Voyez les lignes de conduite des êtres humains.
Ceux que l'on dit “normaux” vont dans le labyrinthe pour combattre la nature par la culture et la science.
Ceux que l'on dit “alternatifs” pénètrent dans le labyrinthe pour combattre le mal. Ils pénètrent dans le labyrinthe pour combattre par la fuite le mal extérieur.
Ils entrent en eux, fuyant le monde alentour. Dualité.
Ils entrent en eux pour combattre le Minotaure. Dualité.
Ils pensent détruire le monstre et oublient que Thésée abandonne Ariane après sa victoire sur le monstre.15 »
Rester dans la dualité, c'est s'évertuer en vain et, comme l'enseigne Maître Echkart, « l'homme vertueux n'a pas de vertu », l'avoir ne le concerne plus. La lutte contre quoi que ce soit renforce inévitablement ce contre quoi l'on prétend lutter.
« Ne gaspillez pas les forces dans des activités inutiles.
Maintenez la Force pour la Collaboration du Feu de la Vérité dans vos contacts avec autrui.
Maintenez toujours la conscience au sommet. Ne vous laissez pas rebuter par les difficultés de la route.
Soyez souple et soyez Eau, et c'est là où l'Eau se perçoit Feu.14 »



Carreau de l'abbaye de Toussaints. Châlon-sur-Marne.


1 VIRGILE cité par DANCOURT, Michèle - Labyrinthe ou Dédale - in OTRANTE - Art et Littérature Fantastique - Le Labyrinthe - Fontenay-aux-Roses : GEEEFF, n° 7, hiver 1994, note 12, p. 9.
2 APPOLODORE cité par DANCOURT, Michèle - Labyrinthe ou Dédale - Ibidem.
3 OVIDE cité par DANCOURT, Michèle - Labyrinthe ou Dédale - Idem.
4 Reignac-sur-Indre, château de Villandry (Indre et Loire), Cordes-sur-Ciel (Tarn).
5 MONIN, Emmanuel-Yves - Confèrence inédite - 1993.
Les Sons de Dieu, op.cit.
7 MONIN, Emmanuel-Yves - Le Son du Désert - Op. cit., p. 28.
8 ATTALI, Jacques - Chemin de sagesse : traité du labyrinthe - Fayard, 1996, p. 223.
L'Instruction du Verseur d'Eau - Op. cit., p. 128.
10 MONIN, Emmanuel-Yves - La Chasse sacrée, noble science de Vénerie - Le Point d'Eau, 1988, p. 65.
11 Voir La Métaphysique des Chiffres - Op. cit. - Chap. III.
12 La Divine Comédie - Le Paradis - Chant XXVI.
13 MONIN, Emmanuel-Yves - Conférence inédite, mars 1998.
14 Le Bréviaire du Chevalier - Op. cit., tome I, p. 211.
15 La Chasse sacrée, noble science de Vénerie - Op. cit., p. 172.
16 L'Instruction du Verseur d'Eau - Op. cit., p. 422.
17 BHAGAVAD-GÎTÂ - Cité par GUÉNON, René - Symboles de la Science Sacrée - Gallimard, 1962, p. 347.
18 PLATON, Karuna. Il est nécessaire de distinguer « incarnement » signifiant que l'âme prend corps (et désincarnement, le contraire) d' « incarnation » signifiant que l'Esprit parfait prend chair.
19 "A-rian' : A privatif de Rio, le centre immobile". Emmanuel-Yves Monin, Conférence inédite.
20 C'est aisé à comprendre. Il y a le Minotaure-vous, le Labyrinthe-vous, Ariane-vous, Thésée-vous... et taisez-vous!
 
Extrait de Du Tissage des Formes aux Entrelacs de la Vie, http://sens-des-entrelacs.wifeo.com/de-la-spirale-au-labyrinthe.php
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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 21:18

Le culte de Mithra remonte-t-il

 

aux Grecs seulement

 

ou vient-il d'Iran ?

 

  Toujours est-il qu'il précéda celui du Christ,

 

et qu'il lui fut contemporain

 

aux premiers siècles du christianisme.

