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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 08:54

La Licorne aux cheveux de Feu

 

et… la Dame

  

 

 

Cherchez la Dame…

La verrez-vous mieux malgré son masque de carnaval,

                                                               par retournement ?

 

La Licorne aux cheveux enflammés

Poème de Christy



C'est au sein de la magie d'un masque amazonien
qu'elle s'était lovée...
Sans le savoir, j'ai dû la chercher,
elle est arrivée sans y avoir pensé...

Sa chevelure enflammée m'a éveillée,
a activé l'essence de ma curiosité...

Elle sollicitait l'oeil d'un autre regard,
celui qui s'exprime avec l'art...

La puissance de son symbole phallique
d'une rythmique volcanique...
anime mon esprit d'une grande clarté,
transcendant l'ultime pureté...

Sauvage et indomptable,
elle observe l'étroit chemin de mon passage...
Celui qui pour gagner au fil des expériences du temps
s'est tempéré...
Bien que loin d'être pure
elle m'accueille déshabillée de mon armure...

Les Dieux dans la harpe de ses cheveux
jouent des accords mélodieux...
Mon parcours olfactif semble guidé
par le centre de mes yeux laudatifs...

La vision en devient arc-en-ciel
tapissant l'azur de la mémoire du temps... 
Et, la puissance de l'osmose des langages
scelle le mariage de cette image...

Alors, reviens quand tu veux te loger
au coeur du sein de mes yeux bleus...


http://chisty.blogourt.fr/79.php

 

 

 

glycon.jpg

 

 



 

 

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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 17:51

La baie de Saint-Paul, à Malte,

 

est le lieu probable du naufrage de saint Paul

 

dans l'île située à l'entrée de la baie.

  

Il se rendait alors de Chypre à Rome.

 

 StPaulBay4.jpg

 

 

StPaulBay3 

 

Une statue en marbre rappelle que saint Paul fit naufrage aux îles Saint-Paul,

à l'entrée de la baie, en l'an 60.

 

   

StPaulBay5.jpg

   

La chapelle San Pawl Milqi a été construite

à l'emplacement où saint Paul rencontra le gouverneur romain Publius.

On a mis à jour récemment sur ce lieu les restes d'une maison romaine.

 

 Les Actes des Apôtres témoignent :

 

" Alors sauvés, nous apprenons que l'île s'appelle Malte.

Les indigènes nous offrent un accueil peu ordinaire :

oui, ils allument un feu et nous accueillent tous,

à cause de la pluie qui tombe et du froid.

Paulos ramasse un tas de broussailles et les pose sur le feu.

Il en sort une vipère à cause de la chaleur ; elle s'accroche à sa main.

Les indigènes voient le reptile suspendu à sa main.

Ils se disent les uns aux autres:

"Sûrement, cet homme est un meurtrier !

Il est sauvé de la mer, mais Diké ne lui permet pas de vivre."

Il secoue la bête dans le feu, et ne souffre d'aucun mal.

Eux s'attendent à ce qu'il enfle ou tombe mort, soudain.

Ils attendent longtemps. Voyant qu'il ne lui arrive rien d'anormal,

ils changent d'avis et disent qu'il est dieu."

(Traduction A. Chouraqui, 28, 1-10)

 

 

Sur la chapelle, des ex-voto en de nombreuses langues

résument les dires de saint Paul.

 

StPaulBay.jpg

 

Dans la cathédrale de Lavalette,

 

le serpent réchauffé par le feu qui mordit Paul

 

figure sur l'écusson royal :

 

StPaulBay2.jpg

 

 

 Dans la cour de la cathédrale de Mellieha,

 

le serpent est au pied de saint Paul :

 

StPaulMellieha.jpg

 

Mais une plage de l'île de Gozo

 

revendique aussi le lieu du naufrage ! 

 

Sur la plage, une statue du Christ marque l'événement.

 

GozoStPaul.jpg

 

 

Saint-Jean l'Evangéliste a aussi le serpent comme animal totémique :

 

SAINT JEAN ET LE SERPENT-DRAGON

 

Il est dit que le serpent dans le calice de Jean

signifie qu'une tentative d'empoisonnement n'a eu aucun effet sur lui.

Mais plus vraisemblablement est-ce une allusion

au Serpent Guérisseur dressé sur le Tau par Moïse :

LE CHRIST SERPENT CRUCIFIE

 

   

De même, il est rapporté que saint Benoît fut l'objet

d'une tentative d'empoisonnement par ses moines

jugeant la règle trop dure, 

devant le refus de Benoît de l'adoucir.

Le poison n'eut aucun effet !

 

Quel sens donné aux événements rapportés ?

 

Dans un certain état d'être,

le poison de la contre-nature n'opère plus aucun effet.

 

  StpaulConversion-copie-1.jpg

 

La conversion de Saül sur le chemin de Damas.

Co-cathédrale Saint-Jean, Lavalette.

 

"L’apôtre Paulos (Paul), après la mort et la résurrection du Christ, a vécu son Chemin de Damas ; il va, toute sa vie, en témoigner, mais il n’a pas suivi les Enseignements du Rabbi. Il est pris en tenaille par la nécessité absolue de s’affranchir de la loi pour être un Vivant et ses désirs et ses peurs, son conditionnement rabbinique, sa mémoire cellulaire. « Dans la pensée rabbinique, la mort entre dans le monde par le péché - soit par “le péché d'Adam” (provenant de la lecture erronée du Fruit défendu), soit par les péchés personnels. Bien que le Talmud (Shab., 55b.) donne une liste d'individus morts sans péché, la tradition s'en tient à l'Ecclésiaste (VII, 20) : 'Non, il n'y a sur la terre point d'homme juste qui fasse le bien et qui ne pèche jamais'.

