Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 07:09

 

 

1089725841.jpg 

« Nous faisons des offrandes pour l’équilibre du monde,
mais le “petit frère”, le Blanc, n’entend pas.

Les forêts disparaissent,
les rivières s’assèchent,
 la terre souffre,
nous essayons de protéger le monde,
mais nous sommes fatigués…

Pourquoi le petit frère n’écoute-t-il pas ? »

 

Miguel Dingula – 

Mamu (chaman) de la communauté Koguis 
de Maruamaké. (Colombie - Juin 2002)

&&&

Réponse du chef Seattle, de la tribu des Duwamish,
faite en 1854 au gouvernement américain
qui lui proposait d’abandonner sa terre aux « Blancs » 

contre la promesse d’une « réserve »
pour le peuple indien :

Chief_seattle.jpg
Le chef Seattle (v. 1786-1866).
 

 

« Comment pouvez-vous acheter ou vendre le ciel, la chaleur de la terre ? L'idée nous paraît étrange.

Si nous ne possédons pas la fraîcheur de l'air et le miroitement de l'eau, comment est-ce que vous pouvez les acheter ?

Chaque parcelle de cette terre est sacrée pour mon peuple. Chaque aiguille de pin luisante, chaque rive sableuse, chaque lambeau de brume dans les bois sombres, chaque clairière et chaque bourdonnement d'insecte est sacré dans le souvenir et l'expérience de mon peuple.
La sève qui coule dans les arbres transporte les souvenirs de l'homme rouge.

 

Les morts des hommes blancs oublient le pays de leur naissance lorsqu'ils vont se promener parmi les étoiles. Nos morts n'oublient jamais cette terre magnifique, car elle est la mère de l'homme rouge.
Nous sommes une partie de la terre, et elle fait partie de nous. Les fleurs parfumées sont nos sœurs ; le cerf, le cheval, le grand aigle, ce sont nos frères. Les crêtes rocheuses, les sucs dans les prés, la chaleur du poney, et l'homme - tous appartiennent à la même famille.

Aussi lorsque le Grand Chef à Washington envoie dire qu'il veut acheter notre terre, demande-t-il beaucoup de nous. Le Grand Chef envoie dire qu'il nous réservera un endroit de façon que nous puissions vivre confortablement entre nous. Il sera notre père et nous serons ses enfants. Nous considérons donc votre offre d'acheter notre terre. Mais ce ne sera pas facile. Car cette terre nous est sacrée.

Cette eau scintillante qui coule dans les ruisseaux et les rivières n'est pas seulement de l'eau mais le sang de nos ancêtres. Si nous vous vendons de la terre, vous devez vous rappeler qu'elle est sacrée et que chaque reflet spectral dans l'eau claire des lacs parle d'événements et de souvenirs de la vie de mon peuple. Le murmure de l'eau est la voix du père de mon père. 
Les rivières sont nos frères, elles étanchent notre soif. Les rivières portent nos canoës, et nourrissent nos enfants. Si nous vous vendons notre terre, vous devez désormais vous rappeler, et l'enseigner à vos enfants, que les rivières sont nos frères et les vôtres, et vous devez désormais montrer pour les rivières la tendresse que vous montreriez pour un frère.

 

Nous savons que l'homme blanc ne comprend pas nos mœurs. Une parcelle de terre ressemble pour lui à la suivante, car c'est un étranger qui arrive dans la nuit et prend à la terre ce dont il a besoin. La terre n'est pas son frère, mais son ennemi, et lorsqu'il l'a conquise, il va plus loin. Il abandonne la tombe de ses aïeux et cela ne le tracasse pas. Il enlève la terre à ses enfants et cela ne le tracasse pas. La tombe de ses aïeux et le patrimoine de ses enfants tombent dans l'oubli. Il traite sa mère, la terre, et son frère, le ciel, comme des choses à acheter, piller, vendre comme les moutons ou les perles brillantes. Son appétit dévorera la terre et ne laissera derrière lui qu'un désert.

Je ne sais pas. Nos mœurs sont différentes des vôtres. La vue de vos villes fait mal aux yeux de l'homme rouge. Mais peut être est-ce parce que l'homme rouge est un sauvage et ne comprend pas.

Il n'y a pas d'endroit paisible dans les villes de l'homme blanc. Pas d'endroit pour entendre les feuilles se dérouler au printemps, ou le froissement des ailes d'un insecte. Mais peut-être est-ce parce que je suis un sauvage et ne comprends pas. Le vacarme semble seulement insulter les oreilles. Et quel intérêt y-a-t-il à vivre si l'homme ne peut entendre le cri solitaire de l'engoulevent ou les palabres des grenouilles autour d'un étang la nuit ? Je suis un homme rouge et ne comprends pas. L'Indien préfère le son doux du vent s'élançant au-dessus de la face d'un étang, et l'odeur du vent lui-même, lavé par la pluie de midi, ou parfumé par le pin pignon.

L'air est précieux à l'homme rouge, car toutes choses partagent le même souffle - la bête, l'arbre, l'homme, ils partagent tous le même souffle. L'homme blanc ne semble pas remarquer l'air qu'il respire. Comme un homme qui met plusieurs jours à expirer, il est insensible à la puanteur. Mais si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler que l'air nous est précieux, que l'air partage son esprit avec tout ce qu'il fait vivre. Le vent qui a donné à notre grand-père son premier souffle a aussi reçu son dernier soupir.

Et si nous vous vendons notre terre, vous devez la garder à part et la tenir pour sacrée, comme un endroit où même l'homme blanc peut aller goûter le vent adouci par les fleurs des prés.

Nous considérerons donc votre offre d'acheter notre terre. Mais si nous décidons de l'accepter, j'y mettrai une condition : l'homme blanc devra traiter les bêtes de cette terre comme ses frères.

Je suis un sauvage et je ne connais pas d'autre façon de vivre. J'ai vu un millier de bisons pourrissant sur la prairie, abandonnés par l'homme blanc qui les avait abattus d'un train qui passait. Je suis un sauvage et ne comprends pas comment le cheval de fer fumant peut être plus important que le bison que nous ne tuons que pour subsister.

Qu'est-ce que l'homme sans les bêtes ? Si toutes les bêtes disparaissaient, l'homme mourrait d'une grande solitude de l'esprit. Car ce qui arrive aux bêtes, arrive bientôt à l'homme. Toutes choses se tiennent.

 

Vous devez apprendre à vos enfants que le sol qu'ils foulent est fait des cendres de nos aïeux. Pour qu'ils respectent la terre, dites à vos enfants qu'elle est enrichie par les vies de notre race. Enseignez à vos enfants ce que nous avons enseigné aux nôtres, que la terre est notre mère. Tout ce qui arrive à la terre, arrive aux fils de la terre. Si les hommes crachent sur le sol, ils crachent sur eux-mêmes.

