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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 15:26

L’Ouroboros dans l’Alchimie

 


     " Lorsqu'on veut représenter l'univers, on trace un serpent qui se dévore la queue, et dont le corps est parsemé d'écailles. Les écailles représentent les étoiles dans l'univers. L'animal est extrêmement pesant comme la terre, et extrêmement glissant comme l'eau ; ensuite, chaque année, il se dépouille de son âge avec sa peau, comme dans l'univers, l'année produit changement et renaît. Et l'usage de son propre corps comme nourriture signifie que toutes choses qui sont engendrées dans l'univers par la providence divine doivent de nouveau se résoudre en lui-même."

                                                     Harapollon (prêtre égyptien du 1er siècle av. J.-C.)


Le Livre des douze Portes,
Georges Ripley.
Ripley Scrowle, détail, Londres, British Museum, MS.
(Additional 5025. Four rolls drawn in Lübeck, 1588)

http://hdelboy.club.fr/Ripley.html




                      TRAITE DE LA PIERRE PHILOSOPHALE
                                            LAMBSPRINCK

 

C'est une grande merveille et une ruse étrange

Que de faire d'un Dragon la Médecine suprême.


 

 

Le Mercure, convenablement

et alchimiquement précipité ou sublimé,

dissous dans son Eau propre et derechef coagulé

(http://www.esoblogs.net/IMG/Traite__de_la_pierre_philosophale.pdf)

 

 

            « A l'intérieur de l'oeuf cosmique, le dragon, ou Materia Prima, est le point de départ du Grand Oeuvre et donne naissance à la “flos sapientum”, la fleur des sages1.

            “Ô que cette chose est admirable, qui contient en elle mesme toutes les choses dont nous avons besoin. Elle se tüe elle mesme; & ensuite elle reprend vie d'elle mesme; elle s'épouse elle mesme, elle s'engrosse elle mesme, elle naist d'elle mesme; elle se resout d'elle mesme dans son propre sang; elle se coagule de nouveau avec luy, & prend une consistance dure; elle se fait blanche; elle se fait rouge d'elle mesme; nous ne luy adjoutons rien de plus et nous n'y changeons rien, si ce n'est que nous en separons la grossièreté & la terrestréïté.2

 

            Ainsi le passage des ténèbres à la Lumière commence par l'Oeuvre au Noir (arabe : El Kymia, dérivé de l'égyptien : Kem It, “noir”) où, à travers les couches profondes de notre propre matière, nous pouvons atteindre à la Lumière.

            “C'est pourquoi Basile Valentin explicite le mot clef des alchimistes V.I.T.R.I.O.L. de la façon suivante : "Visita interiora terrae ; rectificando invenies occultum lapidem" (Visite les entrailles de la terre ;  tu y trouveras, en purifiant, la Pierre cachée)3”.

 

            Par “entrailles”, nous entendons la totalité du corps humain qui contient toutes les possibilités de manifestation, mais non révélées car non éclairées par la “lueur de la Conscience4”. Il s'agit de reconnaître notre perfection qui EST. C'est pourquoi nous pouvons dire que la Pierre cachée que nous sommes, c'est la Pierre Philosophale, le Menhir Radiant, le Trésor que gardent les dragons et les géants, l'Escarboucle de la Vouivre...5 »

 

 

1 Gravure dans Pandora de Reusner.

2 Limojon de Saint-Didier, Le Triomphe Hermétique, cité par Eugène Canseliet dans L’Alchimie expliquée par les Textes classiques, Pauvert, 1972.

3 Titus Burckhardt, L’Alchimie, Science et Sagesse, Encyclopédie Hachette, p. 117.

4 C. Castaneda, La Force du Silence, Gallimard, 1988.

5 K. Appavou et R. R. Mougeot, La Vouivre, un symbole universel, EDIRU, 2006, p. 57-58.


 Héraldique.


 


Monstre fabuleux contenant la massa confusa
de laquelle s'élève le pélican (symbole du Christ et du lapis).
Hermaphroditisches Sonn-und Mondskind, 43, p. 57.




&&&

"La pierre philosophale : des Evangiles aux traités alchimiques"

de Omraam Mikhaël Aïvanhov 

 présenté ainsi par Prosveta Éditions :

            « Les Évangiles peuvent être compris et interprétés à la lumière de la science alchimique. En apparence, ils ne font que rapporter ce que fut la vie d'un homme, Jésus, né il y a deux mille ans en Palestine ; mais en réalité, à travers les différentes étapes de sa vie, depuis sa naissance jusqu'à sa mort et sa résurrection, ce sont aussi des processus alchimiques qu'ils décrivent.

« Malgré les condamnations dont elle a fait l'objet de la part du clergé, depuis le Moyen Age l'alchimie a profondément imprégné la mystique et l'ésotérisme chrétiens. Et si on étudie certaines figures à l'extérieur et à l'intérieur de Notre-Dame de Paris ou de Notre-Dame de Chartres, on découvrira que les bâtisseurs des cathédrales possédaient des connaissances alchimiques dont l'architecture et la sculpture portent de nombreux témoignages. »




 Le Pélican alchimique s'ouvre le coeur pour nourrir ses enfants.
Barthelemy l'Anglais ; illustration dans De Proprietatibus Rerum.
Le Mans, XVe siècle.


Voir : LE SERPENT PREMIER A L'ORIGINE DE LA CREATION


 

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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 15:58

 

L’étonnant comportement

des bisons sauvages 



du Middle West aux U.S.A. !


 

 

      L’image des troupeaux de bisons est familière lors des reportages sur les grandes réserves des U.S.A. Pourtant, leur extermination aurait pu être totale ! A la fin du XIXe siècle, l’espèce était pratiquement éteinte et il ne restait qu’environ 800 bisons sur les 50 à 70 millions qui peuplaient jadis les plaines du Middle West.

 

 

 

Pile de crânes de bisons

 destinés à devenir du fertilisant dans les années 1870.