Cela revient à dire ceci : tout homme est pécheur, donc tout homme est mortel. Dans les temps bibliques, on pensait, certes, que quelque chose de vague survit, mais la vie était donnée par le “Souffle” (Gen. II, 7) : Yahweh Elohim forma l'homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines le souffle de vie, et l'homme devint un être vivant. Quant au siège de la vie, il a toujours, dans la Bible, été le sang. Il est vrai que la doctrine rabbinique enseigne qu'un jour, prudemment indéterminé, les corps des morts se lèveront de leurs tombes.[1] »

Pour Paulos, comme pour tout un chacun, la chenille a beaucoup de mal à devenir papillon ! Il va transmettre à toutes les Eglises qu’il fonde, avec le meilleur de lui-même, le pire aussi, sa notion du péché ! Paulos parle d’Elohîm « Lui qui n’a pas épargné son propre fils. » (Romains 8, 32) Il parle du « messie Iéshoua’, celui qui est mort, et plus encore, qui s’est réveillé. C’est lui qui est à la droite d’Elohîm, c’est lui qui intercède pour nous. » (Rom. 8, 34) Il met en place cette notion de “Fils de Dieu” qui scandalisera tant les musulmans, car Allah n’est ni engendré ni engendreur, par la voie matricielle s’entend. Cette notion d’intercession fait que l’humain, racheté par le sang du Christ, reste passif, à la surface de lui-même. Et pis encore, que cette notion de péché  engendre la culpabilité et la séparativité alors que c’est à chacun d’être responsable ! Pourtant, dans l’Evangile de Jean, Iéshoua‘ dit explicitement « Alors vous saurez que Je Suis[2] » (8, 28) "



[1] Mémoire sur le retour du Rabbi qu’on appelle Jésus, op. cit., p. 41.

[2] Cité par Nicolas de Cues, Le Principe, in Trois traités sur la docte ignorance et la coïncidence des opposés, Cerf, 2007, p ;147. La traduction de A. Chouraki est « alors vous saurez que moi je suis. »

 

 

Extrait de "Propos sur la Résurrection de jésus qui fut appelé Christ", chap. IX "Le Bouleversement nécessaire" :

http://r-r-y-mougeot.wifeo.com/le-bouleversement-necessaire.php

 

 

 

 

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14 août 2010 6 14 /08 /août /2010 14:38

 

Le chasseur tire à l'arc sur la licorne

 

cernée par les chiens.

 

 

Licorne-20Cluny-1-.JPG

Photo : Amistia

 

Pourquoi cette volonté de capturer la Licorne ?

 

Voire de la tuer ?

 

Perversité du mental de la contre-nature

 

qui prétend nier toute transcendance ?

 

« Elle symbolise de toute évidence, cette LICORNE, l’Etoile des Mages, le Surhumain, l’Ange Archétypal, l’Esprit, Brahma, l’homo religiosus, la Conscience de la Conscience d’être un animal conscient, l’âme cosmique (neshama hébraïque)… »

(Emmanuel-Yves Monin, De la belle et la Bête à l’Androgyne… ou Diane à la Licorne, Les Amis du désert, 1985, p. 21)

 

"La Dame à la Licorne et au Lion", jouée par Les Derniers Trouvères a eu un beau succès à la fête médiévale de Crozant le 5 août

LA DIANE A LA LICORNE DE LA PORTE ROUGE DU CHATEAU DE RARAY

  

 

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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 11:17

Se nourrissant de miel et de sauterelles, selon les textes,
Jean-Baptiste, qui baptisa Jésus-christ sur les bords du Jourdan,
est souvent représenté en Homme Sauvage,
cheveux longs, vêtu de peaux de bête,
parfois nu.

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"Le Baptême du Christ"
, tableau de Verrochio.


304px-St-John-the-Baptist-Preaching.jpg
"Jean-Baptiste"
sculpté par Rodin en 1878, musée d'Orsay.



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"Jean Baptiste" (1513-1516), par Léonard de Vinci.

Jean-Baptiste est très souvent représenté
avec son animal totémique, un petit mouton !
Mais en vérité, il s'agit d'un Agneau, de Agni, le Feu en sanskrit !
Et l'Eglise devrait corriger sa prière : 
"Agni de Dieu qui effacez les péchés du monde..."
en ce temps du Déluge du Feu !

Et le Feu de l'Esprit se doit de consumer tout ce qui n'est pas Lui...

St-Jean-Baptiste--chapelle-Ste-Barbe--Sainte-Barbe--Morbiha.jpg
Saint Jean- Baptiste, chapelle Sainte-Barbe, Morbihan...

Il est remarquable de voir que Jean-Baptiste est aussi vêtu,
comme saint Roch, d'un manteau rouge,
que le mouton rappelle le chien 
et qu'en guise de bourdon, il porte la croix.

Il dévoile sa jambe, comme saint Roch.
"Le geste de dénuder sa jambe n'est pas anodin :
'On ne laisse pas volontiers toucher ni voir une chose très sainte
sans qu'elle soit voilée", dit Maître Eckhart dans l'un de ses  sermons.'
 
(Ed. du Seuil, 1974, tome I, Sermon 28, p. 173)
Mettre sa jambe à nu signifie montrer sa force,
sa puissance et sa virilité,
comme il est dit dans de nombreuses traditions
et dans de nombreux textes sacrés..."
(
Régor, Du Cheminement Initiatique imagé par saint Roch et sa Vie Exemplaire
d'après les Enseignements d'Emmanuel
, chap. "Dénudé sa jambe",
Editions Les Amis du Désert, 1988, p. 99.)

http://vivrevouivre.over-blog.com/article-22018266.html

Les attributs de saint Roch, guérisseur de toutes les pestes et des maladies de peau



&&&

Merci aux commentateurs, correspondants et amis
qui m'envoient suggestions, photos, articles
et qui contribuent ainsi à enrichir ce blog.

glycon.jpg

.

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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 18:03

Après la maîtrise du Dragon-Vouivre et sa chevauchée,

une autre étape du cheminement initiatique est

la Rugissement du Lion


L'Energie de la Source Originelle jaillit avec Force et Justesse,
sans retenue, selon Nature !

Elle est contrôlée par la Force
imagée dans la XIe arcane du Tarot,
par une Femme tenant la gueule ouverte d'un lion :


"Le personnage féminin n'use apparemment d'aucune force physique
pour maîtriser le lion (avant-bras et mains couleur chair) :
aucun effort ne lui est nécessaire pour maîtriser les ardeurs de l'animal
qui se trouve en son giron. La tête du lion se trouve au niveau du sexe
du personnage: l'animal représente l'énergie vitale
qu'il s'agit de bien canaliser et non de nier ou de refuser.

