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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 08:11

  SAM_6512.JPG

 

  Dans la basilique du Sacré-Coeur, la statue de saint Denis,

 

martyrisé sur le Mont Martre avec ses deux compagnons :

 

 

SAM_6573.JPG

 

 

Dans le cheminement initiatique chrétien traditionnel, après la domestication du monstre-dragon-vouivre, se trouve l'étape du saint céphalophore qui marche avec sa tête coupée tenue bien en main au niveau du Coeur, et qui va la déposer sur l'autel de la Vierge ou dans un lieu, comme la plaine Saint-Denis, qui se trouve ainsi sanctifié.

 

Pour saint Denis et ses compagnons martyrs, voir les articles : Saint Denis, le martyr du Mont Martre, marche jusqu'à Saint-Denis avec sa tête coupée et Suivre la vouivre… Avec la tête coupée

 

De nombreux articles du blog traitent des saints céphalophores que vous pourrez trouver avec le moteur de recherche :

- sainte Nolwenn et saint Milliau en Bretagne,

- saint Nicaise et sainte Tanche en Champagne,

- sainte Valérie dans la Creuse,

- saint Lupien dans l'Aube,

- saint Pia en Bourgogne,

- saint Génitour dans le Berry...

-  et jusqu'à un saint céphalophore musulman : Kussam ibn Abbas, un saint céphalophore musulman célébré à Boukhara, en Ouzbékistan

 

 

leblanc2.jpg

                                    Clips Youtube  sur la Vouivre et sur les Vierges Noires : CLIPS SUR LA VOUIVRE

 

 

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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 16:59

A la Galerie nationale hongroise de Budapest 

 

saint Denis, coiffé de sa mitre d'évêque, est assis ;

 

 il tient en main sa propre tête décapitée.

 

Cette représentation baroque de saint Denis

 

avec ses deux têtes est assez courante dans l'art chrétien.

 

Une autre façon de représenter un saint céphalophore !

 

 

BudapestA.jpg

 

 Maître de Hongrie, XVIIe siècle… (Magyarországi mester”).

 

La seconde tête indique la Voie du Cœur

suivie par ce saint

qui n'est plus mené par son mental ratiocinant...   

 

SAINT DENIS, LE MARTYR DU MONT MARTRE, MARCHE JUSQU'A SAINT-DENIS AVEC SA TETE COUPEE

 

Saints céphalophores 


La Voie du Coeur: link
  

 

 

Kussam ibn Abbas, un saint céphalophore musulman célébré à Boukhara, en Ouzbékistan

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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 09:11

 

Saint Denis, un saint céphalophore

 

dont la radiance a imprégné

beaucoup de lieux
.

 

 

  SAM_5633.JPG

 

         « Le nom de Denis vient de Dionysos :  Dionysos et saint Denis ou Denys participent du même Principe : Annonciateur et successeur du Christ “Tous deux participent du même corps radiant et s'unifient dans la même pensée éternelle” (Pierre Gordon, Les Racines Sacrées de Paris et de l'Île-de-France, Arma Artis, 1981, p.  45).

  

     « Il fut décapité vers l'an 250, sous l'empereur Dèce, à Montmartre, Mont des Martyrs ; ancien Mont Mercure (voir Chronique du Pseudo Denis), nous disent les hagiographies.

    “Aussitôt privé de sa tête, il se baissa, la ramassa et courut la laver dans l'eau d'une fontaine... Il descendit ensuite droit devant lui, fit quelque six mille pas dans la plaine en tenant son chef dans les mains...” Là où on l'enterra “les moissons, alentour, furent merveilleuses. Des moines bénédictins ne tardèrent pas à s'établir dans ce domaine privilégié. De cette façon naquit l'abbaye de Saint-Denis” (Idem, p. 38-39). Elle est la nécropole des rois de France. 

SAINT DENIS, LE MARTYR DU MONT MARTRE, MARCHE JUSQU'A SAINT-DENIS AVEC SA TETE COUPEE  

Les images de saint Lupien, saint céphalophore de l'Aube, illustrent la célèbre réponse d'Ibn'Arabi à Averroès : Entre le oui et le non, les esprits prennent leur vol hors de la matière...  

  A la collégiale Saint-Martin de Champeaux, en Seine-et-Marne, un vitrail de saint Georges délivrant la fille du roi de Lydie prisonnière du dragon

&&&

 

Ses disciples, saint Sulpice et saint Yon évangélisèrent le Hurepoix.

 

Favieres.jpg

 

Eglise gothique des XIIIe et XIVe siècles

dont la nef a 23,50 mètres de hauteur.

   

Un évêque "Vert" au VIIe siècle, saint Sulpice dit "le Pieux", à Saint-Sulpice-de-Favières...

 

  
Basilique de Longpont-sur-Orge.
 

 

MODELE DE CELLE DE CHARTRES, LA VIERGE NOIRE DE LA BASILIQUE DE LONGPONT-SUR-ORGE, DANS L'ESSONNE  

 

Clip sur les Vierges Noires.

CLIPS SUR LA VOUIVRE 

glycon.jpg

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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 09:06
Sur les chemins de la Vouivre,
dans l’Aube :
Un saint céphalophore,
saint Lupien


    Nous venions de quitter la Commanderie templière de Montaphilant et nous circulions au hasard des chemins, nous laissant guider au gré de l’esprit. La conversation vint, on ne sait trop pourquoi, sur la célèbre réponse d’Ibn’Arabi à Abûl’I-Wâlid Ibn Roshd (Averroës). Ibn’Arabi la raconte ainsi :
« J’étais encore à cette époque un adolescent imberbe. A mon entrée, le philosophe se leva de sa place, vint à ma rencontre en me prodiguant les marques démonstratives d’amitié et de considération, et finalement m’embrassa. Puis il me dit “Oui”. Et moi à mon tour, je lui dis : “Oui”. Alors sa joie s’accrut de constater que je l’avais compris. Mais ensuite, prenant moi-même conscience de ce qui avait provoqué sa joie, j’ajoutai : “Non”. Aussitôt, Averroës se contracta, la couleur de ses traits s’altéra, il sembla douter de ce qu’il pensait. Il me posa cette question : “Quelle sorte de solution as-tu trouvée par l’illumination et l’inspiration ? Est-ce identique à ce que nous dispense à nous la réflexion spéculative ?” Je lui répondis : “Oui et non. Entre le oui et le non, les esprits prennent leur vol hors de la matière, et les nuques se détachent de leur corps”. Averroës pâlit, je le vis trembler ; il murmura la phrase rituelle : il n’y a de force qu’en Dieu, - car il avait compris ce à quoi je faisais allusion.[1] »

    Le rapprochement se faisait avec les saints céphalophores du christianisme qui, ayant eu la tête coupée, l’avaient ramassée et avaient marché avec celle-ci en la tenant bien en main, la portant au niveau du cœur. Plus de mental ! La Voie du Cœur seulement ! Il en est ainsi de sainte Valérie représentée sur un vitrail de la cathédrale de Limoges, tenant dans un linge sa tête tranchée sur sa poitrine alors qu’un soleil rouge la remplace. De même saint Denis est représenté sur un vitrail de l’église Saint-François-Xavier à Paris (sacristie), tenant sa tête coupée dans ses mains, à l’endroit du cœur, tandis que les anges mettent à la place de sa tête un Soleil radiant. Il en  est beaucoup d’autres, comme saint Génitour (Le Blanc – Berry), sainte Nolwenn (Bretagne), etc.[2].


Sainte Valérie.
Vitrail de la cathédrale de Limoges.