 

     Dans le reportage diffusé sur ARTE, Le come-back des bisons1, on voit les troupeaux vivre en liberté dans des espaces considérables. En effet :

      « La région des Grandes Plaines, au centre du continent nord-américain, se dépeuple inexorablement. Le projet Buffalo Commons propose de rendre les terres aux bisons (…) 




       Le projet de réintroduction du bison présenté par Frank et Deborah Popper,
de l'université du New Jersey, promet de relancer l'activité
par le biais de l'écotourisme et de la vente de produits bio. »

      Certains se lancent dans l’aventure. Parmi eux, un Indien fait part au cours de l’émission d’une observation étonnante qui révèle le comportement grégaire et la solidarité extraordinaire qui unit tous les membres du troupeau. Voici son témoignage, résumé au mieux :

     « J’ai observé le fait suivant : au milieu du troupeau, une femelle restait à proximité du jeune bison qu’elle avait mis au monde. Celui-ci s’était cassé la patte et ne pouvait plus se lever et marcher.




      La harde se réunit pour partir en migration.
Les bisons n’aiment pas la solitude
et  la mère hésita longtemps à suivre les autres,
à abandonner son petit ;
plusieurs fois, elle revint vers lui,
essayant de l’encourager à se lever et à marcher.
Elle repartit et revint ainsi plusieurs fois pour l’encourager à suivre.
En vain ! Elle partit alors avec la harde, l’abandonnant à son sort.

      Après avoir parcouru environ deux kilomètres, quelques jeunes mâles s’arrêtèrent et firent demi-tour. Ils revinrent jusqu’au jeune qui était assis dans l’herbe, incapable de se lever. Avec leurs cornes, en les plaçant sous son ventre comme ils ont coutume de faire, les bisons essayèrent de le soulever, de l’aider à se mettre sur pied. Le jeune en était incapable. Ils durent abandonner. Alors, le malade s’étendit de tout son long dans l’herbe. Les jeunes mâles le tuèrent avant de rejoindre la harde. »

 

     Quelle belle solidarité ! Ils ne voulaient pas abandonner l’un des leurs et firent tout leur possible pour qu’il puisse suivre la transhumance. Impossible pour lui de se lever et de marcher. Alors, plutôt que de le laisser souffrir d’une longue agonie solitaire, ils mirent fin à sa vie.

      Bel exemple de comportement d’animaux mus par leur âme-groupe, et qui naturellement sont dans la justesse du comportement qu’elle induit !

 

 



LA VOUIVRE DES BADLANDS ET LA TRADITION DES OGLALA

 

 

1 Diffusé le 4 février 2009 à 20H, réalisé par Kamil Taylan, Wolf Truchsess von Wetzhausen. (Etats-Unis, Allemagne, 2007, 43 min.)
2 Sur : http://www.arte.tv/fr/programmes/242,date=4/2/2009.html, présentation de l’émission.
Voir http://www.randals-bison.com/lebisonamerique.htm



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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 15:20

Pourquoi trancher les multiples têtes de l’Hydre,

 

et que représentent-t-elles ?

 

 

           Le Dragon-Vouivre est celui qui doit être maîtrisé et non tué. C'est indûment que le christianisme assimile ce Dragon-Vouivre au Diable : « le vrai Dragon - l'Obscur, le Diable, l'Obstacle, l'Ennuagement, les Ténèbres, le Monstre des travaux d'Hercule ou des autres Héros... »1 doit être par contre, lui, justement tué.

            Lorsque l'Energie du Dragon-Vouivre dévore l'homme, elle ne peut le faire que parce que le mental humain interfère en méconnaissant la Source de la Vie et en se fermant à l'Esprit. Il utilise cette Energie pour son propre compte, la satisfaction de ses désirs d'ego.

            Le Dragon dévorant prend alors la forme de l'Hydre tentaculaire aux multiples têtes représentant les pensées du mental dévié. Elle est décrite comme un serpent d'eau à corps de chien possédant plusieurs têtes, dont une immortelle. Ses têtes se régénéraient doublement lorsqu'elles étaient tranchées, et l'haleine soufflée par les multiples gueules exhalait un poison radical, même durant le sommeil de l'animal.

 

            L'Hydre la plus célèbre est celle qu'Héraclès (Hercule) tua dans les marais de Lerne, en Argolide. Elle figure tous les à-côtés de l'humain. On ne pouvait abattre l'une de ses neuf têtes sans qu'elle repoussât aussitôt. Il fallait donc les trancher d'un seul coup et cautériser par le feu chaque moignon pour que la tête ne repousse pas.

 


Amphore attique, 540-530 avant J.-C., musée du Louvre.


 


Héraclès, recouvert de sa peau de lion pour se protéger des morsures,

attira la bête hors de son repère en lui décochant quelques flèches enflammées
avant de couper les têtes.



              Avec des branches incandescentes, Héraclès cautérisait le moignon de chaque tête coupée.
             La dernière tête, immortelle, fut alors coupée et lancée dans une fosse où elle fut enterrée et, aidé encore de Iolao, ils juchèrent par-dessus une pierre énorme : la tête continuait à vivre mais ne pouvait sortir de sa prison. Héraclès sépara alors le corps de l'hydre en deux morceaux et trempa ses flèches dans son sang empoisonné.



Gustave Moreau, 1876.



 Musée du Louvre, Paris.

  

           Une autre image représente le Dragon sous sa forme Hydre, c'est celle du Dragon de l'Apocalypse qui a « sept têtes et dix cornes » (voir Apocalypse de saint Jean, III, 1-3) et que saint Michel précipite sur terre. Il représente l'ange déchu, et l'ambiguïté est maintenue car, dans l'imagerie, saint Michel ne terrasse pas un Dragon à sept têtes.

            Dans l'Apocalypse, le Dragon remet l'empire à la Bête, qui elle aussi a « sept têtes et dix cornes ». La Bête ? La « Bêtise » ! Si omniprésente partout !

 


La Bête de la Mer.
Tapisserie de l’Apocalypse, château d’Angers.



Gravure de Dürer,
Apocalypsis cum figuris, 1498.

Dieu le Père bénit la Vierge qui, les pieds sur le croissant de lune,
est vêtue de soleil et couronnée d'étoiles.
Elle fait face au dragon à sept têtes qui ne peut rien contre elle.
Elle peut donc enfanter :

 

 

L'être Vierge, sans notion, qui n'est plus concerné alors par l'hydre tentaculaire
des formes pensées erronées, par un astral dénaturé,
peut accoucher de lui-même ;
c'est la seconde naissance.

 

           

           Cette hydre, la Bête de l'Apocalypse, est bien tout ce qui est "déchu" en nous. Lucifer tire son pouvoir de l'Energie Primordiale 2 :
  

            "... Il faut que tu comprennes de la façon juste que le Monde Luciférien est "une Part d'Originel" détachée de l'Origine, de la même Transcendance...3 ".