Nous savons au moins ceci : la terre n'appartient pas à l'homme ; l'homme appartient à la terre. Cela, nous le savons. Toutes choses se tiennent comme le sang qui unit une même famille. Toutes choses se tiennent.

Tout ce qui arrive à la terre, arrive aux fils de la terre. Ce n'est pas l'homme qui a tissé la trame de la vie : il en est seulement un fil. Tout ce qu'il fait à la trame, il le fait à lui-même. »

 

  PS : Il faut  préciser que cette version du discours est un faux, vraisemblablement rédigé en 1970 et aurait peu de ressemblance avec le discours réellement prononcé par le chef Seattle. 
Cela  n'enlève rien à la force du texte ni à la valeur des idées qu'il transmet.

http://regorm.free.fr/ouvrages/livres/chamanisme.html


 

Repost 0
19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 09:57

L'on peut être surpris de trouver
dans la cathédrale de Saint-Bertrand-de-Comminges (Haute-Garonne)
des panneaux de bois sculptés représentant
l'Homme Sauvage d'une part,
la Femme Sauvage tenant un enfant dans ses bras de l'autre.

StBdeComminges.jpg

StBdeComminges2.jpg

Dans la rudesse du climat des Pyrénées, où l'homme était au contact de la nature,
des ours et des loups, les artistes ont maintenu longtemps les anciennes vérités :

"L'homme primitif possédait des sens d'une plus grande acuité :
sensibilité olfactive, acuité visuelle, auditive, gustative et sens développé du toucher.
Dans de nombreuses civilisations, le souci de l'esthétique tend à gommer
 tout ce qui rappelle cette animalité, notament par l'épilation, le rasage, etc.
Au fond, n'est-ce pas tout simplement le désir de ressembler aux dieux (selon les canons grecs)
qui pousse à refuser cette partie animale ?
Ici, l'Homme et la Femme Sauvages aux corps recouverts de poils
nous convient à retrouver cette Virilité
qui n'est pas essentiellement un attribut masculin mais,
dans le vrai sens du terme,
 la Force Divine (VIR-Il dans la Langue des Oiseaux : http://langue.des.oiseaux.free.fr/)
incarnée en l'Homme comme en la Femme.
Ils nous convient également à dépasser les apparences,
c'est-à-dire, non pas à tendre vers Dieu par les extérieurs (esthétisme),
mais par l'intérieur (éthique)."

 La Vouivre un Symbole Universel,  p. 238.

"LA VOUIVRE UN SYMBOLE UNIVERSEL" de K. APPAVOU ET R. R. MOUGEOT


Voir : L’ "Homme sauvage" dans tous ses états
http://www.marc-grodwohl.com/content/view/110/32/


LES FÊTES DE L'OURS

glycon.jpg

Repost 0
16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 18:08

Jesús León Santos,

paysan de la région de Oaxaca, Mexique,

 

obtient l’équivalent du Prix Nobel de l’Ecologie,

en 2008 avec cinq autres lauréats


LeonSantos.jpg

 

Peu le savent, mais il existe un prix de type « Nobel » pour l’écologie.

Cette année il a été gagné par Jesús León Santos, de 42 ans, un paysan mexicain indigène, qui a réalisé au long de ces 25 dernières années un travail extraordinaire de reforestation dans sa région de Oaxaca (sud du Mexique).

 La récompense se nomme « Prix Goldman pour l’environnement »
                                       (
http://www.goldmanprize.org/theprize/about_francais).

Il a été créé en 1990 par deux généreux philanthropes et citoyens engagés des Etats-Unis, Richard N. Goldman et son épouse Rhoda H. Goldman.

Il consiste en une dotation de 150 000 Dollars US et s’attribue chaque année, au mois d’avril, à San Francisco.

Jusqu’à présent il a été décerné à des défenseurs de l’environnement de 72 pays. En 1991 c’est l’Africaine Wangari Maathai qui l’a gagné, elle qui a obtenu ensuite le prix Nobel de la Paix en 2004.

 

Jesús León Santos l’a obtenu parce que, lorsqu’il avait 18 ans, il a décidé de changer le paysage où il vivait, dans la Mixtèque haute, la « terre du soleil ». Cela avait l’allure d’un panorama lunaire : étendues incultes et poudreuses, sans arbres, sans eau et sans fruits. Il fallait parcourir de grandes distances pour aller chercher de l’eau et du bois. Presque tous les jeunes émigraient pour ne jamais revenir, fuyant de tels plateaux et une vie si dure.

Avec d’autres habitants du lieu, Jesús León se fixa l’objectif de reverdir les champs. Et il décida de recourir à des techniques agricoles précolombiennes, que lui avaient enseignées des Indiens guatémaltèques, pour convertir des terres arides en zones de cultures et boisées.

 

Comment mener à terme le projet ? En faisant revivre un outil indigène oublié lui aussi : le « Tequio », le travail communautaire non rémunéré.

Il réunit quelque 400 familles de 12 municipalités, créa le Centre de Développement Paysan Intégral de la Mixtèque (Cedicam en espagnol), et ensemble, avec des moyens extrêmement limités, ils se lancèrent dans la grande bataille contre la principale responsable de la détérioration : l’érosion.

Dans cette région mixtèque, plus de 50 000 hectares ont perdu à peu près 5 mètres de hauteur de sol depuis le XVIe siècle. L’élevage intensif de chèvres, l’excès de troupeaux et l’industrie de production de chaux qu’établit la colonie détériorèrent la zone. L’usage de la charrue de fer et la coupe intensive d’arbres pour la construction des imposants temples dominicaux contribuèrent assurément à la désertification.

 

Jesús León et ses amis impulsèrent un programme de reforestation. Au pic et à la pelle ils creusèrent des fossés-tranchées pour retenir les eaux des quelques pluies, il semèrent des arbres en petites pépinières, travaillèrent l’abonnement et plantèrent des haies vives pour empêcher la fuite de la terre fertile.

Tout cela favorisa un regain aquifère. Puis, dans un effort titanesque, ils plantèrent environ quatre millions d’arbres d’espèces natives, acclimatés à la chaleur et sobres en absorption d’eau.

Puis ils se fixèrent le but d’obtenir la souveraineté alimentaire pour les communautés indigènes et paysannes.

Ils développèrent un système d’agriculture durable et organique, sans pesticides, grâce au sauvetage et à la conservation des semences natives du maïs, céréale originaire de cette région.

Ils ont surtout planté une variété très particulière au lieu, le « cajete », une des plus résistantes à la sécheresse. Elle se plante en février et mars, époque la plus sèche de l’année là-bas, avec très peu d’humidité dans le sol, mais quand arrivent les pluies elle croît rapidement.