L'accès au Moi supérieur permet de maîtriser le mental (lion*)
 qui a engendré la chute et la roue des renaissances du X."
Kinthia Appavou, La Spirale évolutive du Tarot Essentiel, M.C.O.R. éditions, 2007, p.59.

* voir Monin, Emmanuel-Yves, le symbolisme du lion dans  :
Le  Message des Tapisseries de la Dame à la Licorne,
Le Point d'Eau, 1979 (3e éd. 1990).

ETRE DEVORE PAR L'ENERGIE !


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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 10:31

Sur les chemins de la Vouivre en Puisaye :

Le brame du cerf dans  la forêt de Boutissaint



© Photos  Jacques R.

Le Grand Veneur, nous conte Henri de Ferrières

dans son traité de vénerie

"Le Livre du Roy Modus et de la Royne Ratio"

enseigne que les dix cors du cerf

sont à l'image des Dix Commandements

et comment l'homme doit prendre exemple sur

la nature et les propriétés du cerf :




La légende de saint Eustache  

 

Placide était un commandant des soldats de l’empereur Trajan adonné au culte des idoles, mais il pratiquait avec grande assiduité des oeuvres de miséricorde.

Un jour qu'il se livrait à la chasse, il croisa un troupeau de cerfs ; il en remarqua un plus beau et plus grand que les autres, qui se détacha pour gagner la forêt. Tandis que les autres chasseurs courent après les cerfs, Placide poursuit celui-ci de tous ses efforts et s'attache à le prendre. Comme il le suivait avec acharnement, le cerf parvient enfin à gravir la cime d'un rocher. Placide s'approche et, pendant qu'il considère le cerf avec attention, il voit au milieu de ses bois la figure de la Sainte Croix plus resplendissante que les rayons du soleil.

Il se fit baptiser sous le nom d’Eustache.

 

* Tiré des actes anciens dans lesquels le Bréviaire romain a pris la légende de l’office du saint.

Les reliques de saint Eustache,
qui vécut à Mâcon au IIIe siècle,
furent transférées au XIIe siècle
dans l'église Saint-Eustache à Paris.



Ancienne façade de l'église Saint-Eustache, Paris.



La vision de saint Hubert.
Moulage de l'Atelier de la Licorne.
http://www.atelierlalicorne.com/



© Photos  Jacques R.

Dans la forêt, quelle est cette pierre précieuse ?

Le sel nécessaire à la santé des animaux sauvages !

Voir sa légende sur :
1er MAI, FETE CELTE DE BELTANE, DE LA DEESSE-MERE ET DU DIEU CERF

et celle de Diane et Actéon sur :
DIANE CHASSERESSE ET ACTEON LA DECOUVRANT SE BAIGNANT NUE

http://www.wifeo.com/m_editeur.php?nom_page=au-chamanisme

 
regorm000@yahoo.fr

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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 10:42

Le cerf, animal totémique de sainte Ninnok

 

 

     Merci à M. Maurice Toussaint, de Montluçon qui m’écrivit en 1971 ce courrier que je retrouve maintenant :

« Suite à notre rencontre à S., je tiens à vous apporter la précision suivante : la sainte dont je vous ai parlé est sainte Ninnok, dont la statue accompagnée d’un cerf se trouve dans l’église de Ploëmeur (Morbihan).

 


Sainte Ninnok, porche de l’église de Ploëmeur
.

 

     Quant à la déesse au serpent et au cerf, elle a fait l’objet d’une étude détaillée (voir en particulier l’appendice « La déesse au cerf » dans mon ouvrage « Sur les pas d’Auguste dans la région nérisienne avec Patrocle et sa biche-fée : l’autel des Correts (La Celle), un des plus anciens milliaires des Trois Gaules », paru en 1971-1972 avec le concours des  "Amis de Montluçon" et dont la bibliothèque municipale de cette ville possède un exemplaire. »



1er MAI, FETE CELTE DE BELTANE, DE LA DEESSE-MERE ET DU DIEU CERF

LA DIANE A LA LICORNE DE LA PORTE ROUGE DU CHATEAU DE RARAY

 

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25 avril 2009 6 25 /04 /avril /2009 08:26

Dans la ville de Berlin, l'ours est omniprésent,

mais on ne peut même plus parler d'un animal totémique de cette ville

tant il n'a plus rien à voir avec le chamanisme,

ni avec le culte ancestral de l'ours en Europe !


         Le nom de Berlin provient du vieux slave berl signifiant "marais" avec le suffixe locatif -in. Et en effet la ville a dû être construite sur des marécages.

         "Berlin" ne proviendrait pas de l’allemand Bär, signifiant "ours", mais néanmoins, par homophonie plus que par étymologie, l'ours est devenu le symbole de la ville et trône en bonne place sur son écu.


 


L'ours est omniprésent, dans les kiosques,

devant les devantures, dans les lieux publics...
























mais quelle signification peut-il prendre ?

L'OURS, ANIMAL TOTEMIQUE DE SAINT VAAST... ET DU PAPE

LE CULTE DE L'OURS DANS LA PREHISTOIRE

LES FÊTES DE L'OURS

L'OURS A LA FOIS CHRISTIANISE ET DIABOLISE

LE PAPE ET L'OURS




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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 12:27

Le Signe de Jonas et la fin des temps

par Robert-Régor Mougeot 

(suite de "Le Livre de Jonas: Si Jonas m'était conté")

 

 

 

I - La Baleine, le “Grand Poisson”

II – Le culte de la Baleine

 

 

            La baleine a toujours été vue par les peuples pêcheurs comme un animal fabuleux, comme un dieu, comme l’animal totémique de la tribu qui en tire sa subsistance ou sa prospérité.



             Le culte des “dieux échoués” se retrouve au Vietnam,
au Japon et partout dans l’hémisphère austral.
Sur les côtes du Vietnam, les os de baleine échoués sont, depuis des temps immémoriaux
 et encore aujourd’hui, l’objet d’un culte.
C’est « une baleine merveilleuse qui amena aux montagnards sud-vietnamiens
l’Enfant sauveur du monde, libérateur du mal. (1)
 » 
 
Echouage de baleines au Cap Cod.

