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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 21:53

AMATERASU, DEMETER ET BAUBÔ,

 

DÉESSES PAÏENNES

 

Conte de celles qui parlaient avec leur entrejambe

 


 

         Dans l’ancienne Babylone, lorsque Innana aux cuisses de cèdre appelait un amant, un cri si violent sortait de ses cuisses que, d’aussi loin qu’ils l’entendaient, les héros de ce temps accouraient comme des taureaux sauvages pour emporter le prix !

 

Elle ne fut pas la seule à parler par cette fente envoûtante…

Lorsque Amaterasu om kami, la déesse-Soleil du Japon d’avant le bouddhisme, se retira dans une grotte à la suite des actes sacrilèges de son frère, les conséquences pour le monde furent terribles. Celui-ci se trouva plongé dans l’obscurité et le froid. Tous les dieux d’alors, devant cette catastrophe, se consultèrent. Comment faire sortir la déesse-Soleil de sa retraite ?

Ils organisèrent un complot afin de lui prouver que la joie pouvait exister en son absence, qu’on pouvait rire malgré tout, et lui posèrent le piège de sa propre image.
L’une des divinités d’alors, la déesse Ame No Uzume, entama devant la grotte une danse sauvage ; elle dénuda sa poitrine, baissa la ceinture de son vêtement jusqu’à son sexe, remua les hanches de manière suggestive, dansa encore en écartant les cuisses, et de son entrejambe jaillit un rire si clair qu’aussitôt cent myriades de dieux et de déesses éclatèrent de rire.

Amaterasu, étonnée ainsi qu’on puisse rire en son absence, sortit de sa grotte, et le monde fut sauvé (…)

   

 

 

 


Réapparition de la déesse Amaterasu.

 

Savez-vous que Déméter,
cherchant sa fille Perséphone enlevée par Hadès dans les enfers,
fut plongée dans un abîme de tristesse ? 


Août, le Triomphe de Cérès.
Tura Comé, XVe siècle.



        Elle arracha le bandeau qui attachait son immortelle chevelure et parcourut la terre ; elle fouilla partout, interrogeant sans relâche, criant, pleurant, suppliant qu’on la tue. Et dans son désespoir, elle maudit les terres fertiles.. Les épis de blé ne mûrissaient plus, les mamelles des femmes se desséchaient, les sources tarissaient…

Déméter ne se lavait plus, sa chevelure souillée était lamentable, ses vêtements en lambeaux. Près d’un puits, un soir, elle s’adossa, épuisée par ses recherches vaines, laissant voir sans pudeur sa beauté inutile.

Alors apparut une sorte de femme qui s’approcha d’elle en dansant, ondulant des hanches en agitant ses seins. La déesse Baubô, la déesse des rires obscènes, cette créature magique sans tête, dont les yeux se trouvaient à la pointe des seins et à qui la vulve tenait lieu de bouche, était là.

 

 

 

La déesse Baubô.

 

Et de sa jolie bouche du bas sortirent maintes plaisanteries et rires. Déméter commença par sourire, puis gloussa avant d’émettre un rire de bas-ventre si clair qu’il réchauffa la terre entière. Les deux femmes, la petite déesse du ventre et la grande déesse-mère, rirent de concert et firent toutes deux avec leurs grandes et petites lèvres un concours de mimiques, de murmures, de rires et de cris qui mit en joie toute la création… Les dieux de l’Olympe éclatèrent de rires qui résonnèrent comme mille tonnerres de Jupiter. Ces rires parvinrent jusque dans les enfers.

Et Hadès en riant consentit à libérer Perséphone la moitié de l’année. La terre était sauvée !

 

 

 

Tableau de Magritte.

 

Il n’est nulle tristesse qui puisse résister aux rires de cette bouche du bas, cette vulve d’où monte l’énergie de la vie…

 

                      Extrait de Contes de la Bouche du bas, à paraître.

 

 

 

Sheela-Na-Gig, déesse celte de la création et de la destruction,

sculptée sur un chapiteau de l’église St-Mary-and-St-David

à Kilpeck, Herefordshire.

 

LE SERPENT KUNDALINI


CONTER AU GRE DE LA VOUIVRE

link

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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 21:24

LA TRIPLE IMAGE DE SAINT MICHEL

 

 

 

Saint Michel et le dragon-vouivre.

Sanctuaire du Monte Gargano.
Statue du XIVe siècle.