Saint Denis.
Vitrail de l’église Saint-François-Xavier à Paris (sacristie).


   Soudain, nous remarquâmes un champ où se cultivait une plante fourragère, le lupin. Cela est très rare ! Quelques centaines de mètres plus loin, nous arrivions dans le village de Saint-Lupien ! L’église, chose rare actuellement en semaine, était ouverte. Et là, quelle surprise ! Une première statue de saint Lupien avec, à ses pieds, le dragon apprivoisé. Dans le cheminement initiatique imagé en Occident par la maîtrise du dragon, c’est l’étape qui précède celle de la tête tranchée.







   Sur l’autel du saint, un très grand tableau le représentant avec la tête tranchée, celle-ci prenant son envol dans le ciel, emportée par un aigle !

Saint Lupien
avec la tête coupée et l’aigle qui l’emporte dans les airs.




     Sur le côté, une statue du saint, avec la tête tranchée et légèrement décollée ! La parfaite illustration de la réponse d’Ibn’Arabi à Averroès !

Saint Lupien,
avec la tête décollée.
Statue de l’église de Saint-Lupien – Aube.



______________________________

[1]- Cité par Henry Corbin dans "L’Imagination créatrice dans le soufisme d’Ibn’Arabi" – Flammarion, 1958, p.35.

[2] - Voir sur ce sujet le chapitre « La tête tranchée » dans notre livre "La Vouivre, un symbole universel", écrit en collaboration avec Kinthia Appavou.

Voir :
SAINTE NOLWENN ET LA VOUIVRE

1 : La Vouivre un symbole universel :

 

http://fr.youtube.com/watch?v=AloKRUYIRI8

 

2 : CLIPS SUR LA VOUIVRE : les vierges noires.

 

http://fr.youtube.com/watch?v=Cs6E7zQo35s




 
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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 07:19
Un exemple de sainte céphalophore,
 
sainte Nolwenn ou Noyale,
 
dans le Vannetais.
 
Article paru dans la Lettre d'Île-de-France,
Bulletin trimestriel du Groupe Île-de-France de Mythologie Française
(juillet, août, septembre 2006). N° 59NS.
  
 
Sainte Nolwenn tenant en main sa tête coupée.
Eglise Sainte-Noyale, à Noyal-Pontivy, Morbihan.
 
 
Les saints céphalophores
 
Seuls parmi les saints qui eurent la tête tranchée, ceux qui prirent ensuite leur tête bien en main au niveau du cœur pour marcher jusqu’au lieu de leur sépulture en suivant la Vouivre, sont appelés saints céphalophores.
Ainsi en fut-il de saint Denis qui marcha depuis le lieu de son martyre jusqu’à la plaine qui porte son nom et où fut construite la nécropole des rois de France. Sur le vitrail de la sacristie de l’église Saint-François-Xavier, à Paris, il est représenté tenant sa tête bien en main au niveau du cœur tandis qu’un ange, symbole des énergies cosmiques, pose à la place de la tête un soleil radiant.
 
 
 
    Saint Denis,
vitrail de la sacristie de l’église Saint-François-Xavier à Paris.
 
Sainte Valérie est représentée, sur un vitrail de la cathédrale de La Souterraine dans le Berry, portant dans un linge sa tête tandis qu’un soleil radiant prenait sa place sur ses épaules.
 
 
 
Sainte Valérie tenant sur son cœur
sa tête coupée.
Cathédrale de La Souterraine, Berry.
 
Saint Mitre porta sa tête ensanglantée jusqu’à l’autel de la Vierge. Saint Just lava sa tête coupée dans l’eau d’une fontaine. Il faudrait citer saint Firmin à Amiens, saint Fuscien et saint Victorie à Sains non loin d’Amiens, saint Génitour dans le Berry, saint Ferréol et saint Ferjeux, évangélisateurs de la Franche-Comté, saint Millau en Bretagne, saint Junien dans l’Aube1, et beaucoup d’autres encore2. Toujours, avec quelques variantes, les mêmes images maintenues pour que l’essentiel puisse être préservé.
 
Les étapes traditionnelles de l’Initiation,
 
de la maîtrise du dragon à la tête coupée
 
Dans les premiers temps du christianisme l’Initiation se perpétua de la même manière qu’au temps des Druides. L’initiable, celui qui était capable de maîtriser l’énergie de la terre, vivait la réclusion dans l’antre de la Vouivre, dans la Caverne de sous-terre, dans la grotte ou dans la crypte, voire dans la forêt3. Il en ressortait transformé, comme Jonas après trois jours passés dans le ventre de la Baleine, aux dires de la Bible. Ainsi en est-il de sainte Marguerite, représentée issue du Dragon ; elle a vécu l’équivalent d’une nouvelle naissance, son mental est purifié, fécondé par l’Esprit. Elle possède alors la maîtrise de l’Energie.
 
 
 
Sainte Marguerite issue du Dragon.
Bibliothèque Nationale, Manuscrit N.a.fr. 16251, F 100. XIIIe siècle.
 
La maîtrise du Dragon Vouivre est la première étape importante dans le cheminement initiatique. Sainte Marthe passe sa ceinture au cou de la Tarasque à Tarascon et saint Marcel son étole au cou du dragon de la Bièvre ; saint Véran dompte la Coulobre de la Fontaine de Vaucluse, etc. La liste est longue4.
Qu’est le « saint », véritablement ? Les familiers de la Langue des Oiseaux sauront aisément décrypter le S comme étant la vibration du Serpent, son Energie et entendront dans « saint », S-un, celui qui ne fait qu’un avec l’Energie du Serpent-Vouivre. Le S « ayant son fondement dans le I, (…) ne peut véhiculer que l’idée de perfection5».
 
Après la maîtrise de l’Energie, l’étape suivante est dite celle de « la tête coupée ». Le saint, la sainte dans la terminologie chrétienne, a symboliquement la tête tranchée ; son mental, entièrement purifié est tenu bien en main au niveau du cœur. Cette décapitation n’implique aucune souffrance puisqu’il n’y a plus alors d’identification de soi et de son mental. Le fait de le tenir bien en main fait que ce mental joue son rôle à sa juste place de serviteur, et non plus indûment de maître. Il formule ce qui est à formuler, mais ne ratiocine plus ! Il n’a plus de dragon à ses pieds comme dans l’étape précédente. L’ego inférieur est entièrement sublimé et rendu à sa Source, « l’Ego-Centre de l’Unique », selon l’expression de Karuna6.
Le saint est alors au service de son « Seigneur, le Seing-Or, le Sceau de l’Origine » comme le décrypte la Langue des Oiseaux5 ! Cette étape marque l’abandon de sa volonté propre. Elle se retrouve dans toutes les traditions. Dans la Quête du Saint Graal, à cette étape, le Chevalier abandonne sa monture pour monter dans la Nef Aventureuse. Dans la Domestication du Buffle dans le Zen, le buffle, devenu entièrement blanc, disparaît et le bienheureux suit la voie des luminaires ; en alchimie, « l’épouse est blanchie et se trouve décapitée7. » Le héros mythique celte de l’Ulster, Cûchulain, fils du dieu Lug, accepte le « défi de la décapitation » proposé par un géant capable de partir, après décapitation, avec sa tête sous son bras. Le Chevalier Vert se fait trancher la tête par Gauvain, dans le poème médiéval Gauvain et le Chevalier Vert8, et doit revenir un an après trancher celle du meilleur chevalier du monde ! Coomaraswamy conte la légende du Râjâ Jagdêo qui se décapite et offre sa tête en aumône à la déesse de la vérité9. Au Rajasthan, Chinnamasta, la déesse symbolisant la dissolution apparente et le retour à l’Origine, est représentée, tenant dans sa main sa tête tranchée sur un plateau10.
Prendre à la lettre ces légendes, c'est passer à côté de l’essentiel. Le christianisme ajoute la particularité du fait que le décapité marche avec sa tête coupée tenue en main, mais au niveau du cœur. Toujours, il s’agit d’oser perdre la tête, de se libérer de toutes notions et « du sentiment de sa propre importance » comme le dit don Juan Maltus, l’initiateur toltèque à Carlos Castaneda, qui lui aussi « décapite » son disciple en affamant lentement son mental.
L’imagerie occidentale médiévale rejoint, comme toutes les autres traditions, la Tradition Universelle.
Mais qu’en fut-il de sainte Nolwenn ?
 