 

            Tout au long des côtes vietnamiennes, depuis la province de Thanh Hoa jusqu'à l'île de Phu Quoc, des temples sont consacrés aux baleines qui viennent s’échouer sur le rivage. Lors des tempêtes et des typhons, le champ magnétique terrestre dont elles suivent les lignes de force est perturbé ; elles se réfugient alors dans les baies et les estuaires, et les ouragans poussent les vénérables baleines mortes vers les rivages où les hommes leur font des funérailles dignes d'elles. Découvrir une baleine morte et lui assurer des funérailles apporte la richesse à la communauté.

            Chaque année, le seize du huitième mois du calendrier lunaire, a lieu la procession de la Baleine, qui s’accompagne de chants, de danses de théâtre, de feux d’artifice. Un cortège d'embarcations ornées d’yeux de baleine prend la mer et s'arrête pour la cérémonie.

            « Sur la jonque principale, le maître de cérémonie enfile une robe noire et des babouches, puis enroule un turban sur sa tête et ordonne de faire trois roulements de tambours. Il officie suivant les rites traditionnels du Sud (présentation des offrandes : encens, alcool, thé). Il lit une invocation rituelle afin de demander la paix pour le pays et le peuple, le vent dans les voiles et l'abondance de poissons... Puis, des sons de gongs et de tambours retentissent et les jonques effectuent des ronds sur la mer pour former des vagues, signe du "témoignage" de la Baleine. (2)
 »

 

 

 

             Actuellement, dans beaucoup de pays, l’échouage des mammifères marins fait l’objet d’un autre culte, celui des scientifiques, inquiets par leur multiplication ! On a été jusqu’à parler du « suicide » des baleines. Il a existé des cimetières de baleines, endroits où celles-ci choisissaient d’aller mourir. Ils se rendent sur les lieux signalés, notent leurs observations, prélèvent des échantillons pour les laboratoires et autopsient les cadavres pour connaître les causes de la mort que leurs technologies provoquent par la pollution, par le dérèglement qu'engendrent les sonars de leurs sous-marins de guerre et leurs bateaux de pêche exterminateurs de la vie dans les océans. Mais un parasite de l’oreille et des sinus auditifs vient aussi perturber le sonar des cétacés. Ce travail s’accompagne d’une information pédagogique auprès des enfants et de la population, pour que les enfants ne s’en tiennent pas à la légende et accèdent au respect de l’animal, dit-on ! S’ils analysent le phénomène et tentent d’y remédier, leurs efforts sont méritoires et… dérisoires devant la destruction mise en marche par la contre-nature. Impuissants à arrêter les méfaits de leurs contemporains, ils chargent les nouvelles générations de nettoyer les écuries d’Augias qu’ils laissent derrière eux ! Maintes légendes anciennes sont beaucoup plus porteuses de respect que les points de vue scientifiques qui en arrivent à justifier au Japon, en Norvège, en Corée du Sud, aux Philippines l’abattage de baleines pour l’étude scientifique ! Selon la WWF, depuis le début de l’interdiction de la chasse en 1986 plus de 21500 baleines ont été tuées sous un tel prétexte.

Que sont en fait les théories et hypothèses scientifiques sans cesse réactualisées si ce n’est de nouveaux mythes, pire, de nouvelles croyances qui ne propulsent pas à l’essentiel ? Mais sans la puissance de l’Esprit qui souffle où Il veut et quand Il veut, ils n’accouchent que de technologies qui, d’extraordinaires qu’elles sont dans leur Principe, deviennent, utilisées par la seule conscience séparative, destructrices et mortelles. Les humains forgent alors eux-mêmes les armes de leur destruction dans un aveuglement suicidaire.

             Que n’entendent-ils pas les voix des Jonas qui les appellent à réformer leur conduite ! « Croire qu’un animal est un animal, c’est faire », enseignait le nagual toltèque don Juan à Castaneda. Une baleine est bien plus que l’assemblage de chairs et d’os que dissèquent les scientifiques. Elle peut être l’avatâra de Vishnu, incarnation de la conscience divine sur terre ! Les anciens mythes et les anciennes cosmogonies, inspirés justement aux peuples premiers, leur permettaient de construire un équilibre entre leurs nécessités vitales et l’ensemble des règnes précédant l’humain dont ils se savaient solidaires, entre la vie terrestre et le cosmos.

Pourtant, ces sciences ont leur juste place possible dans le devenir humain, pour peu que la conscience ne fasse pas défaut... Les sciences, que l’on disait il n’y a pas si longtemps naturelles, exposent (3) l’évolution des espèces au cours des millénaires. Celle de la baleine s’étend sur quatre milliards d’années. Au fil du temps, son corps en torpille s’est entièrement débarrassé des poils ancestraux. Il est devenu entièrement lisse. Sa nageoire caudale est devenue horizontale et ses coups de queue lui permettent des bonds fantastiques. Ses fanons lui permettent de filtrer sa nourriture, le krill, après avoir englouti des tonnes d'eau. Ses poumons minuscules, plus petits que ceux des humains, renouvellent quatre-vingt-dix pour cent de l’air inspiré qui est rejeté ensuite par un évent situé au sommet du crâne. Economisant l’oxygène lors de ses plongées, elle est capable de ralentir son rythme cardiaque pour privilégier l’oxygénation de son cerveau. Un sixième sens lui permet l’écholocalisation des obstacles par sonar et, si elle n’a pas d’oreilles externes, son ouïe est pourtant très sensible ; les sons passent à travers ses mâchoires pour parvenir jusqu’à son oreille interne. Ses vocalises sont extraordinaires. Si son odorat est déficient, elle possède par contre une bonne vision et un toucher remarquable ; elle est extrêmement douée pour les caresses tactiles lors des ébats amoureux ou bien encore, pour les femelles, dans l’accompagnement du baleineau qui naît dans l’eau.