  


 

Saint Michel et le diable ou Satan.

Eglise Saint-Michel-de-Veisse, Creuse.

 


     La question se pose : y  aurait-il une distinction à faire entre
l’image de saint Michel terrassant le Dragon-Vouivre
et l’image de saint Michel terrassant le Diable ?

     Ces deux images semblent avoir été confondues au point
qu’il y a eu assimilation du Dragon/serpent-Vouivre
avec le mal, le péché, Satan.


      Pour rappel, le Dragon-Vouivre symbolise les énergies telluriques, forces vitales de la Terre nourricière dont l’être est animé, et dont le point de Jonction avec les énergies cosmiques se trouvent en son Cœur.
&


      L’autre image, celle de l’Archange écrasant le Mal-In (le mal qui est à l’intérieur de nous, généré par notre dualité) nous renvoie à la confrontation inévitable entre l’Ange et la Bête en chacun de nous.


      Le Diable (di-able, la dualité « qui coupe la boule en deux1»), ou encore Satan, a visage et corps humains, au même titre que l'archange, comme si, en effet, il s'agissait de son ombre, et il n'est pas anodin que dans l'iconographie ils se regardent bien souvent l'un l'autre. Alter ego ?


     
« L’être se débat bien souvent avec son ombre, cela est sa limite. C’est ce que vous appelez "ego" car, en fait, ego, c’est “égal, identique à… ”. Si vous êtes tout limité, vous aurez “ l’identique à la limite ” (ou : vous serez identique à cette limite) et, étant identique à la limite, c’est là où le conflit commence, je dirais même plus accentué lorsque l’être décide de se donner à la Lumière, c’est là où le conflit commence entre l’être et son ombre, entre le non-limité et sa limite.2 »


    
L’observation même de la nature nous enseigne : plus l'être est en axe avec le soleil, plus son ombre rétrécit, et lorsque l'être est au zénith de lui-même, dans l'axe parfait avec le soleil, l'ombre n'est plus.


    
La difficulté est de savoir ce qu’est l’ombre, et de bien faire la distinction entre l’ombre et les ténèbres.


     Ce que l’on nomme ombre est ce moi inférieur coupé de sa Source, de sa Transcendance et qui a généré et génère toujours l’homme déchu, ignorant (c’est-à-dire ignorant la Source qui l’a créé), le non-connaissant.


     
Cet homme déchu projette son ombre, son ignorance et crée l’illusoire dans lequel l’âme individuelle se perd sans cesse.


     
Alors la rupture doit s’opérer : il faut terrasser son « ombre », la confrontation doit avoir nécessairement lieu pour le passage à la Lumière qui est déjà là, de toute éternité.


     
L’humain est un Ange qui a besoin de retrouver ses ailes pour effectuer son envol vers le Ciel de Naissance, son Origine véritable.


 & :  Voir R. Régor Mougeot et Kinthia Appavou, La Vouivre, un symbole Universel, Ed. EDIRU, 2006.link


 1 : Voir Emmanuel-Yves Monin, Hiéroglyphes français et Langue des Oiseaux, 1982, Le Point d’Eau. link

 2 : Platon Le Karuna, Le Secret de la Roche aux 9 marches,  Editions de  la Promesse, 2008, p. 106.

 

 Ange.
Boiserie de l’église d’Ahun, Creuse. 


L’Ange axial tient en main le binaire de la manifestation.


      Alors que sont les Ténèbres ? « la Virginité du terrain sur lequel s’inscrira la Lumière, sur lequel s’inscrira Citta, l’Esprit qui est Connaissance…3 »


     Cette virginité de la matrice qui doit accueillir l’Esprit est représentée par l’image de la Vierge Noire, celle que l’on trouve habituellement dans les cryptes de nos églises.


     3 :  Ibidem, p. 105.


 
Vierge Noire de l’église de Soubrebost, Creuse.


  Elle est maintenant dans l’église et non plus dans la crypte,
comme le plus souvent actuellement.

 

 
Emplacement de la Vierge Noire de l’église de Soubrebost,
dans la crypte.

  La plaque de reconnaissance date de 1954 !

   


Dolmen de Ponsat, dans la Creuse.


L’étape de la Caverne est un passage initiatique, passage obligé, qui s’effectue dans l’antre de la Terre-Mère.

