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26 décembre 2008 5 26 /12 /décembre /2008 07:35

L’île tropicale de la Martinique ;

la Vouivre du lieu.

 

 

 
Des paysages tropicaux où la forêt est dominatrice
sur les pentes des volcans, endormis seulement !
Baies, pentes du mont Pelé, presqu'île de Tartane, Diamant...









Des plages sans limites !





Un paradis de fleurs...









Mais le volcanisme destructeur
peut surgir à tout instant !

Comme en témoigne la ville de Saint-Pierre
pétrifiée en un instant
par l'éruption du mont Pelé le 8 mai 1902 :
une nuée ardente échappée du cratère
 a détruit complètement la ville de Saint-Pierre 
faisant environ 29 000 morts.






"Nul ne sait ni le jour, ni l'heure" !



Pointe de la Karavel.
Les gardiens du Seuil veillent...


LA VIERGE NOIRE PROTECTRICE DE LA MARTINIQUE ?

LA VOUIVRE DE LA FORÊT TROPICALE DE LA GUADELOUPE


 

 

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24 décembre 2008 3 24 /12 /décembre /2008 11:04


La Fresque de Notre-Dame-de-sous-Terre
au Mont-Saint-Michel.

Tous les anges entourent saint Michel
au chevet du Dragon-Vouivre.
 


 
© Photographie Françoise Pfirsch.




        Les Anges, représentation des Energies Cosmiques, s’unissent pour « spiritualiser » la Matière lourde. Il ne font pas que maintenir et contrôler le chaos de cette énergie du Dragon-Vouivre et, ainsi, contribuent-ils à l’ordonner, le trans-former, pour  faire « Un le Tout », l’Esprit-Matière ou la Matière-Esprit, puisque « ce qui est en bas, est comme ce qui est en haut : & ce qui est en haut, est comme ce qui est en bas, pour faire les miracles d’une seule chose. », comme l’énonce Hermès le Trismègiste (La Table d'Emeraude). « L’esprit féconde Matière », comme il est dit dans Le Manuscrit des Paroles du druide sans nom et sans visage (Editions Y. Monin).

 

         Ce Dragon, ce sont les Ténèbres, qui comme la plaque noire d’un film, doivent révéler la Lumière, en juste temps, pour dépasser l’espace-temps qui est ainsi créé et faire retour à la Source Originelle.

L’ombre, c’est en quelque sorte l’ego inférieur humain qui interfère, ne veut en faire qu’à sa tête et se coupe de la Source, créant une contre-nature qui n’a pas lieu d’être ( qui n’a aucun lieu véritable pour Être) et n’a pas d’existence en Soi. La mort à soi-même, la disparition des maladies de l’ego inférieur qui se dissout alors dans « l’Ego-Centre de l’Unique » ( Karuna Platon, L'Instruction du Verseur d'Eau) est, pour celui qui arrive au terme de son alchimie intérieure, la Fin des Temps, la sortie de l’espace-temps créé par la contre-nature.

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23 décembre 2008 2 23 /12 /décembre /2008 11:52

 Une Vierge Noire aux Trois-Îlets ?

 

Que nous dit le guide touristique ?

« Le village : il surprend par son église (1724).
Elégante, de couleur ocre, elle s’élance avec douceur vers le ciel…

   

L'église Notre-Dame-de-la-Délivrance. C’est une petite maison où Dieu se sent bien »

 

Et le guide de mentionner l’existence d’ « une Vierge noire, habillée de bleu » !

  

(Frédéric Denhez, Géoguide Martinique, Gallimard, 2003/2004, p. 137-138.)

 

Mais l’église est fermée !


A quelques pas de là, l’atelier d’un sculpteur…

Devant, la statue d’une Vierge,

qui n’a rien de semblable aux Vierges Noires de la Métropole.

Nous entrons et voyons le sculpteur, Narcisse Ranarison, à l’ouvrage.

 

 

 

© Photo Mnémosyne.

La photo montre le sculpteur à côté de la Vierge

qui est habituellement dans l’église !

Il appartient à l’association

« Artistes Itinérants du monde entier » :

http://artistes.itinérants@free.fr

et s’illustre particulièrement dans les concours de sculptures de sable.

Né à Madagascar,

il habite depuis vingt ans à la Martinique.