            Les têtes de l'hydre sont donc les obsessions du mental, les notions, les émotions, tout ce monde tentaculaire.

            "Moine errant sur les filières de la Vouivre, médite sur la double signification du Dragon.          

            Tu comprendras que l'Hydre prend tête et corps par toi, étant issue du Serpent Souterrain.

            Certes alors faut-il supprimer cette tête capitale, mais sa suppression ne peut se faire par la violence. Il faut et suffit de réintégrer le tronc unique qui la fit naître par toi Hydre.4"
          
L'Hydre, c'est donc l'Energie détournée. Les têtes sont toutes les excroissances nées du mental dévié qui nous tire à hue et à dia et nous projette hors de notre axe.

            Réintégrer celui-ci, ce tronc commun, est une première nécessité qui permettra à l'Esprit, en son juste temps, de « couper toutes les têtes de l'Hydre d'un seul coup et [de] cautériser avec le vrai Feu5 », d'une manière définitive.

            N'est-ce pas en effet dans ce tronc commun que réside le Cœur Rayonnant, Cœur céleste d'où irradie l'Amour ? Ce Cœur ne doit pas, bien sûr, être confondu avec le cœur sentimental qui est l'une des têtes de l'hydre.

                        (Voir  La Voie du Cœur : http://fontaine-jouvence.over-blog.com/article-21916895.html)

 

 

            Le Feu qui cautérise peut être vu comme celui de la Pentecôte où « les Energies (...) déversent le Ciel sur la Terre en Langues de Feu6. »

 


Dragon fertilisé par la Colombe du Saint-Esprit.

Hermès Bird, 10,11, p. 213

 

1 - Emmanuel-Yves Monin, La Chasse Sacrée, Noble science de Vénerie, Point d’eau, 1988, p. 131.

2 - Voir chap. «La Mère Universelle, Serpent Premier» in La Vouivre, un symbole universel, Editions EDIRU, 2006. 

3 Platon  Karuna, L'Instruction du Verseur d'Eau, Courrier du Livre, 1973, p. 313 (2e éd. Le Point d'eau, 3e éd. Les Editions de la Promesse, 2000).

4 - Emmanuel-Yves Monin, Le Bréviaire du Chevalier, vol. I, Le Point d’eau, 198, p. 175 (6e éd. 1997).

5 -  Texte inédit, communiqué par Emmanuel-Yves Monin et cité dans La Vouivre, un symbole universel.

6 - Emmanuel-Yves Monin, Le Bréviaire du Chevalier, vol. II, Le Point d’eau, p. 148, p. 175 (2e éd. 1991).


 

 Chez les Toltèques du Mexique, le nagual Julian parle du « sentiment de sa propre importance » comme de l'obstacle, ou encore de la « suffisance humaine » qu'il compare à l'Hydre :

   « Le nagual Julian considérait la suffisance comme un monstre à trois mille têtes. Et l'on pouvait l'affronter et le détruire par trois moyens. Le premier consistait à couper ces têtes une à une ; le deuxième était de parvenir à cet état mystérieux qu'on appelait le lieu sans pitié qui détruisait la suffisance en l'affamant lentement ; le troisième consistait à payer l'anéantissement instantané du monstre à trois mille têtes en mourant symboliquement.

    Le nagual Julian recommandait la troisième solution. Mais il dit à don Juan qu'il pouvait se considérer comme heureux s'il avait la chance de choisir. Car c'était généralement l'esprit qui décidait de l'orientation que devait prendre le sorcier, et il était du devoir du sorcier d'obéir.7 »


                 
Si l'ego inférieur doit effectivement mourir, l'homme ne peut, par contre, se passer de la Force de Vie, de la Vouivre.

     Le Dragon-Vouivre figure alors « l'union des quatre éléments : le feu craché, l'air des ailes, la queue aquatique, les griffes terrestres. Il est le Roi qui détient la foudre et le gardien des trésors cachés, l'initiateur qui passe le néophyte au feu de la purification et lui communique la langue des oiseaux.8 »

     Sur l'un des chapiteaux de la petite église romane de Colombiers (Poitou) un homme est représenté ; ses deux jambes s'écartent et remontent de chaque côté de son buste en se transformant apparemment en serpents. Mais ces deux serpents se muent en oiseaux qu'il enlace de ses deux bras et qui lui parlent à l'oreille, lui enseignant la Langue des Dieux.

 

 


Chapiteau de l’église de Colombiers, Poitou.
 

Dessin de Flamia Chaptal, extrait de La Vouivre, un symbole universel.

 

Voir: http://langue.des.oiseaux.free.fr/

 

7 - Carlos Castaneda, La Force du Silence, Gallimard, 1988, pp. 250-251.
8 - C. Jacq et P. Delapierre, De Sable et d'Or, Ed. des Trois Mondes, 1976, p. 216.




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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 18:27

Le Rocher, sur la plage de Beniras,

à Ibiza,

au coucher du soleil






A l'horizon, le rocher mythique, phallique, yang,
 sur une mer d'autant plus yin qu'elle entre dans les grottes de la côte
 qui ne sont accessible que par mer.
Toujours, les deux polarités s'équilibrent.

Culte de l'étoile solaire, là comme devant Vedra,
mais rares sont ceux sans doute,
qui font consciemment le lien entre
"l'Œil  du jour", "l'Œil  de Dieu", "l'Œil  de l'Âme"
et l'Ajna chakra, l'Œil  de la Soi-Conscience".
Mais le bien-être se vit, intensément à ces instants privilégiés...

AU LARGE D'IBIZA, L'ÎLE DE VEDRA, AXE DU MONDE ET RESERVE D'OISEAUX






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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 11:08

L'année du Buffle en Chine



Oeuvre de Masao Yamazaki,
Maître Shiatsu.

Le Koan du buffle qui passe par la fenêtre

Le Koan d’origine chinoise, dans le bouddhisme Chan, s’est répandu au Japon dans le bouddhisme Zen.

Il s’agit d’une courte phrase ou d’une brève anecdote (littéralement : arrêt faisant jurisprudence), énigmatique, paradoxale pour la pensée ordinaire, utilisée par le Maître pour surprendre et déconcerter le disciple. Elle produit en lui un état au-delà de toute opinion qui peut induire l’Eveil ou bien encore amener à discerner l’Eveil de l’état d’endormissement. La question posée, personnelle, demande une réponse universelle :




 

« C’est comme un buffle qui passe par l’ouverture d’une fenêtre. Les deux cornes, la tête passent, le corps tout entier et les quatre pattes passent. Tout passe…sauf la queue ! »

 

Koan proposé par Catherine Pagès, du Centre Dana à Montreuil, dans l’émission "Sagesse Bouddhique" du 1er février 2009 sur France 2.