 

Au bout d’un quart de siècle, le miracle s’est produit.

Aujourd’hui, la Mixtèque haute est restaurée. Elle a reverdi. Des sources ont surgi, avec davantage d’eau. Il y a des arbres et de la nourriture. Et les gens n’émigrent plus.

Maintenant, Jesús León et ses amis luttent contre les transgéniques, et plantent quelque 200 000 arbres chaque année...

Chaque jour ils font reculer la ligne de la désertification.

Avec le bois des arbres on a pu récupérer une activité artisanale qui avait disparu : la confection, en ateliers familiaux, de jougs de bois et ustensiles d’usage courant.

De plus, en des points stratégiques ont été enterrées des citernes en ciment armé, de plus de 10 000 litres de capacité, qui recueillent aussi l’eau de pluie en vue de l’arrosage de serres organiques familiales.

 

L’exemple de Jesús León se voit imité à présent par plusieurs groupes voisins, qui ont créé également des pépinières communautaires, et organisent ponctuellement des plantations massives. 

 

 

 

 LeonSantos2.jpg

Présentation des prix Goldman 2009 sur:
http://www.goldmanprize.org/pressroom/2009_prize_release_french



Les Ouroboros :
En plus d’une récompense monétaire, chacun des six récipiendaires annuels du Prix Goldman reçoit une sculpture en bronze qui est une version stylisée de l’Ouroboros, un serpent se mordant la queue. Commun à de nombreuses cultures autour du monde, l’Ouroboros est un symbole des pouvoirs de la nature et de son renouveau.




Representation copte de l’univers ;
l’ouroboros entoure le soleil, la lune et les quatre points cardinaux.

Symboles, Signes et marques, Georges Nataf, Berg International.


L'OUROBOROS, SYMBOLE UNIVERSEL DU TEMPS CYCLIQUE

L’OUROBOROS ET NOTRE PERCEPTION DU TEMPS

L'OUROBOROS, SA SIGNIFICATION ALCHIMIQUE 



glycon.jpg



Repost 0
15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 15:38

Les attributs de saint Roch,

guérisseur de toutes les pestes et des maladies de peau.



06MuseeContes.jpg

Saint Roch
, Musée de Contes, Alpes-Maritimes.

 

Dans nos églises, les statues donnent toujours les mêmes attributs à saint Roch : la cape et le bâton du pèlerin avec, très souvent, la coquille Saint-Jacques, puis l'Ange et le Chien. De plus il découvre sa jambe pour montrer la blessure de sa cuisse.  

 

 

Italie-Tableau.jpg

Créma, Italie.

Tableau de V. Civerchi.

 

 

"Roch est toujours figuré comme un homme dans la force de l'âge, d'une stature élevée et portant la barbe (comme il convient à un voyageur). Son costume est celui du pèlerin : long manteau agrafé à la hauteur du cou et quelquefois orné de coquilles, surtout dans les œuvres modernes ; tunique serrée à la taille par une courroie ; molletières d'étoffes emprisonnant les jambes ; grand chapeau de feutre à larges bords relevés sur le devant, et comme accessoires : long bâton quelquefois surmonté de la gourde traditionnelle et sac de toile porté en bandoulière…

 

 

Saturne.jpg 

 

  

"Peu de Saints ont joui et jouissent d'une aussi large notoriété, ont été et sont l'objet d'une aussi grande vénération."

(Esquisse d'une iconographie de Saint - Emile BONNET - Mémoire de la Société Archéologique de Montpellier - 1922)

 

Dans la préface du petit fascicule publié à l'occasion de l'exposition Saint Roch en Corrèze, l'évêque de Tulle écrit :

"Il tient une place de choix, son courage plein d'audace en face de la terrible peste qui ravageait son temps lui a donné un crédit peu commun. Ses gestes et son service des malades ont eu trop de grandeur pour tomber dans l'oubli. Il a inspiré une telle confiance qu'on a bâti en son nom des églises, qu'on lui a rendu un culte passionné, que les artistes ont inscrit pour toujours dans le bois et la pierre ce portrait aux allures si évocatrices de l'Evangile."
(Saint Roch en Corrèze du XVIème au XXème siècle - Exposition Château de Fadière - 1969 - Préface de J.B. BRUNON)

 


21HospBeaune

Saint Roch,
Hôpital de Beaune, Côte-d'Or.


Dans certaines hagiographies, on fait venir son nom de Roctch, en latin rubens, rouge.

"Il était vêtu d'une tunique rouge recouverte d'un manteau d'étoffe grossière."
(La vie de Saint Roch - Pierre Louis MALDURE et rapportée par Sirius au 16 août. Office Saint Roch - Paris - 1670).

Le rouge est la couleur de la peste, et les pestiférés devaient, pour prévenir les autres de se prémunir contre la contagion, porter la rouelle, morceau d'étoffe rouge accrochée à l'épaule. Rouelle est le nom donné, dans le Sud-Est de la France au coquelicot. Comme les juifs sous l'Occupation étaient contraints d'arborer l'étoile jaune, Roch a dû porter le signe devant lequel tout le monde fuyait.

 

Italie-17e.jpg

Tableau de Pier Francesco Mazzuchelli
, XVIIe s., Morazzone.

ROCH SUR LES CHEMINS DE LA VOUIVRE


UN PREDECESSEUR BRETON DE SAINT ROCH, SAINT YANN DIARC'HEN

http://saint-roch-guerisseur-pestes.wifeo.com/index.php

logo.jpg


 



 

 

Repost 0
11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 07:54

 En Belgique, à Lessines, ville francophone,
se trouve l'hôpital "Notre-Dame à la Rose".

Y sont exposés des tableaux intéressants,
et en particulier celui d'un "Jésus-Christ aux seins"!

Sur cette mise au tombeau, Jésus-Christ,
nu mais le corps pudiquement voilé par son linceul,
est entouré de saint Jean et des saintes femmes qui veillent son cadavre.
Deux anges tenant des cierges, sont à sa tête.
Il porte la barbe, croise ses bras sous des seins bien féminins.
La photographie du tableau est protégée par un copyright,
elle est visible sur
http://www.convivialiteenflandre.org/index.php?option=com_content&task=view&id=157&limitstart=5

Jésus-Christ est vu ainsi, dans un couvent féminin, "comme homme-femme",
"à la fois Père et Mère de l'humanité", en un mot, Androgyne.

comme

LE CHRIST ANDROGYNE DE CHÂTEAUROUX


 




Comme LE CHRIST ANDROGYNE de l'église Saint-Etienne à Beauvais, Oise :
 

 



Comme ce crucifix : émail champlevé de Limoges, XIIème siècle,

Musée du Moyen Âge, Paris.