La légende de sainte Nolwenn
 
Toutes les Légendes dignes de ce nom possèdent au moins trois niveaux de lecture, le sens littéral, celui qui est pris à la lettre par beaucoup, le niveau analogique et le niveau anagogique. Ce dernier seul propulse véritablement vers l’essence des choses.
 
Qu’en est-il tout d’abord du nom même de cette sainte ?
 
Il existe plusieurs variantes orthographiques de ce prénom : Nolwenn, Noalwen ou encore Nolwen avec un seul ''n''. En français, la terminaison ''wenn'' vient de ''Gwenn'' qui signifie « blanc ». Cette blancheur nous met sur la voie de la pureté et de la virginité ; il convient de prendre ce mot, non pas réduit au sens physique, mais dans celui que Maître Eckhart a contribué à maintenir, l’être vierge de toute notion, y compris de notion de virginité ! « Etant comme n’étant pas », selon son expression dans l’un de ses Sermons.
Le retournement d’un nom est aussi traditionnel ; il indique le renversement des lumières ; il marque que l’être ne prend plus ses racines dans la terre, mais dans le ciel de cette terre. Il n’est pas étonnant, dès lors, de trouver une composition inversée de Noalwenn : Gwennoal, qui a sans doute donné naissance au diminutif Noalig, mais aussi au prénom Gwenaël.
Noal quant à lui, est un nom de lieu qui a donné naissance, une fois francisé, à Noyale. Certains font dériver Noal du latin novialum, signifiant « une terre nouvellement défrichée ». Elle aurait pu être plantée de noyers ! Mais au-delà des apparences, « Noyale », et donc aussi Noal, mettent sur la voie de la noyade, là encore, à prendre de préférence dans la signification de « la fin des émotions ». L’état de Virginité présuppose la fin des perturbations émotionnelles humaines pour l’accès à l’Emotion sans émotions.
 
Que nous apprend par ailleurs la légende de sainte Nolwenn ?
 
« Au VIe siècle, Noyale, fille du roi de Cambrie (Angleterre), ayant refusé de se marier pour se vouer à Dieu, fuit en Bretagne, accompagnée de sa servante. Elles traversent la Mor Breizh, la Manche, sur un rameau de branche au vert feuillage puis remontent le Blavet à la recherche d’un ermitage. »11
Nous sommes bien évidemment dans un symbolisme traditionnel. De fait, la véritable noblesse, comme ensuite la véritable royauté, est celle du corps, du cœur et de l’esprit. Si ses parents avaient été véritablement nobles, elle n’aurait pas eu à fuir un mariage forcé ou arrangé ! Par contre, elle choisit la fuite, l’exil, pour disposer de sa vie, dans l’autonomie, choix qui lui conférera une noblesse, puis une royauté, qu’elle acquiert au prix fort de l’épreuve. Elle prend en main sa destinée tout en l’abandonnant à la providence ! Comme saint Roch avant de partir en pèlerinage à Rome12, elle distribue ses biens aux pauvres, elle se désencombre.
Se vouer à « Dieu », c’est essentiellement suivre les aspirations profondes de son âme et refuser le conditionnement reçu dans le milieu familial, social, culturel de sa naissance. Sa servante est sa raison mentale, mise à sa juste, au service des aspirations de son âme.
Elle s’abandonne, comme jadis les Chevaliers en quête du Saint Graal, à la Nef Aventureuse, et traverse la Mor Breizh. Le chant des mots, l’euphonie, nous dit « mort » « braise » ! Ah ! Ce n’est pas interprétation, non ! Qui ne voit l’ardeur de son Amour, et la mort à tant de choses qu’est sa fuite et les périls qu’elle encourt ! Elle est portée par un rameau de vert feuillage ! C’est insensé ! Non pas, elle était comme l’arbre mort qui reverdit ; en elle la vie est re-suscitée par sa décision inébranlable !
Tous ceux qui veulent vivre cette vie nouvelle traversent l’épreuve de la Caverne, de la réclusion initiatique. Elle trouve donc un ermitage sur la rive du Blavet.
 
 
 
« Nizan, tyran de Bezo, s’éprend de Noyale
et veut en faire son épouse.
Devant son refus, il la fait décapiter. »
 
 
Maintes légendes de saintes rapportent un épisode semblable. Le refus d’une royauté seulement terrestre est déterminant. Certes, sa raison est à son service, mais elle se doit d’aller au-delà ! Ce tyran est, dans l’Unité de toutes choses, la partie de son âme encore magnétisée à la terre. Cette décapitation traditionnelle, faite en juste temps, est une grande grâce. Elle est encore appelée « Noyale » et par cette mort au monde émotionnel humain, de noble qu’elle était, elle devient « royale ». Noyale et Royale ont même consonance et portent en leur centre le Y, hiéroglyphe de l’androgynie, depuis Platon.
 
 
 
« Noyale rend son âme à Dieu dans grand désert,
sur le bord d’un ruisseau, s’appuyant sur son bâton.
Elle marche en tenant bien en main sa tête coupée
au niveau du cœur (à droite)
et traverse le bourg de Noyal.
Quelques kilomètres plus loin,
 trois gouttes de sang tombées de sa tête
font jaillir une fontaine. »
 
 
 Où rend-elle son âme à Dieu ? Dans le grand désert de son âme, vidée de tout attachement terrestre ! Qui peut imaginer un grand désert sur les bords du Blavet ? Elle n’a jamais été aussi vivante ! De la vraie vie ! Et traverse ainsi le bourg de Noyal à qui elle doit son nom, parcourant plusieurs lieues. Elle suit le chemin de la Vouivre et, de trois gouttes de son sang, jaillit une fontaine.
Ainsi retrouve-t-on ici, la fontaine ou la source, celle que sainte Odile fit jaillir au mont Sainte-Odile, celle que sainte Rodhène fit jaillir à Levroux, celle que fit jaillir l’ange venu secourir saint Roch dans son ermitage lorsqu’il fut atteint par la peste, celle que Moïse fit jaillir du rocher, … et tant d’autres ! Elle est chargée de l’énergie de la Vouivre du lieu, et il se produira des miracles. Ceux qui sont au fait des anciennes traditions celtes verront la continuité des symboles :
« L’eau merveilleuse ressuscite les morts quand les Dieux et les Druides s’en mêlent. Si les vivants l’utilisent, elle les rajeunit et les préserve, non pas toujours de la mort, mais de la maladie et de la décrépitude.13 »
 
 
« Là, Noyale s’agenouille sur une pierre
qui lui sert de prie-dieu
et dépose sa tête sur un rocher.
Elle plante son bâton en terre
et celui-ci devient une aubépine (à gauche),
tandis que le bâton de la servante donnera un hêtre. »
 