 

Ce qu’est l’initiation véritable, n’est rien d’autre que le retour à la Lumière d’Origine. Une fois ce passage effectué, l’être devient « initié ».

 

Dans l’Antre de la Vouivre, la possibilité est donnée à l’homme de s’ouvrir à cette conscience Universelle, d’annihiler à jamais cet ego qui ramène tout à lui et s’invente créateur de l’Univers.

 

L’Univers de l’ego ne peut être qu’étroit, petit, limitant et limité, et qui ne voit que par ce moi limité, ne voit pas bien loin.

 

Alors se produit l’Entente par le Son In-audible, la Vision par l’Oeil In-visible, et tous les sens, à l’unisson, peuvent ainsi émettre le Son Unique qui rassemble au Lieu de la Connaissance.

 

Et que dire de la troisième image de l’Archange, également omniprésente, nous le figurant sans diable et sans dragon, mais tenant cette fois la balance pour la pesée des âmes ?

 


Saint Michel présente les Ames des Justes à l'Enfant-Jésus.

Vitrail de l’église Saint-Michel-de-Veisse, Creuse.

   

Dépourvue d’ego, l’âme est aussi légère que la plume de Maât4, et réalise l’équilibre parfait des deux plateaux, devenant fléau5 (ayant accompli l’alchimie de l’eau et du feu). 

     Elle manifeste alors le Juste Accomplir, hors notion de bien ou de mal, hors dualité. L’âme est libre, car « être libre, c’est d’abord faire ce que l’on doit faire, et ensuite parvenir à ce que vouloir faire corresponde à ce qui doit être fait »6
 ; l’anglais et l’espagnol entre autres maintiennent cette acception en nommant le signe de la Balance « Libra »

     La Balance, signe de l’équinoxe d’automne où jour et nuit parviennent à l’équilibre, et dont saint Michel est le maître, a quant à elle pour étymologie « bi-lance », qui résume en soi ce qui s’élance au-delà du binaire, ce jet du retour à l’unité figuré souvent par l’épée de saint Michel en guise de fléau, flèche pointée vers la clarté du ciel, et formant avec les deux plateaux le triangle de la nécessaire trinité pour le passage du deux au Un.
     La psychostasie, bi-lan des âmes sur la bi-lance, atteste l’équanimité de celles ayant résolu une équation essentielle de la nécessaire complémentarité dans laquelle « Le Jour sans la Nuit et la Nuit sans le Jour ne peuvent être dits UN, mais le Jour avec sa Nuit et la Nuit avec son Jour sont UN. »7

 

Grâces soient rendues à tous les Haut-Lieux de la Terre qui maintiennent encore ce Rappel des Connaissants inscrit dans la pierre, inscrit dans la roche au plus profond des bois, inscrit sur les chapiteaux de nos plus belles églises, et dans la statuaire ô combien magnifiquement sculptée par des artistes anonymes qui ont œuvré, minutieusement pour que nous parvienne, au-delà des temps, leur Message Universel.


 

      

4 : « Elle est la Conscience Cosmique, l’Idéation universelle, la Sagesse essentielle, émanée sans cesse du Divin Râ dont elle est, elle-même, la nourriture » in Schwaller de Lubicz, Her-Bak Disciple,  Ed. Champs Flammarion, chap. XVI, pages 277-278.
5 : 
C’est-à-dire, ayant la conscience du discernement.

6 : Platon Le Karuna, Le Secret de la Roche aux 9 marches,  Editions de  la Promesse, 2008, p. 91.

7:
D’après un texte hébreu cité par Platon Le Karuna, in Le Secret de la Roche aux 9 marches,  Editions de  la Promesse, 2008, p. 92.


                                                                                                        A. R. K.

                      
Peinture de D. Landré, 2003.
    En vente à "Le Papillon Rouge" La Roussille. 23 250 Chavanat.




©Photographies Alexandrine Vayssac.

Voir :

LES VIERGES NOIRES 


LA VOUIVRE EN CREUSE 

LA VOUIVRE A L'ABBAYE DE BENEVENT (CREUSE) 

SAINT MICHEL ET LE DRAGON   

link 

Cet article est le 111ème du blog !


Voir La Métaphysique des Chiffres. Tous les Chiffres ne disent qu'Unité
:
link

Clip sur les vierges noires.
 



