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16 janvier 2009 5 16 /01 /janvier /2009 16:07

Saint Denis, un saint céphalophore

 

dont la radiance a imprégné

beaucoup de lieux
.

 

 

        « Le nom de Denis vient de Dionysos :  Dionysos et saint Denis ou Denys participent du même Principe : Annonciateur et successeur du Christ “Tous deux participent du même corps radiant et s'unifient dans la même pensée éternelle” (Pierre Gordon, Les Racines Sacrées de Paris et de l'Île-de-France, Arma Artis, 1981, p.  45).

 

     « Il fut décapité vers l'an 250, sous l'empereur Dèce, à Montmartre, Mont des Martyrs ; ancien Mont Mercure (voir Chronique du Pseudo Denis), nous disent les hagiographies.

   “Aussitôt privé de sa tête, il se baissa, la ramassa et courut la laver dans l'eau d'une fontaine... Il descendit ensuite droit devant lui, fit quelque six mille pas dans la plaine en tenant son chef dans les mains...” Là où on l'enterra “les moissons, alentour, furent merveilleuses. Des moines bénédictins ne tardèrent pas à s'établir dans ce domaine privilégié. De cette façon naquit l'abbaye de Saint-Denis” (Idem, p. 38-39). Elle est la nécropole des rois de France.

     A Saint-Denis même ont été retrouvées des tombes mérovingiennes où “on trouve le chef du mort placé à côté de son squelette”, les Francs ayant pour coutume de “décapiter les morts avant de les inhumer” (J. Foatelli, "Denys l'Aréopagite et les Mystères chrétiens", Revue Atlantis n° 261).

   C'est à saint Denis, ou à son disciple saint Yon,
que l'on attribue la conversion des Druides du sanctuaire de Longpont (Essonne),
ancien lieu de culte à Isis. »


 La conversion du Druide à la prédication du saint.
Peinture du choeur de la basilique de Longpont-sur-Orge (Essonne).

     Saint Denis est représenté sur un vitrail de l'église Saint-François-Xavier à Paris (sacristie), tenant sa tête coupée dans ses mains, à l'endroit de son cœur, tandis que les Energies Célestes mettent à la place de sa tête un Soleil Radiant.


 

© R. R. M.


     Il n’est pas surprenant de le retrouver sur le portail sud de la cathédrale Notre-Dame à Paris.

 


Mais quelle joie de voir, en place de sa tête, un nid d’oiseau !



 

 Connaissait-il la Langue des Oiseaux ?

L'Oiseau lui a chanté le haïku :
« Perdue, la tête ;
       En place, le cœur ;
Ivresse... »


http://langue.des.oiseaux.free.fr/


© Françoise Pfirsch

 

  

 


Musée de Metz.

© A. Vayssac.


 
Saints céphalophores 
La Voie du Coeur: link

 

 

 

 

 

 




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15 janvier 2009 4 15 /01 /janvier /2009 08:54

MERLIN ET LES COULEURS 

DE L’ARC-EN-CIEL*

 

 

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" En ce temps lointain, Merlin qui était devenu conseiller du roi Arthur,
avait établi l’Ordre des Chevaliers de la Table Ronde ;
il convoqua ceux-ci dans la grande salle de son palais.
 
 

 


         Lorsque les douze chevaliers furent assis sur leurs sièges et que les portes furent scellées, Merlin leur exposa la nouvelle mission à eux confiée :
- Vous savez tous, leur dit-il, que notre sainte Mère la Terre est vivante et que dans ses veines coule le sang de la terre. Les canaux d’énergie qui sillonnent son corps, on les nomme Vouivres car ils serpentent en elles comme le font les veines dans notre corps. Ce sont ces Vouivres que suivent naturellement les bergers qui gardent les troupeaux, les voyageurs et les pèlerins qui partent par les chemins. Dans certaines régions, on les appelle «Vivre », ou « Vuipre », ou maints autres noms encore.
Les diverses colorations de ces Vouivres sont causes de la grande diversité des végétations des nombreuses régions de la terre, de la diversité aussi de la vie animale, et aussi des humains. Leurs énergies transparaissent dans certains lieux encore plus fortement qu’ailleurs. Là, nos ancêtres avaient dressé des pierres pour les concentrer. Lorsqu’une source jaillit des flancs de notre Mère, elle est riche de leurs énergies ; animaux et humains savent qu’ils peuvent aller s’y désaltérer mais aussi y soigner certaines maladies. Parfois, les énergies de la Terre sont terribles ; dans ses antres rugissent les dragons-vouivres que les Chevaliers doivent soumettre.
Vous ne serez pleinement Chevalier que lorsque vous connaîtrez cette Vouivre de la Terre, lorsque vous aurez apprivoisé ou dompté son énergie qui nourrira le Chevalier en vous, le Chevalier de vous…
Vous allez donc partir en mission dans les douze directions de la Terre. Dans trois ans, vous serez de retour, et vous direz ici quelle est la couleur de la Vouivre de la région que vous aurez explorée.
Ainsi fut fait. A l’instant, les Chevaliers en arme chevauchèrent leurs montures.
 

 
 
Les trois années écoulées, ils se retrouvèrent assis autour de la Table Ronde sous la présidence de Merlin.
- La Vouivre est verte, dit Gauvain qui prit le premier la parole, je suis allé en terre irlandaise. Là-bas, sous un ciel gris et changeant, toute la végétation est si verte que les habitants l’appellent d’ailleurs la verte Erin.
- Non, non, objecta un autre chevalier. La Vouivre est rouge ; rouge, comme notre sang est le sang de la terre là où je suis allé dans les contrées chaudes, les déserts de la lointaine Afrique.

Vouivre, Vivre, ivre… 

 Vibration de la vie…  

 Vibrations des couleurs…  

 Ondes des formes entremêlées.

                                             Huile sur toile)
 
- Elle n’est ni verte ni rouge, dit un troisième. En montant loin vers le Nord, la terre n’est plus que glace d’une froideur brûlante et sa coloration est bleue.
Ainsi chaque Chevalier parla au nom de la couleur de la Vouivre du pays qu’il avait traversé ; chaque fois, c’était une couleur différente. Certaines se rapprochaient cependant, ne se distinguant que par des nuances.
 
Alors, chacun ayant à son tour parlé, Merlin dit :
- Au nombre de Douze sont les couleurs des Vouivres de notre Mère la Terre. Nous ferons un drapeau à ces douze couleurs qui sont, si vous en voyez les nuances rapprochées deux à deux, celles de l’arc-en-ciel qui jaillit parfois après l’orage pour faire un pont entre le Ciel et la Terre, mais qui jaillit aussi dans le ciel bleu lorsque les cœurs des hommes sont purs. Lorsque le temps sera venu de revoir paix, joie et bonheur sur la terre des hommes, vous verrez partout se produire des rassemblements de l’Arc-en-Ciel. "Partout où se lèveront des hommes de paix et d’amour, ils porteront ces couleurs."
 

 



[1] - Voir : La Vouivre un symbole universel, Editions EDIRU.
Voir ce nom dans l’Encyclopédie http://fr.wikipedia.org/wiki/Accueil
[2] - Interprétation d'une ancienne légende hopi  transmise par la Rainbow Family of Living Light.
 
  Pour les informations sur les Rainbow Gathering, voir:
 http://frenchrainbow.free.fr/rainbowinfo/rainbowinfofrench.html
 
 

 
 
 
* Conte extrait de Contes qui coulent de Source, Edition EDIRU, 2006.
 

 

 

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12 janvier 2009 1 12 /01 /janvier /2009 21:15

Qu’est

le Dragon-Serpent-Vouivre

dans le terroir de France ?


Miséricorde, stalle d’église.


     Monstre folklorique, la Vouivre (ou Guivre ou Wivre, du latin vipera, vipère ; ou Vivere, Vivre, selon d'autres), si longtemps oubliée, fait pourtant partie intégrante, depuis des siècles, du patrimoine français ; c’est une sorte de dragon ailé qui porte une escarboucle sur le front. Cet œil, une gigantesque pierre précieuse, est parfois caché dans les roseaux des berges d'une rivière ou d'un lac tandis que la Vouivre y pêche, et peut être subtilisé par un voleur audacieux. Cette pierre a fasciné les hommes. Leur convoitise se retrouve dans de nombreuses légendes de nos provinces et les amène à la tuer pour s'emparer du diamant comme dans les contes similaires du Cantal, du Puy-de-Dôme, de Vienne, de Basse-Normandie, de Bresse, du Revermont... Paul Sébillot, dans Le Folklore de France, a recensé beaucoup de légendes ainsi qu’Henri Dontenville dans son Histoire et Géographie mythiques de la France.
     A Brétigny en Côte-d'Or, « Lai Sarpan du Bois du Roz » avait une couronne sur la tête, un œil de diamant, des écailles brillantes et sonores et un anneau à la queue.
     Dans le conte Le Serpent au diamant, le bûcheron qui dérobe l’escarboucle apprend de la bouche du roi qu’elle a le pouvoir de transformer le fer en or. Dans les montagnes des Alpes et du Jura, un serpent volant aux proportions énormes, appelé Vouivre, portait sur sa tête une aigrette ou couronne étincelante, et sur le front un œil unique, diamant lumineux qui projetait une vive lumière que l'on voyait de très loin. Lorsqu'elle voltigeait avec bruit de mont en mont, une haleine de flammes et d'étincelles sortait de sa bouche.
     On voyait jadis dans les forêts de Luchon de grands serpents qui avaient une pierre brillante sur le front.
     La « Male Beste » des bords de la Garonne est aussi dotée au front d'un seul œil.
     Les légendes locales gardent le souvenir de la Vouivre de Blamont (Doubs) qui lavait ses ailes brillantes à la source de la Fuge, de celle qui hantait les forêts du Mont Bleuchin (Doubs), de celle de Gémeaux (Côte-d'Or) qui se baignait dans la fontaine Demelet, de celles encore de Couches-les-Mines (Saône-et-Loire), de Vitteaux (Côte-d'Or), de Beaulon (Allier), de Fleury-sur-Loire (Nièvre)... On conte que les habitants du Valais se débarrassèrent d'un monstrueux serpent nommé la Ouïvra qui enlevait les bestiaux de la montagne de Louvye... La Ouïvra avait une tête de chat sur un corps de serpent...
     Dans le Berry, un grand serpent de quarante pieds de longueur se réveillait de temps à autre ; sa tête était celle d'un homme. George Sand décrit dans Légendes Rustiques le Grand Serpent des étangs de la Brenne, près de Saint-Michel-en-Brenne. A Gargilesse, lieu de prédilection de George Sand, la Vouivre prend le nom de Gargelle.
     Dans le Mâconnais, c'est la Bête Faramine, monstre « faramineux » qui volait d'un coup d'aile de la Roche de Solutré jusqu'à Vergisson, ou bien encore de Thouleurs jusqu'à la pierre de la Wivre du Mont Beuvray. Elle est aussi connue dans le Poitou où on l'orthographie « Bête Pharamine ».