   
UNE AUTRE REPRESENTATION DU XIIème SIECLE D'UN CHRIST ANDROGYNE


&&&

L'androgynie du Christ ainsi perçue rejoint celle du Bouddha :
"Le Bouddha peut être représenté
sous forme masculine ou féminine
car il est au-delà de ces deux polarités",
est-il écrit à l'entrée du temple bouddhique vietnamien de Noyant-d'Allier.
DANS LE BOURBONNAIS, UN TEMPLE BOUDDHIQUE VIETNAMIEN

L'androgynie est l'Etat Naturel de l'Être Humain ; 
elle est à retrouver en chacun
par l'acceptation en soi la polarité complémentaire :

"Au-delà des Conflits qu'engendre l'incompréhension du Binaire de la Terre
est la Réconciliation des Opposés et l'Etat d'Androgyne.
Ne vouloir qu'une Facette des Choses, c'est se couper en deux,
c'est refuser l'Etat Naturel de l'Être Humain : son Androgynat.
Se couper en deux, c'est ne vivre qu'une Facette, ne voir qu'une Facette,
ne vouloir qu'une Facette ;
et le Binaire naturel de la Terre vous expose incessamment l'autre Facette
pour vous aider à la Réconciliation des deux Facettes."
(Emmanuel-Yves Monin, La Voie du Couple, 1991, Point d'Eau)


PeintureY2
Gouache sur papier.

Le Y, est le symbole hiéroglyphique de l'Androgyne.
(http://langue.des.oiseaux.free.fr/)


glycon.jpg

Repost 0
10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 17:47

DE L’IMAGE DE SAINTE BARBE
EN RELATION AVEC
L’IMAGE DE LA MAISON-DIEU
DU TAROT DE MARSEILLE



Article de Kinthia Appavou

 

Sainte Barbe - Eglise St Gildas (Auray, Morbihan)

 

                         Sainte Barbe dans l’église Saint-Gildas
                                        (Auray, Morbihan).

 

 

Y aurait-il une similitude entre l’image traditionnelle connue de la Maison-Dieu du Tarot de Marseille (arcane XVI) et la légende de Sainte Barbe ?


MaisonDieu2

 

Car du point de vue symbolique, la Tour et la foudre sont deux éléments liés à sainte Barbe, sainte patronne des alchimistes et de tous ceux qui exercent un métier en rapport avec le Feu (patronne des pompiers, des mineurs, etc…).

 
La légende de sainte Barbe est une des plus mystérieuses : la version la plus communément admise situe l’histoire de sainte Barbe à Nicomédie, dans la province de Bithynie (aujourd’hui Izmit en Turquie) sous le règne de l’empereur Maximin I, dit le Thrace (235-238) à Nicomédie. (Version de Baronius, martyrologue romain publié de 1582 à 1586). Le magnifique vitrail de la chapelle Sainte-Barbe (Morbihan) nous dresse en résumé son histoire :

   

 

Vitrail-de-la-chapelle-Ste-Barbe--Sainte-Barbe--Morbihan-.JPG

Chapelle Sainte-Barbe :
Vitrail de Gérard Milon, maître verrier à Ens (Pyrénées-Orientales).
 Sainte-Barbe (56 Morbihan).

 

 

Le père de Barbe, Dioscore, l’enferma dans une tour afin de préserver sa fille des sollicitations du monde. Mais, Barbe, durant son absence, se fit instruire dans la religion chrétienne, par Jean-Baptiste selon certaines versions. Désirant une vie parfaite, Barbe aspirait à une union mystique avec Dieu.  Elle ajouta une autre fenêtre aux deux qui éclairaient sa tour pour symboliser le nombre de la Trinité.

  

 

 La-tour---detail-du-vitrail-de-la-chapelle-Ste-Barbe--Sain.JPG

 

Chapelle Sainte-Barbe :
Vitrail de Gérard Milon, maître verrier à Ens (Pyrénées-Orientales).
 Sainte-Barbe (56 Morbihan).

 

 

Au retour de son père, Barbe avoua sa conversion. Il en fut irrité et la dénonça au préfet de la province, Martinianus (Marcien). Elle fut arrêtée, torturée et finalement condamnée à être décapitée.

 

  

 La-decapitation---detail-du-vitrail-de-la-chapelle-Ste-Ba.JPG

 

Chapelle Sainte-Barbe :
Vitrail de Gérard Milon, maître verrier à Ens (Pyrénées-Orientales).
 Sainte-Barbe (56 Morbihan).

 

 

  

Dioscore fut chargé de l’exécution capitale mais aussitôt, celui-ci fut frappé par la foudre.

Un homme charitable, Valentin, enterra le corps de Barbe avec celui d’une autre vierge, martyrisée avec elle, Juliana (Julienne). Sa tombe attira beaucoup de pèlerins et fut le site de nombreuses guérisons.

  

 

 La-foudre---detail-du-vitrail-de-la-chapelle-Ste-Barbe--Sa.JPG

 

Chapelle Sainte-Barbe :
Vitrail de Gérard Milon, maître verrier à Ens (Pyrénées-Orientales).
 Sainte-Barbe (56 Morbihan).

 

 

Selon le plus ancien texte connu  rédigé par Siméon Métaphraste (deuxième moitié du Xème siècle), Barbe aurait vécu à Héliopolis en Egypte. Cette source semble intéressante d’autant plus qu’une correspondance semble exister entre l’iconographie du Dieu Ôn vénéré à Héliopolis par Pôti Fera (1) et Sainte Barbe :                                

 

 

-cid_D490EEF1F3BD41CA83B7C3F42B499491-pcbdd06bd89707.gif

 

  

                                    Hiéroglyphe égyptien reproduit dans Le Nombre du Fils (André Deghaye).

     

  Et cette tour, comme nous le rappelle André Deghaye, est nommée Migdal (en hébreu) dont il est dit : « Tour d’énergie, le nom de IHVHadonaï : le juste y court et culmine. » (2)

Cette Tour dans laquelle est enfermée la sainte, symbolise aussi le corps dans laquelle l’âme individuelle s’est incarnée. 

La virginité de Barbe attire le Feu du ciel qu’est la Foudre, symbole du dieu Jupiter chez les Grecs et d’Indra dans la tradition védique, c’est l’union du Féminin et du Masculin, de la Terre et du Ciel, de l’Ame et de l’Esprit.

 

Cette union est source de joie et de fécondité, les jumeaux de la Maison-Dieu l’attestent, eux qui semblent sortir du ventre de cette Tour maternelle dans la position des enfants nouveaux-nés. Ne sont-ils pas à l’image des Dioscures, Castor et Pollux, enfants de Zeus ou des cavaliers célestes les Ashvins, proches d’Indra et alliés au soleil levant ? Car ces jumeaux, touchant la terre sont promesse de fécondité où la végétation verte se remet à pousser dans un sol désertique. 