 

http://programmes.france2.fr/les-chemins-de-la-foi/index.php?page=article&numsite=42&id_rubrique=44&id_article=7331
du 2 au 8 février 2009.


NOUVEL AN CHINOIS, L'ANNEE DU BUFFLE ET SA DOMESTICATION






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30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 11:32

VEDRA,
actuellement devenue réserve naturelle d'oiseaux,
lieu mythique dans le voyage d'Ulysse,
l'un des axes du monde
où la liaison des énergies Terre-Ciel
est d'une très forte intensité



Les Axes du monde jouent un grand rôle
dans le lien de la Terre avec le Cosmos.

A cet endroit, la mer est dite sans fond.
Non loin de là, la légende veut que l'Atlantide ait été engloutie.

Dans son périple, Ulysse est passé au large de Vedra.




Peintures de vases grecs.

Lors de son voyage, Ulysse, arrivant au large de Vedra,
fut mis à l'épreuve par le chant des sirènes :
il boucha les oreilles de ses marins qui l'attachèrent au mât du navire afin qu'il ne succombe pas à leurs charmes !
Comment ne pas succomber aux émotions humaines ?



La grotte au flanc du rocher
où se retirait jadis un prêtre, le Père Palau, venant là en solitude.


Une autre grotte sur l'à-pic escarpé.



La beauté des couchers de soleil attire
maintes personnes...



      Ah ! Le Soleil !
Tous les peuples se sont tournés vers lui !

"Sûrya, le Soleil, divinité brâhmanique d’origine iranienne,
est appelé l’ “Œil du Monde”.

Les poètes gallois l’appellent Ilyad y dydd, “œil du jour”,
et le soleil brillant est Li sula, “lumière de l’œil”,
dans une expression irlandaise.

Les Peuls du Mali appellent le soleil “l’œil de Dieu” et,
chez de nombreux peuples, la conscience est imagée par l’œil.

Le Soleil illumine l’Œil du Cœur,
l’Œil de l’Ame,
l’Œil de la Connaissance de celui qui perçoit
que toute chose est le Soi véritable et immortel de l’homme. "

P. Dacquay, Renaissance du Chamanisme occidental, "Renard agile conte le Deo Celte Soof-Ta",
Editions Tourmaline, 2003, p. 294 (épuisé).
http://regorm.free.fr/ouvrages/livres/chamanisme.html

Le Soleil de notre Terre n'est que l'image d'un autre Soleil,
le Soleil de tous les Soleils, celui qui ne fait pas d'ombre,
toujours au zénith...



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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 11:35

LE SERPENT PREMIER :


LE SERPENT EST A L’ORIGINE DE LA CREATION


DANS TOUTES LES TRADITIONS


 

            Le même hiéroglyphe se décrypte "serpent" au premier niveau terre-à-terre, mais au second niveau il signifie "vibration" et au troisième "Vie" !

          "Est-ce un hasard si toutes les danses traditionnelles de toutes les tribus humaines sont vibration des corps, déroulements en cercles et spirales, imitation de la reptation du serpent ?
          Chez les Indiens Zunis habitant encore les pueblos au Nouveau Mexique, la fête du solstice d'hiver, fête du Nouvel An, donnait lieu à des “chants spirales” et à des “danses spirales” (6).
          Chez le peuple Bavenda d'Afrique du Sud, les jeunes vierges obtiennent la fertilité due à l'harmonie cosmique « au moyen d'une danse où elles s'identifient à la force du serpent.(7) » ; après les pluies, les danseurs bavendas

« tournent en des mouvements rythmiques rappelant les enroulements sinueux du python(8) », lors d'une danse appelée Deumba.
          C'est encore la danse du Serpent Yougousserou, le premier ancêtre, que les Dogons commémorent tous les soixante ans lors des fêtes du Sigi, qui s'étalent sur sept ans (9). Que dansent-ils ? Sa mort, ses funérailles et sa résurrection. Ils sortent, à cette occasion, les masques du Grand Serpent peint de blanc pour l'air, de rouge pour le feu, de noir pour l'eau et d'ocre pour la terre. Lors des fêtes, lorsqu'ils attendent la distribution de dolo, la bière fermentée, les Dogons se mettent spontanément en une longue file sinueuse ; lorsqu'ils dansent au son des tambours, c'est aussi en longue file sinueuse, spiralée et ondulante comme la parole apportée par l'ancêtre serpent Nommo.

           En Orient, toute la création est vue comme la Danse de Shiva, dieu de la destruction et de la dissolution, et le cinéaste Lionel Tardif a filmé La Danse du Serpent qui figure la montée du serpent kundalini dans le corps de la danseuse. L'Energie de la Vie, lorsqu'elle s'élève dans la colonne vertébrale de l'homme ou de la femme, met en vibration les chakras du corps ; elle suit, comme un Fil d'Ariane, les nadis idha et pingala qui s'enroulent autour de la colonne vertébrale comme les serpents du caducée d'Hermès, et elle ouvre les nœuds de ces centres énergétiques souvent en sommeil, atrophiés."

6 - MULLER, Werner - Les religions des Indiens d'Amérique du Nord, in Les religions amérindiennes - Trad. de l'allemand par L. Jospin, Paris, 1962, p.292.
7 - PURCE Jill - La Spirale mystique : le voyage itinérant de l'âme - Editions Librairie Médicis, 1994, fig. 59.
8 - Ibidem.
9 - Ce sont les imprégnations terrestres de l'énergie radiative de Sirius, énergie qui a marqué

« l'Aube du jour de la Terre », qui sont alors revivifiées. Voir PLATON, Karuna - L'Instruction du Verseur d'Eau - Courrier du Livre, 1973, p. 376-378 (2e éd. Le Point d'eau, 3e éd. Les Editions de la Promesse, 2000).