 

  

 

En Iran, Mithra était le premier des Izeds (anges), ou une personnification d'Ormuzd lui-même, considéré comme le principe générateur qui perpétue et rajeunit le monde.  Il était le fils de la déesse « Anahita, Vierge Immaculée, Mère du seigneur Mythras » (inscription datant de l'an 200 av. J.-C., dédicace d'un temple séleucide d'Iran) dont le temple à Kangavar est très important. Mithra était l'lzed du Soleil et donc le dieu de la lumière, l'ennemi d'Ahriman, dieu des ténèbres et de ses Devs (démons). Mithra fécondait la Terre, il concentrait en lui toutes les forces productives de la nature en sacrifiant le taureau qui les personnalisait.  

  311px-Fresque_Mithraeum_Marino.jpg

 

  Fresque de  Marino.

 

 

Son culte a été adopté  par la Grèce et s'étendit à tout le monde gréco-romain lorsqu'il fut repris par les légions romaines. En Asie Mineure, son culte est confirmé chez les Hittites deux mille ans avant J.-C. Il arriva à Rome en même temps que le christianisme.

 

(Source : Wikipedia)

 

 

 

300px-Taq-e_Bostan_-_High-relief_of_Ardeshir_II_investiture.jpg

 

Investiture de l'empereur sassanide Adashir I ou II, par le yazata Mithra.
(3rd century CE bas-relief at Taq-e Bostan, Iran.)
   
 300px-Mithras_banquet_Louvre_Ma3441.jpg

 Fresque de  Marino.  

A remarquer : le serpent, le caducée, les bonnets phrygiens. 

 

   

Le sacrifice du taureau est sans conteste la scène la plus représentée dans les sanctuaires du dieu, qu'il s'agisse de sculptures, de bas-reliefs ou de fresques. Mithra chassait, rattrapait et tuait le taureau symbolisant l'origine de la vie, et le sang de l'animal fertilisait la terre.

  Mithra, "Dieu-Soleil" de Perse, précède le mythe chrétien d'au moins 600 ans. Comme le Christ, il serait né dans une grotte, d'une vierge (à entendre au sens juste de vierge de toutes notions), au solstice d'hiver et fut appelé "le bon berger". Il était appelé "la voie, la vérité et la lumière", "le rédempteur", "le sauveur", "le Messie".

En Europe, Noël vient remplacer la fête du "Soleil Invaincu", Sol Invictus, fête romaine instituée sous l'empereur Aurélien au troisième siècle, reprenant des aspects du culte d'Apollon et de celui de Mithra.

Associé au taureau, le jour sacré de Mithra était le dimanche, le "jour du Seigneur," des centaines d'années avant l'émergence du mythe christique. Il était particulièrement célébré autour de la période du renouveau printanier, comme Pâques. Il avait 12 compagnons ou disciples, accomplissait des miracles et fut enterré dans un tombeau. Après trois jours, il se leva et sa résurrection était célébrée chaque année. Les paroles de la Cène sont empruntées à celles des sectateurs de Mithra.  

 Mithra est ainsi un dieu sauveur. L'immolation du taureau a une dimension cosmique : " Le sacrifice est le fait non des hommes, mais des dieux, et c'est un acte de création : le sacrifice fonde le monde. " (R. Turcan, Mithra et le mithriacisme, p.103).  

Dans le monde gréco-romain, le culte de Mithra est devenu un Mystère. Lors de son initiation, le néophyte passe de l'obscurité à la lumière, meurt symboliquement, puis renaît à une vie autre. Les initiés portaient chacun un grade : corbeau (corax), fiancé ou jeune marié (nymphus), le soldat (miles), le lion (leo), le Perse (Perses), l'Heliodrome (Heliodromus) et le Père (Pater). Ceci est principalement attesté en Italie, notamment par de nombreuses inscriptions et par la mosaïque du sanctuaire de "Sette Sfere" à Ostie.    