Beth-El, en hébreu est la maison d’El (maison de Dieu), tel est le nom donné par Jacob au lieu où il eut le songe dit de « l’échelle de Jacob ». Et cette tour est le temple, sanctuaire de la Vierge, Béthoulah בתולה, «dont le nombre est 443 est en attente de son 1, de son divin enfant qu’elle portera en son sein. Elle sera alors ce temple dont le nombre est 444. » (3)

Et pour devenir la maison d’El, il faut qu’il y ait l’union du Féminin et du Masculin, et l’énergie de la Foudre symbolise cet élément masculin qui va pénétrer la matière offerte pour donner « Mikdash, un Temple, un sanctuaire habité de Dieu, la maison du Seigneur » (4).

 

Les jumeaux de la Maison-Dieu du Tarot représentent le dualisme de toute manifestation première, et si cette carte est liée à la destruction (Tower of destruction), elle est surtout promesse de l’Homme Nouveau qui se révèle en XX, le Jugement, après que les Noces alchimiques du Soleil et de la Lune ont eu lieu dans l’Athanor (5) de sainte Barbe. Car la « destruction » en question est l’abandon de toute volonté (le mental cesse de faire obstacle au Divin) et l’énergie divine peut enfin « habiter » l’habitacle de la sainte.

 Curieusement, dans L'évangile de Judas, il est question du « Royaume immortel de Barbélô » d’où est issu Ieshoua. Or ce nom « semble être basé sur une forme du tétragramme, le saint nom de Dieu en quatre lettres dans la tradition juive, et il vient apparemment de l’hébreu – peut-ètre « Dieu (El) en (b-) quatre (arb[a]). » (6)

Les quatre éléments que sont la terre, l’air, l’eau et le feu,  sont constitutifs de toute matière au sein de la manifestation, et ils sont la manifestation visible de Dieu en quelque sorte. Chez les gnostiques, Barbélô est la Mère Divine de tous à qui un hymne solennel est adressé : « Réunis-nous tel que tu as été réunie. Apprends-nous [ce] que tu vois. Donne-[nous] puissance afin d’être sauvés pour la vie éternelle (…). » (7)

 Car sainte Barbe nous montre la colonne, le pilier, l’axe, l’Unité de l’être qui se manifeste par les trois plans symbolisés par les trois fenêtres de la tour : à l’instar d’Hermès le Trismégiste, sainte Barbe possède  « les trois parties de la Philosophie de tout le monde », et la Pierre dressée est notre matière à transmuter en corps de Gloire, alors seulement, la mort sera abolie, et l’on possédera les « clés du royaume des ciels. ».

Car curieusement, ces clés de saint Pierre, qui se trouvent sur le lambris situé à côté de la statue de sainte Barbe sur la grande place alchimique de Bruxelles, se retrouvent également sur la porte de la chapelle de sainte Barbe.

   

 

 Porte-de-la-chapelle-sainte-Barbe--Sainte-Barbe--Morbihan-.JPG

 

Chapelle Sainte-Barbe :
 Sainte-Barbe (56 Morbihan).

  

Et l’on ne s’étonnera pas d’entendre que les clés du « royaume des ciels » sont des paroles que Iéshoua prononce : « Ce que tu lies sur la terre est lié dans les ciels. Ce que tu délies sur terre est délié dans les ciels » (8)  et qui trouvent leur équivalence dans les paroles d’Hermès le Trismégiste : « Ce qui est en bas, est comme ce qui est en haut : & ce qui est en haut, est comme ce qui est en bas, pour faire les miracles d’une seule chose. » (9)

 Et les 37 sphères qui se dégagent de la Tour de la Maison-Dieu, bleues, blanches et rouges, pourraient correspondre aux couleurs des trois étapes de l’alchimie que sont l’œuvre au noir, l’œuvre au blanc et l’œuvre au rouge.

Il s’agit bien, avec la Maison-Dieu, du passage à effectuer pour l’élévation de l’homme appelé à réaliser son Unité, où les trois parties de lui-même sont Un, et où l’Esprit et la Matière ne forment qu’une seule et même chose participant à la gloire de toute la création.

Ce que les arcanes majeurs du Tarot de Marseille à la suite de la Maison-Dieu nous révéleront.

  

 Porte-de-la-Sacrisite-de-la-chapelle-Ste-Barbe--Sainte-Barb.JPG 

 

Chapelle Sainte-Barbe : 
 Sainte-Barbe (56 Morbihan).
Sculpture de Guy KERAUDRAN, sculpteur sur bois à Plouharnel (Morbihan).

A consulter également
 :

 
Site :
http://bruxelles-mystere.skynetblogs.be/post/7341923/la-granplace-de-bruxelles-alchimique--4ieme-

 

1 In DEGHAYE, André, Le Nombre du Fils, éditions Dervy, 2007, p. 82 : La fille de Pôti-Fera, l’Egyptienne Asenath, était l’épouse de Joseph, un des douze fils de la tribu de Jacob. 

2  CHOURAQUI, André, La Bible, Proverbes, 18,10.
3
 In Le Nombre du Fils, op. cit, p. 82 : La fille de Pôti-Fera, l’égyptienne Asenath, était l’épouse de Joseph, un des douze fils de la tribu de Jacob, p. 25.

4 Ibidem, p. 26.

5 L’Alchimie, science et sagesse, Encyclopédie Planète, traduit de l’allemand par Andrée Ossipovitch, p. 202 : « Le fourneau cosmique ou athanor est souvent représenté comme un couple étroitement uni. »

6 L’évangile de Judas, traduction intégrale et commentaires des professeurs Rodolphe Kasser, Marvin Meyer et Grégor Wurst, Flammarion, 2006,  note 5, p. 32.

7Les Trois Stèles de Seth, hymne gnostique à la Triade, par Paul Claude, Les Presses de l’Université Laval, Québec, Canada, p. 123, 30-33, p. 124, 1.

8 CHOURAQUI, La Bible, Mathieu, 16, 19-21.

9  Hermès, Trismégiste,  La Table d’Emeraude, Les Belles-Lettres, 2002, p. 43.

 

LA SAINTE BARBE DE PIERRE-BUFFIERES ET SA SOSIE DE TOURBES !

STRASBOURG : JONAS SORTANT DU VENTRE DU GRAND POISSON


glycon.jpg

 

 


 

Repost 0
10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 11:06

Dans la création, les Anciens, depuis Pythagore,
ont mis en évidence que
les nombres sous-tendent les formes

Si le texte est coupé sur votre ordinateur,
ce qui m'a été signalé par certains, le lire sur
:
http://nombres-premiers-et-symphonie.wifeo.com/index.php
où se trouvent l'introduction et la suite de l'article.