(Extrait de R. R. Mougeot : Du Tissage des Formes aux Entrelacs de la Vie, chap. "Les vibrations de la vie ou les spires du serpent" :
http://mathematiques.energie-manifestee.net/wakka.php?wiki=LivresEtReferences)

            En Egypte, le Grand Serpent Originel Atoum est au départ d’un cycle et ce qui demeure à la fin de ce cycle : « La terre reprendra l’aspect de l’océan originel (Noun) des eaux infinies comme dans son premier état.

             Je suis, moi, ce qui demeure (…) après m’être transformé en serpent, qu’aucun homme ne connaît, qu’aucun dieu ne voit. » (Le Livre des Morts égyptien,  in Morrenz S., La Religion égyptienne, p. 222-223.)

 

Egypte. Tombe de Ramsès III, Vallée des Rois. Egypte.



 

Le serpent, image du chaos porte la barque

sur laquelle le Soleil naissant traverse le Ciel d’où il dirige la Création.


           

             En Inde où « l’Être primordial (qu’il s’appelle Vritra, Mahâbhûta, Brahmayoni ou Atman) à partir de qui furent manifestées toutes choses au commencement, est typiquement ophidien, ce qui concerne aussi bien les aspects masculin que féminin de la bi-unité divine » (A. K. Coomaraswamy, La Doctrine du Sacrifice, Dervy-Livres, 1978, p. 108).

    « Dans cet éternel commencement, il n'y a que l'Identité Suprême de "Cet Un" (...), sans distinction d'être et de non-être, de lumière et de ténèbres, ou encore de séparation du ciel et de la terre. Le Tout est alors contenu dans le Principe, que l'on peut désigner par les noms de Personnalité, Ancêtre, Montagne, Dragon, Serpent sans fin » (A. K. Coomaraswamy,  Hindouisme et Bouddhisme, 1972, p. 20).

            Le Serpent, à l'Origine des temps, est dit « sans pieds ni tête, cachant ses deux extrémités, quand il naquit en premier du fondement de l'espace, de sa matrice » (Rig-Veda Sambhita). Il est encore dit « aveugle, sans tête, étendu » (Brâhmanas Jaiminîya Upanishad), « sans mains ni pieds » (Idem), « à la fois aveugle et sourd.… » (Mundaka Upanishad).

Tout cela qualifie parfaitement le Serpent Cosmique avant que la Vie ne devienne consciente d'elle-même.

 

 



Dans l’intervalle entre deux créations, Vishnu se retire, 
 

assis sur le serpent cosmique Çhesha, dans l’œuf du Monde.

Gouache, Ecole Guler, Inde, C. 1760.

 



Autre image de Vishnu
.

  La Manifestation naît de lui.

 

Les démons et les dieux barattent l’Océan laiteux pour produire le liquide d’immortalité en tirant sur le serpent cosmique Çhesha.



Peinture, Punjab Hills, XIXe siècle.

 

           

             Les peuples les plus primitifs, parce que premiers, près de la Source à laquelle ils sont encore reliés, ont maintenu fidèlement l'essentiel de la Connaissance.

 

            Les Ngadju Dayak de Bornéo racontent que : « Au commencement, (...) la totalité cosmique se trouvait, à l'état virtuel, dans la gueule du Serpent aquatique » (H. Schârer, Ngaju Religion, p. 148-149).

 

            Chez les Ungarinyins, Aborigènes d'Australie, Wangala, le dieu anthropomorphe du temps primordial, n'est pas directement le créateur  ; la création est l’œuvre du Serpent d'Arc-En-Ciel Ungud, mot dont la racine signifie « en rapport avec l'eau ».

            « Ungud peut être soit d'un sexe, soit de l'autre, soit même bisexué... » (Mircea Eliade, Religions australiennes, Petite Planète Payot, 1972, p. 77-90).




 

            D'autres indigènes australiens parlent du Serpent d'Arc-En-Ciel, Angamundi, « de la façon dont on parle habituellement du Père Universel : il est le père primordial des hommes, le dispensateur de la vie, l'auteur des enfants-esprits et le gardien tutélaire de l'existence » mais « ils laissaient entendre qu'il avait une matrice » ! (Idem,118).




            Les Aborigènes Vauwalak (Australie) appellent ce Serpent Yurlungur. L'un de ses noms est « notre mère ». Il est aussi bisexué.

            « Or (...) la bisexualité est une expression parmi d'autres (mais la plus frappante, il est vrai) de la "totalité divine"... » (Idem, p.108-111).


       Serpent d’Arc-en-ciel du nord-est de l’Australie, peinture sur écorce.

 

 « Le serpent arc-en-ciel Yurlungur dort dans l'un des bassins de son sommet... », racontent les Anangus à propos d’Uluru, montagne sacrée… (Australie 1999 - Mylène Thomas  http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/1/12/74/12/Texte-Uluru.pdf )

            

    On retrouve partout ce Serpent Arc-En-Ciel en Afrique Noire où il fait littéralement le pont entre le Ciel et la Terre (Dictionnaire des Mythologies et des Religions des sociétés traditionnelles du monde antique, Direction Y. Bonnefoy, Flammarion, 1981 ).

 
               Le Serpent Arc-En-Ciel Mbumba, chez les Bantous de l'embouchure du Zaïre, est en rapport avec l'Androgyne originel
. Dans la tradition Manyonga (Zaïre), la scission de Mahungu (Androgyne) en deux êtres différents est à l'origine du mariage.

 

            Chez les Yorubas du Bénin et du Nigéria (Afrique de l'Ouest), le dieu « Oshumaré est représenté sous la forme du serpent arc-en-ciel ; ... il est le symbole de la continuité, il représente la force vitale, le mouvement, tout ce qui est allongé ; il est à la fois mâle et femelle. » (Idem).

 

           


Serpent entourant la création symbolisée par le chandelier.

 



Pierre gravée, Gaza.
Voir : L’OUROBOROS ET NOTRE PERCEPTION DU TEMPS

 

Dans la Grèce antique, l'arc-en-ciel était représenté par « trois serpents bleus qui symbolisaient la plus pure expression de la lumière » (Maryse Choisy, …mais la Terre est Sacrée, Ed . du Mont-Blanc, Genève, 1968, p. 52).

 

           


Peinture sur sable des Indiens Navajo utilisée lors de rituels de guérison.

 



Portail central de la cathédrale de Chartres :

Christ ayant les deux pieds sur les serpents-vouivres.


 


Cernunnos, le dieu celte aux bois de cerf, maîtrisant le serpent-vouivre.

Bassin en argent doré de Gundestrup (Copenhague)

 

 

 

Serpent aztèque.