Chapiteau de l’église Saint-Pierre à Chauvigny (Vienne).


      Les serpents volants ne sont pas rares. Tels ceux du Château de la Fraudière à Jouhet (Côte-d'Or) et de Presly (Cher), la serpente volante du Château de Rosemont à Luthenay-Uxeloup (Nièvre), la couleuvre volante du Château de la Motte-Chevagnes (Allier) entre autres.
     Le « Dard » du sud de la Gâtine avait le corps d'un serpent à queue très courte et quatre pattes, une tête de chat et une crinière tout le long du dos. Son sifflement faisait peur. Lorsqu’il était attaqué, il mordait cruellement, mais il n'était pas venimeux. Cependant, il avait coutume de téter les vaches.
     Très souvent, la Vouivre veille sur les trésors souterrains comme le montrent de nombreuses légendes du Nivernais. A Moraches, on conte qu’un serpent gardien d’un trésor, ne sortait qu’une fois l’an pour aller boire.
     Vèvre, Vaivre, ou Vaisvre, sont d’autres noms de la Vouivre. Sous la pierre de Vaivre du Mont Beuvray, la Vouivre sortait de terre une fois l’an, à Pâques, et étalait ses trésors au soleil.
     Sans conteste, le roman de Marcel Aymé, La Vouivre, a remis à l'honneur et popularisé de nouveau cet ancien vocable. Il s’est vraisemblablement inspiré de la légende de la Vouivre d'Avoudrey, la plus belle de Franche-Comté. Outre l'escarboucle, elle a une couronne de perles sur la tête, descend à minuit, le soir de Noël, au moment où, dans l'église, on chante matines, et vient boire à la fontaine voûtée du village. Elle pose un instant son escarboucle et sa couronne au bord de la source...
     Vouivre, en patois de Franche-Comté, est l'équivalant du vieux mot français "guivre" qui signifie serpent et qui est resté dans le langage du blason. En héraldique, la guivre est un serpent en pal ondoyant, engloutissant un enfant (l'issant). Elle est assez répandue en héraldique italienne. En héraldique anglaise, la wyvern est un dragon ailé à deux pattes.
On retrouve aussi son nom en toponymie, par exemple dans Woëvre (prononcé Vou-âvre), région du nord-est de la France au nord-ouest de la Lorraine, plateau et autres cours d'eau. On trouve, en Franche-Comté, le nom de vouire pour vouivre, ce qui semble plus proche de la racine primitive. Certains considèrent le mot « Vouivre » comme berrichon. Dans le patois bourguignon, une Vouivre, ou une Vivre, désignait une jeune fille résolue et vive. Tous les vingt ans se célèbre à Couches (Saône-et-Loire) la Fête de la Vivre, en l’honneur d’un monstre qui semait la terreur. La légende remonte à 1328 et la prochaine fête sera en 2008. La richesse des traditions vivantes est extraordinaire.
     Dans vouivre, on peut y voir une racine indo-européenne Gwer, Gwor, indiquant une idée de "chaleur" et dont dérivent des mots allemands, anglais et français qui ont perdu le son guttural initial ou qui l'ont adouci en un f comme warm et four; en d'autres termes. La "Vouivre" ou la Guivre aurait été primitivement un "serpent de feu" et non pas un serpent d'eau. Cette étymologie expliquerait pourquoi les vouivres ont des ailes et portent au front une escarboucle étincelante, c'est-à-dire un charbon ardent, en latin carbonculus ; quand elles plongent dans les fontaines ou dans les puits, elles laissent leur escarboucle sur la margelle. Il y a là une association de la "vouivre" avec une idée de lumière et de chaleur sortie des entrailles de la terre ; aussi, traditionnellement la Vouivre garde-t-elle les trésors souterrains. Souvent d'ailleurs la Vouivre crache le feu.
     Guivre, ou Givre, est souvent orthographié wivre comme dans la Nièvre, et parfois Nwywre à propos du serpent gravé sur le menhir de Manio à Carnac (worm et wurm en anglais et en allemand). Le W marque bien, par sa sonorité autant que par sa graphie, le mouvement du serpent, son ondulation, la vibration.
     Le Manuscrit des Paroles du Druide sans nom et sans visage (Emmanuel-Yves Monin, 1990 - 6e éd. 2005 - Y. Monin) préfère la sonorité Vuipre, plus âpre et plus rude.
    Dans Le Pape des Escargots d’Henri Vincenot, le héros se déplace en suivant les chemins de la vouivre, les chemins qui serpentent dans les campagnes. Ce que font traditionnellement tous les pèlerins. Les cannes des paysans de nos campagnes, souvent décorées d'une vouivre, témoignent d'une ancienne connaissance qui a traversé les siècles : le serpent est symbole de sagesse et de guérison. La vouivre représente les courants d’énergie tellurique qui innervent la Terre considérée comme vivante. Sur les hauts lieux, son énergie rejoint l’énergie cosmique. C’est pourquoi à ces endroits se succèdent depuis des millénaires les cultes, celtes, gaulois, romains et chrétiens. Beaucoup de sources sont dites «guérisseuses » parce qu’elles sont chargées de l’énergie de la vouivre du lieu. Les Dragons-Vouivres sont très souvent donnés comme habitants des grottes ou des cavernes, des lieux souterrains, qui furent certainement des lieux d'initiation à l'époque néolithique.
     Dans les temps reculés, il y eut sans aucun doute en France, en de nombreux endroits, des cultes à la Terre-Mère dont le serpent est l'attribut. Certains, comme à Longpont-sur-Orge ou à Montmorillon, furent des lieux de culte à Isis.
     Le serpent a été associé au féminin, et tout particulièrement aux Déesses-Mères. Son mouvement ondulatoire et sa forme l’associent à l'énergie sexuelle ; ses résurrections périodiques et ses mues l'associent aux phases de la lune qui incarnent le pouvoir régénérateur des eaux, mais aussi les énergies latentes renfermées dans le sein de la terre. Il représente la force vitale, étant à la fois créateur et destructeur ; il est de ce fait d’essence supérieure. Salus, déesse de la Santé et de la Guérison chez les Romains, a comme attribut le serpent.
      Les déesses-mères étaient souvent souterraines ; tel serait peut-être le sens du buste de femme gravé dans une grotte sous la station préhistorique de Cordie. La déesse au serpent du Fâ de Barzan est peut-être la transposition d'une déesse chthonienne gauloise. Les vierges noires sont les héritières de ces déesses-mères.
     Mais la Vouivre, c'est aussi le dragon. Le latin draco a donné en français dragon, mais aussi drake et drache en anglais et en allemand. Innombrables sont les légendes qui le concernent ! Un dragon ravageait le pays d'Ajoie (Doubs), celui des Combes (Doubs) gardait un trésor, on offrait des jeunes filles en pâture à celui de Domfront (Orne), le dragon de Lissagues (Basses-Pyrénées) tua le seigneur Gaston de Belzunce près de la fontaine, celui des creux du Laquet à Saint-André-de-Valborgue (Gard) était particulièrement horrible ! Et on en trouve à Douai, Mons, Vannes, Moret-sur-Loing, Troyes, Nevers, Avignon, Cavaillon, Sisteron…


La Grande Goule de Poitiers.


     La Coulobre (du latin coluber) provençale, c'est surtout le dragon sorti de la grotte de la fontaine de Vaucluse d'où sourd la Sorgue. Celle de Bagnols-sur-Cèze (Gard) a sept têtes et sept queues.
     La Bête Rô tapie dans la caverne de la Pointe de Roux, près d'Aytre, dans le canton de La Rochelle en Aunis, la Kraulla de Reims, l'énorme serpent ailé de Niort, la Male Beste des bords de la Garonne, le lézard monstrueux du Médoc, le Lumeçon de Mons (Hainaut, Belgique) que combat saint Georges, les Vermines et les Vers, les griffons à queue de serpent et les basilics (coqs à queue de serpent), comme celui du puits de Coulaine à Claunay-le-Bouchet (Vienne), sont d'autres avatars du Dragon-Vouivre.

 


     La déformation des prononciations donne des noms dérivés de crocodile, monstre des bords du Nil qui a impressionné les voyageurs des temps passés : cocodrilles, devenant cocadrilles en Sologne et coquatrix, ou cocatrics dans de nombreux endroits. L'Auberge du Coquatrix, dans le Hurepoix, maintient encore le souvenir d'une ancienne légende.

     Il y a, à l'Hôtel-Dieu de Lyon, un crocodile qui fut tué, dit-on, sur le Rhône, au Moyen Age ! Les dragons et les serpents ou les lézards vivent parfois en couple, et selon la Gest Maugis (XIIIe siècle), le cheval fabuleux Bayart serait né de l'accouplement d'un dragon et d'un serpent : « un dragon l'engendra ileuc en un serpent ».

     A Provins (Seine-et-Marne) vivaient un dragon et une lézarde qui sont encore fêtés de nos jours.


La Tarasque d'Arles.


     Mais il y a aussi la Tarasque (du grec tarasso : épouvanter) dévoreuse, celle de Novès, terrifiante, qui ressemble à une ancienne Tarasque étrusque, celle d'Arles et celle de Tarascon, plus bonasse, dont la fête est remise actuellement à l'honneur. Peut-être ces Tarasques ont-elles pour ancêtre le serpent carnassier de trois mètres de long gravé dans une caverne des Beaumes-Latrone, située dans une falaise abrupte de la vallée du Gard ? Dans La Légende Dorée, Jacques de Voragine, évêque de Gênes, décrit ainsi la Tarasque : « En ce temps, avoit en ung boys sur le Rosne, entre Arles et Avignon, ung dragon, demy beste et demy poisson, plus gros que ung beuf, et plus long que ung cheval. Et avoit les dents aguës comme une espée, et estoit cornu de chascune part, et se tapissoit en l'eaue, et tuoyt les passans, et noyoit les nefs...