             Son ancêtre connu serait un mammifère semi-aquatique semi-terrestre que ses restes fossiles font dater de cinquante millions d’années. Deux millions d’années plus tard, il prend forme de cétacé marcheur aux pattes palmées, vivant en mer et se reproduisant sur terre. Dix millions d’années s’écoulent encore, et ses pattes avant deviennent des palettes natatoires, ses pattes arrière sont atrophiées ; c’est l’Archéocète Cynthiacetus, qui vit dans la mer de Thétis, située alors au niveau de l’actuel Pakistan, se reproduit en mer et ne peut plus revenir à terre. Qui peut avoir conçu un tel scénario ?

             Divinement inspirés, même à leur insu, les scientifiques ! Cynthia vient étymologiquement du mot grec kynthos signifiant « qui vient du Kynth ». Sur l'île de Delos, se trouve le mont Kynthos, lieu mythique où seraient nés la déesse Artémis et son frère Apollon. De ce fait, Artémis est parfois appelée Cynthia. Chintâmani, Cîntamani  (4) en sanscrit, c’est en Orient, la Pierre précieuse qui a le pouvoir de réaliser tous les vœux, le Joyau, symbole de l’esprit libre, attribut du Bodhisattva Avalokiteshvara. Et le mythe scientifique actuel rejoint malgré lui les mythes traditionnels qu’il se refuse à évoquer parce que « non scientifiques » ! Quel appauvrissement ! C’est un squelette sans chairs autour !

              Artémis est l’un des multiples noms de la Mère Universelle. Jonas trouve son Unité lorsqu'il est UN avec la Baleine-Déesse, avec Artémis-cétacée. En son ventre, en un premier temps, nous dit le Zohar, il trouve la pierre précieuse qui exauce son vœu et lui permet de contempler les merveilles des fonds sous-marins. Il en sort  transformé... La même Inspiration, dans la grande magie mayatique qui déploie à travers temps et lieux, toutes les correspondances improbables, est à l’œuvre, suscitant la joie de percevoir l’Unité du Tout.

 




            Le dodécalogue averti ne sera pas étonné d’apprendre qu’il y a douze espèces de baleines (5)
et que, chez elles, la gestation dure douze mois. Mais qui saura dire que toutes les formes sont le tissage des quatre éléments par le Seigneur de la forme, le moule, Aspect-Reflet du Grand Principe Universel, le Seigneur des Formes (6) ? Le champ des mutations que nous appréhendons ici pour la baleine sur des millions d’années en est un parmi un nombre indéfini d’autres que les sciences naturelles découvrent petit à petit. La perfection de la Création est extraordinaire ! Mais si le Reflet n’est pas la Cause elle-même, il est la preuve de cette Cause Première ! Chaque forme a une origine et les mutations de cette forme à travers les âges de la terre sont extraordinaires. La Science Révélée est particulièrement éclairante. Lorsqu’il y a mutation, « l’Origine sera devenue autre par le fait même du processus de ces mutations qui fait qu’il y a un transfert de ces mêmes éléments en un autre Point qui va devenir ou s’appeler, à son tour “Point Originel” ou Souche… De là partiront de Nouvelles Manifestations, dans de Nouvelles formes dépendantes d’un Nouveau Point Originel qui sera devenu, à son tour, un Aspect-Reflet du “Principe Universel”. (7) »

              C’est pourquoi la théorie des champs morphogénétiques de Ruppert Sheldrake ouvre des pistes intéressantes ; ces champs d’information transcendent le temps et l’espace et rendent compte de phénomènes encore inexpliqués tels que la télépathie et la prémonition.    Que dit ce scientifique : « En simplifiant beaucoup :

             Le tout est plus que la somme des parties. Il remet en cause également l'aspect purement mécanique de la biologie au profit d'une causalité formative à la base de la morphogenèse, la biochimie et la génétique n'intervenant qu'a posteriori.

             Cette causalité formative s'exprimerait par les champs morphogénétiques.

             Les champs morphiques façonneraient les atomes, les molécules, les cristaux, les organelles, les cellules, les tissus, les organes, les organismes, les sociétés, les écosystèmes, le système planétaire, le système solaire, la galaxie etc.

             Dans cette complexité croissante, les champs morphogénétiques contiendraient une mémoire inhérente acquise par un processus de résonance morphique, composant la mémoire collective de chaque espèce (idée émise par l'éminent psychologue suisse Carl Gustav Jung).

Ainsi, le cerveau, trop petit pour contenir la mémoire, n'est pas un organe de stockage mais un organe de liaison avec la banque de données du champ morphogénétique dans laquelle se mêlent passé, présent et futur. (8) »

            L’Illusion divine est incommensurable. Séduisante et envoûtante, elle anéantit, quand se produit par éclair la vision de sa perfection, l’ego dérisoire de celui qui veut savoir, comprendre, posséder… par l’illusoire de ses pseudo-créations. Les humains souvent trahissent la Nature, et leur nature à la fois qui lui est indissociable ; ils caricaturent vainement ce qui les transcende et les habite, mais qui les glace de terreur. Ils cherchent une sécurité impossible dans une contre-nature mortelle en oubliant totalement la Source de leur Immortalité, la source même de leur sécurité totale.

 

           Des gravures rupestres découvertes aux confins de la Sibérie, près du détroit de Behring, dans la vallée de Petymel montrent que la chasse à la baleine date au moins de mille ans avant notre ère. L’ethnologue Paul-Émile Victor a conté cette chasse chez les Inuits du grand nord canadien :

           «  Les angyaks ou barques de peau s’approchent silencieusement. La baleine progresse avec majesté à 7 Km/h. Souveraine et insouciante, elle règne sur ces eaux hyperboréennes. Le harpon doit la frapper en arrière de l’œil, sous le tympan. Dès que la baleine a lâché son premier jet de sang, l’angyalik, en levant sa pagaie, la salue en se découvrant. Les autres embarcations se sont rapprochées pour s’entraider. Avec une extraordinaire connaissance nautique, elles s’allient les vents et les courants, après s’être disposées en file pour tirer ses 80 tonnes. » S’ensuit à terre un rituel au cours duquel la baleine est dépecée et mangée. «  Dans une grande fête copulative, tous dépècent le dos de la baleine et la consomment sur place. Manger et copuler sont synonymes. »  Ainsi est la vie naturelle qui se nourrit de la mort dans l’unité d’une unique substance.