 

&&&

La Vierge Noire de Terreville,

église de la Résurrection,


à Schœlcher.

   


Œuvre de Dagmar Glemme.

   

Maxette Olsson, Guadeloupéenne, résidente à Stockholm, en Suède,
a fait la rencontre de l’artiste Dalgmar Glemme,
Allemande Suédoise qui a peint ce tableau de la Vierge Noire,
actuellement à la chapelle de la Résurrection,
la chapelle de Terriville, à Schœlcher
 
après toute une odyssée racontée sur :

 
http://www.potomitan.info/matinik/vierge.php



Victor Schoelcher,
abolisseur de l'esclavage.



&&&


La Vierge Noire du Haïtien Gabriel Alix



 

Gabriel Alix, né à Saint-Marc, Haïti, en novembre 1930
est un des grands Maîtres des peintres de jungle. 



Ainsi la Vierge Noire est-elle actuelle
dans les Caraïbes !

Mais la juste place de la Dame Noire est
dans la crypte,
dans la Grotte de la Terre-Mère,
dans la Caverne Souterraine,
dans l'Antre de la Vuipre,
lieux de la véritable initiation,
pour que sa Radiance se propage dans le Coeur de l'homme.

 

Clip sur les Vierges Noires : http://fr.youtube.com/watch?v=Cs6E7zQo35s  


 

 

 

 

 

 

 
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19 décembre 2008 5 19 /12 /décembre /2008 09:03

Après trois jours passés dans le ventre de la baleine,

 le prophète Jonas arrive à Ninive...



Merci à Marie-Noëlle et à Daniel L. pour l'envoi de cette image.

Voir :

STRASBOURG : JONAS SORTANT DU VENTRE DU GRAND POISSON

et

LE SIGNE DE JONAS








Cathédrale de Tournay, Belgique.
Photographies Alexandrine Vayssac.



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19 décembre 2008 5 19 /12 /décembre /2008 07:34

La Vierge Noire de Marseille

et

l'origine des cierges verts


Sur le site Julien Champagne : tenu par Archer

CHAMPAGNE ET LA VIERGE NOIRE


     "A quelques jours maintenant de cet équinoxe de printemps cher aux alchimistes, pourquoi ne pas nous intéresser à une Vierge noire,
dont un surnom traditionnel est curieusement Notre-Dame-la-Verte ?

    Nous voulons parler ici de Notre-Dame-de-Confession,
Vierge noire des cryptes de l'abbaye Saint-Victor, à Marseille.
Elle ouvre, symboliquement, Le Mystère des Cathédrales de Fulcanelli,
dont elle fournit la première planche,
comme il se doit illustrée et signée par Julien Champagne..."

Lire la suite sur :
 
http://www.archerjulienchampagne.com/article-2181595-6.html#anchorComment

ainsi que les articles :
http://www.archerjulienchampagne.com/article-2628203.html et http://www.archerjulienchampagne.com/article-23443126.html 
sur l'origine des Cierges Verts.






&&&

Sur le site : http://racines.traditions.free.fr/deevino/vinoprov.pdf,

textes sur les Vierges Noires de Provence.


Clip sur les vierges noires.
 



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16 décembre 2008 2 16 /12 /décembre /2008 08:11

Au hasard d'une rue de Pajara,

à Fuerteventura, Canaries, cette façade :


 


Le gros plan permet de voir, au centre de la frise, l'Ouroboros,
          le Serpent qui se mord la queue, symbole, chez les Grecs, du temps cyclique.


     « L'image du serpent-dragon qui se mord la queue, l'Ouroboros, remonte à l'origine des temps. Il symbolise le temps dans son aspect indéfini : il n'a ni commencement ni fin.

      Dans la cosmogonie des Bambaras : “... le cercle, comme la boule, représente ce qui est caché, non différencié, non analysé... C'est donc par un cercle que l'on peut figurer le monde en gestation dans la pensée de Dieu, car le cercle symbolise également le "dezo", la matrice en laquelle se forme l'enfant dans le sein maternel. C'est d'ailleurs par un "point", une petite boule (kuru) que Dieu se manifeste en s'amassant dans le vide (kankolo) initial, y devenant le "ni", âme et souffle vital de toutes choses. Mais c'est en "s'encerclant", c'est-à-dire en tournant autour de lui-même qu'il a créé la vie. Le cercle figure donc l'esprit divin inconnaissable, dans sa perfection la plus absolue” (“Un enseignement donné par le Kerno”, dans Système de Signes, S. de Garay et D. Zahan, Hermann, 1978, p. 168).