« Et quand on le suyvoit par une espace de temps, il mettoit hors l'ordure du ventre, ainsi comme ung dart et brusloit tout ce à quy il touchoit. Et Marthe, à la prière du peuple, alla là, et le trouva mengeant ung homme en sa bouche. Et lors getta dessus luy l'eaue benoiste, et luy monstra une croix : et fut tantost vaincu, et se tint comme une brebis, et lors Marthe le lya de sa sainture. Et fut tantost tué du peuple à lances et à pierres, et ce dragon estoit appellé, de ceulx du pays, Tarascon, Tarasconus. »


Fête de la Tarasque à Tarascon.


     Louis Dumont, dans son livre La Tarasque, essai de description d'un fait local d'un point de vue ethnographique, a étudié minutieusement la tradition millénaire qui commémore la soumission de ce dragon dévorant à sainte Marthe. Le chanoine Bovis la décrit ainsi : «Elle était de la grosseur d'un taureau, ayant la teste d'un lion, le crin d'une jument, les dents comme des épées, le dos tranchant comme une faux, la queue couleur de vipère. Elle était couverte d'écailles comme une tortue ». Mais la Tarasque que l'on sort actuellement pour la fête annuelle est d'un aspect beaucoup plus débonnaire !
     Le Drac par exemple, qui se jette dans l'Isère à Grenoble, est souvent cause d'inondation, et un ancien dicton dauphinois dit : « Lo serpen e lo dragon Mettron Grenoble en savon. Il en lessive les rives ! »
     En Provence, Alphonse Daudet, très au fait des traditions de sa région, nous dit que la Tarasque est « connue dans tout le pays sous le nom de "la mère-grand" »! Elle est soumise par sainte Marthe (Mar = mère).


     L'Energie de la Tarasque, celle de la Terre Vivante émergeant du Chaos, c'est celle de la Grand'Mère, la Mère-Grand, sonorité MRG, comme pour Morgane, Morgue, Margot, Marguerite. Cette Mère-Grand est Mère de l'Unité, Merlin, Mère de la Lumière, Merlusine. Et Mélusine, chthonienne, avec sa queue de serpent, est une Vouivre, elle qui s'envole par la fenêtre du château de Mervent. Que de légendes et de contes ont été recensés là aussi sur toutes ces fées et sur bien d'autres !  

 

  marthe5.jpg



Clips Youtube  sur la Vouivre et sur les Vierges Noires : CLIPS SUR LA VOUIVRE


 VIDEO CONFERENCE SUR LA VOUIVRE 


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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 09:33

Copacabana, au Pérou,

 

le lac Titicaca

et les îles du Soleil et de la Lune

 


 

    Le lac Titicaca est la mer intérieure des Andes ; 8 300 km2 d’eau douce. 

    Il était, dans une lointaine époque, celle de l’Age d’Or probablement, en lien avec la planète Vénus – celle dont la planète Vénus de notre ciel est une projection, un hologramme.  Karuna cite une lettre par elle reçue : « Il y a quelques jours, je suis tombée par hasard sur un article sur Vénus dans une revue scientifique. J’ai pu lire que la planète dessinait un pentacle. Le pentacle correspond aux cinq positions de Vénus dans le ciel (…)

     De plus, j’avais trouvé l’an dernier une pierre noire. Je l’ai montrée à la fac. On m’a dit qu’on ne trouvait ces pierres noires qu’au bord du lac Titicaca, en Amérique du Sud.

     Or c’est aux alentours du bord du lac Titicaca que se rencontrent de nombreuses légendes sur Vénus et une peinture ancienne représentant Vénus et la Terre reliées par des lignes.

     Ces fameuses pierres noires seraient peut-être des morceaux de la planète Vénus. » (1)  

Certains en ont rapportées ; des aérolithes, à coup sûr. De telles pierres noires se trouvent en France à Ussat, en face du mont Vénus… Tout cela laisse songeur !

     Au bord du lac Titicaca se dressent les chullpas, tours funéraires circulaires abritant les momies des dignitaires, évidemment plus hautes que celles des paysans !

 


Sur le lac Titicaca.

 

      Copacabana est le nom d’une bourgade bolivienne située à plus de 3 800 mètres d’altitude sur les rives du lac Titicaca. Là sont nées jadis les civilisations tiwanaku et inca des Quechuas et des Aymaras. Son nom vient de la langue aymara, Quta khawaña, et signifie « observer le lac ».

      Quand les conquistadors débarquèrent dans la région, Copacabana était de longue date un lieu de pèlerinage inca. Les missionnaires y implantèrent le catholicisme, et plus particulièrement le culte de la Vierge. La cathédrale fut bâtie vers 1550 et, en 1583, une statue en bois de la Vierge y fut installée, œuvre du sculpteur Tito Yupanqui. Selon la légende, cet Indien de Potosi eut une vision de la Vierge qui avait sauvé des marins incas d’une terrible tempête sur le lac Titicaca. Il la sculpta et l’apporta à pied depuis Potosi, distant de plus de 650 km !

      De fait, les traits amérindiens de la statue lui valurent une popularité immédiate.

      Sainte patronne de Bolivie, cette Vierge Noire fut ensuite transportée à Rio  de Janeiro et donna son nom à la plage de Copacabana au Brésil.

 

     Lorsqu’on visite la cathédrale de Copacabana, on est frappé par la beauté du chœur. Il ruisselle d’or, symbole du Christ solaire. En son centre, la statue de la Vierge Marie, les pieds sur le croissant de lune, est sur un fond argenté. Ainsi les nouvelles divinités imposées par les conquérants catholiques, sont-elles et solaires pour la voie directe, et lunaires, par la réflexion du soleil, pour ceux qui ne peuvent comme saint Jean dont l’animal totémique est l’aigle, regarder le soleil en face, contempler le Soleil de la Vérité ! 

 


La cathédrale.

 

      Le Christ est assimilé par les Indiens des îles du lac au dieu tutélaire Malku, et la Vierge à la Pachamama, la Terre-Mère. Il ne peut en être autrement, comme le fait que les nouvelles religions ne peuvent s’installer valablement que sur les points énergétiques où avaient lieu les cultes de leurs prédécesseurs. L’important, l’essentiel, étant non les croyances toujours changeantes et instables, mais l’Energie-Amour qui crée à chaque instant ce monde des formes éphémères et dont l’intensité est particulière en ces points d’acupuncture de la Terre. De là, les ondes de forme modèlent les paysages et donnent leurs particularités aux végétaux, aux animaux et aux humains…

       Copacabana est située entre deux pains de sucre, l’un christianisé et marqué de la croix, l’autre encore païen, où ont lieu encore de nos jours des rituels chamaniques. Les arêtes rocheuses ont été retaillées par des mains humaines et une troisième roche plate les soude l’une à l’autre en un axe horizontal dont la hauteur repère la position du soleil levant au solstice d’été.

 


Les deux rochers, reliés entre eux par une pierre plate

qui marque une direction du soleil levant au solstice d’été.

 

     Quelques heures de bateau mènent à l’Île du Soleil, peuplée de cultivateurs et de pêcheurs. Comme partout, les collines ont été taillées en gradins pour être cultivées. 


Arrivée sur l'île du Soleil.

     A l’extrémité de l’île se trouve l’emplacement du Temple du Soleil.
Sur le Rocher du Jaguar nommé Titi-Kak,
dont le lac le plus haut du monde porte le nom,
une tête du jaguar est nettement visible.
On y fait actuellement des rituels néo-chamaniques !

 


Rituel devant le Rocher du Jaguar.

 

 

     Si le lac Titicaca est le centre énergétique de cette Cordillère des Andes, ce rocher en est le point fort ; là nous sommes sur un axe cosmo-tellurique extraordinaire, un axe du monde plus impressionnant encore que ceux du Mont-Saint-Michel en France ou de Vedra à Ibiza. Là, Viracocha a créé l’univers, la terre, la lumière, les animaux et l’homme ! Et Manco Capac, le premier homme, est sorti, le bras droit levé, de ce lac !

     Un peu plus loin sur le flanc de la colline, au-delà du rocher, il y a les ruines de Chincana, le temple solaire avec la grotte adjacente, un palais et un cloître ; tout cela forme un véritable dédale de salles et d’escaliers car les niveaux sont différents ; leurs fenêtres dominent l’île d’une manière impressionnante. Dans toutes les Andes, la Fête du Soleil, l’Inti Raymi correspond au solstice d’hiver.

 

      Des bateaux mènent sur l’île de la Lune, située en face de celle du Soleil. Le gardien du lieu guide les arrivants pour escalader le flanc de la colline jusqu’à la grande cour rectangulaire du Temple de la Lune dont la façade, sans doute restaurée, est encore grandiose. En face d’elle et sur les côtés de cette cour, des murs et des habitations en ruines. Des fouilles pourraient dégager davantage ce lieu qui fut plus étendu qu’il ne paraît.

 



Les ruines du Temple de la Lune.

 

     Depuis l’embarcadère, en longeant la côte sur plusieurs centaines de mètres à travers galets et éboulis, on trouve un grand rocher  qui a arrêté sa chute juste au bord de la mer. Sur ce rocher des lignes blanches très visibles intérieures à la pierre dessinent des symboles indéchiffrables, peut-être les plans du temple ! En haut du rocher, dans le creux, se voit très distinctement la gravure du jaguar !

 


Le Rocher du Jaguar avec le chaman bolivien.


Le Jaguar, animal sacré des Amérindiens des Andes.

 

     Là se font des offrandes à la Pachamama ; elles seront ensuite brûlées, comme à Tiwanaka, ou devant le rocher Titi-Kak sur un bûcher et les cendres et enterrées à la base d’un rocher. De telles cérémonies en plein air, sur les sites mêmes où viennent les touristes, ne choquent nullement ici...

 

 

(1) Platon Le Karuna, L’Instruction du Verseur d’Eau, Ed. de la promesse, 2000, p. 466 (1e éd. Le Courrier du livre, 1976 ; 2e éd. Le Point d’Eau).

 

Voir http://soleildesandes.over-blog.com/ 

            © Photographies R. R. Mougeot


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5 janvier 2009 1 05 /01 /janvier /2009 12:04

 

Du temps cyclique symbolisé par l’Ouroboros,


aux impressions que l’humain a,


au cours de sa vie,


de l’écoulement du temps
.

 

 

 

 

Ouroboros : le serpent qui se mord la queue,

symbole du temps cyclique,

de l’éternel retour des saisons.

http://vivrevouivre.over-blog.com/article-25843741-6.html

 

     Qu’est le temps pour nous sinon la succession des événements ? Qu’il s’agisse du temps cyclique ou du temps linéaire, historique.