              Ce qui est méconnu actuellement, c’est que jadis, en conscience, on ne tuait que l’animal « consentant », et seulement pour le besoin vital présent, tout en l’honorant, puisque la création terrestre, toujours neuve d’instant en instant, se produit à travers les apparences, les trans-formations.

                Beaucoup de peuples dépendirent longtemps de la chasse à la baleine pour leur survie et de ce fait ne les massacraient pas inutilement ; actuellement les baleines jouent surtout un rôle culturel pour les Amérindiens du Canada et les Inuits de l’Arctique, comme dans certaines îles du Pacifique. Les Açores sont le dernier endroit où se pratique encore la chasse de manière traditionnelle. Hélas, beaucoup de peuples se sont faits non plus chasseurs pour leur subsistance et leur survie, mais les exterminateurs des cétacés depuis le XIXe siècle et l’invention du harpon explosif marque le passage de la chasse artisanale à l’extermination industrielle. Ses fanons servirent à fabriquer les corsets des dames et les parapluies. L'huile extraite de sa graisse éclaira les villes. L'ambre gris, concrétion qui se forme dans l'appareil digestif du cachalot, est utilisé comme fixateur en parfumerie. Les massacres continuent actuellement pour les seules raisons économiques bien mauvaises puisque tous ces produits peuvent être remplacés par d’autres à moindre coût et tout particulièrement par l’huile et la « cire » tirée du jojoba, arbuste mexicain cultivé actuellement.

            Les baleiniers actuels tuent sans grands risques, ce qui n’était pas le cas jadis où cette chasse demandait une témérité extrême. La haine du capitaine Achab (9) pour Moby Dick, la baleine blanche qui l’a rendu autrefois infirme, est un récit fantastique. Achab, en proie à son obsession, la harponne au cours d’une tempête ; elle entraîne le vaisseau dans une course folle qui conduit l’équipage au naufrage (10). Herman Melville a immortalisé ainsi la baleine Mocha Dick qui, au large du Chili a tenu tête durant trente ans aux baleinières qu’elles n’hésitait pas à charger. Tuée en 1859, elle portait dix-neuf harpons dans ses flancs !

            La haine de beaucoup pour la Nature qu’ils ne voient que comme une ennemie à domestiquer, à vaincre, à soumettre, mène l’humanité vers le naufrage.


Il est plus que temps pour l’humain d’écouter la Voix de Jonas
et de « renverser » son comportement comme le firent les gens de Ninive…


 


Dictionnaire des Symboles, op. cit., p. 103.

2 « Le culte de la baleine à Cân Gio », article de Tuân Anh, Journal quotidien Vietnam Daily, 27/12/2004.

3 Exposition à la Grande Galerie du Museum national d’Histoire naturelle, Paris : Incroyables cétacés, été 2008.

4 C’est également le nom d’une déesse. Un volcan d’Indonésie porte ce nom en son honneur.

5  Trois espèces de baleines franches (boréales, australes et baleines franches des Basques) ; six espèces de rorqual (rorqual commun, petit rorqual, rorqual boréal de Rudolphi, rorqual de Bryde, rorqual ou baleine bleue) ; les baleines pygmées. Voir Emmanuel-Yves Monin, L'Univers en Code-barres, 1998, Y. Monin.

6  La Vouivre, un symbole universel, EDIRU, 2006, p. 202-203.

7 Karuna Platon, L’Instruction du Verseur d’Eau, Editions de la Promesse, 2000, p. 81.

8 Abel Chaouqui, Ruppert Sheldrake. Champs morphiques et causalité formative,

 sur http://www.unisson06.org/dossiers/science/sheldrake_champs-morphiques.htm .  

9 Herman Melville a choisi pour son capitaine le nom du 7e roi d’Israël !

10 Herman Melville, Moby Dick. Egalement le fil de John Huston.

 

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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 07:44

Le Signe de Jonas et la fin des temps


par Robert-Régor Mougeot 

(suite de "Le Livre de Jonas : Si Jonas m'était conté")

 

 

 

I - La Baleine, le “Grand Poisson”

 

 

 

              « Dans l’Hindouisme, l’univers existe depuis toujours ! Un jour et une nuit de Brahmâ, le Dieu créateur de la Trinité indienne, représentent une durée de 8 640 000 années, soit deux kalpas ! Et un siècle, (une ère de Brahmâ), 311 040 000 000 000 années (1) ! Les mondes se succèdent ainsi et les âmes humaines se réincarnent depuis des kalpas et des kalpas, pour certaines, avant d’atteindre la Libération ! Tout s’accomplit par le biais de prakti, la Nature matérielle (2). »

 

 

 

            Bénéfique, la baleine ne l’est pas toujours pour les marins islandais au Moyen Age ! Les baleines qui attaquent les bateaux, s’en approchent pour les détruire, sont appelées par eux « baleines du diable » ! Le mot « baleine » devient tabou et les pêcheurs les nomment « grands poissons ». Ils n’avaient pas lu Aristote qui les différenciait des poissons !

Ah ! La baleine ! Elle a toujours impressionné les humains sur tous les continents depuis l’aube des temps ! Les soubresauts de la baleine qui soutient le monde produiraient les tremblements de terre ! Ainsi les expliquait-on jadis dans la cosmogonie islamique, tout en considérant que la baleine est toujours bénéfique puisque les cataclysmes qu’elle produit procèdent à une juste destruction.

           Dans le Livre de Job (Bible) et dans l’Apocalypse de Jean, ce n’est pas la baleine, mais le Léviathan est un monstre aux dimensions colossales qui évoque et symbolise un cataclysme terrifiant. Irrationnel, privé de mesure, chaotique, ténébreux, abyssal, il vient bousculer l’ordre et la géographie du monde, sinon l’anéantir ou presque ! Mais, comme la baleine de Jonas, il avale pour transformer. Le Moyen Âge le représente sous la forme d’une gueule ouverte qui engloutit tout, ou bien encore sous la forme d’un serpent de mer gigantesque dont les ondulations provoquent les vagues et les tempêtes. Sa gueule ouverte avale les âmes qui restent magnétisées à la terre et ne peuvent faire le passage vers la résurrection ; elles font retour au chaos primitif qui précède la nouvelle création et s’incarneront alors dans un nouveau cycle cosmique appelé en Inde, kalpa (3).