 
Voilà Noyale devenant neuve, pure, blanche, Nolwenn ! Le changement de nom au passage d’une étape de l’initiation est traditionnel.
Il est tombé de sa tête trois gouttes de sang, signe de la purification des trois plans de l’être humain physique, émotionnel-relationnel et mental, pour que la fontaine jaillisse.
Elle s’agenouille devant le rocher où elle dépose sa tête. Le rocher est toujours lié à la source, comme le bâton d’ailleurs avec lequel on le frappe le plus souvent.
« Yahvé est mon rempart, mon rocher » chante le psalmiste. Et Isaïe de dire aux Hébreux : « Regardez le rocher dont vous avez jailli, la Source dont vous avez coulé », comparant Abraham au rocher d’où s’écoule l’eau et Sarah au creux du rocher où cette eau se repose avant de s’écouler14.
Elle et sa servante ont chacune leur bâton de pèlerin.
Planté en terre, sur celui de Nolwenn fleurit l’aubépine.
L’aubépine, alba spina, « épine blanche » en raison de sa fleur, est parente du rosier. Elle peut se présenter sous la forme d’un buisson ou d’un arbre épanoui. Alors que certains arbres se repoussent et que d’autres fusionnent, « l’aubépine, elle, nous présente une voie alternative. Elle n’est jamais parasite et elle ne se laisse pas envahir non plus : elle sait toujours trouver l’espace où elle va pousser et développer sa propre vie, sans avoir ni à lutter, ni à se défendre. C’est cette aptitude à trouver sa juste place qui lui fait prendre les formes les plus inattendues…15 » Les plus vieilles de France atteignent mille ans.
On peut attribuer à coup sûr à la fleur d’aubépine, le symbolisme de la rose. On retrouve en elle la blancheur, attribut de Nolwenn ! Elle fleurit en mai, mois dédié à Marie, à la virginité. Remarquons aussi que le Christ fut couronné d’épines à l’aube de sa résurrection, aube-épine.
Chez les Romains, l’aubépine est dédiée à Maïa, mère d’Hermès. Est-ce un hasard ? Maya est en Orient l’Illusion cosmique qui voile l’Unité derrière la multiplicité ; la sainte repousse par deux fois l’illusoire d’une royauté terrestre, l’illusoire de la richesse et de l’apparence des formes.
En Bretagne, l’aubépine a la réputation de ne jamais être touchée par la foudre, attribut de sainte Barbe si vénérée en cette région puisque son père et bourreau ne fut pas noyé comme Nizan mais foudroyé.
Quel arbre mieux que l’aubépine conviendrait à cette sainte ?
 
Le bâton de la servante donne un hêtre. Arbre majestueux, imposant, arbre sacré des Celtes par excellence. Il s’agit d’Être, par l’Esprit que symbolise le H dans la hiéroglyphie5. Le hêtre « pousse avec une grande vigueur et se montre très résistant. Il dégage de la force empreinte de sérénité, d’assurance et de stabilité. Ses racines s’étalent mais ne s’enfoncent pas en profondeur, comme s’il n’avait nul besoin de s’accrocher à la terre, mais sa stabilité provient de sa propre force. Le hêtre n’est jamais envahi par le lierre, ni par le gui. Sous une hêtraie, pas de ronces, tout au plus quelques fougères clairsemées (…) Rien ne peut venir troubler cette sérénité. D’ailleurs, en Lorraine et dans les Ardennes, on croyait qu’il n’était jamais atteint par la foudre.15 » Ce sont les qualités extraordinaires d’une servante véritable, et ce devraient être celles de la raison à sa juste place, au service de l’être et non de l’avoir.
 
 
 
« Les rochers lui servent de lit.
Elle tend sa tête coupée
à la servante qui l’accompagne.
Une église est construite à cet endroit. »
 
 
On peut imaginer que l’église est construite sur la tombe de la sainte. Inévitablement, il s’est passé un certain temps pour que la dévotion populaire produise cet effet. Nizan, son bourreau, en est furieux.
 
 
« Voulant la détruire, Nizan construit une digue
pour que l’église soit emportée par les flots,
mais sa manœuvre échoue et il se noie. »
 
 
Ce tyran est emporté par son monde émotionnel ; c’est la crue de celui-ci qu’il matérialise. Aussi le lieu n’est-il pas simplement planté de noyers, mais c'est celui du noyé !
Grande illustration est-il ainsi fait du choix décisif ! L’un, victime de sa passion aveugle, traverse une mort horrible tandis que l’autre, « morte avant que de mourir », accède à la sainteté et plus encore à la libération.
 
 
La fontaine devient ensuite un lieu de pèlerinage et la ferveur populaire étant grande, il s’y produit des miracles ; de telles sources ou fontaines sont toujours guérisseuses, chargées de l’énergie de la vouivre particulière au lieu, et la sainte ayant été guidée par cette énergie pour venir jusque-là.
C’est l’ouverture du cœur de l’homme au divin, au sur-naturel, qui rend la source miraculeuse.
« Le Pouvoir de la Source, c’est le Pouvoir de ton cœur.
Le Pouvoir de ton cœur, c’est la propulsion de ton âme.
La propulsion de ton âme est adéquate à l’ouverture de ton mental à la Source.
Ainsi les pouvoirs dits miraculeux.12 »
 
Que conclure ?
 
Cette sainte prend place parmi les saints céphalophores. Nolwenn est la « Nouvelle Blancheur », fruit de tout un cheminement : affirmation de soi, errance sur les chemins de la Vouivre, vie érémitique, décapitation et cheminement par la voie du cœur.
Dépassant la noblesse selon le monde due à sa naissance, elle acquiert la véritable noblesse pour atteindre la royauté véritable. Elle fait tout un travail sur son monde émotionnel. Elle est liée à l’eau puisqu’elle termine son cheminement en marchant avec sa tête coupée jusqu’à Noyal, nom qui rime parfaitement avec « Royale » ! Les familiers de la Langue des Oiseaux verront que l’Energie du Tout se manifeste sur terre par l’androgyne. Aussi point n’avait-elle à épouser un homme quelconque, encore moins la tyrannie de la contre-nature  !
 
Notes :
1 - Voir sur ce blog : "Sur les chemins de la Vouivre dans l'Aube".
2 - Plus de soixante ont été répertoriés, mais il y en a encore d’autres…
3 - Pierre Gordon, Les Racines sacrées de Paris et de l’Ile-de-France.
4 - Se reporter sur Internet, dans l’encyclopédie Wikipedia à la page intitulée : saints sauroctones ; ou bien à notre livre La Vouivre un symbole universel, écrit en collaboration avec Kinthia Appavou (Editions EDIRU).
5 - Emmanuel-Yves Monin, Hiéroglyphe français et Langue des oiseaux, auto-édition.
6 - Dans L’Instruction du Verseur d’Eau.
7 - Eugène Canseliet, Alchimie.
8 - Traduction Alma L. Gaucher, Editions du Point d’Eau.
9 - Sir R. Temple, Legends of the Panjâb.
10 - A Mookerjee et M. Khanna, La Voie du Tantra.
11 - Nous avons repris, en caractères gras, les inscriptions des vitraux de l’église de Noyal-Pontivy.
12 - Régor, Du Cheminement Initiatique imagé par saint Roch et sa Vie exemplaire d’après les Enseignements d’Emmanuel.
13 - Françoise Leroux et Christian J. Guyonvarc’h, Les Druides.
14 - Voir F. Jordan, La Tradition des Sept Dormants.
15 - Patrice Bouchardon, L’énergie des arbres.
 