    

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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 12:17

Le culte de l’ours à l’époque préhistorique

Article publié sur le site :
"Sur les pas de l'ours. De l'ours en peluche à la vie sauvage."
link


 
 

L’ours des cavernes n’est pas l’ours brun du Moyen Age, mais il était très répandu dans toute l’Europe. 

 

 

 

Grotte Chauvet à Vallon-Pont-d’Arc (Ardèche).

  

      Les dessins découverts dans les cavernes sont une preuve que les hommes préhistoriques mettaient à part l’ours, lui prêtant des pouvoirs particuliers que les autres animaux n’avaient pas. Est-il déifié ? Nul ne peut répondre à la question, mais il est sans conteste l’objet d’un culte.

      Les restes de l’ours brun de Regourdou (Montignac, Dordogne) sont disposés rituellement. En voulant trouver l’entrée naturelle de la grotte de Lascaux, Roger Constant entreprit des fouilles sur sa propriété. Les archéologues y organisèrent des fouilles et découvrirent une très belle tombe construite par l’homme de Néandertal dans laquelle il y avait 2 squelettes : un squelette d’homme néandertalien et un squelette d'ours.

     De plus, la première statue conservée datant de la préhistoire, retrouvée dans la grotte de Montespan (Haute-Garonne) découverte par Norbert Casteret, représente un ours acéphale, modelé en argile ayant 1,10 mètre de long et percé de coups de sagaie. Cet objet d'art remontant à 22000 ans permet aux préhistoriens de penser aujourd'hui qu'il  existait certainement, à cette époque, une pratique cultuelle de l'ours chez les premiers hommes.

 

 

 

Dessin de l’ours rouge.
Grotte Chauvet à Vallon-Pont-d’Arc.

 

      « Dans la grotte Chauvet, découverte en 1994 en Ardèche, les peintures d'animaux datent d'environ 32 000 ans. Au centre de la «salle du crâne», on a trouvé ce crâne d'ours, placé sur un piton rocheux. Autour de lui, en demi-cercle, une douzaine d'autres crânes. Doit-on supposer l'existence d'une “religion de l'ours”» chez les hommes de Cro-Magnon ou de Néandertal ? C'est une question qui fait débat chez les préhistoriens. Or l'existence d'un culte de l'ours est attestée dans les sociétés antiques et le haut Moyen Age chrétien. Et toutes les mythologies européennes font de l'ours un animal à part - dieu ou ancêtre de l'homme. Ces cultes sont-ils hérités du paléolithique ? Ils témoignent en tout cas de l'éclairage que l'histoire peut apporter à la préhistoire.[1] »

  
Crâne d’ours.
Grotte Chauvet à Vallon-Pont-d’Arc (Ardèche).

 

            Ce crâne déposé sur un bloc rocheux permet de penser à un véritable culte de l’ours à l’époque néandertalienne.

 

 

 

Nombreuses sont les représentations de l’ours dans les grottes préhistoriques : ours gravés dans la grotte des Combarelles (Les Eyzies, Dordogne), ours gravé dans la grotte de la Mairie à Teyjat en Dordogne et dans la grotte de Bara-Bahau, à le Bugue, les ours ont laissé de très nombreuses traces de griffes et les hommes ont gravé leur silhouette sur les parois. D’autres encore que vous pourrez voir sur :

http://www.pole-prehistoire.com/page.php?base_arbo=269&arbo_id=281

 

Actuellement, des rituels de chasse à l’ours ont lieu chez différentes populations en Sibérie et au Japon chez les Ainous. Les rituels liés à l’ours, ainsi que les mythologies qui les sous-tendent, sont des survivances de l’ancien chamanisme. Chez certains peuples du Grand Nord, les morts se réincarnent en plantigrade, et les revenants revêtent une peau d'ours.

En Sibérie, un conte relate l'histoire d'une jeune fille perdue sauvée par un ours qui l'abrite dans sa tanière ; ancêtre de notre Boucle d'or et les Trois ours. Ce pourrait en être la version syncrétique : la fille (fillette) mange et dort dans le lit de l'ours (ourson), mais s'enfuit vite à sa vue, terrifiée...

Ainsi nos contes et les ours en peluche de nos enfants ont-ils des racines extraordinaires chez nos ancêtres !

 

                                                         Régor (Robert Mougeot)

 

 

            L'OURS A LA FOIS CHRISTIANISE ET DIABOLISE 
             LE PAPE ET L'OURS 
          
LES FÊTES DE L'OURS


[1] Michel Pastoureau, L'ours, histoire d'un roi déchu, Seuil, 2007.