   Il est remarquable de voir que, chez les Bambaras, Dieu s'enroule autour de lui-même. Ils ont su maintenir l'Origine du Cercle de la Manifestation, point-centre que l'on ne retrouve pas dans le symbole de l'Ouroboros. Pour les alchimistes, la source est soi-même, mais ils opposent Matière et Esprit. L'alchimie devient vite une voie de perdition pour ceux qui tournent en rond dans un labyrinthe inextricable de symboles.

   “La Matière et l'Esprit sont une seule et même chose à des degrés différents de cristallisation...” (Emmanuel-Yves Monin, Le Manuscrit des Paroles du Druide…, 1990, Y. Monin).

 

   Qui dit cercle dit centre d'où il est issu :

   “C'est à Toi qu'appartient le centre dont émane la circonférence, toute âme savante le sait ;

A Toi qu'est le point autour duquel et à partir duquel toute ligne et tout point tracent le périmètre de sa circonférence” (Poésie Ismaïlienne, La Ta’iyya de l’Amir al-Basrïi, Y. Marquet, Maisonneuve et Larose, 1985, vers 336-337).

   La Cause Première est représentée par un point au centre du cercle, point que l'on retrouve dans le symbole du Soleil, dans celui de l'Or alchimique. Mais on peut voir ce point autrement : il n'est pas, en réalité, sur le même plan que le Cercle, il est le sommet d'un Cône qui se projette justement au centre de sa base, si l'on regarde les choses d'en haut.

   “Pour connaître ce Point qui est le Point du Temps, nous devons être en lui, au-delà du mental et au-dessus de notre être créé ; en ce Point éternel où commencent et s'achèvent toutes nos lignes, ce Point où elles perdent leur nom, et toute distinction, pour devenir une avec ce Point lui-même et devenir cet Un qu'est le Point - bien qu'en elles-mêmes elles restent toujours rien que des lignes aboutissant à une fin.” (De Septem Custodiis, DS XIX, de Ruysbroeck).

 


L'inscription signifie "UN le TOUT",
confirmation de l'Unité du multiple manifestationnel.
Ouroboros.
Tiré du Codex Marcianus 25, liv, Folio 188 v.

 

 

  

 



Ouroboros gravé sur un disque de bronze du Bénin

(Afrique occidentale)
d'après Histoire de la Civilisation africaine, Frobenius, 1936.

 

 

   …Dans la mythologie grecque, le monde créé est enfermé dans le cercle du temps :

   “Semblable à une autre figure mythique, le fleuve Okéanos qui enserre tout l'univers de son cours infatigable, Chronos a l'aspect d'un serpent fermé en cercle sur lui-même, d'un cycle qui, entourant et liant le monde, fait du cosmos, en dépit des apparences de multiplicité et de changement, une sphère unique éternelle.” (Mythe et Pensée chez les Grecs, Jean-Pierre Vernant, Maspero, 1965, p. 69-70).

   Ce temps se manifeste sous la forme d'un perpétuel renouvellement cyclique : c'est le fondement de la vie ; la mort n'existe pas, tout se transforme et la vie est régie par les cycles à tous les stades. »

 

   Extrait de La Vouivre un symbole Universel, Kinthia Appavou et Régor R. Mougeot, Editions EDIRU, 2006, p. 54-56.

 

Harpocrate encerclé par un Ouroboros.

Gemme gnostique, King, The Gnostics and their Remains, 499, planche II, fig. 8.



       “Lorsqu’on veut représenter l’univers, on trace un serpent qui se dévore la queue, et dont il est parsemé d’écailles. Les écailles représentent les étoiles dans l’univers. L’animal est extrêmement pesant  comme la terre, et extrêmement glissant comme l’eau ; ensuite, chaque année, il se dépouille avec sa peau, comme dans l’univers, l’année produit un changement et renaît. Et l’usage de son propre corps comme une nourriture signifie que toutes choses qui sont engendrées dans l’uivers par la providence divine doivent de nouveau se résoudre en lui-même. »

 

       Harapollon, prêtre égyptien du 1ersiècle av. J.-C.