« Tout est Nombre »

 

Les nombres ont toujours été sources d'émerveillement pour ceux qui se sont penchés sur le mystère de la création. “L'univers n'est si resplendissant de divine poésie que parce qu'une divine mathématique, une divine combinaison des nombres règlent ses mouvements”, écrivait Pie XI.
Dans toute la Création, ils sous-tendent les formes. “L'univers n'est pas figé : il est en perpétuel mouvement mais il faut reconnaître qu'il est loin d'être livré à lui-même (...) Pour notre compréhension, tout est nombre. Les nombres permettent d'amener à notre faible niveau de conscience des valeurs, des relations, des rapports qui souvent sont hors de proportion de la nature humaine.
"Les nombres représentent la projection du plan invisible dans le visible. (2)” Derrière toute forme se trouve le nombre et tout nombre est implicitement une forme, voire une multitude de formes.

Platon.jpg

Platon par Raphaël (détail).


Déjà le nombre était pour Platon le plus haut degré de la Connaissance, l'essence de l'harmonie cosmique et de l'harmonie intérieure, et “les Anciens s'accordent à attribuer à Pythagore la théorie suivant laquelle tout dans l'Univers est réglé par les nombres, ou même est nombre. (3)” Dans le Discours Sacré que cite Jamblique, il est écrit : “Tout est arrangé par les nombres. ”

Pythagore.jpg

Buste de Pythagore, musée du Vatican.


Cette conviction est plus ancienne encore puisque, dans l'ancienne Sumer, Nisaba, la déesse de la science et de l'astronomie, était “celle qui connaît l'intérieur des nombres (4) ”. La pensée des Grecs a des racines fort anciennes, égyptiennes entre autres.

“Pythagore appelait ses disciples des mathématiciens parce que son enseignement supérieur commençait par la doctrine des nombres. Mais cette mathématique sacrée, ou science des principes, était à la fois plus transcendante et plus vivante que la mathématique profane, seule connue de nos savants et de nos philosophes. Le NOMBRE n'y était pas considéré comme une quantité abstraite, mais comme la vertu intrinsèque et active de l'UN suprême, de Dieu, source de l'harmonie universelle. La science des nombres était celle des forces vivantes, des facultés divines en action dans les mondes et dans l'homme, dans le macrocosme et dans le microcosme... (5)”.
Le Nombre par excellence est-il le Un ? “Le Nombre commence avec la scission de l'Unité primordiale. (6)”. Tous les nombres peuvent être vus comme des “attributs” de l'Unité, du Divin. Cette pensée se retrouve chez les Pères de l'Eglise ; saint Augustin écrit : “L'âme, mue par une espèce d'inspiration miraculeuse, a soupçonné qu'elle était un nombre. Tout dans la Nature tend à réaliser le nombre, l'Unité.”

Augustin.jpg

Saint Augustin d'Hippone.


Cinq siècles avant Jésus-Christ, Philolaos ne déclarait-il pas déjà “Tout ce qu'on peut connaître a un nombre. Sans le nombre, nous ne comprenons ni ne connaissons rien” ? (7) »
Tous les arts du Moyen Âge et de la Renaissance ont été nourris de cette pensée. Puis la physique divorça de la métaphysique, la chimie de l’alchimie, et la pensée voulut s’émanciper du carcan du dogme et de la théologie. Il eût mieux valu que la science et la théologie puissent évoluer de concert, ce qui ne fut pas possible alors. Une dualité s’opéra si profondément que les effets, pour une part bénéfiques apparemment au niveau de la pensée, dans un premier temps, se révélèrent dommageables quant à leurs incidences sur l’évolution des techniques qui virent le jour prématurément dans des contextes de guerres et de révolutions, ne faisant qu’illustrer la célèbre constatation de Rabelais : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme, c’est pourquoi il convient de servir, aimer et craindre Dieu. » En voyant que, pour nous, « Dieu n’est pas un nom ni une personne mais il est de vous ce qui Est la Vie. (8) ».

La Vie a déployé, à travers une chaîne de mathématiciens qui se sont passé le relais de siècle en siècle, cette recherche extraordinaire sur les nombres premiers. De temps à autre des ouvertures se manifestaient sporadiquement, mais paraissaient des excentricités pour la plupart des mathématiciens. Il y eut parmi eux des croyants, des athées, des agnostiques, des jouisseurs et des ascètes, des royalistes et des révolutionnaires, des catholiques ultras et des bonapartistes, des génies, des fous, des obsédés, tout l’éventail de la condition humaine et de ses notions ; certains furent violemment anti-religieux allant jusqu’à vouloir démontrer l’inexistence de Dieu, comme le mathématicien anglais Geoffroy Harold Hardy (1877-1947) qui se fit pourtant le mentor du Brahmane Srinivasa Ramanujan.

Hardy.jpg

Godfrey Harold Hardy.


Mais tous, comme malgré eux, furent pris par une passion qui transcende toutes les croyances. Il existe un lien étrange entre les mathématiciens, que la mathématicienne Julia Robinson, une des rares mathématiciennes des années 1960, décrit ainsi : « une nation à part, sans distinction géographique, raciale, religieuse, sexuelle, ni de l’âge ou même du temps (les mathématiciens du passé et du futur sont eux aussi nos collègues), tous dévoués au plus beau des arts, à la plus belle des sciences » (p. 305-306).

RiemannP.jpg

Portrait de Bernhard Riemann.


Charles Hermite, né en 1822, quatre ans avant Riemann, converti au catholicisme par Cauchy âgé alors de soixante ans, « était convaincu que l’existence mathématique était une sorte d’état surnaturel que les mathématiciens mortels n’étaient que rarement autorisés à entrapercevoir » (p. 164). Les mathématiciens étaient déjà très rarement conscients de l’origine non-humaine de leur art.

Hilbert.jpg

Portrait de Hilbert.


En 1897, David Hilbert prétendait mettre en œuvre « le principe de Riemann selon lequel les preuves ne devraient être déduites que par la pensée, et non par le calcul » (p. 170). Ce qui amena Paul Jordan, spécialiste alors du domaine, à déclarer au sujet des travaux de Hilbert : « Ce ne sont pas des mathématiques, c’est de la théologie » (p. 170). Mais il atténua son jugement devant les résultats obtenus par Hilbert en concédant : « Je me suis persuadé que la théologie a ses mérites. » Hilbert dépeignait l’étude des nombres comme « un édifice d’une beauté et d’une harmonie rares » (pp. 170-171). « Dans la théorie des nombres premiers, un problème est aussi immortel qu’une œuvre d’art. » écrit-il (p. 162). Hermann Minkowski, qui aida Hilbert dans ses travaux, était ravi de travailler sur « les mélodies insaisissables de cette puissante musique ».