 
(Photos Mnémosyne).
 
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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 15:03

 La cathédrale d'Amiens,

  

terminale de la route des saints céphalophores

 

qui suit le méridien de Paris.   

  

  

     Pour se rendre à la cathédrale Saint-Denis, les rois jadis partaient de la rue Saint-Denis. C'est à saint Denis, ou à ses disciples saint Yon et saint Sulpice, que l'on attribue la conversion des Druides du sanctuaire de Longpont (Essonne), ancien lieu de culte à Isis[1] 

 

SAINT DENIS, LE MARTYR DU MONT MARTRE

 

     Cette route passe par Amiens, et les saints céphalophores y sont nombreux :

 

    - Saint Just, décapité, lave sa tête et la fait porter à sa mère : "La tradition raconte que Juste, âgé de 9 ans, a été dénoncé comme chrétien, alors qu'il se rendait à Amiens avec son père, pour tenter de sauver un membre de leur famille emprisonné lors des persécutions ordonnées par l'empereur Dioclétien. Il fut tué tandis qu'il confessait sa foi chrétienne. Quand il fut décapité, Juste prit sa tête détachée de son corps dans ses mains et continua à parler en proclamant sa foi." (Wikipedia)

 

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Le miracle de saint Just peint par Rubens.

 

 

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Cathédrale d'Amiens 

avec, sur le portail, les saints céphalophores.

(Photo Merilla)

 

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Sans doute saint Just et saint Firmin.

(Photo Merilla) 


     - Saint Firmin : Un vitrail de la cathédrale d'Amiens montre « saint Firmin tenant entre ses mains sa tête mitrée et nimbée. » (Henri Dontenville, Histoire et Géographie Mythique de la France, Maisonneuve et Larose, 1973, p. 207)

 

    - Les saints Fuscien, Victorie et Gentien :

     A quelques kilomètres d'Amiens, dans l'église de Sains, se trouve le tombeau de trois saints décapités : saint Fuscien, saint Victorie et saint Gentien, ayant subi la décollation dans les environs de Sains, en 303, ont porté leur tête jusque-là pour indiquer le lieu de leur sépulture.

 

- Saint Jean-Baptiste à Amiens :

« Au milieu de l'octogone central figure une croix fleur de lys qui indique la direction des quatre points cardinaux et qui suit les diagonales de l'octogone avec une inclinaison de 22 à 23° sur cet axe » (HL 7). Cette inclinaison est presque équivalente à la mesure de l'angle que fait le plan de l'équateur avec celui de l'écliptique.

 

 

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Le labyrinthe d'Amiens

qui au contraire de celui de Chartres, n'est pas courbe. 

 

Quelques entrelacs et labyrinthes : leurs significations

 

Le labyrinthe est relié par toute la Cathédrale aux Forces Cosmiques de façon tangible :

« Fait extraordinaire qui se passe également au centre du labyrinthe de Chartres : le jour de la Saint-Jean-Baptiste, le soleil se lève et se couche dans l'axe de la Cathédrale vers l'Orient, vers Jérusalem. Ce phénomène est d'autant plus troublant que chacun sait que la Cathédrale a été construite pour abriter le chef de Saint-Jean-Baptiste ramené de la quatrième croisade. Tout cela pour nous montrer qu'à partir de la Saint-Jean, les jours vont sensiblement diminuer comme saint Jean a diminué au profit du Christ » (HL 7).

 

Saint Jean-Baptiste, l'Homme Sauvage au tempérament de Feu !



Voir l'article de Jean-Marc Bélot, "L'axe des céphalophores sur le méridien de Paris", La lettre de l'Île-de-France, bulletin trimestriel du Groupe Île-de-France de Mythologie française n° 70, 2009. L'auteur cite saint Blaise à Doullens.

 

Le site

http://www.mythofrancaise.asso.fr/mythes/themes/cephalop.htm 

signale encore saints Ache et Acheul à Amiens, saint Lucien à Beauvais, mais  rien ne dit qu'ils marchèrent avec la tête coupée.

 


[1] Dionysos et saint Denis ou Denys participent du même Principe : Annonciateur et successeur du Christ « Tous deux participent du même corps radiant et s'unifient dans la même pensée éternelle » . (Pierre Gordon, Les racines sacrées de Paris, p. 45).
 
 
    Mais quel sens faut-il donner à cette décapitation ? 
 
 

     "L'homme ou la femme a symboliquement la tête tranchée, mais la tient bien en main au niveau du coeur, car son mental est purifié.

     La décapitation n'est pas un acte violent et n'implique aucune souffrance puisqu'il n'y a plus identification avec le mental.

    Dans de nombreuses "légendes" toujours symboliques, le Connaissant décapité marche en tenant dans ses mains sa tête coupée. Le mental est tenu à sa juste place, c'est-à-dire celle de serviteur et non de maître ; il s'agit de « perdre la tête ratiocinante, mais de la garder en main pour formuler ce qui est à formuler » (Emmanuel-Yves Monin, De la Chevalerie à la Libération, Point d'Eau, 1990, p. 90).

    L'amour divin peut alors rayonner ; c'est pourquoi, par exemple, sainte Valérie est représentée, sur un vitrail de la cathédrale de Limoges, tenant, dans un linge, sa tête tranchée sur sa poitrine alors qu'un soleil rouge la remplace.  

    De même, saint Denis est représenté sur un vitrail de l'église Saint-François-Xavier à Paris (sacristie), tenant sa tête coupée dans ses mains, à l'endroit de son cœur, tandis que les Anges mettent à la place de sa tête un Soleil Radiant."

 

Voir La Vouivre, un symbole universel, 4e édition à paraître aux Editions du Cosmogone, chap. "La Tête tranchée".

   

       

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 15:25
Un exemple de sainte céphalophore, 
 
sainte Nolwenn ou Noyale,
 
dans le Vannetais.
 
Article paru dans la Lettre d'Île-de-France,
bulletin trimestriel du Groupe Île-de-France de Mythologie française
(juillet, août, septembre 2006). N° 59NS.
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   Sainte Nolwenn tenant en main sa tête coupée.
Eglise Sainte-Noyale, à Noyal-Pontivy, Morbihan.
 
 
Les saints céphalophores
 
Seuls parmi les saints qui eurent la tête tranchée, ceux qui prirent ensuite leur tête bien en main au niveau du cœur pour marcher jusqu’au lieu de leur sépulture en suivant la Vouivre, sont appelés saints céphalophores.
Ainsi en fut-il de saint Denis qui marcha depuis le lieu de son martyre jusqu’à la plaine qui porte son nom et où fut construite la nécropole des rois de France. Sur le vitrail de la sacristie de l’église Saint-François-Xavier, à Paris, il est représenté tenant sa tête bien en main au niveau du cœur tandis qu’un ange, symbole des énergies cosmiques, pose à la place de la tête un soleil radiant.
    
 
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Saint Denis, vitrail de la sacristie
de l’église Saint-François-Xavier à Paris.
 
Sainte Valérie est représentée, sur un vitrail de la cathédrale de La Souterraine dans le Berry, portant dans un linge sa tête tandis qu’un soleil radiant prenait sa place sur ses épaules.    
 
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Sainte Valérie tenant sur son cœur
sa tête coupée.
Cathédrale de La Souterraine, Berry.
 