         Comment apprivoiser le Temps ?
COMPTINE DU TEMPS QUI PASSE 
sur http://fontaine-jouvence.over-blog.com/
 




Heurtoir de bronze. XVI-XVIIe s.

Ancien jardin Prédhumeau, au Pasquin, Loudun (Vienne).




                 

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15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 09:33
Saint Pol de Léon terrassant
 
le Dragon de l’Ile de Batz



Saint Pol-de-Léon, église de La Martyre (Finistère)
.
 Photographie Yvain L.

  
Saint Paul Aurélien, communément appelé saint Pol de Léon, naquit au Pays de Galles vers 480.
Evêque préférant la vie érémitique, il se retirera dans son monastère de l'Ile de Batz, où il mourut très âgé.
 
Son attribut iconographique est le dragon, en souvenir du dragon dont il aurait délivré l'Ile de Batz en le précipitant dans le « Toul-ar-Sarpant », l'abîme du serpent.

        L'homme, d'abord dévoré par l'Energie, se doit de maîtriser celle-ci : c'est alors l'homme chevauchant la Vouivre, la Tarasque, l'Animal.
        Puis, cette Energie maîtrisée, la représentation traitionnelle montre le saint ou la sainte avec le Dragon-Vouivre à ses pieds. Celui-ci disparaît ensuite totalement. 
        Vient ensuite l'étape du saint céphalophore, qui marche en tenant symboliquement sa tête coupée au niveau du coeur : plus de mental ratiocinant, mais la Voie du Coeur...

Voir : LA MAITRISE DE L'ENERGIE et http://fontaine-jouvence.over-blog.com/article-21916895.html


          

 
Intérieur de la chapelle de Saint-Paul-Aurélien.
 
 

 
  Statue de saint Pol de Léon terrassant le dragon
pour l’amener à l’île de Batz.
 Eglise de Saint-Pol-de-Léon. 

 

 
Saint Pol de Léon, représentation orientale.
 
 

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14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 16:22

Aux Canaries, dans l'île de Fuerteventura,

les sculpteurs de sable laissent

leurs chefs-d'oeuvre éphémères

sur la plage de Corralejo !



 

 

Photographies Yvain L.


   (La sculpture sur sable peut être une composition adoptant des formes architecturales, des figures anatomiques, humaines végétales ou animales, ou des objets. Il existe de nombreuses manières de réaliser des sculptures de sable. Le sable doit être très fin. Le matériau utilisé est uniquement le sable et l'eau ; pas de couleurs artificiellement apportées, pas de sucre ni d’adhésifs, dans le respect de la nature et de l’environnement. Un point d’eau proche du lieu de travail est nécessaire à la réalisation du projet.

   Le sable nécessite une préparation, tassement et mouillage. Suivant les volumes demandés, on peut utiliser des coffrages pour une meilleure tenue. La sculpture sur sable se pratique dans de nombreux pays et donne lieu à des spectacles extraordinaires qui suscitent l’admiration du public.  

D’après : http://artistes.itinerants.online.fr/sable.html)

 


Le crocodile a souvent été,
 dans nos cathédrales,
un substitut du Dragon-Vouivre
représentant les énergies de la Terre-Mère,
les énergies telluriques,
qui n'attendent que d'être fécondées
par les énergies cosmiques,
celles du Ciel-Père.

Ainsi le chaos primordial de la Matière, est-il fécondé par l'Esprit !

On  retrouve ainsi le crocodile à l'église d'Oiron (Poitou)
près du lieu où saint Jouin vainquit le Dragon de la Dive.



Eglise d'Oiron (Poitou).



Place d'Oiron (Poitou).


A l'entrée de la basilique de Saint-Bertrand-de-Comminges (Pyrénées),
 un énorme crocodile empaillé est suspendu au mur.
Il rappelle que saint Bertrand foudroya par sa parole
un monstre qui terrorisait la région.


Le crocodile se trouve aussi
dans la cour du château de Pierrefonds, dans l'Oise :



L'Inspiration capte la même forme-pensée partout,
en tout temps et en tout lieu !


Clip sur la Vouivre :
 
 



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13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 18:22
 
La forêt tropicale de Karukera, Guadeloupe,
un réservoir de vie !
 