 (d'après http://www.webnietzsche.fr/mythes.htm)

 

   

"O Providence, O Fortune, accordez-moi Votre Grâce - communiquez-moi ces Mystères  

que seul un Père peut appréhender, & communiquez-les au seul Fils - son Immortalité -  

au Fils initié, qui le mérite de par son Habileté, par lequel le Soleil Mithra, le Grand Dieu,  

par Son Archange m'a commandé d'être investi ; pour qu'ainsi je puisse seul, moi l'Aigle  

[tel que je suis, de par ma propre personne], m'élever vers les Cieux  

& contempler toutes choses."

http://lam.mithra.free.fr/doc/rituel_mithraique.pdf  

   

 

180px-Ostia_Antica_Mithraeum.jpg

 

   Mithraeum d'Ostie.

 

Comment est décrit le Mithraeum d'Ostie?  

"La pièce principale du sanctuaire est une salle allongée, la « grotte » proprement dite (spelunca, spelaeum), pourvue d'un autel ou d'un simple relief cultuel à une extrémité, et de bancs surélevés (podia) tout le long des deux côtés. L'entrée se fait souvent par une antichambre (pronaos). La grande caractéristique de ce sanctuaire par rapport aux autres cultes païens est la localisation du sanctuaire (le naos) à l'intérieur même de la salle d'assemblée où avaient lieu les principales manifestations de la communauté cultuelle : l'initiation, les repas rituels, etc. La niche cultuelle avec son relief de la taurochtonie et ses objets cultuels constituaient le point focal d'attention de la communauté. La salle de culte est de dimensions modestes et correspond à une communauté de taille réduite."  

(Wikipedia)  

 

Le rite du taureau captif, que l’on retrouve aussi bien en Normandie qu’au Monte Gargano italien est celui du culte à Mithra si répandu en Gaule au temps des Romains. L’enceinte mégalithique protégeait une tombe gigantesque. Saint Pair (Paternus) et saint Scubilion eurent mission de détruire, en 480, le circuit initiatique s’achevant à la ‘chambre de Gigean’.

 



Jusqu’au IXe siècle le Mont-Saint-Michel, baptisé ainsi par Charlemagne,
  

s’appelait le Mont Tombe.
Voir: LE MONT-SAINT-MICHEL DE NORMANDIE
  

 

L'ENERGIE DE GARGANTUA, SES TOMBES ET LES MONTS GARGAN  

 

Il est certain que des mégalithes existaient au sommet du ‘Mont Tombe’ que remplacera le sanctuaire du Mont-Saint-Michel : deux menhirs et une enceinte sacrée. Une description romaine en fait état pour justifier l’implantation d’un temple où il est question d’ossements, et de quelques parures anormalement grandes et "très antyques", le tout retrouvé dans deux fosses mises à jour à l’occasion de travaux de terrassements.    

(D’après André Douzet http://www.france-secret.com/montstmichel_art.htm ) 

 

 

 

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     Grotte sanctuaire du Monte Gargano.

   

Au Monte Gargano, un jour, un riche propriétaire terrien de Siponto faisait paître ses troupeaux. Tout à coup, son plus beau taureau disparaît. Après de longues recherches, il le trouva agenouillé près de  l'ouverture d'une grotte. Irrité, il voulut décocher une flèche envers l'animal rebelleMais aussi incroyable que cela paraisse, la flèche, au lieu de toucher le taureau  le blessa au pied.  

  

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Statue du VIIIe-IXe siècle. 

Basilique du Monte San Angelo.

 

 

 Saint Michel est souvent représenté avec la balance du peseur d’âmes ; il est psychopompe, succédant en cela à Osiris, dieu égyptien du monde des morts, à Rashu, l’ange placé près de Mithra dans l’ancienne religion des Perses. Au Tibet, la pesée se fait avec des cailloux blancs pour les bonnes actions et des cailloux noirs pour les mauvaises.  La pesée des âmes est aussi évoquée dans le Coran. 

 

L'ARCHANGE SAINT MICHEL AU MONTE GARGANO

 

 

Il est remarquable de voir que, dans les mentalités humaines, les ères s'interpénètrent : l'Ere du Taureau a perduré au début de celle du Poisson et continue encore avec les corridas espagnoles où le matador en habit solaire met à mort le taureau dans un autre rituel. L'ère du Verseau se conjugue actuellement avec l'Ere du Poisson et celle du Bélier puisque l'immolation du mouton continue dans tous les pays musulmans.

   

 

 

 

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