 



Krishna dansant sur le Serpent cosmique.

http://cosmobranche.free.fr/MythesSerpent.htm


 

 

             

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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 11:33

Le Nouvel An Chinois :
L'Année du Buffle


Oeuvre de Masao Yamazaki


Alors qu'en Occident l'image du Dragon-Vouivre a prévalu, 

en Orient c'est 

la Domestication du Buffle
 
qui  marque les étapes d'un Cheminement Initiatique.


Le buffle est un animal sauvage, lourd et rustique !


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Le buffle sauvage, libre est approché par l'homme.


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Celui-ci le prend au lasso.

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Il le tient en laisse alors que sa tête est blanchie.



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Le buffle blanchit encore et peut être mis à l'attache.



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Seul son arrière-train est encore noir
et il est surveillé de l'oeil
.



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La bête est paisible, elle continue à blanchir 
et l'homme peut tranquillement jouer de la flûte.



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Enfin peut-il dormir sans crainte !



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Le bienheureux a terminé son combat...

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La Voie des Luminaires s'ouvre à lui ;
c'est la même image que celle du portail de l'église Saint-Génitour
de Le Blanc (Berry) !
http://vivrevouivre.over-blog.com/article-7146040.html

Plus de buffle... 






La Vacuité...


(à lire : "Zenn, Amours Mystiques" de L. Adams BECK)

La Dodécalogie ajoute deux images,
celle du buffle noir seul
et celle du buffle blanc calme,
 "passage de l'âme temporelle (noire)
à l'âme intermédiaire (blanche)
pour le dépassement de la dualité..."
jusqu'au "
satori".
(Emmanuel-Yves Monin, L'Univers en code-barres, 1998, Y. Monin, p.76-77)


Chevauchée du Dragon-Vouivre en Occident,
du Tigre en Inde, 
de la panthère ou du lion dans l'Antiquité,
ou Domestication de la Vache dans le Zen, 
l'itinéraire est le même pour un même accomplissement...

Une autre imagerie, alchimiste surtout est celle de 

la Fontaine de Jouvence.

Voir
http://fontainedejouvence.over-blog.com/

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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 09:01
Le néo-chamanisme occidental

 et son nécessaire dépassement

 


 

     Quel est le but actuel du chaman occidental, c’est-à-dire du néo-chaman puisque toute tradition ancienne a été interrompue depuis des siècles ? Il propose une harmonisation des forces de la nature, et une voie pour retrouver équilibre et santé, à des personnes qui vivent majoritairement dans des villes. Pour cela sont utilisées des techniques remises au goût du jour : hutte de sudation, usage de plantes dites sacrées, pratiques de méditations médecines, invocations aux esprits, quêtes de vision, diverses techniques de soin. A cela se joignent recherche de ses animaux totémiques, voyages chamaniques dans les mondes dits inférieurs et supérieurs ainsi que dans le monde des morts.




     Les chamans occidentaux ont été souvent les élèves de chamans amazoniens, mongols, indiens, africains… chez qui ils ont fait des stages plus ou moins longs. Certains chamans, qui se disent celtes, prennent au sérieux leur manifestation : ils disent être la Folie du Grand Merlin, la Folie du Grand Mani-Tout, la Folie Divine de la Vie, cette Lila, cette Illusion, qui est certes « lumière sur lumière », mais qui, en même temps, voile sa Source, la Source de la Tradition primordiale, celle d’avant toute déviation du mental humain. Savoir jouer le Jeu de la vie, sans se prendre au jeu et sans se faire jouer par les autres, c’est l’ultime thérapie, la guérison de l’âme qui se fond dans l’âme cosmique, dans l’Unité du Tout. Toutes les autres ne sont que des aides plus ou moins efficaces sur la voie plus ou moins longue ou courte de chacun. Il faut certes en jouer… sans se laisser jouer !

     A multiplier les imageries et les techniques, le but est perdu de vue et chacun peut alors se fourvoyer dans un jeu indéfini qui reste sur le plan humain actuel. L’utilisation de vocabulaires et de techniques empruntés aux Amérindiens le sont  de manière parfois abusive que les meilleurs d’entre eux dénoncent. Et l’usage des plantes amérindiennes, de l’ayahuesca en particulier, ne sont pas sans danger, surtout lorsqu’elles sont utilisées par des personnes qui n’en ont qu’une connaissance et une expérience bien limitée. Il est mieux d’en venir, dans la mesure du possible, à un néo-chamanisme occidental qui ait sa spécificité, sans emprunter à des traditions lointaines correspondant à des peuples vivant dans des conditions fort différentes des nôtres.



Indien Kogi.
Les Kogis font retour sur les terres de leurs ancêtres Tayronas,
sur les terres de "LA LUNA" que l'association Tchendukua les aide à racheter :
http://www.tchendukua.com/




     Quelle est la source de l’inspiration qui traverse le néo-chaman ? Est-ce son ego ?
Son Etre essentiel, la Source créatrice ?
Mais de toute façon, cette inspiration passe par le prisme déformant qu’il est à un plus ou moins grand degré. Des vérités relatives en découlent qui, prises pour la Vérité, nourrissent querelles, rivalités, guerres, intolérances, fanatismes et intégrismes.
Guérir en vérité, c’est le « gai rire », comme l’énonçait Rabelais en son temps !
Rire de soi avec humour qui est une des meilleures expressions de l’amour.
Ne pas se prendre au sérieux… et sourire à la Vie,
qui est l’aide véritable sans cesse octroyée par le retour à son Unité. 

 

Le chamanisme, c’est la voie du cœur

 

        Quel que soit le chamanisme que l’on pratique, ou le néo-chamanisme comme il serait plus juste de dire, le savoir du cœur est bien plus essentiel que le savoir des mots !

        La cause première des maladies, c’est "la trahison de l’âme individuelle vis-à-vis de l’Ame Universelle1" et le corps physique proteste contre cette trahison. En ce sens, toute maladie est un symptôme de rectification à opérer et la guérison véritable ne s’opère que si le soigné en a conscience. L’homme est comme écartelé par la partie animale de lui qui veut maintenir la lourdeur qui est la sienne, et la partie angélique qui proteste contre cette lourdeur et veut la quitter. Ainsi y a-t-il deux sources de souffrance comme il y a deux serpents au caducée que l’axe tente de réconcilier.