 
 
 
La deuxième chute du Carbet. Basse-Terre.


  
                   Le Gardien de la chute.
 
 
              Ah ! Que la Vie est extraordinaire en la forêt tropicale de Karukera, l’Ile aux Belles Eaux ! Plus que partout ailleurs, les arbres gigantesques tentent de joindre la Terre au Ciel.
 Par quel miracle la Guadeloupe doit-elle son nom à l’arabe oued el oube, « rivière de l’amour », je ne sais ! Christophe Colomb laissa-t-il là quelques marins recrutés en Andalousie ? Lui pensait à Santa-Maria-de-Guadalupe-de-Extremadura ! Cette Vierge Noire s’appellerait-elle en réalité « Sainte-Marie-de-la-rivière-d’amour-d’Estrémadure » !
 
Je vais vous conter ce que les Arawaks, les premiers occupants amérindiens depuis les premiers siècles de notre ère, savaient, et leurs ancêtres avant eux ! La matière est vivante et l’Esprit l’habite depuis toujours ! Quel grouillement de vie minérale, végétale et aussi, bien que souvent invisible, d’animalcules de toutes sortes ! Le minéral, ici comme ailleurs sous les tropiques, tout autant que le végétal, parle au cœur. Vous ne me croyez pas ? Allez par-là, suivez les traces de la rivière David et écoutez longuement ce que les arbres confient au vent : « Nous avons été pendant des milliards d’années un bouillonnement en fusion avant de nous solidifier en minéraux ; devenus pierre, sable, gravier, craie, boue, nous avons tant désiré monter vers le ciel que nous sommes devenus végétaux. Et nous savons que, tôt ou tard, un nouveau passage se fera, car nous désirons pouvoir nous déplacer, ne plus être rivés au sol de notre naissance… » Ils chantent ce que le poète afro-antillais Guy Tirolien, né à Marie-Galante, a entendu :
« Pourquoi m’enfermerais-je
dans cette image de moi qu’ils voudraient pétrifier ? »
 
 


Le galbe féminin d’un gommier rouge.
 
 
Dans la « forêt de la pluie », poussent les gommiers longiformes qui pointent vers le ciel, les arbres à côte et les châtaigniers géants aux feuilles surprenantes ; ils se ruent vers une lumière imperceptible dans ce fouillis végétal. Les géants de cette forêt s’engouffrent dans les trouées de lumière ; il leur faut des siècles, voire un millénaire et plus, pour atteindre quarante, cinquante, soixante mètres de hauteur, et plus encore parfois, pour atteindre… la lumière ! Les lauriers des montagnes rivalisent avec les plus grands dans cette course effrénée vers le ciel ; d’autres encore, mahoganys ronces à grandes feuilles ou carapates à l’écorce rouge… Ah ! Accéder à la lumière, au soleil !
Les orchidées tout comme les lichens, les mousses, les fougères, les ananas sauvages et maintes autres plantes épiphytes, escaladent les troncs énormes des acajous au bois poreux, des acomats, des côtes de mouton à l’écorce blanche. Les philodendrons ancrés dans le sol grimpent le long des arbres-hôtes qu’ils enserrent dans le treillis de leurs tentacules. 
Les lianes énormes qui descendent vers le sol depuis les hautes branches des acomats boucans rêvent de ramper, de devenir enfin mobiles comme les lianes qui jadis surent devenir boas dans les forêts de la Basse-Terre, et couleuvres aux Saintes. Elles tissent un réseau de fils entrelacés, un lacis étonnant ; comme des haubans, enracinées dans le sol boueux, elles sous-tendent des fûts énormes et amarrent ces géants fragiles dans la terre spongieuse, renforçant ainsi les contreforts et les arcs-boutants qui les étayent et forment de leurs racines des accotements aériens. Les feuilles, qui se renouvellent toute l’année, jonchent le sol.
 
 


Les contreforts et les racines d’un acomat boucan
qui doit son nom aux chasseurs qui venaient à leurs pieds boucaner la viande.
 