 


Le Léviathan.

   

            Comme la gueule du Makara des Védas, la mâchoire du crocodile, chez les Mayas, est prête à dévorer, mais de sa tête, cette fois, «jaillissent des nénuphars et des pousses de maïs (4) ». Sobek, le crocodile des Egyptiens, est le “Dévorateur” qui avale les âmes des injustes tandis que le Nâga à sept têtes de l'Asie du Sud-Est avale ou recrache l'homme comme le fit la baleine de Jonas. Un autre dévoreur redoutable, à la gueule toujours ouverte, est le Glouton, le t’ao-t’ie, qui orne, en Chine, les bronzes de l’époque Chang ; mais c’est aussi un créateur, sauveur et généreux, produisant des guirlandes de fleurs.


Sobek sur les murs du temple de Kôm Ombo.

   

          Partout et toujours, « être dévoré » est un passage, terrifiant pour qui est prisonnier de son monde sentimental, mais porteur d’espoir pour qui est mené par une foi inébranlable et voit le Sauveur offrant la possibilité d’une métamorphose lorsqu’apparaît le monstre, l’ogre, la baleine,…

 

         Ah ! La baleine ? Dans son magnifique poème, Swift Deer, chaman Navajo, voit la création de l’homme comme le cinquième rêve, celui de la baleine :

          « Au début, le Grand Esprit dormait dans le rien. Son sommeil durait depuis l'Éternité. Et puis soudain, nul ne sait pourquoi, dans la nuit, il fit un rêve. En lui, gonfla un immense désir... Ce fut le tout premier rêve, la toute première route…. »

             La transparence régna ; elle rêva d'être lourde… Alors apparut le caillou…

             Le caillou chercha son extase ; il vit que c'était le cristal et celui-ci régna…

             Le cristal se mit à rêver ; alors apparut la fleur...

             La fleur chercha son accomplissement ; ce fut l'arbre…

             L'arbre, à son tour fit un rêve,… alors apparut le ver de terre…

             « Longtemps le ver de terre chercha son accomplissement, son extase (…). Longtemps, il tâtonna et puis un beau jour, dans une immense éclaboussure... au beau milieu de l'océan... un être très étrange surgit, en qui toutes les bêtes de la terre trouvèrent leur accomplissement, et ils virent que c'était la baleine ! 

            Longtemps cette montagne de musique régna sur le monde et tout aurait pu peut-être en rester là, car c'était très beau. Seulement voilà... Après avoir chanté pendant des lunes et des lunes, la baleine à son tour ne put s'empêcher de s'emplir d'un désir fou. Elle qui vivait fondue dans le monde, rêva de s'en détacher.

             Alors brusquement, nous sommes apparus, nous les hommes! Car nous sommes le cinquième rêve, la cinquième route, en marche vers le cinquième accomplissement, la cinquième extase.

            Dans la moindre couleur, toute la lumière est enfouie. Dans tout caillou du bord du chemin, il y a un cristal qui dort. Dans le plus petit brin d’herbe, sommeille un baobab. Et dans tout ver de terre, se cache une baleine. Quant à nous, nous ne sommes pas “le plus bel animal”, nous sommes le rêve de l’animal ! Et ce rêve est encore inaccompli. (5) »

            Inaccomplie aussi, la création selon la Genèse pour qui sait lire ! Le Septième jour est encore à venir, celui du retour de l’Iman occulté chez les Shî’ites (6), du retour du Paraclet, du Saint Esprit, du Christ, de l’Eglise de Jean, selon les diverses traditions… C’est le septième jour de sa méditation que le Bouddha atteignit l’éveil. L’aube commence à poindre en ce temps de destruction… Qu’en est-il de cette fin du Kali Yuga, cette fin de l’Âge de Fer que l’humanité traverse une nouvelle fois ? C’est l’ensemencement d’un nouveau cycle qui se produit au cœur même de cette apparente destruction, aussi terrible qu’elle paraisse au monde sentimental humain, l’Avènement du Septième Jour de cette Création, l’Avènement du nouvel Eden, du Nouvel Âge d’Or… Un nouveau rêve encore !

              Maintes fois déjà la boucle de la destruction s’est refermée pour que tout se renouvelle. Cet avènement peut ou a pu avoir lieu collectivement pour l’humanité entière, ou bien pour l’un ou l’autre de ses continents d’avant la “mondialisation”, ou bien encore individuellement pour chacun, comme il est rapporté ici pour Jonas, Seyidnâ Yûnus, le prophète Jonas appelé encore Dhûn-Nûn.

            Faute de connaissances anatomiques précises, d’ailleurs bien secondaires ici, les Anciens nommèrent le “grand poisson” du Livre de Jonas, une baleine. Chacun sait actuellement que la baleine est un mammifère ! Mais qu’importe au Conteur ce que disent les savants de l’Occident de la Vie… Il est juste d’appeler ainsi ce grand poisson qui avala Jonas.

La gueule de la baleine, c’est la “Bouche d’Ombre”, la porte d’une caverne où l’initiable, qui hésite entre « deux états ou deux modalités d’existence (7) », va passer par la mort initiatique pour connaître une résurrection. La vie sur terre est l’initiation par excellence, pour tous les humains, mais avec des périodes fortes qui sont de véritables passages d’un état dans un autre, au gré des épreuves qu’il faut bien traverser, occasions de faire la preuve de nos qualités supposées, de la validité de nos croyances, de la constance de notre foi.

              Symboliquement dévoreuse, cette “Bouche d’Ombre” est semblable à la gueule du Makara de l’iconographie hindoue qui servit de monture à Varuna, l’« océan soleil », le « roi de l’univers, des dieux et des hommes (8) ». Ce monstre marin jette des éclairs, des flammes et des fumées dans un bruit de tonnerre, mais crache aussi des émanations lumineuses de gloire. Sa gueule est « la porte de la délivrance » ou « les mâchoires de la mort » (9), selon l’état d’être de l’initiable.

 


Le Makara crachant des nâgas,
Wat Suthat, Bangkok, Thaïlande.