L’écoute du cœur est bien loin d’être celle du mental ratiocinant de l’homme dénaturé. Ochwian Biano, chef indien Pueblo, déclarait que « les Blancs étaient fous parce qu’ils prétendaient penser avec la tête » ! Lui, « il pensait avec le cœur » !

Don Juan Maltus, le nagual toltèque, disait à Castaneda qu’entre deux voies, il fallait toujours choisir «  la voie qui a du cœur2 », celle qui ne laisse pas l’homme dans les désirs troubles de l’ego. L’ouverture du cœur est le passage obligé vers lequel avance tout être humain sur la voie, quelle que soit la Tradition à laquelle il se réfère. Alors, le véritable Ego de l’homme est l’essence du monde et le mental illuminé devient le Haut Intellect qui exprime l’Intelligence divine.

 

Comme toute voie authentique, celle suivie par le chaman mène à une mort à soi-même pour retrouver l’Unité du Tout. Pan, le joueur de flûte, personnifie le Grand Tout, la Vie Universelle, et notre ego mineur nous isole de cette totalité. « Oui à Pan », dit la Langue des Oiseaux, c’est le meilleur moyen d’être « E-Pan-Oui3 » !

Le chaman se doit de rendre aux énergies leur nature première, aux choses leur juste valeur pour, dépassant la dualité, accéder à la liberté. L’ouverture du cœur est inconditionnelle et la sincérité en est le fruit.

Qui peut dire connaître l’essence des choses ? La vie enseigne, même et souvent à son insu, celui qui sait reconnaître qu’il « ne sait pas ». Ce vide crée comme un appel d’air et, à cette demande du cœur correspond une réponse souvent inattendue, surprenante, qui n’a rien à voir très souvent avec ce qui nous est connu, familier. C’est « déroutant » ! Combien de fois ne faut-il pas accepter de changer de route, de mourir à soi-même ? « Là où tu trouves ton cœur, dépose ta tente », énonce un proverbe arabe. Ce vide est silence et, de lui seul, peut jaillir l’inspiration authentique et la force calme, sereine qui permet d’assumer sa vocation d’homme. L’Indien Ohiyesa affirme : « Le silence est équilibre absolu du corps, de l’esprit et de l’âme. L’homme qui préserve l’unité de son être reste à jamais calme et inébranlable devant les tempêtes de l’existence.4 »

Dans le cœur réside l’ultime aboutissement de toute recherche, au Cœur du cœur de son cœur, là où les dieux ont caché à l’homme son immortalité, comme il est dit dans un conte indien traditionnel. C’est dans le cœur que se trouve le point d’intersection entre la captivité et la libération, la captivité des désirs, la libération de toute souffrance. Il ne sert de rien de ruminer le passé, il ne sert à rien de se faire du souci pour les difficultés à venir. Quant au présent, il s’agit de le vivre, loin des vaines spéculations, interprétations et justifications stériles. C’est pourquoi le chaman assume la matière, sa matière, et ne se paye pas de mots.

Les états modifiés de conscience, obtenus de toutes sortes de façons par les respirations séquentielles ou holotropiques, par le yoga, la danse, la musique, la transe, etc., ouvrent des perspectives d’épanouissement, de santé, au-delà de toutes les répressions et de tous les conditionnements.

Les Intentions de la vie vont au-delà de toutes nos intentions. Nous sommes embarqués dans une voie, croyons-nous ! Mais qu’en est-il réellement ? Lorsqu’on investit sa volonté dans une action, le voir permet de lâcher prise. Il convient de ne pas se juger, de voir ses limites mais, comme le dit le Yi-King, sans mettre de limite à ses limites » ! Vouloir guérir est le plus souvent une manifestation de l’ego mineur. La difficulté d’être un  humain est à accepter, sans se condamner, tout en ayant une grande lucidité sur soi-même. S’interdire d’être ce que l’on est pratiquement, c’est se fabriquer de nouvelles maladies. Depuis deux mille ans et plus, les êtres humains sont dans des notions de culpabilité qu’il est grand temps de dépasser !

Souvent il y a une illusion à croire que l’on a de progresser, alors qu’on ne fait que tourner en rond. Lorsqu’on abandonne toute idée de vouloir progresser, l’on est alors dans une fluidité qui permet d’expérimenter tous les plans, de se libérer du connu pour être disponible à ce qui se vit dans l’instant. Il y a ce qu’il y a et Cela coule de Source sûre…

Accepter d’atteindre cette réalisation, ce bonheur, cette joie sur le plan vibratoire où l’on est, ici et maintenant, est la clef. Tout ce qui est perçu au cours des voyages chamaniques, les  images, les vies antérieures, les couleurs, les formes géométriques, etc., ne sont qu’illusions fabriquées par l’ego. Un professeur de yoga disait avec humour : « C’est de la confiture ! Vous voulez reprendre de la confiture ? »

 

Le paradoxe de l’illusion

 

Pourquoi pas ? En le sachant. Mais ne pas quitter cette illusion, car c’est une autre illusion identique que de croire que l’on peut atteindre la réalisation ! Ce n’est pas de l’ordre de la compréhension ordinaire ! Le total lâcher prise, le total abandon du jugement de soi-même, du jugement de l’ego, est le fruit le plus avancé de la méditation. Le mental est la chose la plus intéressante qui soit pour progresser, et méditer sur lui permet d’atteindre le non mental, le plan de l’Intelligence.

Les soins, les rituels, les cérémonies très compliquées ne sont faits que par des personnes compliquées. Se voir dans un processus d’ego sans se l’interdire, sans se censurer, c’est, paradoxalement entrer dans la simplicité.

        Expérimenter le paradoxe, expérimenter une chose et puis juste après, son contraire pour réconcilier les deux, les unifier, permet au mental de lâcher prise. Il s’agit de fondre en quelque sorte l’ego inférieur dans l’océan de la vie. Dans le monde humain ordinaire, tout ce que nous percevons par les sens est partiel et limité. Les sensations sont, de plus, interprétées par le mental conditionné et deviennent des représentations, des projections qui ont fort peu à voir avec la réalité. Notre mémoire sélectionne et organise la vie quotidienne sans que nous nous rendions compte que nos pensées, nos sentiments, nos comportements sont manipulés par l’histoire de notre famille, de notre culture, de notre civilisation. Notre monde n’est que notre réalité individuelle façonnée par les conventions familiales, sociales, culturelles, religieuses, et nous reproduisons inlassablement les mêmes schémas mentaux. Nous sommes largement conditionnés à voir toutes choses en terme non pas d’unité, mais de dualité. Ainsi l’homme occidentalisé s’oppose-t-il, pour soi-disant se défendre, pour s’affirmer, pour exister, aux autres et à la nature et le différent est vu comme un ennemi. Il voit la nature comme extérieure à lui, comme une chose à exploiter. Cette division est illusoire. Il n’y a aucune liberté dans la relativité ; l’accès à la Vérité se fait par le dépassement de la dualité.