     Mais il a-t-il un point de départ du temps ?

   Albert Jacquard, spécialiste de génétique mathématique, écologiste et humaniste contestataire, dit: « Non, il n’y a pas eu de Big Bang. C’est un nom que l’on donne à un point inaccessible, inaccessible par définition, ce n’est pas un “événement”, sinon il faudrait qu’une seconde avant il n’ait pas encore eu lieu, or le temps n’existait pas ! Donc le point “T zéro” n’existe pas non plus (…) Mais l’instant même, lui, reste inaccessible, car on arriverait à un instant qui n’a pas d’instant avant lui. » (1)

 

     Pour le commun des mortels, le temps est d’abord cyclique, succession de saisons, en tout point du globe terrestre puisque la terre est inclinée sur l’écliptique.

     L’homme occidentalisé est actuellement en déphasage complet avec les saisons, quant à ses rythmes d’activité, son alimentation, son conditionnement sédentarisé et de plus urbanisé. Mais le temps s’impose à lui de multiples façons, et pas seulement par les cycles des années qu’il vit, pas seulement par le temps linéaire historique inventé par le mental humain, mais aussi par le ressentir qu’il en a.

     C’est une remarque banale que de constater que plus l’humain avance en âge, plus le temps pour lui s’écoule plus vite ! C’est une question de sensation ! Un paradoxe aux yeux de certains !

     Et Albert Jacquard de dire : « quand j’ai eu dix ans, combien de temps ai-je attendu pour en avoir onze ? Un an. Ça a été long ! Mais bizarrement, quand j’ai eu soixante ans, l’année pour atteindre soixante et un ans m’a paru beaucoup plus courte ! » (1)

     Après avoir cherché une explication dans la psychologie et la sociopsychologie, il a découvert que «  la sensation est proportionnelle au logarithme (2) de l’excitation » !

     Pour expliquer cela, il développe la constatation suivante : si ayant un poids de cent grammes dans la main, j’ajoute dix grammes, j’ai une certaine sensation. Si dans la main j’ai deux cents grammes et que j’ajoute dix grammes, je n’ai pas la même sensation d’accroissement du poids. Pour avoir la même sensation, il me faudra ajouter vingt grammes. Si j’ai dans la main deux kilogrammes et que j’ajoute vingt grammes, j’ai pratiquement une différence de sensation beaucoup plus faible, voire aucune. Combien me faudrait-il ajouter pour avoir la même sensation ? Et cela peut continuer…

     Ce qu’on perçoit est la variation relative de poids (de la masse devrait-on dire !) et non la variation absolue.

     Il en est de même pour le poids des années : « Ainsi, pour avoir la même sensation de durée qu’entre dix et onze ans, il faut passer de soixante à soixante-six ans (10%), et non à soixante et un ans. » (1)

     La sensation de vieillissement est, dit ce scientifique, le logarithme des années écoulées !

Si l’on remonte le temps jusqu’à l’instant premier de son existence terrestre, c’est-à-dire l’instant zéro de la fécondation d’un ovule par un spermatozoïde, le temps écoulé est alors nul. Le logarithme de zéro est "moins l’infini". Ainsi serait-il démontré mathématiquement que nous existons de toute éternité ! Ceci s'ajoute à la constatation de Jean. E. Charon, physicien, qui l'énonce de manière percutante dans le titre de son livre "J'ai vécu quinze milliards d'années" (A. Michel, 1983), que la matière qui compose notre corps physique est née, elle, avec l'univers où nous sommes. Par contre, il n’y a pas de début dans le temps à notre existence ! C'est sans doute plus une intuition qu’une démonstration au sens strict, mais elle est porteuse de sens…

     L’événement créateur d’un humain trouve sa Source en dehors de l’espace-temps où il est manifesté. Le professeur Jacquard, qui se dit agnostique, ajoute qu’avec sa définition du temps « Dieu par définition n’existe pas. Mais il n’a pas besoin d’exister pour être ! »

      Pour ÊTRE !

 

    On peut comprendre comment le temps social imposé actuellement par l’organisation du travail, des loisirs et de toutes les activités, ne respecte ni le temps cyclique, ni le temps biologique, ni le temps psychologique, et ne peut induire que malaises et maladies. Certains le pressentaient au Moyen Âge quand ils considéraient les « horologeurs », les premiers fabricants d’horloges, comme diaboliques (3), allant contre l’unité du mouvement naturel cyclique. La dictature de nos « mesureurs de temps » induit les « courses contre la montre » des compétitions sportives, comme des compétitions industrielles, scolaires, universitaires, scientifiques, etc. C’est l’un des outils du conditionnement et de la robotisation des humains.

 

 

 Mécanisme d’horloge avec balancier.

Musée de l’Horloge du château de Lichtenwalde (Allemagne).

 

     Mais peut-être faut-il laisser s’exprimer son âme d’enfant, prendre le temps de vivre, pour que le temps nous emporte là où nous avons vocation de faire retour…

 

  Comptine du temps qui passe

 

 

 

Prends le temps,

Prends le temps,

Prends le temps,

Le temps te prendra,

Prends ton temps,

Prends ton temps,

Sinon le temps te prendra,

Prends le temps,

Prends le temps,

Le temps te prendra,

Tant pis pour toi !

Le temps te prendra…

 

Prends ton temps,

Prends ton temps,

Le temps t’emportera 

Vers Toi… vers Toi

Au-delà…

Au-delà…

Toujours au-delà du temps

Au-delà,

Au-delà

Au-delà du temps

Il t’emportera vers toi

Au-delà du temps…

 

Prends ton temps,

Prends ton temps,

Ne cours pas,

Ce n’est pas important !

Prends ton temps,

Prends ton temps,

Sinon le temps te prendra !

Prends le temps,

Prends le temps 

Ne pers plus ton temps

Ne perds plus ton temps

Sinon tant pis pour toi !

 

Il est temps,

Il est temps,

Il est grand temps

Que tu penses à Toi

A toi qui vas…

A toi qui vas…

A travers le temps,

Prends le temps,

Prends le temps

A travers le temps

A travers le temps

Au-delà du temps.

 

Si le temps te prend

Tant pis pour toi !

Mais si le temps, le temps

T’emporte vers Toi,

Tu iras,

Tu iras,

Au-delà du temps

Au-delà, au-delà

Au-delà du temps.

Sinon tant pis pour toi

Le temps te prendra !

 

Le temps, le temps…

Vient vers toi

Ce n’est pas à toi

D’aller vers le temps

Mais laisse le temps

Venir vers toi !

Il te fait mûrir,

Il t’amène là où tu dois !

Prends ton temps,

Prends ton temps,

Ne cours pas ! Laisse le temps

Venir vers toi !

 

Prends ton temps,

Prends ton temps,

Ne cours pas !

Laisse le temps

Venir à toi !

Prends ton temps,

Prends ton temps,

Ne cours pas ! Laisse le temps

Venir à toi ! Laisse le temps

Venir à toi !

Il t’emportera…

Là où tu dois… (4)



Pour écouter chanter cette comptine :
 
clic droit sur ce lien : Le temps qui passe



        (1) Albert Jacquard, entretien avec Patrice Van Eersel, Le Monde s’est-il créé tout seul ?, Albin Michel, 2008, p. 108 puis p. 110-111.

(2) Logarithme : logos : proportion et arithmos, nombre. Nombre qu’on fait correspondre à un autre suivant une fonction déterminée, de telle façon que le logarithme d’un produit est la somme des logarithmes des facteurs.

(3) Di-A-Ble : ce qui coupe la boule en deux. L’obstacle. Voir Hiéroglyphes Français et Langue des Oiseaux alchimique, Emmanuel-Yves Monin, 1982, (5e éd. 1994) Point d’Eau.
            Et
http://langue.des.oiseaux.free.fr/

(4) Paroles : Régor ; Musique et chant : Kinthia.

 

 

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5 janvier 2009 1 05 /01 /janvier /2009 11:28

Dans le centre de la Tunisie,

les gorges de Midès

et de Selja Metlaoui.

 
Gorge de Midès.

Véritable canyon où se lisent les strates des ères géologiques
situé à une soixantaine de kilomètres de l'oasis de Tozeur,
à huit  kilomètres de Tamerza, près de la frontière algérienne.


Gorge de Selja à Metlaoui.

Au nord de l'oasis de Tozeur,
le lit de l'oued Selja, très sinueux,
est encadré par des falaises abruptes
d'une dizaine de mètres de hauteur.

La force de l'énergie végétale règne en maître
dans les forêts tropicales humides
de la Martinique et de la Guadeloupe, ou d'ailleurs.
Elle puise sa source dans le minéral, fécondé par les pluies célestes.

Là, le soleil règne en maître.
La chaleur torride a desséché les oueds qui furent jadis de larges fleuves.
Ceux-ci ont mis à nu durant des millénaires d'érosion,
les strates des ères géologiques.
C'est la mise à nu du règne minéral.


La Terre-Mère est vivante
et nous lui sommes redevables de la vie de notre corps physique.
Les radiations de la Terre-Mère s'expriment
en premier par les différentes créations de roches,
puis par l'apparition des végétaux,
avant que naissent les animaux
puis les humains
nés de l'humus de la terre.
La Vouivre du lieu le marque de son empreinte.




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3 janvier 2009 6 03 /01 /janvier /2009 13:26

A propos de



La Vouivre un symbole universel
 


La Vouivre, château de Pierrefonds
(Oise).



      Dans l'introduction, les auteurs indiquent clairement qu'ils n'adoptent ni un point de vue historique, ni un point de vue psychologique. Dans leur étude très fouillée et très documentée sur le Serpent-Dragon-Vouivre représentant, entre autres, l'énergie tellurique, ils partent du fait que tout symbole traduit les structures universelles qui sous-tendent la manifestation ; le symbole est la réalité et ses différents niveaux de lecture en nombre indéfini.
Le prologue montre par l'abondance des sources diverses, l'importance de la Vouivre dans le patrimoine de notre pays.

     Ce n'est pas seulement dans le roman de Marcel Aymé La Vouivre, ni dans Le Pape des Escargots d'Henri Vincenot qu'on en trouve l'évocation. Dans toutes les provinces françaises, les légendes, les contes, les récits que les mythologues ont rassemblés sont énumérés de façon impressionnante. Dracs, dragons, vouivres, guivres, vuipres, wivres, graouly, tarasques, coquadrilles, coulobres, mâles bêtes, dards, gargelle ... domptés par des héros, des chevaliers, des saints et des saintes, voire de simples paysans, sont partout, dans tout le terroir, à la racine des anciens lieux de cultes, comme des nouveaux qui les relaient, le plus souvent sur les mêmes lieux d'ailleurs, lorsque se fait la christianisation.