Saint Mitre porta sa tête ensanglantée jusqu’à l’autel de la Vierge. Saint Just lava sa tête coupée dans l’eau d’une fontaine. Il faudrait citer saint Firmin à Amiens, saint Fuscien et saint Victorie à Sains non loin d’Amiens, saint Génitour dans le Berry, saint Ferréol et saint Ferjeux, évangélisateurs de la Franche-Comté, saint Millau en Bretagne, saint Junien dans l’Aube1, et beaucoup d’autres encore2. Toujours, avec quelques variantes, les mêmes images maintenues pour que l’essentiel puisse être préservé.
 
Les étapes traditionnelles de l’Initiation,
 
de la maîtrise du dragon à la tête coupée
 
Dans les premiers temps du christianisme l’Initiation se perpétua de la même manière qu’au temps des Druides. L’initiable, celui qui était capable de maîtriser l’énergie de la terre, vivait la réclusion dans l’antre de la Vouivre, dans la Caverne de sous-terre, dans la grotte ou dans la crypte, voire dans la forêt3. Il en ressortait transformé, comme Jonas après trois jours passés dans le ventre de la Baleine, aux dires de la Bible. Ainsi en est-il de sainte Marguerite, représentée issue du Dragon ; elle a vécu l’équivalent d’une nouvelle naissance, son mental est purifié, fécondé par l’Esprit. Elle possède alors la maîtrise de l’Énergie.
 
  
 
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Sainte Marguerite issue du Dragon.
Bibliothèque nationale, Manuscrit, N.a.fr. 16251, F 100. XIIIe siècle.
 
La maîtrise du Dragon Vouivre est la première étape importante dans le cheminement initiatique. Sainte Marthe passe sa ceinture au cou de la Tarasque à Tarascon et saint Marcel son étole au cou du dragon de la Bièvre ; saint Véran dompte la Coulobre de la Fontaine de Vaucluse, etc. La liste est longue4.
Qu’est le « saint », véritablement ? Les familiers de la Langue des Oiseaux sauront aisément décrypter le S, comme étant la vibration du Serpent, son Energie et entendront dans « saint », S-un, celui qui ne fait qu’un avec l’Energie du Serpent-Vouivre. Le S « ayant son fondement dans le I, (…) ne peut véhiculer que l’idée de perfection5
 
Après la maîtrise de l’Energie, l’étape suivante est dite celle de « la tête coupée ». Le saint, la sainte dans la terminologie chrétienne, a symboliquement la tête tranchée ; son mental, entièrement purifié est tenu bien en main au niveau du cœur. Cette décapitation n’implique aucune souffrance puisqu’il n’y a plus alors d’identification de soi et de son mental. Le fait de le tenir bien en main fait que ce mental joue son rôle à sa juste place de serviteur, et non plus indûment de maître. Il formule ce qui est à formuler, mais ne ratiocine plus ! Il n’a plus de dragon à ses pieds comme dans l’étape précédente. L’ego inférieur est entièrement sublimé et rendu à sa Source, « l’Ego-Centre de l’Unique », selon l’expression de Karuna6.
Le saint est alors au service de son « Seigneur, le Seing-Or, le Sceau de l’Origine » comme le décrypte la Langue des Oiseaux5 ! Cette étape marque l’abandon de sa volonté propre. Elle se retrouve dans toutes les traditions. Dans la Quête du Saint Graal, à cette étape, le Chevalier abandonne sa monture pour monter dans la Nef Aventureuse. Dans la Domestication du Buffle dans le Zen, le buffle, devenu entièrement blanc, disparaît et le bienheureux suit la voie des luminaires ; en alchimie, « l’épouse est blanchie et se trouve décapitée7. » Le héros mythique celte de l’Ulster, Cûchulain, fils du dieu Lug, accepte le « défi de la décapitation » proposé par un géant capable de partir, après décapitation, avec sa tête sous son bras. Le Chevalier Vert se fait trancher la tête par Gauvain, dans le poème médiéval Gauvain et le Chevalier Vert8, et doit revenir un an après trancher celle du meilleur chevalier du monde ! Coomaraswamy conte la légende du Râjâ Jagdêo qui se décapite et offre sa tête en aumône à la déesse de la vérité9. Au Rajasthan, Chinnamasta, la déesse symbolisant la dissolution apparente et le retour à l’Origine, est représentée, tenant dans sa main sa tête tranchée, sur un plateau10.
Prendre à la lettre ces légendes, c'est passer à côté de l’essentiel. Le christianisme ajoute la particularité du fait que le décapité marche avec sa tête coupée tenue en main, mais au niveau du cœur. Toujours, il s’agit d’oser perdre la tête, de se libérer de toutes notions et « du sentiment de sa propre importance » comme le dit Don Juan Maltus, l’initiateur toltèque à Carlos Castaneda, qui lui aussi « décapite » son disciple en affamant lentement son mental.
L’imagerie occidentale médiévale rejoint, comme toutes les autres traditions, la Tradition Universelle.
Mais qu’en fut-il de sainte Nolwenn ?
 
La légende de sainte Nolwenn
 
Toutes les Légendes dignes de ce nom possèdent au moins trois niveaux de lecture, le sens littéral, celui qui est pris à la lettre par beaucoup, le niveau analogique et le niveau anagogique. Ce dernier seul propulse véritablement vers l’essence des choses.
 
Qu’en est-il tout d’abord du nom même de cette sainte ?
 
Il existe plusieurs variantes orthographiques de ce prénom : Nolwenn, Noalwen ou encore Nolwen avec un seul ''n''. En français, la terminaison ''wenn'' vient de ''gwenn'' qui signifie « blanc ». Cette blancheur nous met sur la voie de la pureté et de la virginité ; il convient de prendre ce mot, non pas réduit à sens physique, mais dans celui que Maître Eckhart a contribué à maintenir, l’être vierge de toute notion, y compris de notion de virginité ! « Etant comme n’étant pas », selon son expression dans l’un de ses Sermons.
Le retournement d’un nom est aussi traditionnel ; il indique le renversement des lumières ; il marque que l’être ne prend plus ses racines dans la terre, mais dans le ciel de cette terre. Il n’est pas étonnant, dès lors, de trouver une composition inversée de Noalwenn : Gwennoal, qui a sans doute donné naissance au diminutif Noalig, mais aussi au prénom Gwenaël.
Noal quant à lui, est un nom de lieu qui a donné naissance, une fois francisé, à Noyale. Certains font dériver Noal du latin novialum, signifiant « une terre nouvellement défrichée ». Elle aurait pu être plantée de noyers ! Mais au-delà des apparences, « Noyale », et donc aussi Noal, mettent sur la voie de la noyade, là encore, à prendre de préférence dans la signification de « la fin des émotions ». L’état de Virginité présuppose la fin des perturbations émotionnelles humaines pour l’accès à l’Emotion sans émotions.
 
Que nous apprend par ailleurs la légende de sainte Nolwenn ?
 