 
Les plantes sciaphyles végètent dans la pénombre humide en pointant l’apex de leurs feuilles lourdes vers la terre, que ce soient les larges limbes des « feuilles de chou » ou bien les fines ciselures dentelées des fougères. Et encore les cécropia d’une dizaine de mètres, à grandes feuilles peltées, dont les tiges creuses lui valent les noms de bois-canon, ou bois-trompette.
Des bosquets impénétrables de bambous géants succèdent aux grandes fougères arborescentes dont les feuilles dentelées filtrent encore la lumière du ciel qui, à d’autres endroits, est totalement obscurcie.
Allez dans la Basse-Terre à la cascade aux écrevisses ! Là-bas, la pierre a tant désiré courir avec l’eau vive du torrent que certaines sont devenues des ouassous, de gros crabes qualifiés à tort d’écrevisses, minérales encore par leur carapace, mais habiles à se déplacer dans les bassins calmes, sans oser encore s’aventurer dans les rivières torrentueuses. Les gribiches, leurs larves, subissent douze mues successives dans l’eau des embouchures. Ils rêvent maintenant, ces ouassous, de laisser leurs carapaces pour devenir poissons…
La roche battue par le torrent a tant désiré aussi voguer au fil de l’eau qu’un jour, le miracle s’est produit… Elle est devenue molokoïe, tortue. Après des millénaires, le minéral meurt pour renaître en végétal et celui-ci ne cesse de rêver à un devenir animal ! Par endroits, la roche est devenue jasmin-bois. On dit que celui-ci parasite les rochers, mais non ! Il était rocher… Tenez ! Les criquets, appelés là-bas cabrit-bois ou gratte-couis, imitent le frottement des demi-calebasses qui servaient jadis de vaisselle. Ils ont la couleur des brindilles d’arbre qu’ils furent jadis alors qu’ils rêvaient de sauter de branche en branche ! Car, le savez-vous, ce n’est pas par mimétisme, pour se rendre invisible aux yeux des prédateurs, que le criquet ressemble à la brindille sèche ! Non ! Il a été brindille… et un jour, il a fait un saut incommensurable.
Ah ! Le bruit du torrent qui sans cesse use le rocher ! Et les cascades bouillonnantes ? Une énergie extraordinaire se déverse partout pour alimenter la vie. Au bord de l’eau, le résolu jaune orangé, très dur, dont l’écorce se desquame en fines feuilles dont les lambeaux déchirés rêvent de devenir papillons. Tout comme les polypores qui poussent leurs ailes ténues sur les troncs abattus pourrissant dans l’eau glauque qui imbibe tout, rongés par les larves des insectes xylophages. Le chouval bwa, nom fort imagé du phasme, vert sur le vert et brun sur le brun, est invisible ; il se confond avec ses ancêtres végétaux. Ainsi apparaissent de nouveaux insectes, de nouveaux crustacés, de nouveaux oiseaux quand le végétal se meurt pour devenir animal ! Au rythme d’une nature qui mature des millions d’années…
L’iguane vert se confond avec les feuilles dont il a gardé la teinte lorsqu’il put enfin se déplacer sur elles. Le toto bois, encore appelé tapé, c’est le pic noir d’ici dont les coups résonnent au loin. Est-ce les larves du scieur de long, ce dynaste, le plus gros insecte du monde, qu’il essaye ainsi de débusquer ? La vie se nourrit de la vie dans un miracle permanent.
Dans les mangroves, les palétuviers jaunes, imputrescibles, qui poussent les pieds dans l’eau au gré du balancement des marées, soutiennent leurs troncs par des racines fibreuses, aériennes ; elles font penser inévitablement aux pattes des crabes. A moins que l’on ne les voie comme des échasses qui les apparentent aux hérons. Sûr qu’ils rêvent tous de se déplacer comme eux pour explorer les environs et se rouler dans la boue ! Dans ce bouillon de culture plus encore que partout ailleurs pullulent insectes, mollusques, oiseaux se nourrissant dans le milieu qui les a vus naître.
 