La première partie du livre traite du symbolisme même de la Vouivre.

     Le Serpent est d'abord montré comme étant à l'origine des temps dans presque toutes les civilisations sous les noms d'Atoum en Egypte, de Shesha, Makha, Vrita, Namuci en Inde, d'Ungud, de Yurlungur, de Birndina ou d'Angamundi chez les Aborigènes australiens, de Mbumba chez les Bantous, du Serpent-d'Arc-en-Ciel au Bénin, de Kan ou Gan chez les Quichés du Guatemala, etc. ... Il est souvent bisexué, toujours à l'origine de la création, symbole de la Nature Naturante androgyne ou bien attribut de la divinité représentant la Mère Universelle.


 

vouivreabor.jpg

 
Serpent Arc-en-Ciel du Temps du Rêve.

Yrrkala, territoire du nord de l’Australie. 


      Le Dragon-Vouivre personnifie aussi les forces naturelles du chaos à maîtriser. Représentant le temps, il devient l'Ouroboros qui, dévorant sa queue, nous invite à pénétrer dans les entrailles de notre chaos intérieur, ce qui explique pourquoi les traités d'alchimie lui font une si grande place.

 

 


Représentation copte de l’univers.

 

 


      Objet de culte dans toute l'Afrique comme en Asie (où le culte du serpent-dieu a encore cours dans la jungle birmane), mais aussi dans les Abruzzes italiennes de nos jours, le Serpent est souvent associé au combat entre la lumière et les ténèbres : Apollon tue le python de Delphes, Neith vomit le serpent Apophis, Quetzalcoatl est le Seigneur de l'aube... Son culte a presque disparu en Europe occidentale du fait du christianisme qui a muré les anciennes cryptes, comblé les puits sacrés. Les auteurs rejoignent là, en les citant, certaines conclusions de C.G.Jung dans L'Homme à la découverte de son âme.
Sur toute la Terre et en tout temps, les dieux et les déesses, voire les Héros divinisés, prennent forme de serpent ou, à tout le moins, queue de serpent : Ua Zit sous la forme du cobra, Renenoutet, déesse des moissons, Isis Thermoutis ou encore Isis et Sarapis identifiés au serpent Agathodémon, en Egypte ; Nuilil "la Grand Mère Serpent des Cieux" et Nidaba, "la Dame-Serpent divine" chez les Sumériens ; Echida, reine des Cythes ; Zeus ou Jupiter-Amon, Cécrops à queue de serpent fondateur d'Athènes ou Erechtonios, son défenseur ; Nommo, le Dieu d'Eau des Dogons ; les Nâginis du Népal et de tout l'Orient, etc....


 


La déesse Coatlicue, celle qui a "une jupe de serpents".

Musée de Mexico.


     Partout, la queue de serpent est "la racine chthonienne de la divinité" selon le mot cité de A.K.Coomaraswamy dans La Doctrine du Sacrifice.
 

 

 

Mélusine de Vouvant.



     Le Dragon -Vouivre a également comme fonction d'être Gardien du Seuil, le seuil du passage de l'humain au divin. Il est, dans de nombreuses légendes de nos provinces, le gardien d'un trésor caché. Mais les auteurs nous font découvrir que derrière l'or matériel se cache en vérité le Corps de Gloire comme le montrent tous les Alchimistes.
     Ce Dragon est aussi Gardien de la Fontaine de Jouvence. Il possède l'Escarboucle, symbole du Troisième Œil, du don de la Voyance. D'où les images données du Dragon à tête de Licorne et de la Licorne à queue de serpent. A ce Dragon-Vouivre étaient offerts des sacrifices, les prémices des récoltes d'abord lorsque l'homme s'est sédentarisé, les plus beaux animaux, puis des vierges. Rappel est alors fait de ce qu'est, selon Maître Eckhart, la véritable virginité dans la Tradition.
      Toutes les légendes où les Héros, les Chevaliers, les Saints maîtrisent le Dragon pour délivrer la Femme sont vues comme montrant l'Unité humaine éclatée. Triompher de l'épreuve permet le retour à l'unité de soi, le retour au Principe, par l'acquisition de la Noblesse véritable, celle du corps, du cœur et de l'esprit. Voilà pourquoi, nous dit-on, le Héros épouse la fille du Roi !

 



Saint Michel,

 chapelle des Sept Dormants, Bretagne.



     La Langue des Oiseaux trouvant son inspiration dans Hiéroglyphes Français et Langue des Oiseaux d'Yves Monin (Emmanuel) est souvent utilisée, pouvant déconcerter parfois le lecteur peu averti.
     Sont alors énumérés les divers sacrifices demandés à l'homme au cours des âges. D'abord le sacrifice du corps, et là sont cités de très beaux textes sur les sacrifices humains pris dans Le Manuscrit des Paroles du Druide sans nom et sans visage. En second lieu le sacrifice du monde émotionnel (Abraham), enfin celui de la volonté propre (Jésus-Christ) pour que l'homme puisse devenir simplement Autel offert à la Divinité. Et lorsque se perd la conscience de la fin dernière des choses, les sacrifices continuent, mais ce sont alors les événements qui sacrifient!


     Le Dragon-Vouivre est dévorant. L'homme, avalé puis recraché, à l'exemple de Jonas par la baleine, dans la Bible, est l'initié qui, dans la caverne, la grotte, l'antre de la Vouivre, est mort à lui-même. Dans le chapitre "De la Chevauchée de la Tarasque à la Décollation", les auteurs nous proposent les clefs d'un véritable ésotérisme chrétien exposé à la vue de tous dans certaines sculptures, figurant sur les chapiteaux, les porches et les façades de nos églises romanes. Ils nous exposent tout d'abord celles qui représentent l'homme dévoré par la Tarasque, par le Dragon-Vouivre, c'est-à-dire par l'Energie, puis celles qui le montrent chevauchant la Bête. Equivalentes à ces dernières, sont celles où le saint, la sainte, a ses pieds sur le Dragon maîtrisé.




Sainte Marguerite « issue » du Dragon.
Bibliothèque Nationale, XIIIe siècle.

    

Viennent ensuite les saints céphalophores, marchant au gré de la Vouivre en tenant leur tête coupée bien en main, au niveau du cœur.



 
Saint Miliau, décapité, portant sa tête, est soutenu par sa femme Aurélie.
Guillemiliau, Bretagne.


     Sur les porches de nombre d'églises romanes, au-dessus des hommes dévorés par le diable ou le Léviathan à droite, et ceux emportés à gauche par les anges, c'est-à-dire dévorés par leurs vertus, par la Licorne, nous disent les auteurs en illustrant leur propos par des textes pertinents, se trouve le Christ en Gloire, dans sa mandorle. Le christianisme révèle ainsi, comme tant d'autres traditions, au-delà de la voie du salut, celle de la Libération. Cependant, une discrimination est faite entre le dragon à tuer, l'Hydre représentant l'ego inférieur, et le Dragon représentant l'Energie vitale qui, lui, est à maîtriser, à l'exemple de saint Michel qui le maintient de sa lance à sa juste place. Le chapitre sur Gargantua, Morgane, Mélusine, sur les Fées donc, ouvre d'intéressantes perspectives. Ce n'est pas le Gargantua de Rabelais qui est évoqué, mais celui des Cronicques gargantuines, et tous les épisodes cités provenant des études faites par Paul Sébillot, Henri Dontenville et Pierre-Henri Pillard montrent que ce géant est en vérité la personnification d'une énergie, non consciente mais divinement guidée, qui façonne les paysages, humanise le chaos et trace les chemins vers les lieux privilégiés.


 

 


Christ avec les pieds sur les Serpents-Vouivres.



     Mélusine et Morgane sont présentées comme des personnifications de la Mère Universelle. Dans leur forme humaine, elles épousent les hommes qui deviennent Héros ou Rois, les hissant au rang divin, et toutes les dynasties revendiquent justement une origine non humaine. La toponymie montre l'abondance des lieux de Gargantua, d'Isoré, de Mélusine, de Morgane, partout omniprésents sur le territoire français. L'étude des sonorités DRG (Dragon, drague, drogue, dragée...), GRG (gargan, Gargantua, gargouille, gorge...), MRG (Morgue, Morgane, Marguerite...) KRN (crâne, couronne, cairn,...) par la Langue des Oiseaux ouvre aussi des voies nouvelles par des rapprochements très éclairants qui concilient les différentes racines que l'on peut trouver pour un même mot. Ainsi Mélusine peut aussi bien être justement vue, nous dit-on, comme Mère-Lus (Mère de la Lumière), Mère-Ogresse (Malorcine, Mélorcine, avec la racine orc), Mère-Ourse (Méloursine, évoquant l'étoile polaire) ou encore Mère-l'Oie (Méloursine, ours = oie), les différentes facettes s'enrichissant et se complétant sans s'opposer. Les auteurs mettent en évidence le rôle joué par le christianisme qui a disjoint ce qui était autrefois regardé comme un. Le Dragon rassemblait le bien et le mal: il est dissocié en dragon maléfique et en saint ou sainte issu du Dragon qui seul en concentre l'aspect bénéfique. Gargantua est à la fois diabolisé et les lieux et tombes de Gargantua deviennent roches, gouffres du diable tandis que se développe un culte à saint Gorgon. Mélusine est également diabolisée, en infâme serpente, mais christianisée en sainte Vénice. Les Morganes sont brûlées comme sorcières dans le même temps où se répand le culte de sainte Marguerite. L'homme ainsi n'a plus d'humus pour vivifier ses racines. Tout cela met en évidence pourquoi, dans de nombreuses traditions (Indiens Navajo, Africains de Casamance, pèlerins d'Epidaure dans la Grèce antique etc. ...), le Serpent est guérisseur.


 


Le Serpent d’Airain sur le Tau.



     L'image du Caducée, dont on nous montre la plus ancienne représentation connue, est bien évidemment évoquée. Le rappel est fait du Christ, "Serpens, Christus, proper sapientiam", considéré par les Pères de l'Eglise comme le Serpent crucifié en rappel du serpent d'Airain élevé par Moïse sur l'Etendard pour la guérison des Hébreux mordus par les Brûlants.