« Au VIe siècle, Noyale, fille du roi de Cambrie (Angleterre), ayant refusé de se marier pour se vouer à Dieu, fuit en Bretagne, accompagnée de sa servante. Elles traversent la Mor Breizh, la Manche, sur un rameau de branche au vert feuillage puis remontent le Blavet à la recherche d’un ermitage. »11
Nous sommes bien évidemment dans un symbolisme traditionnel. De fait, la véritable noblesse, comme ensuite la véritable royauté, est celle du corps, du cœur et de l’esprit. Si ses parents avaient été véritablement nobles, elle n’aurait pas eu à fuir un mariage forcé ou arrangé ! Par contre, elle choisit la fuite, l’exil, pour disposer de sa vie, dans l’autonomie, choix qui lui conférera une noblesse, puis une royauté, qu’elle acquiert au prix fort de l’épreuve. Elle prend en main sa destinée tout en l’abandonnant à la Providence ! Comme saint Roch avant de partir en pèlerinage à Rome12, elle distribue ses biens aux pauvres, elle se désencombre.
Se vouer à « Dieu », c’est essentiellement suivre les aspirations profondes de son âme et refuser le conditionnement reçu dans le milieu familial, social, culturel de sa naissance. Sa servante est sa raison mentale, mise à sa juste place, au service des aspirations de son âme.
Elle s’abandonne, comme jadis les Chevaliers en quête du Saint Graal, à la Nef Aventureuse, et traverse la Mor Breizh. Le chant des mots, l’euphonie, nous dit « mort » « braise » ! Ah ! Ce n’est pas interprétation, non ! Qui ne voit l’ardeur de son Amour, et la mort à tant de choses qu’est sa fuite et les périls qu’elle encourt ! Elle est portée par un rameau de vert feuillage ! C’est insensé ! Non pas, elle était comme l’arbre mort qui reverdit ; en elle la vie est re-suscitée par sa décision inébranlable !
Tous ceux qui veulent vivre cette vie nouvelle traversent l’épreuve de la Caverne, de la réclusion initiatique. Elle trouve donc un ermitage sur la rive du Blavet.    
 
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« Nizan, tyran de Bezo, s’éprend de Noyale  
et veut en faire son épouse.
Devant son refus, il la fait décapiter. »  
 
Maintes légendes de saintes rapportent un épisode semblable. Le refus d’une royauté seulement terrestre est déterminant. Certes, sa raison est à son service, mais elle se doit d’aller au-delà ! Ce tyran est, dans l’Unité de toutes choses, la partie de son âme encore magnétisée à la terre. Cette décapitation traditionnelle, faite en juste temps, est une grande grâce. Elle est encore appelée « Noyale » et par cette mort au monde émotionnel humain, de noble qu’elle était, elle devient « royale ». Noyale et Royale ont même consonance et portent en leur centre le Y, hiéroglyphe de l’androgynie, depuis Platon.  
 
 
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« Noyale rend son âme à Dieu dans un grand désert,
sur le bord d’un ruisseau, s’appuyant sur son bâton.
Elle marche en tenant bien en main sa tête coupée
au niveau du cœur (à droite)
et traverse le bourg de Noyal.
Quelques kilomètres plus loin,
 trois gouttes de sang tombées de sa tête
font jaillir une fontaine. »  
 
 Où rend-elle son âme à Dieu ? Dans le grand désert de son âme, vidée de tout attachement terrestre ! Qui peut imaginer un grand désert sur les bords du Blavet ? Elle n’a jamais été aussi vivante ! De la vraie vie ! Et traverse ainsi le bourg de Noyal à qui elle doit son nom, parcourant plusieurs lieues. Elle suit le chemin de la Vouivre et, de trois gouttes de son sang, jaillit une fontaine.
Ainsi retrouve-t-on ici la fontaine ou la source, celle que sainte Odile fit jaillir au mont Sainte-Odile, celle que sainte Rodhène fit jaillir à Levroux, celle que fit jaillir l’ange venu secourir saint Roch dans son ermitage lorsqu’il fut atteint par la peste, celle que Moïse fit jaillir du rocher, … et tant d’autres ! Elle est chargée de l’énergie de la Vouivre du lieu, et il s'y produira des miracles. Ceux qui sont au fait des anciennes traditions celtes verront la continuité des symboles :
« L’eau merveilleuse ressuscite les morts quand les Dieux et les Druides s’en mêlent. Si les vivants l’utilisent, elle les rajeunit et les préserve, non pas toujours de la mort, mais de la maladie et de la décrépitude.13 »
 
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« Là, Noyale s’agenouille sur une pierre
qui lui sert de prie-dieu
et dépose sa tête sur un rocher.
Elle plante son bâton en terre
et celui-ci devient une aubépine (à gauche),
tandis que le bâton de la servante donnera un hêtre. »
 
 
Voilà Noyale devenant neuve, pure, blanche, Nolwenn ! Le changement de nom au passage d’une étape de l’initiation est traditionnel.
Il est tombé de sa tête trois gouttes de sang, signe de la purification des trois plans de l’être humain physique, émotionnel-relationnel et mental, pour que la fontaine jaillisse.
Elle s’agenouille devant le rocher où elle dépose sa tête. Le rocher est toujours lié à la source, comme le bâton d’ailleurs avec lequel on le frappe le plus souvent.
« Yahvé est mon rempart, mon rocher » chante le psalmiste. Et Isaïe de dire aux Hébreux : « Regardez le rocher dont vous avez jailli, la Source dont vous avez coulé », comparant Abraham au rocher d’où s’écoule l’eau et Sarah au creux du rocher où cette eau se repose avant de s’écouler14.
Elle et sa servante ont chacune leur bâton de pèlerin.
Planté en terre, sur celui de Nolwenn fleurit l’aubépine.
L’aubépine, alba spina, « épine blanche » en raison de sa fleur, est parente du rosier. Elle peut se présenter sous la forme d’un buisson ou d’un arbre épanoui. Alors que certains arbres se repoussent et que d’autres fusionnent, « l’aubépine, elle, nous présente une voie alternative. Elle n’est jamais parasite et elle ne se laisse pas envahir non plus : elle sait toujours trouver l’espace où elle va pousser et développer sa propre vie, sans avoir ni à lutter, ni à se défendre. C’est cette aptitude à trouver sa juste place qui lui fait prendre les formes les plus inattendues…15 » Les plus vieilles de France atteignent mille ans.
On peut attribuer à coup sûr à la fleur d’aubépine le symbolisme de la rose. On retrouve en elle la blancheur, attribut de Nolwenn ! Elle fleurit en mai, mois dédié à Marie, à la virginité. Remarquons aussi que le Christ fut couronné d’épines à l’aube de sa Résurrection, aube-épine.
Chez les Romains, l’aubépine est dédiée à Maïa, mère d’Hermès. Est-ce un hasard ? Maya est en Orient l’Illusion cosmique qui voile l’Unité derrière la multiplicité ; la sainte repousse par deux fois l’illusoire d’une royauté terrestre, l’illusoire de la richesse et de l’apparence des formes.
En Bretagne, l’aubépine a la réputation de ne jamais être touchée par la foudre, attribut de sainte Barbe si vénérée en cette région puisque son père et bourreau ne fut pas noyé comme Nizan mais foudroyé.
Quel arbre mieux que l’aubépine conviendrait à cette sainte ?
 
Le bâton de la servante donne un hêtre. Arbre majestueux, imposant, arbre sacré des Celtes par excellence. Il s’agit d’Être, par l’Esprit que symbolise le H dans la hiéroglyphie5. Le hêtre « pousse avec une grande vigueur et se montre très résistant. Il dégage de la force empreinte de sérénité, d’assurance et de stabilité. Ses racines s’étalent mais ne s’enfoncent pas en profondeur, comme s’il n’avait nul besoin de s’accrocher à la terre, mais sa stabilité provient de sa propre force. Le hêtre n’est jamais envahi par le lierre, ni par le gui. Sous une hêtraie, pas de ronces, tout au plus quelques fougères clairsemées (…) Rien ne peut venir troubler cette sérénité. D’ailleurs, en Lorraine et dans les Ardennes, on croyait qu’il n’était jamais atteint par la foudre.15 » Ce sont les qualités extraordinaires d’une servante véritable, et ce devraient être celles de la raison à sa juste place, au service de l’être et non de l’avoir.  
  