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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 10:48

      D'étranges sculptures se rencontrent sur les chapiteaux
de nos églises et cathédrales  !

     A la barbe des inquisiteurs et des bien-pensants,
la statuaire maintient un humour décapant
et des vérités pas très bonnes à dire...

Voici

Quelques scènes païennes qui réjouissent fortement



La Mère Universelle nourrit de son lait la manifestation !
Cathédrale d'Auxerre.



Sirène à la queue bifide.

Musée de Metz.

Illustrations de l'ère du poisson !


Qui a été ainsi caricaturé ?
Musée de Metz.




Lourd le poisson !
Chapiteau de la cathédrale de Metz.
Musée de Metz.



Et jusqu'au Christ ... poisson !
Musée de Metz.



Et cette charmante sirène nourrissant un poisson !
Cathédrale d'Auxerre.



 Guerrier décorant une vieille maison de bois.
Musée de Metz.



Si vous manquez d'humour, c'est un tort chez vous !
Frise de la cathédrale de Metz.



Ah! La sagesse du Frère feuillu !
Il ferme simplement les yeux...
Tympan trilobé orné d'un masque. Terre de Jaumont XIVe siècle.
La Cour d'Or, musée de Metz.








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31 octobre 2008 5 31 /10 /octobre /2008 16:36

La Vierge Noire de Tournus,

en Bourgogne




     Pourquoi "les Mères et Vierges noires demeurent, en tout pays,
les plus révérées de toutes les images sacrées :
elles perpétuent la notion de ce monde divin de ténèbres
où la pensée s'exhaussait, auprès d'elles,
jusqu'à un niveau supérieur."

     Pierre Gordon, Les Vierges Noires. L'origine et le sens des contes de fées. Mélusine,
 Editions Signatura, 2003, p. 24.

 

 

 


Cathédrale de Tournus.



     "Pas de résurrection sans mort - sans cette mort qui se réalisait jadis, au côté de l'Initiatrice noire - dans l'obscurité de la grotte" ( Idem)


 

Prieuré du Val-Saint-Benoît,
dans la région de Couches, ancien lieu celte christianisé
où la croix druidique fait face encore à la grotte de la Vierge Blanche.

 


 

      "Leur attrait en d'autres termes, est d'être Notre-Dame de la Nuit, celle qui fait luire la clarté dans la prison souterraine où se trouve jeté l'homme, celle qui enfante pour lui la lumière, celle qui lui apporte l'or et le Soleil, celle qui est en définitive, parce que, - sa couleur le prouve - elle traverse la mort, la fontaine de radiance et la Reine du ciel." (Idem)


      "Le monde souterrain, la grotte, la caverne des anciennes initiations, l'antre de la Vouivre sont des lieux obscurs où, paradoxalement, l'homme a toujours recherché la lumière.
     Obscure en effet est cette lumière !
     Elle 'est celle du centre des existences (...) Qui oserait la décrire? C'est une obscurité plus brillante que toutes les lumières conjuguées. C'est la lumière de la Vérité. Ceux qui ont le bonheur d'y parvenir perdent leur identité'... enseigne Tierno Bokar, le sage de Bandiagara."

   Régor R. Mougeot, Le Miroir symbole des symboles,  chap. "La Lumière d'avant la séparation de la lumière et des ténèbres",  Editions Dervy, 1995, p. 16, citant Amadou Hampaté Ba, Vie et Enseignement de Tierno Bokar, le Sage de Bandiagara, Seuil, 1980, p. 16.link


 


Clip sur les Vierges Noires : 
http://fr.youtube.com/watch?v=Cs6E7zQo35s  




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28 octobre 2008 2 28 /10 /octobre /2008 21:14

Il a l'air méchant,

mais  il recycle la chaleur !




© Photographie Jean-Michel Evanno



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28 octobre 2008 2 28 /10 /octobre /2008 16:00

La Mélusine

de la cathédrale d’Autun

 

 

Qui ne connaît pas la légende de Mélusine ?

Voir : http://regorm.free.fr/expo/expo.html

   

 

Ah ! La belle Mélusine avec ses ailes de chauve-souris et sa queue bifide !

 

 

      Elle possède la maîtrise des formes.