     En Orient, le Bouddha est assis sur le serpent Mucilaci. Mais est évoquée aussi l'insurrection de la Kundalini lovée au bas de la colonne vertébrale, les nâdis Shushumâ, Idâ et Pingâla de la tradition indienne étant à l'image du caducée. Le lieu où est lovée la Kundalini endormie est appelé "Luz" dans la tradition hébraïque. La guérison véritable, c'est alors l'ouverture des chakras par l'insurrection du serpent qui s'élève jusqu'aux fontanelles.



 

 

 

 

La seconde partie aborde les émanations de la Vouivre, c'est-à-dire de la vie manifestée par l'énergie de la Terre fécondée par celle du Ciel.

        Elle est légèrement plus courte mais concrète. Nous l'évoquerons plus rapidement car elle recoupe les thèmes abordés dans la première partie.

       La Terre-Mère y est considérée comme un être vivant qui ne peut être séparé du Cosmos sous peine de mort. Les auteurs évoquent l'hypothèse des champs morphogénétiques formulée par Rupert Sheldrake pour rendre compte du tissage des formes manifestées, en la mettant en parallèle avec différents Enseignements, aussi bien ceux de Don Juan dans la tradition toltèque rapportée par Carlos Castaneda que ceux de Karuna dans L'Instruction du Verseur d'Eau, et ceux d'Emmanuel-Yves Monin dans des textes inédits qu'il a communiqués aux auteurs.

  Sont évoqués ensuite les courants telluriques étudiés en géobiologie et qui sillonnent la Terre. La vie est vibration et le champ magnétique terrestre, fonctionnant en harmonie avec les énergies cosmiques, induit les migrations de toutes les espèces vivantes. L'état naturel de l'homme, l'Homme Parfait de la Tradition, est celui du Primitif en harmonie avec les forces de la Nature, de l'Homme Sauvage, pont entre Terre et Ciel, auquel les auteurs opposent l'homme occidental chez qui le mental prédominant provoque une sorte de court-circuit dans la circulation normale de l'Energie et induit l'inextricable labyrinthe actuel du monde moderne. Ils évoquent au passage le comportement des enfants autistiques qui, rejetant la contre-nature, refusent également l'incarnation qui seule permet le passage de l'humain au divin.


 

 

       
Menhir de Janville-sur-Juine (Hurepoix - 91)

 

 

     Concrètement, les anciens ont laissé des mégalithes répandus sur toute la terre. Comme les Hauts Lieux qui leur ont succédé, ils ne se trouvent pas au hasard mais aux points d'acupuncture de la Terre, là où les courants telluriques et cosmiques se rejoignent avec le plus d'intensité, et que les anciens (Celtes, Pascuans, Indiens, Grecs...) connaissaient parfaitement.

      Partout, les lieux souterrains d'initiation ont existé, comme les cryptes dédiées à la Vierge Noire. Les pèlerinages se font sur les chemins du Paradis vers le Mont-Saint-Michel comme sur les chemins de Saint-Jacques en suivant la Vouivre. Les Pèlerinages célèbres des enfants au Mont-Saint-Michel sont évoqués. Les sources guérisseuses, autrefois si fréquentées, ont la coloration de la Vouivre du lieu, tout comme les lieux d'apparitions. Les labyrinthes les plus anciens, par leur tracé sinueux, évoquent encore le serpent. Ils font l'objet d'un exposé qui en montre les évolutions, depuis Humbaba, le démon-entrailles de l'épopée de Gilgamesh, jusqu'au labyrinthes à voies multiples imageant les impasses auxquelles aboutit la contre-nature. Des illustrations montrent les différentes phases du tracé du labyrinthe crétois et celles, beaucoup plus complexes, de celui de Chartres.
   

 

Labyrinthe crétois.


 

 

 

 

  

      Les auteurs font une étude très fouillée de chacun des thèmes évoqués ici succinctement avant d'aborder les Emanations de la Vouivre d'un lieu, c'est-à-dire les minéraux, les végétaux, les animaux et les types humains propres à un terroir, ainsi que les patois, les langues, les artisanats, les coutumes qui en font le caractère spécifique.
Ce livre est d'ailleurs un véritable pèlerinage et l'on peut sentir que les nombreux lieux évoqués parlent à leur cœur. Ils ont sans nul doute pris leur bâton de pèlerin avec en poche Le Bréviaire du Chevalier que possède tout traqueur de Vouivre!
     Aux hasards de la Vouivre se font les rencontres, puis la Rencontre, celle du Serviteur de Lumière, nous disent-ils en conclusion. Les étapes de la rencontre du double alchimique sont empruntées au Songe de Poliphile de Francesco Colonna. Une illustration nous montre alors une sculpture d'un porche d'une église bretonne montrant un couple, homme et femme dont les corps se terminent en queues de serpent enlacées, semblables en cela à Fou-hi, l'inventeur des huit trigrammes primitifs du Yi King chinois, et à sa compagne Niu-koua qui vainquit le monstre-dragon Kong-kong. Tout le livre montre ainsi comment la Tradition Primordiale se traduit dans chacune des traditions particulières pour illustrer la vérité.


 

 

 

 Représentation de Fou-hi, inventeur des huit trigrammes primitif du Yi King,
et sa sœur-épouse Niu-koua qui créa les hommes après le déluge,
tua le monstre-dragon Kong-kong et répara le ciel ébranlé.
Composition de J. Buhot
exécutée d’après un bas-relief de l’époque Han (Chine).




Autre image de ce couple mythique chinois.

 

 

     Une iconographie très riche montre aussi bien Krishna dansant en équilibre sur le Nâga à cinq têtes que le Christ avec une Vouivre sous chacun de ses pieds, Marie dont la longue natte ne fait qu'une avec la queue de sirène de Mari-Morgan à ses pieds, la Nature généreuse nourrissant de ses mamelles un bœuf et un serpent tout comme Isis allaitant deux serpents, le dragon fertilisé par la colombe, une idole tubulaire du Louristan, Cérès conduisant son char attelé de deux serpents, sainte Wilgeforte barbue crucifiée, Vishnu dormant dans les replis du serpent cosmique... Certains rapprochements sont très révélateurs.


     Selon les auteurs, la Vouivre peut donc être vue comme l'Energie du Serpent Premier à l'Origine de la création, comme la Vie des courants telluriques qui innervent la Terre, tout comme la Kundalini qui se dresse du sacrum aux fontanelles dans l'être enfin réalisé. L'argumentation est étayée de nombreuses citations concordantes. Bien sûr, des réserves peuvent être émises sur certaines interprétations proposées, mais la cohérence de l'ensemble est saisissante. Cet ouvrage frappe à la fois par sa simplicité et par sa profondeur. Il peut être lu à partir de n'importe quel chapitre tant ceux-ci se complètent et s'interpénètrent. C'est une sorte de puzzle qui montre à la fois le foisonnement de la vie par la multitude des colorations d'un même symbole et la cohérence extraordinaire, l'unité qui sous-tend toujours ce multiple.


    

 

 

  Aymé Hardant

 



oooo

1 – de Kinthia Appavou et Robert-Régor Mougeot, Editions EDIRU, 2006.


Clips Youtube  sur la Vouivre et sur les Vierges Noires : CLIPS SUR LA VOUIVRE


 VIDEO CONFERENCE SUR LA VOUIVRE 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2 janvier 2009 5 02 /01 /janvier /2009 11:23

Le magnifique archange saint Michel


de l’église du Sacré-Cœur,


 à Balata, Martinique.

 

 

 

 

Il apparaît, très solaire, monté sur le Monstre-Dragon-Vouivre

représentant les énergies du chaos primordial

maîtrisées par les énergies cosmiques,

au prêtre qu’il charge de construire

l’église du Sacré-Cœur de la Martinique.


 
Dans l'église, un saint Michel juvénile
 maintient à sa juste place,
de son épée verticale, 
le Monstre-Dragon-Vouivre du chaos primordial.

 

 

Sacré-Cœur de Balata,

église construite sur le modèle du Sacré-Cœur de Montmartre !

 
Dominant le clocheton, chose rare,
le Christ ressuscité s'élance vers le Ciel.

La représentation en est faite à l'intérieur de l'église :


Voir :
FRESQUE DE LA CRYPTE "NOTRE-DAME-DE-SOUS-TERRE" AU MONT-SAINT-MICHEL

&

Pour la Voie du Cœur :

 http://fontaine-jouvence.over-blog.com/article-21916895.html


Photographies Mnémosyne.

 

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2 janvier 2009 5 02 /01 /janvier /2009 07:57

Mélusine, la Fée,

l'une des multiples images

de la Mère Universelle


Eglise de Coray, Finistère.
© Photographie Yvain.

Naïve, primitive, populaire,
païenne encore,
elle image la Maîtrise de l'Energie de la Terre
par sa queue de serpent,
elle qui possède, dans les légendes,
la maîtrise des formes.


Voir "La légende de Mélusine": link
LA MELUSINE DE CROZANT
MELUSINE A LA CATHEDRALE D'AUTUN






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28 décembre 2008 7 28 /12 /décembre /2008 09:37
QUELLE ÉNERGIE REPRÉSENTENT

LES VIERGES NOIRES ?

 
 

 
 Vierge Noire d'Orcival, Auvergne.
 
 
                    L’Energie que dégagent les Vierges Noires à la fois fascine et inquiète. Sous les mêmes apparences frontales, elles sont austères, hiératiques et mystérieuses. Quels enseignements peuvent-elles encore nous donner ? Prenons quelques exemples pour aller ensuite au-delà des apparences, c’est-à-dire du physique au métaphysique.
 

 


Vierge Noire de Fridefont, église Saint-Martin,
Cantal.

    

Chez les Vierges dites « au manteau » (1), seule la tête de l’enfant sort du manteau protecteur de sa mère. Les traits des deux visages sont les mêmes et les couronnes portées sont semblables. Il en est de même pour les Vierges dites «  en majesté », mais l’enfant se détache alors entièrement de sa mère tout en restant tenu bien en main sur ses genoux, toujours rigoureusement dans l’axe. Les vêtements sont le plus souvent de même facture (2). La Vierge, la Déesse Mère, quel que soit son nom, symbolise la Mère de la Manifestation. Elle est toujours l’un des multiples visages que prend la Mère Universelle, la Nature Naturante, pôle féminin dont la manifestation, l’enfant, est masculin « car cette Mère Universelle est en vérité la Féminité manifestée, c’est-à-dire la vraie Masculinité (l’activité du réceptif) – en un mot, l’Androgyne. (3) »

Les Vierges Noires ont pris la succession des anciennes déesses sous une forme christianisée. « Ne sont-elles pas si souvent à proximité immédiate de sources, de puits (4), d’arbres ou de pierres qui avaient chez nos ancêtres pré chrétiens une signification sacrée bien connue. (5) » Mais avant d’être représentée, la Mère de la manifestation fut adorée sous l’apparence d’une Pierre Noire tombée du ciel, comme à Ephèse pour Artémis. Le « bétyle », pierre noire d’origine météorique, figure Cybèle la Noire, ou la « Grande Déesse » chtonienne grecque. Et le pèlerin musulman baise la Pierre Noire de la Kaaba à La Mecque.  