Ramanujan.jpg

Portrait de Srinivasa Ramanujan.


Au début du XXe siècle, le mathématicien indien, Srinivasa Ramanujan, développant loin de l’Occident ses propres mathématiques, déclarait : « Pour moi, une équation n’est rien si elle n’exprime pas la pensée de Dieu » (p. 206). Ses idées « lui étaient confiées dans ses rêves par la déesse Namagiri (…) épouse du seigneur Narasimha, incarnation à quatre bras et à tête de lion de Vishnu » (p. 208).


Vishnu.jpg

Elle était la source de ses éclairs de génie.
Il parvenait à un état onirique, à la transe « très proche de l’état d’esprit
que la plupart des mathématiciens s’efforçaient d’atteindre » (id.).
Il se souciait peu de démonstration, ce qui le libérait en quelque sorte.
Brahmane orthodoxe, strictement végétarien,
il était très mal à l’aise dans le monde occidental
et fut très malheureux lorsqu’il quitta Madras pour Cambridge
avec l’autorisation pourtant de sa déesse inspiratrice.

 
Pour le mathématicien, tout comme pour le métaphysicien, le Nombre existe en soi. L’intuition de Bernhard Riemann lui fait émettre une hypothèse sur l’harmonie qui prévaut dans la suite aléatoire, à vue humaine, des nombres premiers.


Pour que l’humain puisse percer le mystère de l’harmonie qui préside à la suite des Nombres Premiers, il devrait se situer dans le Point créateur et des humains, et des nombres premiers, et par là même, avoir fait ce « saut dans l’inconnu (9) » pour naître à « l’existence au-delà des temps (10) ». Défi absolu ! Vocation de tout Etre en devenir qui naît homme « pour renaître en Dieu », c’est-à-dire en la Vie véritable ! Comme le dit le mathématicien contemporain Alain Connes, « la réalité mathématique ne peut pas être située dans l’espace-temps » (p. 466) ; elle touche à la Cause Première de la manifestation, cette Illusion extraordinaire qui ne cesse de déployer ses mystères pour la jouissance et la réjouissance de l’esprit du mathématicien, comme du physicien, ou de celle du métaphysicien, de l’artiste…


Tout comme les hommes dits « primitifs », c’est-à-dire « premiers » sont ceux qui sont les plus proches de la Source de la création, ainsi en est-il des nombres dits « premiers ». Ils sont d’autant plus près de la Source que chacun d’eux est la source d’un nombre indéfini de nombres !
Si « les nombres premiers sont des atomes » (p. 17), « hors du temps, qui existent dans un monde indépendant de notre réalité physique » (p. 17), les êtres humains sont aussi des « Atomes ». Et si « Tout est Nombre », alors chaque humain est… un Nombre, et peut-être est-il un Nombre Premier ? Dans la Réalisation, l’Homme est Un avec le Tout, dans le multiple unitif, et il n’est plus en effet « divisible » que par l’Unité et par Lui-même, l’Unité qu’il est alors devenu ! Autant dire qu’il n’est plus divisé contre lui-même…


Voyons quelques étapes-clés dans cette Quête du saint Graal des Mathématiques...

Notes :

2 - Christimia Nimosus, Etude des Nombres occultes, Paris : Trédaniel.

3 - Jean-Pierre Vernant, Mythe et Pensée chez les Grecs, Paris : Maspero, 1965, p. 174.
4 - Inscription gravée sur une stèle de pierre. Musée de Constantinople.
5 - Edouard Schuré, Les Grands Initiés - Paris : Perrin, 1960, p. 314.
6 - Schwaller de Lubicz, Her-Bak “Disciple”- Flammarion, 1956, p. 395.
7 - Le texte de ce paragraphe reprend le début du prologue de notre livre "La Métaphysique des Chiffres. Tous les chiffres ne disent qu’Unité", auto-édition, 1998.
8 - Karuna Platon, Les Sons de Dieu, Ed. Le Point d’Eau, 1986, quatrième de couverture.
9 - Voir de Bernard Dubant et Michel Margerie, Castaneda, Le saut dans l’inconnu, Ed. de la Maisnie, 1982.
10 - Platon le Karuna, Nouvelle Lettre ouverte à l’Ami sur le Chemin de la Vérité, Les Ed. de la Promesse, 2003.

 

 

 

  Extrait de

 

Les Nombres Premiers :
leurs secrets, leurs mystères
et les recherches qu'ils provoquent...

De la « Musique des Sphères »
à la Symphonie des Nombres Premiers

par Robert-Régor Mougeot

Ces réflexions proviennent de la lecture de l’Essai : "La Symphonie des Nombres Premiers"
de Marcus du Sautoy, traduit de l’anglais par Raymond Clarinard,
Editions Héloïse d’Ormesson, 2005.
Les pages indiquées entre parenthèses renvoient à ce livre.




glycon.jpg

Repost 0
8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 07:44


Marrakech3.JPG

La Koutoubia de Marrakech.

Le dessin des Zellidjs
se fait à partir de carrés de nombres
qui sous-tendent les formes données
aux morceaux découpés et associés ensuite








Un exemple de mise en forme par les nombres :



LES ZELLIDJS



Dans les pays de l'Islam où les représentations humaines et animales sont interdites, se sont développées les décorations à base géométrique. En particulier les panneaux en mosaïque de faïence, appelés zellidjs, présentent de savantes compositions de polygones étoilés, de rosaces polygonales, de motifs en forme de croix qui viennent s'incorporer dans les décorations de stuc et de bois sculpté des mosquées et des palais (…)

Chaque panneau est constitué de formes géométriques ajustées ensemble. Ces formes ne doivent rien au hasard, elles proviennent au contraire d'une rigoureuse méthode où véritablement les chiffres sous-tendent les formes.
Pour les découvrir, tracez un tableau entrée-sortie avec les nombres de 1 à 9. Dans chaque case obtenue, inscrivez la table de multiplication puis, lorsque le résultat obtenu est à deux chiffres, substituez-lui la somme de ses chiffres. Le tableau ne comporte plus alors que les nombres de 1 à 9.
Pour obtenir les différentes formes utilisées dans les zellidjs, il faut ensuite joindre les centres des carrés qui portent le même numéro, en respectant un ordre qui s'impose de lui-même par la symétrie. Les résultats sont surprenants. Les tableaux qui suivent sont là pour illustrer le procédé. Il est possible de varier l'ordre des colonnes entrée-sortie pour obtenir d'autres formes. Certains ordres donnent de meilleurs résultats que d'autres.