 
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« Les rochers lui servent de lit.
Elle tend sa tête coupée
à la servante qui l’accompagne.
Une église est construite à cet endroit. »  
 
On peut imaginer que l’église est construite sur la tombe de la sainte. Inévitablement, il s’est passé un certain temps pour que la dévotion populaire produise cet effet. Nizan, son bourreau, en est furieux.  
 
 
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« Voulant la détruire, Nizan construit une digue
pour que l’église soit emportée par les flots,
mais sa manœuvre échoue et il se noie. »  
 
Ce tyran est emporté par son monde émotionnel ; c’est la crue de celui-ci qu’il matérialise. Aussi le lieu n’est-il pas simplement planté de noyers, mais celui du noyé !
Grande illustration est-il ainsi fait du choix décisif ! L’un, victime de sa passion aveugle, traverse une mort horrible tandis que l’autre, « morte avant que de mourir », accède à la sainteté et plus encore à la libération.
   
La fontaine devient ensuite un lieu de pèlerinage et la ferveur populaire étant grande, il s’y produit des miracles ; de telles sources ou fontaines sont toujours guérisseuses, chargées de l’énergie de la vouivre particulière au lieu, et la sainte ayant été guidée par cette énergie pour venir jusque-là.
C’est l’ouverture du cœur de l’homme au divin, au sur-naturel, qui rend la source miraculeuse.
« Le Pouvoir de la Source, c’est le Pouvoir de ton cœur.
Le Pouvoir de ton cœur, c’est la propulsion de ton âme.
La propulsion de ton âme est adéquate à l’ouverture de ton mental à la Source.
Ainsi les pouvoirs dits miraculeux.12 »
 
Que conclure ?
 
Cette sainte prend place parmi les saints céphalophores. Nolwenn est la « Nouvelle Blancheur », fruit de tout un cheminement : affirmation de soi, errance sur les chemins de la Vouivre, vie érémitique, décapitation et cheminement par la voie du cœur.
Dépassant la noblesse selon le monde due à sa naissance, elle acquiert la véritable noblesse pour atteindre la royauté véritable. Elle fait tout un travail sur son monde émotionnel. Elle est liée à l’eau puisqu’elle termine son cheminement en marchant avec sa tête coupée jusqu’à Noyal, nom qui rime parfaitement avec « Royale » ! Les familiers de la Langue des Oiseaux verront que l’énergie du Tout se manifeste sur terre par l’androgyne. Aussi point n’avait-elle à épouser un homme quelconque, encore moins la tyrannie de la contre-nature  !
 
Notes :
1 - Voir sur ce blog : "Sur les chemins de la Vouivre dans l'Aube".
2 - Plus de soixante ont été répertoriés, mais il y en a encore d’autres…
3 - Pierre Gordon, Les Racines sacrées de Paris et de l’Ile-de-France.
4 - Se reporter sur Internet, dans l’encyclopédie Wikipedia à la page intitulée : saints sauroctones ; ou bien à notre livre La Vouivre un Symbole Universel, écrit en collaboration avec Kinthia Appavou (Editions EDIRU).
5 - Emmanuel-Yves Monin, Hiéroglyphe français et Langue des Oiseaux, auto-édition.
6 - Dans L’Instruction du Verseur d’Eau.
7 - Eugène Canseliet, Alchimie.
8 - Traduction Alma L. Gaucher, Editions du Point d’eau.
9 - Sir R. Temple, Legends of the Panjâb.
10 - A Mookerjee et M. Khanna, La Voie du Tantra.
11 - Nous avons repris, en caractères gras, les inscriptions des vitraux de l’église de Noyal-Pontivy.
12 - Régor, Du Cheminement Initiatique imagé par saint Roch et sa Vie exemplaire d’après les Enseignements d’Emmanuel.
13 - Françoise Leroux et Christian J. Guyonvarc’h, Les Druides.
14 - Voir F. Jordan, La Tradition des Sept Dormants.
15 - Patrice Bouchardon, L’énergie des arbres.
 
 
(Photos Mnémosyne)  
Le premier est sur la Vouivre.
 
 
Le second sur les Vierges noires.
 
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1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 09:51

Boukhara2

  

A Boukhara, en Ouzbékistan,

  Boukhara.jpg

 

 on célèbre toujours la fête de Kussam ibn Abbas,  

cousin du Prophète, 

et, chaque jour,  

les pèlerins viennent prier sur son tombeau.

 

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 http://www.zionspirit.com/andre/view.php?alb=album6

 

Tombeau de Kussam ibn Abbas.

 

Au VIIème siècle, il vint prêcher l’Islam.  

Il fut décapité durant sa prière par les tenants du zoroastrisme ;  

il prit alors sa tête dans ses mains et marcha  

jusqu’au lieu de sa nécropole actuelle.

 

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Dôme du tombeau de Kussam ibn Abbas.

   

Il est considéré comme le souverain du Royaume des Morts ; il règne dans les profondeurs de Shâh I Zendeh. Il est « le Roi vivant ».

 

  &&& 

 

Boukhara doit son nom au premier Ouzbek converti à l'Islam,

l'imam Mohamed al Bouskhari, un érudit sunnite.

 

Po-i-KalMosque 2 

 Mosquée¨Po-i-Kalân.

Voir :  SUIVRE LA VOUIVRE... AVEC LA TETE COUPEE

SAINT DENIS, LE MARTYR DU MONT MARTRE

TENIR SON CRÂNE BIEN EN MAIN AU NIVEAU DU COEUR

  LES DERVICHES TOURNEURS D'ISTAMBUL ET LE TOMBEAU DE RUMI

Quelques réflexions après la rencontre des Paroles d’un soufi" de Kharaqâni :  

 

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8 juillet 2010 4 08 /07 /juillet /2010 08:57

Sur les chemins de la Vouivre en Champagne

Saint Nicaise, à Reims

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Nicaise, évêque de Reims, a eu la tête tranchée par les Vandales

ou par les Huns au Ve siècle :

« une fois que les Barbares lui eurent coupé la tête,

il se saisit de celle-ci et la porta jusqu'au lieu de son tombeau ».


C'est cette scène qui est reproduite sur le tympan du portail de la cathédrale.

 

Statue de saint Nicaise sur le portail de la cathédrale.

 

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Les anges, dont les têtes ont été détruites,

  placent une couronne

sur l'emplacement de sa tête coupée :

 

 

 

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Sur ce vitrail de la cathédrale de Troyes, 

le saint céphalophore tient sa tête bien en main
tandis qu'une étoile à six branches rayonne à sa place.

  StNicaiseTroyes.jpg

   


Partout, se retrouvent les mêmes légendes
qui maintiennent l'essentiel :

 

Le saint céphalophore image celui qui marche

 sur les Chemins de la Vouivre, guidé par l'Energie,

avec l'ouverture du Cœur, le mental étant tenu bien en main.

&&&&&&&&&
 
Voir SAINTE NOLWENN ET LA VOUIVRE

SUR LES CHEMINS DE LA VOUIVRE DANS L'AUBE

SUIVRE LA VOUIVRE... AVEC LA TETE COUPEE

SAINTE TANCHE MARCHE EN TENANT SA TÊTE COUPEE

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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 20:25

Ah ! Ce politicien ne marche pas

en portant sa tête coupée

au niveau du coeur !



C'est son mental ratiocinant, ses idées arrêtées

au contraire qu'il porte sur un plateau !

Le mental humain, coupé de la Source de toute vie,

ne peut aboutir qu'à une contre-nature

plus que jamais suicidaire.

SUIVRE LA VOUIVRE... AVEC LA TETE COUPEE

SAINTE NOLWENN ET LA VOUIVRE

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