   

             Lorsque Jonas se croit perdu, le “poisson sauveur” surgit alors des fonds marins, image vivante de l’arche cosmique où l’essence de la vie est préservée pour son essentiel lors des destructions terribles qui s’abattent sur l’humanité à la fin de chaque cycle.

             Les cycles font leurs oeuvres. Vishnu, le dieu solaire du Rig Veda, “l’Agissant”, le “Sauveur”, ne s’est-il pas manifesté sous la forme de Matsya, le poisson, lors de “la grande marée”, le déluge ? Il ordonna alors à Satyavrata (10), le Noé indien, le Manu (11) de ce cycle, « de construire l’arche dans laquelle devront être enfermés les germes du monde futur (12) », la doctrine de l’âme et de Brahman, l’Absolu éternel, immuable, la Réalité suprême Une, ainsi que la législation qui fixe le déroulement des rituels et des cérémonies religieuses, base du comportement social de la majorité des hindous encore actuellement.

           L’Arche, avec à son bord les prophètes, les Rishis, les visionnaires qui reçoivent la révélation des hymnes des Védas, est tirée par le “grand poisson”. Celui-ci guide l’Arche accrochée à son énorme corne sur les eaux, pendant le cataclysme. Les Védas sont la “Science par excellence”, la Science Révélée qui n’a rien à voir avec la science profane et profanatrice, c’est “la Connaissance sacrée dans son intégralité”, la Révélation primordiale d’origine non humaine, comme tout ce qui est créé d’ailleurs. Cette Science est occultée durant les cataclysmes cosmiques qui terminent un cycle pour en commencer un autre. Il s’agit de toute façon de périodes “d’obscuration” entre deux modalités d’existence, deux âges différents d’un cycle, deux états d’être pour un individu. A la fin de ce cycle, « les astres se lèveront à l’Occident et se coucheront à l’Orient » affirme la tradition hindoue (13), ce qui prédit le renversement des pôles.

            Le Noé de la Bible, Seyidnâ Nûh, a construit l’Arche qui contient semblablement tous les éléments qui permettront la restauration d’un monde, après un déluge de moindre ampleur que “la grande marée” indienne. Les destructions alors concernaient des régions géographiques différentes qui n’étaient pas sans liens entre elles, mais des liens sans commune mesure avec ce qu’est la mondialisation actuelle.

 


Tableau de Edward Hicks.


 
La Licorne dans l'Arche,

avec les autres animaux : L'ARCHE ET LA LICORNE
Vitrail de l'église saint-Etienne-du-Mont, Paris.
 

             Dans le mythe polynésien de Rata, c'est du ventre d'une autre baleine
que sortent les parents de Nganaoa, “le tueur de dragons”,
lorsque celui-ci, brisant en deux son épieu,
en place les morceaux dans la gueule du monstre pour qu'elle ne se referme pas (14)
.
Il se retrouve aussi bien aux îles Marquises qu’en Nouvelle-Zélande.

            Que nous révèlent en réalité toutes ces légendes ? Qu'être dévoré est un “passage”. La gueule d'un monstre figure très souvent la porte, l'entrée de la Caverne où l'initié est dévoré pour ressortir transformé, renouvelé. D'ailleurs, les images peuvent être interprétées de deux façons qui, loin d'être opposées, sont en réalité complémentaires. Un vitrail de la basilique de Cléry-Saint-André, sur les bords de la Loire, montre un blason représentant un serpent qui avale ou vomit un homme. Il est semblable en cela au blason des ducs de Milan portant « un serpent couronné qui engloutit un enfant (15) ».

 

Armoirie représentant un serpent qui vomit un homme.
Vitrail de la basilique Notre-Dame de Cléry (XVe s.), Cléry-Saint-André, Orléanais

 

              « La mythologie comparée, cependant, tendrait à prouver que le serpent couronné, emblème de l'intelligence royale, ne dévore pas l'enfant mais le met au monde par la bouche. Nous serions alors en présence d'une scène qui traduit symboliquement la naissance d'un nouvel initié, doté de la sagesse du serpent primordial et de l'esprit de royauté manifesté par la couronne de l'univers (16) » Après l’avoir avalé, la baleine ne met-elle pas Jonas au monde en le vomissant ?



 

            La Baleine recrachant Jonas ; dessin (détail)
D'après une mosaïque de la basilique Théodore à Aquileia, Italie, IVe s.


      
A suivre...



1 D’après Alice Bailey, Traité du feu cosmique, Editions LUCIS, p. 35.

2  Notre livre La Vie Re-suscitée, à paraître.

Bhagavad Gîtâ, III 27 : « Alors que les actions sont entièrement faites par les gunas [ou modes] de la Nature, l’homme dont le moi est abusé par le sens de l’ego pense : “C’est moi qui agis.” »

3 Chaque Kalpa se compose de 20 petits kalpa, se décomposant eux-mêmes en ères d’or, d’argent, de bronze et de fer.

4 Dictionnaire des Symboles, op. cit., p. 316.

5 « Le cinquième rêve » de Swift Deer d’après http://culte-de-la-nature. Cité d’après Patrice van Eersel “Le cinquième rêve”.

6 Les six premiers jours correspondent aux règnes des six Imans des Shî’ites, avons-nous dit précédemment.

7 René Guénon, Symboles de la Science sacrée, Gallimard, 1962, Le Mystère de la lettre Nûn.

8 Dictionnaire de la Sagesse orientale, Robert Laffont, 1989.

9 Symboles de la Science sacrée, op. cit., p. 340.

10  Nom signifiant : « voué à la vérité ». Ce nom est rapproché par René Guénon de Saturne, le dieu grec de l’Âge d’Or. En sanscrit, Satya-Loka désigne la sphère de Saturne.

11 L’être pensant, L’Homme parfait, intermédiaire entre l’homme actuel, perfectible, et Dieu.

12 Symboles de la Science sacrée, op.cit., p. 155.

13 Symboles de la Science sacrée, op. cit., p. 157.

14  Frobenius, Daz Zeitalter des Sonnengottes, 1904.

15 Marc Vulson de la Coulombière, La Science héroïque, Editions Arma Artis,

p. 296-299.

16 Christian Jacq et P. Delapierre, De Sable et d’Or, Editions des Trois Mondes,

p. 190-191.

 


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