  
Vierge de Beaulieu, Corrèze.
 
           
Pourquoi ces Vierges sont-elles de couleur noire ?


 
Vierge Noire de Tournemire, château d'Anjony,
Cantal.
    

La Vierge Noire en majesté du château d’Anjony, à Tournemire, a des traits négroïdes marqués ; d’autres Vierges Noires ont les traits aquilins des Peuls ou des Ethiopiens. Il est actuellement presque certain que l’humanité a son origine en Afrique (6). De l’Ethiopie à l’Egypte en passant par la Nubie, la continuité est évidente. Certains pharaons furent noirs et la civilisation égyptienne trouve ses racines en Afrique subsaharienne.  « En effet, l’héritage pharaonique appartient en totalité, des origines à la fin des dynasties indigènes, à l’univers culturel négro-africain, par l’habitat, la "race" et la langue des anciens Egyptiens, responsables de la civilisation pharaonique. (7) » Les races blanches ont depuis très longtemps, beaucoup de mal à reconnaître l’héritage ancestral qui les rattache aux peuples noirs. Il est navrant de voir que, dans nos musées, les statues des pharaons aux traits négroïdes ont le nez et les lèvres mutilés, ce qui masque les signes visibles de leur origine.

La parenté de la Vierge Noire avec l’Isis (8) égyptienne est évidente. Cela avait déjà frappé Faujas de Saint-Fond au XVIIIème siècle. Dans l’ouvrage du Père Odo de Gisey, Discours historique de la très ancienne dévotion de nostre Dame du Puy ou du Puy nostre Dame, dont la première édition date de 1620, la vignette gravée sur cuivre représentant la Vierge du Puy est précédée de la citation du Cantique des Cantiques : "Nigra sum sed formosa" (1,5). La traduction habituelle, « Je suis noire, mais je suis belle », qui prête à un racisme diffus, est reprise par André Chouraqui qui propose :

«  Moi, noire, harmonieuse, fille de Ieroushalaïm.

Comme tente de Qédar, comme tenture de Shelomon.

Ne me voyez pas, moi la noirâtre : oui, le soleil en moi s’est miré. (9) »


La déesse Isis, en mère de Thoutmôsis III.
Granit noir, Karnak, XVIIIe dynastie.
Musée du Caire. 

    
La tradition a maintenu l’origine orientale des Vierges Noires que les Croisés rapportèrent de Terre Sainte. A Montmorillon (Vienne), le Chevalier de Persac, de retour de Jérusalem, fit construire, au XIème siècle, un bâtiment hexagonal dans la cour de l’ancien Hôtel-Dieu ; il reste pour beaucoup une énigme. On peut y voir sculptée Isis allaitant deux serpents (10).
 


A gauche, sculpture située sur la façade de l'église
de Saint-Jouin-de-Marnes, vallée du Thouet.
A droite, l'Isis de Montmorillon située à l'entrée de l'Hexagone
construit par le Chevalier de Persac
dans la cour de l'ancien Hôtel-Dieu de Montmorillon, XIe s., Vienne.
 
La même sculpture se trouve sur la façade de l’église de Saint-Jouin-de-Marnes (Poitou). Cette représentation n’est pas celle de la luxure comme l’affirment actuellement les catholiques timorés, mais plus sûrement celle de la Mère Universelle allaitant les deux facettes de la manifestation. Dans la crypte de l’ancienne église de Montmorillon, on peut voir une fresque représentant sainte Catherine d’Alexandrie offrant un disque d’or à Marie. Le visage de sainte Catherine, au fil des temps, est devenu noir. Hasard dû à la providence !
A Longpont-sur-Orge (Essonne), qui fut aussi un ancien lieu de culte à Isis, tenu par les druides vénérant également Osiris et les dieux celtiques, se trouve l’un des plus anciens lieux de culte à la Vierge Noire.
 

   
Choeur de la basilique de Longpont-sur-Orge, Essonne.
 
 
L’endroit fut évangélisé par les disciples de saint Denis, saint Sulpice et saint Ion (ou Yvon) et les druides se convertirent au christianisme ; ils attendaient « la Vierge qui doit enfanter ». Les textes disent : « Longtemps après, les bûcherons de l’endroit, abattant un chêne séculaire, découvrirent en son creux, une antique statue de bois noir ou polychrome (…) Elle portait sur son socle : "Virginia Parituræ" (à la Vierge qui doit enfanter). Ce fut une célébrité dont on parla bientôt partout et qui incita les Carnutes (habitants de Chartres) à venir quémander une copie… (11) » Pierre Gordon fait remarquer avec justesse qu’une statue druidique trouvée dans un chêne ne pouvait porter une inscription latine (12) ! Quoi qu’il en soit, la source celtique, située jadis derrière le maître autel, a été murée et la Vierge Noire est devenue Vierge Blanche sous le nom de Notre-Dame-de-Bonne-Garde bien qu’elle sorte encore du chêne druidique séculaire. La plus vieille statue de Vierge Noire du Parisis (13) servit de modèle à celle de Chartres, plus connue et plus célèbre.
Toutes les Vierges Noires sont à l’image de Kali la Noire (Inde), d’Astarté, de la Sara des Gitans, d’Annis appelée en Grande Bretagne « Black Annis », d’Innani (Sumer). La Vierge Noire convie les êtres humains à percer toutes les couches de leur matière, à aller au tréfonds d’eux-mêmes, dans les ténèbres de leurs entrailles, là où Elle se trouve, pour leur révéler Sa lumière, les nourrir de Son énergie. Les premières représentations de la Déesse Mère sont nées dans l’obscurité des grottes et leur couleur noire n’est pas tant celle de leur peau que celle des profondeurs de la Terre dont elles sont issues. C’est la noire luminosité de la grotte initiatique, de l’antre de la Vouivre, de la crypte qui est ainsi exprimée par la Dame-de-sous-Terre, là où, paradoxalement, l’homme a toujours recherché la lumière (14). Il n’est pas surprenant, dès lors, de trouver dans la grotte qui sert de fondation à l’église de Laghet (Alpes-Maritimes), haut lieu de pèlerinage où les innombrables ex-voto populaires attestent de quantité de miracles, une statue de la Vierge et de son Fils, entièrement noire, vêtements compris. 


   
Cathédrale Notre-Dame, Le Puy-en-Velay, Haute-Loire.
 
          Ces Vierges furent-elles faites noires consciemment ou non ?
          Au fond, qu’importe si elles ont été noircies par le temps ou par la volonté des hommes ! Quelles que soient les apparences, c’est toujours l’inspiration divine qui s’exprime. Profondément, la Vierge Noire est «  la Lumière d’avant la séparation de la lumière et des ténèbres (15) », le monde de «  la substance universelle ténébreuse (16) ». Cette Ténèbre, « c’est celle que nos mystiques désignent comme Nuit de lumière, Noir lumineux, Lumière noire. (17) » Elle est « la Lumière du non-manifesté (18) » ; c’est la troisième lumière dont parle Tierno Bokar, le saint François d’Assise de Bandiagara, « celle du centre des existences, c’est la lumière de Dieu. Qui oserait la décrire ? C’est une obscurité plus brillante que toutes les lumières conjuguées. C’est la lumière de la vérité. (19) »
           C’est pourquoi d’ailleurs la véritable Vierge Noire ne peut être que sans enfant ou avec un enfant déjà adulte soulignant l’androgynie primordiale. Il n’est pas étonnant dès lors que les Vierges Noires aient souvent les mains blanches ! Elles « font boire à la source de vie. Leur attrait, en d’autres termes, est d’être Notre-Dame-des-Ténèbres, Notre-Dame de la Nuit, celle qui fait luire la clarté dans la prison souterraine où se trouve jeté l’homme, celle qui enfante pour lui la lumière, celle qui lui apporte l’or et le soleil, celle qui est, en définitive (…) la fontaine de radiance et la Reine du Ciel. (20) »
         C’est cette Lumière noire que contemplent les orbites vides de sainte Lucie (21) lorsqu’elle présente ses deux yeux sur un plateau, aveugle à la lumière de ce monde (22).
Que se passe-t-il dans l’antre de sous-terre, dans la crypte initiatique, dans ce lieu obscur ? Là, la Vierge Noire consume tout ce qui s’oppose à l’enfantement, à la juste manifestation, c’est pourquoi elle est dite « dévoreuse » ou « ogresse (23) ». L’Ogre, l’Orc, le Dragon dévorant ont la même fonction. La Mère dévorant les hommes est gravée sur une amulette chamane d’un clan de l’Alaska (24). La déesse-mère dévoreuse des Celtes, Sheela-na-gig, est sculptée en effigie : tête ronde, yeux globuleux, bouche lunaire, corps chétif, longs bras qui passent derrière les jambes, mains ouvrant les lèvres géantes d’une vulve béante (25). « C’est par ce trou que nous sommes nés. Notre corps s’est tissé dans le ventre d’une femme qui fut ainsi la première caverne, et nous sommes sortis, nous avons été expulsés par la "porte étroite" de son sexe.
 

 
Sheela-na-gig,
chapiteau de l'église Saint-Mary-and-Saint-David,
Lilpeck, Herefordshire, Angleterre.
 
           La deuxième naissance est semblable, il s’agit de passer par la "Porte Etroite" qui est comme le "chas d’une aiguille (26)". Le Centre de la manifestation est un "trou" (27) par lequel il nous faut sauter. (28) » La Terre est la matrice qui permet à l’homme de naître en Dieu. Le même symbolisme sexuel rend compte de ce Passage puisque la mandorle entourant le Christ en gloire a la forme d’une vulve.
           L’initiation donnée jadis dans la Caverne, dans la Grotte, dans le Dolmen, dans la Crypte, est de tous les temps. Son seul but est le retour au Point « initial », à l’Origine.