La manifestation est aussi une illusion, l’Illusion divine. La réalité matérielle est impermanente pour qui sait voir. Toutes les formes sont en incessantes transformations. La conscience aiguë de cette vérité est libératrice. L’homme naturel vit constamment avec la conscience de l’unité du tout. Il est partie intégrante de la nature et il reconnaît la vie et la conscience comme inhérente à tous les règnes de la création.

Que dire de plus ? Vivre la Vie en l’existence humaine qui est la sienne, il n’y a rien d’autre à faire.


1 Voir Régor, Du Cheminement Initiatique imagé par saint Roch et sa Vie Exemplaire d'après les Enseignements d'Emmanuel, Les Amis du Désert, 1988. http://saintroch.energie-manifestee.net/index.html 
2  Le Don de l’Aigle, Gallimard, 1995.

Article de E.-Y. Monin : « Du paganisme au néo-paganisme contemporain », paru dans L’originel, avril 1996.

Cité dans « Ici et Ailleurs », Lettre d’information, Tchenduka, n° 8, Mars 2003 (Association au service des Indiens Koguis de Colombie). http://www.worldwisdom.com/public/authors/details.aspx?ID=6


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17 janvier 2009 6 17 /01 /janvier /2009 10:23

FACE A LA MAISON DU BAGNARD,


LE DIAMANT DE LA MARTINIQUE


ET LE MONUMENT AUX ESCLAVES DISPARUS EN MER



 

 

 

Du haut du Morne Larcher, le rocher du Diamant émerge de la mer et pointe vers le ciel.

 

 

 


 

 

L’ancien bagnard Médard Haribot a construit cette petite maison à son retour du bagne, dans les années 1960. Une maison en bois ornementé, peinte de couleurs vives, jouissant d’un panorama magnifique sur la mer Caraïbe, dans un endroit qui devait être encore à l’époque très sauvage.

Vivant au début du siècle dernier dans une caverne isolée, il l’avait transformée en caverne d’Ali Baba par ses « vols », mais pour lui, prendre aux riches pour donner aux pauvres n’est pas voler, et la misère était grande chez les journaliers des riches exploitations.

 



L’entrée de la grotte de Médard Haribot,

 dans un endroit sauvage. 1996.

 

Il était sculpteur dans un art naïf simple.

 



« Photo », sculpture en bois du colonel par Médard, vers 1924.

Dans le cartouche, le colonel Maurice de Coppens, vers 1924.

D’après Richard Price, Le bagnard et le colonel, Ethnologie, PUF, 2000.

 

Lors des émeutes électorales qui éclatent en 1925 à l’occasion des élections municipales, c’est un buste sculpté par Médard que brandit la foule, selon la légende. Le buste du colonel de Coppens, officier à la retraite, propriétaire de la distillerie de Dizac, et candidat à la mairie.

 


La mairie du Diamant :

les partisans du colonel candidat empêchent les habitants de voter.

 

   A l’époque, en Martinique, les joutes politiques étaient violentes entre les candidats des Békés, les riches propriétaires terriens, et les candidats des partis populaires de gauche. La mémoire d’un esclavage n’était pas si lointain encore avec ses tortures, ses châtiments corporels, remplacé par un autre système d’exploitation qui n’était guère plus humain.

Le 25 mai 1925, les choses vont sérieusement déraper lorsque des tentatives de bourrer les urnes furent faites. Dans les échauffourées qui se produisent, un homme est tué. La colère monte et les Diamantinois massacrent le colonel et son escorte de gendarmes.

 

 


Philibert Larcher,

blessé lors des affrontements dans la mairie.

  

Médard Haribot fut condamné au bagne à perpétuité en 1925 pour son passé de petit voleur et sa participation supposée aux événements politiques de la « Guerre du Diamant » ;

« Colonel de Coppens - C'est lui qui a envoyé Médard au bagne. Juste pour une “photo” ! Il avait fait l’image du colonel. On a montré ça aux gens et on a demandé qui l’avait fait. Et puis on l’a arrêté, on l’a condamné aux travaux forcés ! Parce qu’un type comme ça, quelqu’un qui n’était pas au niveau, savait pas lire… Un nègre comme ça… Alors ils lui ont mis la main dessus et il l’on envoyé au bagne. Il n’avait pas volé, n’avait rien fait. C’est seulement parce qu’il a fait cette “photo”-là. »

(Ernest Larcher, pêcheur, 1983 ; idem, p. VIII)

 


Au bagne :
Halage des grumes, tableau de Francis Lagrange.

 

Libéré en 1945 à la fermeture du bagne, il vivra en Guyane pendant quelques années avant d’être rapatrié en Martinique en 1953. C’est alors qu’il construit sa maison.

   

 

 



Non loin de là :

 

 Monument sur la côte de l’Anse du Diamant,

de Laurent Valère, artiste martiniquais,

en hommage aux disparus de la traite des Noirs.

 

Le 8 Avril 1830, un bateau effectue des manœuvres très risquées au large du Diamant, et vers 5 heures de l'après-midi, il jette l'ancre dans les parages dangereux de l'Anse Caffard.

Un habitant du quartier, François Dizac, Géreur de l'Habitation Plage du Diamant, se rend compte du danger et court vers le navire, mais il ne pourra prévenir le capitaine du péril imminent ; la houle est trop forte pour mettre un canot à la mer.

A 23 heures, des cris et des craquements sinistres déchirent la nuit. François de Dizac et un groupe d'esclaves de l'habitation se rendent immédiatement sur les lieux pour découvrir une vision d'horreur : le bateau s'était disloqué sur les rochers, pris dans la furie d'une mer déchaînée. Il fut entièrement détruit. Le lendemain, 46 cadavres furent repêchés. Les corps des marins négriers furent inhumés au cimetière du Diamant et les noyés africains, à quelque distance du rivage.

 

 

 

 

 

 

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