     « Une fois sa nature magique découverte, Mélusine quitte le château en s’envolant par la fenêtre. Les ailes lui apparaissent dans le dos, lors de sa fuite, et s’associant à la queue de serpent, laissent entrevoir une forme de dragon. »

     « Tour à tour oiseau, sanglier, serpent et dragon, Mélusine, surgie de la nuit des temps, est revenue de l’Autre Monde pour nous délivrer son message, un secret originel et primordial. »

                    Audrey Fella, Mélusine et l’éternel féminin, Dervy, 2004, p. 173 et 174.

   

 

La voilà de nouveau, bien axée, impénétrable, tenant dans ses griffes sa proie…

 

 

 

 

Cet homme est-il subjugué par les Serpents-Vouivres qui lui parlent à l’oreille ? Il en a la maîtrise.

 

 


Quel bel entrelacs font les corps de ces deux serpents-vouivres !


Voir le symbolisme des entrelacs sur
 
http://mathematiques.energie-manifestee.net/

Mais pourquoi cette balance de la pesée d’âme ?


 
Que nous dit encore aujourd’hui Mélusine ?

 

     « Je demeure sur Terre pour châtier celui qui veut posséder la Terre ; mais lui offre la Terre en partage, et Mon Corps, des Enfants, des Trésors à garder, l’Oiseau qui sur Terre ne saurait voler et la Souvenance de la Queue de Serpent de son Origine.

     Qu’il La cache aux capteurs de vanités !
     Qu’il taise l’Envol de l’Oiseau !
     Qu’il dissimule les Trésors !
     Qu’il soit Homme ou Femme parmi la foule !
      … 
    Je ne suis pas Surnaturelle mais NATURELLE… »

     Emmanuel-Yves Monin, Le Manuscrit des Paroles du druide sans nom et sans visage, 1990, Y; Monin, pp.462-463.link


© Photographies Alexandrine Vayssac : Chapiteaux de la cathédrale d’Autun.


 

 

 

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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 09:31

Le menhir christianisé de Brancion,

en Bourgogne



     Si de nombreux menhirs ont été démolis
sur l'initiative de saint Martin et autres évangélisateurs,
d'autres ont été christianisés par l'ajout d'une croix !





      Rare survivant d'une époque révolue, ce menhir a été surmonté d'une croix.
     Il est maintenant aussi cimenté dans le sol.

      Que dire de cette croix ?
   
"Le Cercle supprimé dans la Croix des "Christiens"! Alors que le Cercle est une nécessité pour l'être humain qui sans cela s'échappe dans des fabrications mentales qu'il croit être accès à sa Divinité ! N'oubliez pas le Cercle !
     N'oubliez pas les trois Cercles..."
1

 link



   1 - Emmanuel-Yves Monin, Le Manuscrit des Paroles du druide sans nom et sans visage, 1990, Y. Monin, p. 470.

     Voir également "Le symbolisme métaphysique de la croix" dans : René Guénon, Le symbolisme de la croix, Editions Véga.

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21 octobre 2008 2 21 /10 /octobre /2008 17:45

Le château de Couches


et la "Vivre" !


Que nous disent les Couchois ?

"La Vivre est avant tout un serpent,
mais de taille très diverse selon les légendes,
doté d'ailes découpées comme celles d'une chauve-souris.
Son corps de grosses écailles est couvert de feu ;
lorsqu'elle traverse les airs, la Vivre ressemble à une barre de fer rouge..."

"La Vivre porte au front une étincelante escarboucle,
c'est-à-dire un charbon ardent (en latin, carbonculus) ;
fixé au front comme une étoile, il lui permet de se diriger
dans ses voyages nocturnes ou à travers le monde souterrain..."

"Comme les dragons auxquels elle ressemble par bien des aspects,
la Vivre est gardienne des trésors cachés..."

"Ainsi est-elle  associée à une idée de lumière
et de chaleur émanant des entrailles de la terre..."

"Mélusine, personnage féminin des romans de chevalerie,
dont la beauté était incomparable,
était en réalité une Vivre..."

Alain Rebourg,"Vivres, Wivres et Guivres. A propos d'une légende",
article in :
La Vivre 88, Couches-en-Bourgogne. Un pays vit sa légende,
Cercle Eumène, 1988.



A Couches, les chars évoquant le Moyen Âge
furent nombreux.








 

 






Quelles réjouissances !

Mais pourquoi le sage Yoata
a-t-il été brûlé en même temps que la Vivre ?