 

Il est remarquable de voir concrètement que des formes que l'on croirait a priori dessinées au hasard sont en réalité produites par une méthode simple de calcul et de dessin.
L'art, comme la nature - et on l'a vu par ailleurs avec le Nombre d'Or - a su, divinement inspiré, mettre en évidence que « tout est nombre ».

Extrait de La Métaphysique des Chiffres, tous les Chiffres ne disent qu’Unité, auto-édition 1998.







Voir "La Métaphysique des Chiffres", disponible chez l'auteur du site.

http://nombres-premiers-et-symphonie.wifeo.com/index.php


glycon.jpg

Repost 0
6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 18:32


Le biologiste Konrad Lorenz,
et beaucoup d'autres,
 ont étudié le comportement des oies sauvages.
Celui-ci,

divinement programmé par la nature,
est exemplaire :

Oies_bernaches_canada.jpg

Oies.JPG

Oies3.jpg
Oies bernaches, dessin de François M.

 

« En Grande-Bretagne, pour les Celtes, l’oie était la messagère des dieux et de l’autre monde, tout comme le cygne.

  Dans la mythologie grecque, la déesse Némésis, pour échapper à l’étreinte de Zeus, se transforme en oie, mais celui-ci la séduit en prenant forme de cygne. Némésis est la déesse dont la puissance abat toute démesure humaine, pour que l’univers demeure ce qu’il est, la Loi divine étant pour la toute-protection de l’homme et non pour contraindre ou sévir.

"Mais, en considérant la signification de Némésis, et en parlant la langue des oiseaux, on conviendra que ma mère l’Oie est aussi “Ma Mère Loi”, c’est-à-dire l’ordre cosmique, et plus exactement l’image de la structure sacrée de l’univers dans sa création originelle (…) Les Contes de ma mère l’oie sont considérés comme des contes hermétiques, nous dit Fulcanelli. "

 

Qu’y a-t-il d’autre à faire sur terre, sinon garder les Traces de la Loi ?



 Jeu-de-l-oie.jpg

Jeu de l'Oie.

 

 

Le Jeu de l’Oie est un labyrinthe dont les images traditionnelles sont les principaux hiéroglyphes du Grand Œuvre ; elles « exposent les étapes éternelles et universelles de toute existence humaine, pour protéger des faux pas, des conduites erronées, de l’incompréhension des épreuves rectificatives et dynamisantes : pour nous apprendre à écouter les Fées, les Dieux, les signes du Destin !1 » Ce jeu déroule une spirale involutive qui mène, malgré les obstacles, au paradis de la dernière case, notée 63, pour laquelle il convient d’être par sept fois neuf2. (...)

     Comme le Petit Prince de Saint-Exupéry, rêvez-vous de quitter votre planète en profitant d’ "une migration d’oies sauvages" ? "Je m’en irai avec les oies sauvages dans l’odeur fade du matin…", décidait de même Saint-John Perse
3.
»

 

[1] Emmanuel-Yves Monin, « Les derniers Trouvères et la mythologie française », article paru dans La Lettre de l’Ile-de-France. Mythologie en Parisis et en France, décembre 2005, n° 56, p. 4.

2 Pour la symbolique des chiffres, voir notre livre, La Métaphysique des Chiffres, auto-édition, 1998.

3 Vents, Gallimard.

 
Extrait de
http://langue.des.oiseaux.free.fr/Langue%20des%20Oiseaux/essai-alphabet-oiseaux.pdf




"La Loi est dure, mais c'est la Loi" !

L'amère Loi !

L'humain ne devrait-il pas apprendre à connaître la Loi Cosmique
et à la respecter volontairement pour retrouver la Vraie Vie, la Joie ?

"JOIE : latin gaudia ; l'ego dans sa plénitude pris comme axe de la manifestation sur les trois plans. La Joie véritable se produit lorsque l’ego est rapporté à « l’Ego-Centre de l’Unique »."
(Karuna Platon, L’Instruction du Verseur d’Eau, Les Editions de la Promesse, 2000)


 



glycon.jpg

Repost 0
5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 09:15

Marie-Claire Briu-Pla
a exposé quelques-unes de ses oeuvres
à la 2e Rencontre internationale des Artistes émailleurs
au Plessis-Pâté, Essonne (91).

Son art est une puissante alchimie
de la Terre et du Feu,
de l'Air et de l'Eau.


Admirez les bleus de ses émaux
exposés à cette rencontre :


"La danse des vagues"

MClairePia6

MClairePia3.JPG

&&&

"Le silence de la mer".

MClairePia7.JPG

MClairePia4.JPG

&&&

"L'écume des jours"

MCPia3.JPG

MClairePia5.JPG

&&&

"Le Point d'O"

MClairePia.JPG


©Photographies Marie-Claire Briu-Pla.





"Le Point au centre du Cercle est un très ancien symbole.
Il est encore actuellement la représentation du Soleil,
 de la Vie, du Dieu Un,
 de la cellule vivante et de son noyau (...).
Il est aussi symbole de la 'lumière minérale'
qu'est par excellence le métal igné, solaire, royal (...).

René Guénon a explicité ce symbolisme :
'le point central, c'est le Principe, c'est l'Etre pur ;
et l'espace qu'il remplit de son rayonnement, (...)
c'est le monde au sens le plus étendu de ce mot,
l'ensemble de tous les êtres
et de tous les états d'existence
qui constituent la manifestation universelle'."

(Robert Régor Mougeot, La Métaphysique des Chiffres,
chap. "Le Point d'O", auto-édition 1998, p.241)


Pour les techniques de l'art des émaux, voir :
http://www.dotapea.com/email.htm

Marie-Claire participe à  La Maison de l'Email
http://www.enamel-house.com/index.php?option=com_xmap&Itemid=41


glycon.jpg

 

 

 

Repost 0

Présentation

  • : le blog vivrevouivre par : Robert Regor
  •   le blog vivrevouivre par : Robert Regor
  • : Ce qu'est le Serpent-Dragon-Vouivre, symbole des énergies telluriques liées aux énergies cosmiques.
  • Contact

Texte Libre

 

 

Le lien http://r-r-y-mougeot.wifeo.com/ permet de trouver les articles de ce blog depuis sa création en 2006, classés par thèmes de A à Z aux pages 4 à 13 - Thèmes des articles du blog vivrevouivre :

- Alchimie - Animaux fabuleux : ;- Arts ; - Bouddhisme, Chamanisme, Chevalerie et Moyen Age ; - Christianisme : ; - Druidisme, Education, Erotisme, Géobiologie ; - Gitans, Hindouisme, Islam, Jeux,  Kabbale, Langue des Oiseaux  ; - Articles de Manichéisme à Paix ; - Pays ; - Thèmes de Préhistoire à Voeux ; Vouivre

 

 

 

Recherche

Liens