         Dans la mangrove…
 
Dans toutes les îles, à la tombée du jour, grillons, cigales et criquets mêlent leurs sonorités à celles des batraciens. Tous ont fait le passage et se souviennent d’avoir été pendant des milliards d’années minéraux et végétaux…
Si vous allez aux Saintes, montez jusqu’à la Bosse du Chameau, le point culminant de l’île. Ensuite escaladez l’échelle verticale qui se trouve dans la forteresse ; elle donne sur la plate-forme qui découvre un paysage d’îles d’une beauté calme et fascinante. Mais, si vous n’avez pas le vertige, redescendez par l’étroit chemin qui plonge au plus court à travers la forêt pentue. Vous verrez quantité de bernard-l’hermite ; ils habitent encore les carapaces minérales qu’ils furent jadis. Dérangés, ils se laissent rouler sur la pente, rentrent dans leurs habitacles qu’ils ferment d’une unique pince bleue défensive. Ils grimpent dans les cocotiers ; mais c’est qu’ils remontent à leur source ! Ainsi les petites noix de coco sont-elles leurs ancêtres qu’ils vont ainsi visiter. Et les ancêtres aussi des grenouilles qui montent aux arbres !
 


La baie des Saintes, vue de la « Bosse du Chameau »,
point culminant de l’île.
 
 
Chacun sait à Karukera que les cocotiers se déplacent. Eh oui ! Lorsque le sol est épuisé, trop pauvre, les racines s’aventurent un peu plus loin et, si la nourriture leur est meilleure, ils tirent tant que le tronc se déplace quelque peu ! Incroyable non !
Les petits geckos qui hantent les maisons des hommes et que l’on appelle ici mabouyas, « mauvais esprit », désirent fortement devenir des humains … est-ce parce qu’ils ont été jadis mabouyas que tant d’êtres humains ont mauvais esprit ?
La fleur blanche du gombo grand-bois, un hibiscus, a tant rêvé de voler dans le vent qu’elle a réussi à devenir l’oiseau-mouche qui revient butiner ses ancêtres ! Comme tant d’autres fleurs sont devenues madères, colibris folles ou fous-fous, cet oiseau minuscule, le plus petit des colibris… Les fleurs jaunes, rouges ou orange de « l’oiseau du paradis » justifient bien le nom donné à ce cousin du balisier. L’héliconia mutiplie ses ailes jaunes emboîtées sans pouvoir s’envoler !
 
 


Fleurs.
 
 
Des milliards d’années se sont écoulées pour que se vive cet instant magique où la vie révèle son mystère, sa beauté grandiose. Vie et mort se nourrissent mutuellement dans le cycle de cette symphonie fantastique et impénétrable… Mourir en minéral pour renaître en végétal, mourir en végétal pour renaître en animal, mourir en animal pour renaître en homme[1] !

[1]
Voir : Karuna, L’Instruction du Verseur d’Eau.


Arbre du voyageur.


 

 
Iguane.
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3 décembre 2008 3 03 /12 /décembre /2008 20:25

La Mélusine de Crozant



 
Ruines du château de Crozant, Creuse.

 


      Sur l’éperon rocheux encerclé par la Creuse et son affluent, la Sédelle, une forteresse a été édifiée à la fin du Xe siècle, transformée deux siècles plus tard en  château fort quasi imprenable dans ce lieu stratégique.

      Durant des siècles, les vestiges de cette forteresse n’ont cessé de se dégrader dans un milieu âpre et sauvage, envahis par une végétation touffue. Les ruines ont été récemment rénovées.
      L’une des tours subsistantes porte le nom de tour de "Mélusine".


  

      Cette Mélusine serait Isabelle d'Angoulême, veuve de Jean-sans-Terre, et remariée à Hughes de Lusignan qui, suivant une tradition, l'aurait fait construire. Il avait été le premier fiancé d’Isabelle d’Angoulême et celle-ci, devenue veuve, rentre en grande hâte à Angoulême pour contracter ce mariage. Elle exerce sur Hughes de Lusignan, dit-on,  une grande emprise, mais…



Armoiries d'Hughes de Lusignan.



       Est-ce par jalousie, par vengeance ?
Toujours est-il qu’une légende locale assure que Hughes de Lusignan
enferma Isabelle d’Angoulême dans la tour dite de "Mélusine"
où elle serait morte de faim !

 


 

 


      Référence : "Isabelle d'Angoulème à Crozant ou la face obscure de Mélusine", Liliane Chevallier, Association E.R.I.C.A. Cette association, avec sa revue « Confluents », a largement contribué, dans les années 1995, au défrichage des ruines et à leur maintien pour aboutir ensuite à leur rénovation.




Gisant d'Isabelle d'Angoulême,
église de l'abbaye royale de Fontevraud. 









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