           
L'antre de la Vuipre, lieu d'initiation.
Allée couverte, Bretagne.
     
       Elle demeure inchangée dans son fond, même si les formes qu’elle prend varient avec les temps et les lieux. Quant aux initiateurs, ils sont d’origine non humaine. Les Contes, les Légendes et les Mythes, les Traditions en maintiennent le souvenir et leur attribuent l’apparence d’Ogres, de Fées, de Géants, de Dieux, d’Anges, de Connaissants, de Libérés vivants…
          Matrice, la grotte où naquit l’enfant Jésus, celle où fit retraite Milarepa, celle où se retira Gautama, celle du Mont Hira où Mohammed entendit l’appel de l’Ange Gabriel-Djibril (29). Matrice la prison où mourut saint Roch, guérisseur de la peste (30). Matrices encore les grottes dans lesquelles les Cathares se retiraient (31). «  La Grotte par exellence, par ses ténèbres, était le terrain, le Foyer choisi par les Maîtres Initiateurs pour conduire le disciple à la Création de sa lumière qui va éclairer et annihiler les Ténèbres.
        Ainsi les Grottes d’Initiation, parce qu’elles portent en elles cette profondeur ténébreuse en son point culminant, portent en elles la Luminosité des Luminaires. (32) »
         Ainsi avec des colorations diverses se déroule toujours le même processus.
 
         L’Energie ténébreuse de la Vierge Noire est puissante et inquiétante. La peur s’instaure chez ceux qui ne peuvent la supporter. La décadence alors s’installe et inverse le processus, stérilisant toute possibilité d’initiation véritable. Ceux pour qui « le Feu au Cœur des Ténèbres (33) » est insupportable sortent la Vierge Noire de sa grotte, de sa crypte pour l’exposer à la lumière du jour : «  Ils ont si peur des Ténèbres, de la Forêt : de ce qui rappelle leur noir à eux et les plonge dans une profondeur obscure ! (34) ». Ils en font une Vierge Blanche, vierge de tendresse, sentimentale et maternelle, ou bien une Pieta éplorée devant le cadavre de son Fils. Ils s’attachent à la virginité extérieure, physique, perdant le sens premier que Maître Eckhart enseignait : « Vierge, c’est-à-dire un être humain qui soit dégagé de toute image étrangère, aussi dégagé qu’il l’était alors qu’il n’était pas. (35) »
         Il est d’ailleurs intéressant de constater que, lorsqu’elle sort de la Caverne ou de la Grotte pour être mise dans la paroisse, dans l’église, la Vierge noire perd ses pouvoirs merveilleux, ses pouvoirs de guérison. C’est pourquoi de nombreux récits et légendes racontent qu’elle retourne miraculeusement, invinciblement, dans son lieu de prédilection, dans son foyer initiatique. Ainsi la Vierge noire de Romiguier à Manosque (36), ou Notre-Dame de Sabart que Charlemagne fait emporter par deux fois et qui revient seule au Pré Lombard, près de Tarascon-sur-Ariège (37).
 
 

   
Notre-Dame de Vauclair,
chapelle de Vauclair, Molompize, Cantal.
 
 
         En Auvergne, c’est une Vierge Noire qui, transportée à l’église de Bonnac, retourne dans la forêt ; un habitant de Vauclair la place dans sa maison et l’on construit plus tard une chapelle, lieu de pèlerinage où les aveugles retrouvent la vue. Les pouvoirs de la Vierge Noire sont directement liés à un lieu précis chargé, comme les sources guérisseuses, par l’énergie de la Vouivre (38).
         Le culte de la Vierge Blanche remplace donc progressivement celui de la Vierge Noire, même si certains, voulant maintenir la tradition ancienne, noircissent parfois des vierges blanches, comme Notre-Dame de Vauclair (Cantal) qui « jusqu’en 1954, date de sa restauration (…) était noire : le visage et les mains étaient recouverts de couleur noire, comme une Vierge Noire (…) La restauration a permis de dégager une première couche de peinture noire, une couche de cire, avant de retrouver les polychromies originelles de rouge et de bleu azurite, très atténuées et fragmentaires. (39) »
         La Radiance de la Vierge Noire peut faire peur à beaucoup qui lui préfèrent alors la Vierge Blanche, sentimentale et asexuée ; « lorsqu’effrayés du Feu qu’elle recèle en son Aspect de négritude, les êtres humains voulurent la sortir de sa cache de Sous-Terre pour l’ex-poser à tout vent et à tout venant : ils en firent une "Dame Blanche". (40) » Cette Dame-Blanche leur est nécessaire, « sinon ils dorment ou s’entretuent. (41) »
 
 
                               Robert Régor Mougeot
                     Co-auteur de La Vouivre, un Symbole Universel.
Pour le texte seul et pour les notes, se reporter à
 

   
Vierge Noire de Moulins, Allier.

Sur les Vierges Noires, par Régor :

Http://fr.Youtube.Com/watch?V=Cs6E7zQo35s


1- Eglise Saint-Martin de Fridefont ; église Saint-Géraud d’Aurillac ; Musée Douhet de Saint-Flour ; Visitation-Sainte-Marie de Brioude…
2 - Celle de l’église Notre-Dame-des-Neiges d’Aurillac ressemble à l’authentique Vierge de Notre-Dame du Puy décrite par Faujas de Saint-Fond dans son « Mémoire sur un monument très ancien de l’église cathédrale du Puy » (XVIIIème s.) et à la gravure sur cuivre qui l’accompagne, « Notre-Dame du Puy, dessinée d’après nature, telle quelle sous le manteau qui la couvre ».
3 - Livret du Musée de la Mère Universelle, château du Magnet - 36230 Mers-sur-Indre.
4 - Comme le Puits des Saints-Forts à Chartres. Sont FORTS, ceux qui maîtrisent l’Energie du Feu, de l’Eau, de l’Air et de la Terre, décrypte la Langue des Oiseaux.
5 - Jacques Huynen – L’Enigme des Vierges noires – Louis Musin Editeur, 1979, p. 43.
6 - L’australopithèque fossile découverte en 1974 dans la dépression de l’Afar est datée d’environ 3,5 millions d’années. Elle fut prénommée Lucy par les anthropologues qui écoutaient ce soir-là, par hasard, la chanson des Beattles « Lucy in the sky with  diamonds » ! L’idée de lumière se retrouve dans Lucines, Mélusine, Lucifer….
7 - OBENGA, Théophile – Préface du livre de Cheikh Anta Diop - Nouvelles recherches sur l’égyptien ancien et les langues négro-africaines modernes – Présence africaine, Dakar, 1988, p.8.
8 - Isis vient de Ischa qui signifie « Vierge ».
9 - Bible - Traduction A. Chouraqui - Desclée de Brouwer, 1989.
10 - Voir la gravure de 1724 dans le livre de J. Baltrusaitis – La Quête d’Isis – Perrin Ed., 1967 et la photographie illustrant notre livre La Vouivre, un Symbole Universel – La Table d’Emeraude, 1995, p. 43.
11 - Abrégé de l’histoire de Notre-Dame-de-Bonne-Garde, en vente à la basilique de Longpont-sur-Orge (91).
12 - Essai ; Les Vierges Noires - Arma Artis, 1983, p. 3-4.
13 - « Par Isis » chante la Langue des Oiseaux.
14 - Voir notre livre Le Miroir, Symbole des Symboles – chap. « La Lumière d’avant la séparation de la lumière et des ténèbres » - Dervy, 1995.
15 - Emmanuel-Yves Monin – Conférence inédite.
16 - Ibn’Arabi – L’Alchimie du Bonheur parfait.
17 - Henry Corbin – L’Homme de lumière dans le soufisme iranien – Sisteron : Ed. Présence, 1971, p. 17.
18 - Préface de J. P. Bayard dans Vierges Noires de Jacques Bonvin – Dervy-Livres, 1988, p. 11.
19 - Amadou Hampaté Bâ – Vie et enseignement de Tierno Bokar, le sage de Bandiagara – Seuil, 1980, p.136-137.
20 - Pierre Gordon – Essai – Les Vierges noiresOp.cit., p. 3.
21 - De Lus, lumière.
22 - Voir le tableau de Zurbaran « Sainte Lucie », au Musée des Beaux-Arts de Chartres.
23 - Notons que « Orge » est la déformation d’ « Orc », d’« Ogre ». Longpont-sur-Orge, non loin de Saint-Michel-sur-Orge, était un lieu d’initiation souterrain.
24 - Clan de Tlingit, Alaska du sud-est – American Museum of Nature History n° E/2708. Voir la fig. n° 157 dans Les Racines de la Conscience de C.G. Young, Buschet-Chastel, 1971.
25 - Chapiteau de l’église St-Mary-and-St-David, Kilpeck, Herefordshire, Grande-Bretagne. Photo 6 dans Mystères Celtes de J. Sharkey – Seuil, 1975.
26 - Evangile de Luc, 18-25.
27 - Trou que trouvent les Trouvères !
28 - La Vouivre, un Symbole Universel – Op. cit., p. 264-265.
29 - Coran – Sourate « L’Appel ».

30 - Voir notre livre Du Cheminement initiatique imagé par saint Roch et sa vie exemplaire, d’après les Enseignements d’Emmanuel – Les Amis du Désert, 1988.

31 - Pour y faire retraite, pour y construire leurs églises, pour échapper à l’Inquisition. Voir Sabarthez – Les Trois Cèdres, Ussat.

32 - Karuna Platon – L’Instruction du Verseur d’Eau – Le Courrier du Livre, 1973,  p. 259.

33 - Le Manuscrit des Paroles du Druide sans nom et sans visage – Le Point d’Eau, 1990, p.325.

34 - Ibidem,  p. 476.

35 - Sermons - Seuil, 1974,  tome I,  p.52.

36 - Pierre Gordon – Essai – Les Vierges noires – Arma Artis, 1983, p. 4.

37 - L. et R. Ferrer -Le Sabarthez mystérieux.

38  - Le Serpent-Dragon-Vouivre symbolise les énergies telluriques. Voir : La Vouivre, un Symbole Universel – Op. cit.

39 - Brigitte Mézard – Les Majestés du Cantal. Images de la Vierge en Haute-Auvergne – catalogue édité par le conseil général du Cantal et l’association des Amis du Patrimoine de la Haute-Auvergne, Aurillac, 1992, p. 62.

40 - Le Manuscrit des Paroles du druide sans nom et sans visageop. cit., p.108.

41  - Ibidem, p. 476.

 

 

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