 


      La Vivre représentant toutes les calamités dont souffrirent les humains, ils transfèrent sur elle toutes leurs peurs, leurs angoisses et leurs souffrances.
      Mais qu'en est-il du sage Yoata qui la conduisit au bûcher au son de sa flûte, mais qui fut brûlé avec elle?
      En 1988, "Le samedi de la Vivre" a vu son procès, présidé par le Duc de Bourgogne Philippe le Bon :
     "Le Conseil est réuni. Yoata est amené sur les lieux de son procès. Le Prévôt questionne le mage : quels sont tes rapports avec la bête? on dit que tu lui parles et qu'elle te répond ? Es-tu mage ou sorcier?"
      Il se défend : "Je suis un homme simple, je suis innocent !"
      Il sera condamné à mener la bête au bûcher et être brûlé avec elle !

     Ce fut la grande erreur des Couchois de jadis, de condamner celui qui a pu, par la douceur de sa flûte, venir à bout des calamités que leurs peurs généraient !

 

 







© Photographies Alexandrine Vayssac.

&&&

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19 octobre 2008 7 19 /10 /octobre /2008 11:34

A COUCHES,

LE DEFILE DERRIERE LE CHAR DU DRAGON "VIVRE"


"COUCHES : si ce nom fait parfois sourire le visiteur
qui traverse pour la première fois notre terroir bourguignon,
c'est sans doute par ignorance de ses très lointaines origines.
Poursuivant leur longue route à travers la Gaule,
des voyageurs grecs s'arrêtèrent en ce site merveilleux
où ils trouvèrent le relief si varié et la terre si riche
qu'ils la comparèrent à la lointaine contrée où,
selon la légende, Jason conquit la Toison d'Or.
Ainsi ce lieu devint-il Clochas (en grec Colchide.)"

Jean-Michel Nectoux-Labarre,
"Et si demain...",
article in : La Vivre 88, Couches-en-Bourgogne. Un pays vit sa légende, Cercle Eumène, 1988.





"LA VIVRE, semait la terreur dans la région.
Le magicien Yoata réussit à l'ensorceler avec sa flûte
et l'emmena brûler,
mais il fut lui aussi victime du brasier."

La fête a lieu tous les 20 ans !















"Celle que nous appelons la Vivre se nomme
dans les régions voisines,
ou même dans certaines parties de notre Bourgogne,
Wivre, Vouivre, Guivre ou Grivre.
Tous ces noms aux consonances si proches remontent
à une origine commune,
le nom latin vipera, qui signifie la vipère, le serpent.
Ces trois syllabes, transformées dès la fin de l'Antiquité
sous les influences germaniques,
sont devenues la Vivre en certains endroits, la Guivre en d'autres."

Alain Rebourg,"Vivres, Wivres et Guivres. A propos d'une légende",
article in : La Vivre 88, Couches-en-Bourgogne. Un pays vit sa légende, Cercle Eumène, 1988.


















Le sage Yoata entraîne la Vivre vers le bûcher, suivi de tout le peuple.












Philippe, duc de Bourgogne et son épouse.













 

 

 























"La Vivre, un symbole pour aujourd'hui

Selon les lieux et les époques, on peut voir dans la Vivre l'ennemi par excellence,
celui qui trouble la paix des villages médiévaux, la guerre, la grande peur,
les bandes de pillards, les routiers, les écorcheurs, la peste, la famine.
Et c'est sans doute vrai dans bien des cas.
Mais il faut surtout retenir que la Vivre, comme tous les monstres auxquels elle s'apparente,
 symbolise les forces irrationnelles :
elle possède les caractéristiques de l'informe, du chaos, des ténèbres, de l'abîme.
 Elle est le désordre, ne connaît pas de mesure ;
elle évoque la période d'avant la création de l'ordre.
Mais en même temps, la Vivre, comme tout monstre, est gardienne du trésor,
celui de l'immortalité dans la légende de Siegfried par exemple,
c'est-à-dire l'ensemble des difficultés à vaincre, des obstacles à surmonter,
pour accéder enfin à ce trésor matériel, biologique ou spirituel.
Le monstre est là pour provoquer à l'effort, à la domination de la peur, à l'héroïsme.
Il faut vaincre la Vivre, toute espèce de monstre, y compris soi-même,
pour posséder les biens supérieurs que l'on convoite..." (Idem)


à suivre...

© Photographies Alexandrine Vayssac.

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